D’audace et de liberté, Akli Tadjer

Après D’amour et de guerre, Akli Tadjer nous offre une suite à sa fresque historique fascinante et émouvante. Entre le Paris de l’après seconde guerre mondiale et une Algérie qui rêve d’indépendance. Magnifique.

Survivre à la seconde guerre

Adam, jeune berger algérien, a été arraché à son pays et à la femme qu’il aimait, prénommée Zina, appelé à combattre en tant que soldat colonial auprès des soldats français de souche. De la guerre il n’a vu que des atrocités, mais a tenu tout ce temps debout grâce à la colonne vertébrale qu’est son amour pour Zina. Or à la fin du conflit, il a appris avec douleur qu’elle a été contrainte d’en épouser un autre. Adam réalise que la guerre a non seulement tué des êtres, elle a aussi tué ses rêves de jeunesse. De chagrin, il a quitté sa Kabylie natale et est retourné à Paris, où depuis il dirige une tannerie aux côtés d’Elvire, une femme juive dont le père a disparu pendant la guerre.

Une guerre qui n’a pas seulement redessiné la carte géographique, mais qui a aussi redessiné les esprits. Les soldats coloniaux, comme Adam, ont pris conscience qu’ils pouvaient mettre autant de ferveur et d’énergie à défendre leur cause, celle de l’Algérie, qu’ils en ont mis dans cette guerre à défendre une liberté qui n’était pas la leur. Alors Adam décide de passer à l’action, de devenir non plus spectateur mais acteur de l’Histoire. A cette fin, chaque dimanche, à la tannerie, il organise des débats pour voir comment il serait possible de penser à une Algérie sociale, démocratique et plurielle. Mais ces réunions ne sont pas du goût des autorités françaises… Quant à Elvire, éprise d’Adam, son cœur se met à vibrer quand elle apprend que son père a survécu à la rafle et est réfugié en Israël, un état où il souhaite qu’elle le rejoigne…

D’audace et de liberté

Avec D’audace et de liberté, paru en ce mois de mai aux éditions Les escales, Akli Tadjer nous offre une suite à la hauteur du magnifique premier tome de cette fresque historique : D’amour et de guerre. Le pari était difficile, tant le premier tome était fascinant, émouvant, passionné (retrouvez la chronique du premier tome en cliquant ici : D’amour et de guerre). Difficile mais réussi haut la plume !

Dans cette fresque historique, Akli Tadjer nous place dans la peau d’un soldat colonial, un jeune berger d’un village de Kabylie, dont les rêves ont été anéantis par la seconde guerre mondiale. Mais si elle a tué ses rêves, la guerre n’a pas tué en lui tout espoir de faire changer les choses. Au contraire, elle les a nourris. Depuis la France, il sent murir en lui des rêves de liberté pour son pays. Une liberté qui nécessite beaucoup d’audace. Mais Adam est un homme de courage et de convictions. Un homme debout.

C’est un roman d’une intensité émotionnelle et d’une tension narrative exceptionnelles. On ne peut qu’être touché par ces personnages dont la petite histoire est emportée par les tourbillons de la grande Histoire. Akli Tadjer sait donner tant de chair à ses personnages, les rendre à ce point vivants, que le lecteur vit à leurs côtés, tremble avec eux, se réjouit, se désole au diapason des personnages. Soyez prévenus, vous n’aurez plus envie de lâcher ce livre, de quitter Adam et les autres. Et cela tombe bien, car un troisième tome est en préparation !

Vous pouvez tout à fait lire ce roman si vous n’avez pas lu D’amour et de guerre, car l’auteur fait les rappels nécessaires à la compréhension de l’histoire. Mais. Mais il serait dommage de ne pas prendre la pleine mesure de ce livre en passant à côté du premier tome, aussi vibrant et puissant que le deuxième. Surtout qu’il est désormais disponible aux éditions Pocket. Alors un conseil : ne vous faites pas juste un mais deux plaisirs, lisez les deux ! Vous m’en remercierez ! 😉

Informations pratiques

D’audace et de liberté, Akli Tadjer – éditions Les Escales, mai 2022 – 20€ – 288 pages

D’amour et de guerre, Akli Tadjer

La seconde guerre mondiale vécue par un soldat colonial. Un roman envoûtant, une histoire d’amour vibrante, où le meilleur de l’homme côtoie le pire.

