15 livres à offrir pour Noël : ma sélection

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Vous cherchez un cadeau personnalisé, divertissant, instructif, qui fasse voyager et puisse être partagé ? Stop !!! Ne cherchez plus, j’ai la perle rare : LE cadeau idéal, qui cumule toutes ces particularités (et celle de ne pas vous ruiner, donc vous pouvez en offrir plusieurs), existe. C’est LE LIVRE 😊 Et là vous souriez, avant de vous raviser : un livre, oui, mais quel livre ? Rassurez-vous, j’ai la liste miracle! Voici ma sélection de 15 livres parus ces six derniers mois.

NB : il vous suffit de cliquer sur le titre du livre pour pouvoir lire sa chronique. Elle n’est pas belle la vie? 🙂

🎄Pour un Noël parfait 🎄

Mon coup de cœur absolu ❤ de ces six derniers mois, c’est ce livre profond, sensible, d’un humour absolument jubilatoire : Feel Good, de Thomas Gunzig aux éditions Le Diable Vauvert . Attention ce n’est pas un feel good, mais un roman savoureusement drôle, qui, à travers ses attachants personnages, et un humour féroce, se révèle être une satire de notre société en général et du milieu de l’édition en particulier. A lire ABSOLUMENT. Et à offrir, forcément!

🎄Pour un Noël solidaire 🎄

13 à table, Collectif aux éditions Pocket. Un livre acheté 5€ =4 repas offerts. Pour la 6ème année, les éditions Pocket et leur directrice éditoriale Charlotte Lefèvre, s’associent aux restos du cœur en publiant un recueil de nouvelles, intitulé 13 à table, rédigé par 17 talentueux auteurs, dont les bénéfices sont reversés intégralement aux Restos du cœur. Les auteurs : Philippe BESSON • Françoise BOURDIN • Michel BUSSI • Adeline DIEUDONNÉ • François d’EPENOUX • Éric GIACOMETTI • Karine GIEBEL • Philippe JAENADA • Yasmina KHADRA • Alexandra LAPIERRE • Agnès MARTIN-LUGAND • Nicolas MATHIEU • Véronique OVALDÉ • Camille PASCAL • Romain PUÉRTOLAS • Jacques RAVENNE • Leïla SLIMANI

🎄Pour un Noël plein de rires 🎄

Daddy gaga, de Julien Chavanes, aux éditions Plon. Comment endormir votre bout de chou alors que Pimpinou le doudou lapin, quelque peu décati et charriant des bactéries non encore identifiées par la science, a fugué loin de son tortionnaire mâchouilleur d’oreilles? Comment habiller ce petit ange le matin, alors qu’à 10 minutes de la sonnerie de l’école, il est encore en slip et le dentifrice plein les cheveux au milieu du salon? Si vous avez envie de passer un moment de lecture jubilatoire, entre couches, biberons et bain du petit dernier, alors plongez-vous dans Daddy gaga, ou les tribulations hilarantes d’un jeune papa. Un pur bonheur!

🎄Pour un Noël passionnant 🎄

Honoré et moi, de Titiou Lecoq aux éditions de L’iconoclaste : Vous pensiez tout savoir sur Balzac ? Vous l’avez pris en grippe lors de vos années au lycée ? Les biographies académiques vous ennuient ? Alors ce livre est fait pour vous ! Balzac, comme vous ne l’avez jamais vu, jamais lu, sous la plume jubilatoire de Titiou Lecoq.

On ne meurt pas d’amour, de Géraldine Dalban-Moreynas, aux éditions Plon : Un premier roman extrêmement fort, percutant, saisissant, sur une histoire d’amour adultérine particulièrement addictive et destructrice. L’emprise affective servie par la plume incisive de Géraldine Dalban-Moreynas.

Khalil, de Yasmina Khadra, aux éditions Pocket : Quand Yasmina Khadra se glisse dans la tête d’un terroriste prêt à se faire sauter. La radicalisation décortiquée de l’intérieur. Fascinant, brillant. Essentiel.

Une bête au paradis, de Cécile Coulon aux éditions de l’Iconoclaste : Le roman de deux générations de femmes littéralement possédées par leurs terres. Un roman envoûtant, ensorcelant. Magistralement écrit.

🎄Pour un Noël sous le signe du suspens 🎄

Ne t’enfuis plus, de Harlan Coben aux éditions Belfond : Drogue, emprise, secte, secrets de famille sont au programme du thriller haletant de Harlan Coben aux éditions Belfond. Et en filigrane, cette question : jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour sauver votre enfant ?