La seconde guerre mondiale vue par un soldat colonial

Nous sommes en 1942, dans les montagnes kabyles. Du haut de ses 20 ans, Adam, jeune berger algérien, a des rêves plein la tête. Il est fou amoureux de Zina avec laquelle il envisage de se marier. Pour abriter leur amour, il construit lui-même leur maison. Mais une lettre du ministère de la Défense nationale va faire exploser en vol tous ses projets : tout comme son père en 14/18, Adam est réquisitionné. Or il s’était juré sur le lit de mort de son père de ne jamais combattre, traumatisé par le spectacle de la déchéance de son père, rentré brisé intérieurement du front, amputé d’un pied, hanté jour et nuit par les horreurs auxquelles il a assisté. Fidèle à sa promesse de ne jamais tomber pour la France, il décide de fuir et d’emmener Zina avec lui.

Mais les gendarmes les rattrapent. Zina est renvoyée chez son père. Adam est enrôlé de force pour défendre l’honneur de la France envers laquelle son peuple est censé avoir une dette. Lui qui pensait avoir connu l’enfer avec la colonisation, va découvrir le véritable enfer avec la guerre : « La guerre tue les rêves de jeunesse. »

Adam va-t-il survivre aux combats, à l’internement en stalag ? Son amour avec la belle Zina survivra-t-il à la guerre et à l’éloignement ?

Un roman historique et une histoire d’amour fascinants

En ce mois de mai, les éditions Pocket publient le premier tome de la trilogie dAkli Tadjer : D’amour et de guerre. Un roman impossible à lâcher, où l’histoire d’un berger, de sa bien-aimée Zina, de ses copains Tarik et Samuel, de l’instituteur Mr Grandjean, va rejoindre la grande Histoire. Si nombreux sont les livres à évoquer la seconde guerre mondiale, peu de romans choisissent de l’évoquer du point de vue d’un soldat colonial. Comment peut-il faire sien le combat pour défendre la liberté de la France, alors que lui-même n’est pas libre dans son propre pays ? Comment accepter de se sacrifier pour un pays qui ne lui donne pas les mêmes moyens ni ne le traite pareillement que les autres combattants, français de souche ? Et que reçoivent-il comme reconnaissance en retour de leur fidélité et de leurs sacrifices à la France ? Rien.

Avec une écriture d’une grande sensibilité, une humanité qui transparait dans chaque page, Akli Tadjer nous embarque dans son histoire. Et nous invite à réfléchir, en nous glissant dans la peau d’un homme dont le pays est colonisé, sur les sacrifices énormes consentis par ces soldats coloniaux. Et plus largement, sur les ravages de la guerre. Pas d’apitoiement ni de misérabilisme ici : les personnages d’Akli Tadger sont des battants, des personnes avec des idéaux, bons ou mauvais, mais bien décidés à les atteindre. Des êtres indiciblement attachants.

On ressort bouleversé, transporté, ému, chahuté de ce roman, impatient de découvrir la suite, D’audace et de liberté, qui vient de paraitre aux éditions Les escales fin mai 2022.

A découvrir absolument !

Informations pratiques

D’amour et de guerre, Akli Tadjer – éditions Pocket, mai 2022 – 335 pages – 7,70 €

Ce livre fait partie de la sélection du Grand prix des lecteurs 2022

Rencontre avec Akli Tadjer

Cette semaine, Akli Tadjer fait l’objet d’une double actualité : la parution de son roman « D’amour et de guerre », aux éditions Pocket. Et sa suite « D’audace et de liberté », aux éditions Les escales. Rencontre avec un homme aussi chaleureux que talentueux.

Des personnages qui sont parties prenantes de l’Histoire

Akli Tadjer : Ce qui m intéresse, c’est de raconter l’histoire des gens que l’on croise dans la rue et qui s’inscrit dans la grande  machine de l’Histoire. . Soit ils font avec, sont passifs, soit ils se transcendent et décident d’être acteurs de l’Histoire. L’intérêt du romancier, c’est de rendre tous ses personnages acteurs de l’Histoire, qu’ils soient bons ou mauvais, mais qu’ils soient investis.