Pour un Noël en enfance

Jules César, de Anne-Dauphine Julliand, aux éditions Les arènes : Après « Deux petits pas sur le sable mouillé » et le film documentaire « Et les mistrals gagnants », Anne-Dauphine Julliand, journaliste, signe son premier roman. Un roman aussi lumineux que bouleversant, dans lequel l’auteure nous interroge : jusqu’où serions-nous prêts à aller pour sauver la vie d’un enfant ?

Le rêve de la baleine, de Ben Hobson, aux éditions Rivages. Après le décès de sa mère, Sam, 13 ans, doit composer avec son chagrin et avec celui de son père. Un homme taiseux, qui a l’habitude de s’absenter plusieurs mois pour aller dépecer les baleines dans une usine. Comment vivre avec la douleur et l’absence ? Comment réinventer sa vie, tant pour le fils que pour le père ? Un conte initiatique d’une grande beauté.

🎄Pour un Noël viscéralement humain🎄

Le cœur battant du monde, de Sébastien Spitzer, aux éditions Albin Michel : Médecin, il n’en peut plus d’aider ces femmes à avorter. Cette fois, il va sauver la vie du bébé. En secret. Or cet enfant n’est autre que le fils adultérin de Karl Marx. Un roman passionnant, émouvant, magnifique, sur le parcours d’un enfant qui doit se construire en l’absence de racines.

Les guerres intérieures, de Valérie Tong Cuong aux éditions Jean-Claude Lattès: Valérie Tong Cuong nous offre un roman fascinant et une analyse d’une grande justesse sur ces guerres intérieures que nous menons contre notre culpabilité, notre mauvaise conscience, nos regrets et remords. Un coup de cœur pour la lumineuse plume de Valérie!

La dernière fois que j’ai vu Adèle, Astrid Eliard, aux éditions Mercure de France : Après Danser, roman que j’avais plébiscité en 2016, c’est avec ferveur que je vous recommande La dernière fois que j’ai vu Adèle, le nouveau roman d’Astrid Eliard. Un roman sur la double sidération d’une mère, quand elle apprend la disparition de son enfant et découvre qu’elle s’est embrigadée. Percutant, captivant, admirablement traité.

Je ne suis pas seul à être seul, de Jean-Louis Fournier aux éditions JC Lattès : Un livre délicat, sensible et facétieux sur la solitude. Ou quand Jean-Louis Fournier excelle à nous faire sourire de ce qui est grave, à nous émouvoir d’une phrase, d’un mot, d’un silence.

Les victorieuses , de Laetitia Colombani aux éditions Grasset : Après l’immense succès de La tresse, Laetitia Colombani nous offre un deuxième roman tout aussi viscéralement humain, Les victorieuses. Un roman qui donne la parole à ces femmes malmenées par la vie, courageuses et généreuses, recueillies par l’Armée du salut au Palais de la femme. Un véritable hymne à la solidarité.

🎄Pour un Noël riche en découvertes🎄

Méditer, le bonheur d’être présent, de Fabrice Midal aux éditions Philippe Rey : Un roman graphique passionnant, sur ce qui a amené Fabrice Midal à la méditation et en quoi elle lui a sauvé la vie. Le partage d’une expérience riche, superbement scénarisé et illustré. Ou la méditation vue de l’intérieur.

Entre ombre et lumière, de Stéphane Allix, aux éditions Flammarion : Un livre très personnel sur l’itinéraire du grand reporter Stéphane Allix, illustré par ses magnifiques photographies. Et bien plus encore : le partage d’expériences humaines indiciblement riches qui ouvrent à d’autres perceptions du monde.

 

La consolation de l’ange, Frédéric Lenoir

La consolation de l'ange, Frédéric Lenoir

©Karine Fléjo photographie

Un roman empli de sagesse, de lumière, sur la relation bouleversante entre une vieille femme et un adolescent. Un livre initiatique qui invite le lecteur à célébrer la vie.

Un optimisme contagieux

Quand Victor se retrouve hospitalisé dans la même chambre que Blanche, c’est la rencontre entre deux êtres que tout oppose à priori. Victor est âgé de 20 ans, Blanche est en fin de vie. Après un troisième échec au concours de l’école de médecine, Victor a tenté de se suicider. La vie n’a pour lui plus aucune saveur. A ses côtés, Blanche, véritable rayon de soleil, adore la vie et a gardé sa capacité d’émerveillement intacte face aux plus infimes bonheurs de l’existence.