Votre ambition à travers D’amour et de guerre

Mon ambition, c’ est de raconter la période de la guerre 39-45, mais du point de vue d’un soldat colonial. Il y a beaucoup d’ouvrages, de romans sur la seconde guerre mondiale, mais ils sont peu nombreux à adopter cet angle de vue. Le regard est ici différent : ces soldats vont défendre une liberté qui n’est pas la leur et qu’ils n’ont pas davantage chez eux comme ils sont colonisés. En plus, ils combattent, avec des moyens qui ne sont pas ceux des soldats français (vieilles armes, équipements hors d’âge…).

Ces deux guerres mondiales ont eu un impact important et particulier sur les soldats coloniaux, comme le montre ce roman D’amour et de guerre

Au sortir de seconde guerre mondiale, le monde n’était plus pareil. A la fois car la géographie avait changé, mais aussi et surtout, parce que le regard de ceux qui ont combattu avait changé. Les soldats coloniaux sont revenus avec un autre état d’esprit.

…, avec l’idée qu’ils pouvaient prendre leur destin en main, combattre pour défendre leur propre cause aussi.  

Oui, en l’espace de quelques mois, quelques années, ils ont pris 20 ans, ils ont vécu 50 vies.

De guerre, certes, mais d’amour aussi

Oui, il est aussi question d une histoire d amour

..un peu impossible

Oui,  car ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, c’est d’un intérêt limité (rires).

Vos personnages féminins sont libres et modernes

Oui, surtout dans le tome deux D’audace et de liberté (éditions les escales, mai 2022). Ce sont les audacieuses du roman. .

Dans le tome deux de votre trilogie, les personnages deviennent acteurs de l’Histoire, alors que dans le premier tome, ils subissent cette dernière

Oui, Adam cesse de subir dès la fin du premier tome, quand il s’évade du Frontstalag . Il croyait jusque là que la colonisation c’était l’enfer, mais il découvre que ce n’était rien à côté de ce qu’il endure en tant que prisonnier des nazis. Et il va continuer et devenir encore plus acteur dans le tome deux.

La voie d’Adam semblait en effet toute tracée, avec sa maison construite, Zina qu’il allait épouser. Et la guerre l’a dévié de sa trajectoire.

Oui, Adam subit la guerre au départ. Mais vient un moment où il refuse ce destin et décide de s’évader du camp. Adam n’est pas un personnage qui suscite la pitié, il n’y a pas de misérabilisme. C’est un homme qui agit.

Si vous souhaitez vibrer, vous immerger dans l’Histoire avec un regard neuf, être l’otage d’une lecture en apnée, être transporté, bouleversé, alors plongez sans plus attendre dans ces deux livres : D’amour et de guerre (éditions Pocket, mai 2022) et sa suite D’audace et de liberté. Deux romans d’une vibrante humanité et d’une sensibilité à fleur de plume.

La reine du tango, Akli Tadjer

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La reine du tango, Akli Tadger
Éditions JC Lattès, mars 2016

Le tango est une expression du désir. Une danse fascinante et emblématique, faite d’amour et de conquête. Le tango, c’est un homme et une femme à la recherche l’un de l’autre. La recherche d’un enlacement, d’une façon d’être ensemble, le tout sur une musique qui éveille et tourmente les sens. Plus qu’une danse, le tango c’est donc l’accord des sens, un concentré d’émotion brute. Et la mère de Suzanne, la bien-nommée Reine du tango, incarnait ô combien cette sensualité forte, cette magnificence. Difficile dès lors pour la fille d’oser rivaliser avec l’image de cette mère qui a connu tous les succès. Si elle est elle aussi habitée par cette passion, elle ne l’exerce qu’en tant que professeur, presque confidentiellement. Jamais elle n’oserait participer à des concours, tenter le Mundial.
Une retenue d’autant plus forte « qu’en tango comme en amour, on n’est rien sans l’autre. » Or Suzanne, pas plus en amour qu’en danse, n’a su trouver le partenaire idéal. Elevée seule avec sa mère, laquelle l’abandonnait régulièrement pour retrouver ses amants de passage, puis laissée dans un orphelinat au décès précoce de celle-ci, sans père connu, Suzanne s’est construite comme elle a pu, fragilisée, sans réelles racines, avec cette térébrante peur de perdre l’amour des siens. Alors elle ne s’attache pas. Pour ne plus souffrir.
Elle survit plus qu’elle ne vit.
Pour vivre pleinement, il lui faut réunir les pièces manquantes du puzzle de son histoire. Quelles furent les circonstances de la mort de cette mère tant admirée ? Qui est son père ? Peut-on aimer sans craindre de perdre l’autre ? C’est seulement quand le puzzle sera complet que Suzanne, « entière », pourra s’apaiser, tourner la page et écrire en toute liberté son histoire. Vivre enfin.
Akli Tadjer nous offre un roman très subtil et très sensible sur le tango, mais aussi sur la quête d’identité, la construction. Avec cet émouvant constat qu’il n’est jamais trop tard pour oser être soi.
A lire !

Sélection de 25 romans pour vous évader tout l’été!

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Vous avez attendu l’été avec une impatience grandissante.  Le voilà enfin, avec les vacances dans son sillage. La valise est presque prête, il ne reste plus que les livres à intercaler entre la crème solaire et le maillot de bain. Vous hésitez? Alors ces sélections de romans parus en 2014 vous guideront peut-être dans vos choix!

Voici différentes destinations de lecture. Prêts? Attachez vos ceintures!

  • Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– Gilles Paris avec L’été des lucioles  (éditions Héloïse d’Ormesson) et Au pays des kangourous (Livre de poche)

– François d’Epenoux avec Le réveil du coeur (éditions Anne Carrière)

– Philippe Routier avec L’enfant du parc (éditions stock)

  • Cap sur le suspens avec :

– Dominique Dyens avec La femme éclaboussée (éditions Héloïse d’Ormesson)

– Pierre-Yves Tinguely avec L’axe du sang (éditions M.A.)

– René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus (éditions Kéro)

  • Cap sur l’étranger :

– Les États-Unis avec Sophie Simon  :  Gary tout seul (éditions JC Lattès)

– La Birmanie avec Jan-Philipp Sendker : L’art d’écouter les battements de coeur (éditions JC Lattès)

– La Jamaïque avec Philippe Vidal : Les montagnes bleues (éditions Max Milo)

– L’Irlande et la Pennsylvanie avec Paul Lynch : Un ciel rouge le matin (Albin Michel)

  • Cap sur les témoignages avec :

– Martin Gray et Mélanie Loisel, Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

– Michel Baldy La rue était mon lit (City éditions)

– Marianne Guillemin Dans la gueule du loup (éditions Max Milo)

  • Cap sur l’amour  avec :

– Eric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour (Albin Michel)

– Nathalie Rheims, Maladie d’amour (Léo scheer)

– Nicolas Barreau, Le sourire des femmes (Éditions Héloïse d’Ormesson)

– Xavier de Moulins, Que ton règne vienne (JC Lattès)

– Fariba Hachtroudi, Le colonel et l’appât 455 (Albin Michel)

– Akli Tadjer, Les thermes du Paradis (JC Lattès)

  • Cap sur l’humour avec :

– David Foenkinos, La tête de l’emploi (éditions J’ai lu)

  • Cap sur l’histoire avec :

– Stéphane Bellat, La chambre d’Hannah (M.A. éditions)

– Catherine Hermary-Vieille, La bête (Albin Michel)

  • Cap sur un premier roman avec :

– Céline Lapertot Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre (éditions Viviane Hamy)

  • Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Marie-Christine Buffat, La malédiction de la chanson à l’envers  (éditions Snow Moon)

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, nous vous garantissons non pas le soleil, mais le talent des auteurs! Bonnes vacances et… belles lectures!

 

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Les Thermes du Paradis, de Akli Tadjer (JC Lattès) : quand l’amour triomphe de tout

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Les thermes du Paradis, de Akli Tadjer

Editions JC Lattès, mars 2014

 

Il y a ceux qui ont eu une fée au dessus de leur berceau. Et les autres. Adèle Reverdy fait plutôt partie de la deuxième catégorie, du moins se vit-elle ainsi. Sa sœur, Rose, est tout l’inverse. Sûre d’elle, séductrice, « aussi belle de face que de fesses ». Et en joue. « Elle était tout ce que je rêvais d’être et que je ne serais jamais. Si elle n’avait pas été ma sœur, je serais tombée amoureuse d’elle comme tout le monde bien sûr. » Alors, avec son long nez, son teint de bougie, ses lèvres fines et son regard délavé, Adèle à 30 ans, enchaine les déceptions et humiliations amoureuses. Pour parfaire le tableau, elle exerce un métier qui effraie les rares prétendants : la pas très glamour profession de thanatopractrice.

Sous couvert de vouloir le meilleur pour sa sœur, de la vouloir heureuse, amoureuse, cette dernière ne cesse de la rabaisser, de l’humilier. En effet, chaque râteau pris par Adèle donne en réalité l’occasion à Rose d’enfoncer sa cadette un peu plus, d’asseoir sa supériorité sur sa faiblesse.  Mais depuis la mort accidentelle de leurs parents dix ans plus tôt, Rose est sa seule famille ou presque. Alors Adèle fait bonne figure malgré tout, encaisse les coups comme un punching-ball.

Or c’est quand il n’y a plus d’espoir qu’il ne faut désespérer de rien. Lors d’une soirée avec sa meilleure amie Leïla, Adèle a le coup de foudre pour Léo, un bel homme noir, masseur aux Thermes du Paradis. Elle ne pense plus que Léo, ne respire plus que Léo, ne se vit plus qu’avec Léo. « Il m’obsède jusqu’aux derniers replis de mon âme. Je revois son sourire, ses dents blanches, ses paumes de main roses et sa peau noire. » Criblée de doutes sur elle-même,  son attirance est toutefois telle qu’elle fera tout pour le revoir. Mais Léo a une particularité : suite à un accident de cirque, il a perdu la vue. Aussi, même s’il se dit lui aussi sous le charme, même s’il la voit avec le bout de ses doigts et la trouve belle,  cela ne suffit pas à rassurer Adèle sur son potentiel de séduction. L’aimerait-il toujours s’il découvrait ses traits ? S’il recouvrait la vue, serait-il conforté dans ses sentiments ou s’éloignerait-il ? Un risque qu’Adèle est prête à prendre. Par amour. Pour celui dans le regard duquel elle est née…

Avec Les Thermes du Paradis, Akli Tadjer aborde les thèmes du deuil et de la solitude affective avec une infinie délicatesse. Il signe ici un roman plein de tendresse, de sensibilité et d’humanité, qui se lit avec beaucoup d’émotion. Ou quand l’amour triomphe de tout…

Les Thermes du Paradis, de Akli Tadjer (éditions JC Lattès)

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Les Thermes du Paradis, de Akli Tadjer

Éditions Jean-Claude Lattès, mars 2014

Adèle Reverdy est une jeune femme pleine de complexes et, pour comble de malheur, les hommes la fuient dès qu’elle avoue son métier de croque-morts.

Mais sa vie va changer le jour de ses trente ans. Parmi les invités venus à la fête organisée par sa sœur, il y a Léo, ancien trapéziste devenu aveugle à la suite d’un accident puis masseur aux Thermes du Paradis. Un soleil noir dans la vie d’Adèle qui, aidée de sa meilleure amie Leila, talentueuse thanatopractrice, va tout faire pour conquérir le cœur de Léo.

Un roman plein d’humour et de tendresse où l’on découvre que l’on ne voit bien qu’avec le cœur et que l’essentiel est invisible pour les yeux…

Le Karinotron avec… Akli Tadjer !

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Akli Tadjer, écrivain et scénariste franco-algérien, compte déjà huit romans à son actif et de nombreux prix littéraires. En cette rentrée littéraire 2012, il nous livre un roman bouleversant : « La meilleure façon de s’aimer », aux éditions Jean-Claude Lattès. De la difficulté de s’aimer et de se le dire…

Passionné de lecture, il suit les cours de l’école de journalisme de la Rue du Louvre à Paris. C’est en 1984, au retour d’un voyage en Algérie, qu’il rédigera son premier roman : Les A.N.I du Tassili, récompensé par le prix Georges-Brassens. Un roman dont il fera l’adaptation pour la télévision, débutant ainsi une carrière de scénariste.

      Suivront les remarquables et remarqués Courage et patience, Le porteur de cartable, Alphonse, Bel-Avenir (prix populiste), Il était une fois…ou peut-être pas (Prix de la révélation littéraire AuFéminin.com), Western et De la meilleure façon de s’aimer.

      Je vous invite à lire la chronique du dernier-né de Akli Tadjer en suivant ce lien : La meilleure façon de s’aimer, Akli Tadjer : Des maux pour le dire…

 

Son karinotron : 


1 – Votre livre de chevet :


Je découvre le Japon à travers sa littérature. Je lis en ce moment: Pays de Neige de Yasunari Kawabata. C’est une histoire d’amour fou en même temps qu’une purification.

 

2 – Vos lectures :

 

Je suis un cyclotomique de la lecture. Je peux ne pas lire pendant six mois, et dévorer à la suite une dizaine de romans. Ainsi, je viens d’avaler en une semaine des bouquins que j’avais sous le coude depuis longtemps… Joel Egloff, Hervé Guibert, Richard Brautigan, et un essai de Nicolas Grimaldi: Métamorphoses de l’amour.

3 – Votre façon d’écrire :

 

J’écris d’abord au stylo ensuite je me colle à l’ordinateur. Je n’écris que le matin. L’après-midi je me relis à une terrasse de café quand il fait soleil.

4 Votre rapport aux lecteurs :

 

Mon rapport aux lecteurs est quasi physique. A travers leurs regards, je vois de suite si nous sommes sur la même longueur d’onde.

5 Votre prochain livre :

 

Mon prochain… je ne sais pas… ça change toutes les cinq minutes.

 

Et avis aux lecteurs parisiens, Akli Tadjer sera au salon du livre de Paris dimanche 18 mars 2012 !

La meilleure façon de s’aimer, Akli Tadjer : Des maux pour le dire…

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La meilleure façon de s’aimer, Akli Tadjer

Editions Jean-Claude Lattès, Janvier 2012

 

Des maux pour le dire

 

     Victime d’un accident vasculaire cérébral, Fatima est hospitalisée dans un état végétatif. Engluée dans un corps qui ne réagit plus, la parole perdue, elle n’en est pas moins consciente de la réalité qui l’entoure. A défaut de pouvoir bouger et communiquer, elle s’évade de son corps-scaphandre par la pensée. Un voyage intérieur dans une vie antérieure : l’orphelinat, sa famille d’adoption, l’Algérie, l’exode, ses amours chaotiques, mais aussi et surtout, comme un souffle de vie dans cette agonie, la mystérieuse petite fille à la robe jaune. Qui est cette fillette ? Pourquoi cristallise t-elle toutes les pensées de Fatima ? A t-elle existé ? Et si oui, qu’est-elle devenue?

 

     Pas plus qu’elle ne parvient à faire comprendre à son fils Saïd lors de ses visites à son chevet, pourquoi elle est obsédée par « la petite », « jaune », ce terrible et lourd secret qu’elle traine comme une cicatrice sur le coeur et l’âme depuis tant d’années, elle n’a su lui faire comprendre combien elle l’aimait, lui, son fils, la chair de sa chair. Saïd a donc dû grandir avec ce sentiment de n’avoir pas naturellement sa place dans le coeur de sa mère, d’avoir tout à conquérir : « Maintenant que papa est mort, est-ce qu’il y aura une place pour moi dans ton coeur? (…) Une place, une vraie maman. Pas un strapontin. » Entre un père décédé et une maman peu démonstrative, comment se construire et apprendre à s’aimer, à aimer ? La vie sentimentale de Saïd, trentenaire, n’est que heurts, disputes, « je t’aime, moi non plus ». Il ne sait si là est la meilleure façon de s’aimer, mais c’est la seule qu’il ait trouvée.

 

     Un brillant roman à deux voix, celle du fils et de la mère, vibrant duo, où l’auteur mêle avec dextérité humour et tendresse, sensibilité et douceur, profondeur et légèreté. Un livre bouleversant sur la difficulté d’aimer et … de se le dire.

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€

Nombre de pages : 284

ISBN : 9 782709 635257