Au fil des heures, Blanche gagne la confiance de Hugo. Ce dernier lui confie alors les raisons de son geste : l’impossibilité de satisfaire son père chirurgien en réussissant ses études de médecine, sa désolation face à l’évolution du monde, la perte de sens de la vie. Et une blessure d’enfance bien pire encore. Sans le juger, Blanche l’écoute, empathique, bienveillante. Aux propos et exemples négatifs avancés par Hugo, elle répond par des commentaires positifs et lumineux. Et pourtant, Blanche n’a pas été épargnée par la vie. Au contraire. Mais si elle a connu bien des épreuves, comme la déportation, le deuil, la maladie, jamais elle n’a perdu foi en l’humanité. Jamais elle n’a considéré que la vie ne valait pas pour autant la peine d’être vécue.

Peu à peu, sous sa douce influence, Hugo change de regard… Blanche sera-t-elle son ange de consolation ?

Un lumineux roman sur la transmission

Quand on demande à Frédéric Lenoir ce qui a motivé l’écriture de ce roman, il nous répond : « Si je devais dire à des enfants, à des jeunes, l’essentiel de ce à quoi je crois sur la vie, c’est ce livre que je leur donnerais. J’ai écrit ce livre pour ça, en me disant je pourrais mourir maintenant, j’ai transmis l’essentiel de ce à quoi je crois. C’est à la fois philosophique, spirituel, ça touche-à-tout. C’est un livre de transmission. » Et en effet, ce roman initiatique est riche d’enseignements. Qu’est-ce que le bonheur ? L’amour ? La liberté intérieure ? le sens de la vie ? Y a-t-il une vie après la mort ? Frédéric Lenoir nous offre des clés à travers la bouche de Blanche. A Hugo et à nous d’ouvrir les portes et de cheminer.

« Si je devais résumer le sens de l’existence humaine en quelques mots, je dirais : tout le chemin de la vie, c’est de passer de l’inconscience à la conscience et de la peur à l’amour. C’est pour cela que les âmes viennent sur terre, même si c’est un chemin souvent douloureux et jonché d’obstacles. »

C’est donc un roman positif, émouvant, que nous offre l’auteur. Un roman sur son amour pour la vie, sa foi en elle, sa magie, magie qu’il tente de transmettre au lecteur à travers cet écrit.

Ne soyez pas impressionné par le cadre de départ du roman, à savoir la tentative de suicide de Hugo et la fin de vie de Blanche : ce roman est tout sauf sombre. La consolation de l’ange est au contraire une ode à la vie. Une invitation à savourer l’existence, à l’embrasser dans ses hauts comme dans ses bas. Quant aux personnages, indiciblement attachants, ils vous hanteront longtemps.

Rencontre avec Frédéric Lenoir : « On ne naît pas libre, on le devient »

La consolation de l'ange Frédéric Lenoir

En ce mois de novembre, les éditions Albin Michel publient un nouveau roman de Frédéric Lenoir : « La consolation de l’ange ». Rencontre avec un auteur aussi chaleureux que passionnant.

Qu’est ce qui a motivé l’écriture de ce livre?

Frédéric Lenoir : Si je devais dire à des enfants, à des jeunes,  l’essentiel de ce à quoi je crois sur la vie, c’est ce livre que je leur donnerais. J’ai écrit ce livre pour ça, en me disant je pourrais mourir maintenant, j’ai transmis l’essentiel de ce à quoi je crois. C’est à la fois philosophique, spirituel, ça touche-à-tout. C’est un livre de transmission. 

Et pourquoi j’ai écrit ce livre ? Ce sont les ateliers de philo que je fais avec les enfants de la primaire jusqu’aux jeunes du  lycée qui m’y ont conduit. Je demande aux enfants, surtout en primaire : « Quelles sont les grandes questions que vous posez ? » Et tous me disent la même chose : 1°Pourquoi on est sur terre ? 2°: Pourquoi on meurt si on vit ? 3° Est-ce qu’il y a quelque chose après la mort? À force d’entendre cela, je me suis dit qu’il fallait apporter des réponses. On ne peut pas se contenter de dire c’est trop compliqué à expliquer, tu verras quand tu seras plus grand.

Quelle est l’histoire de ce livre? 

F.L. : C’est un jeune garçon d’une vingtaine d’années qui trouve que la vie est absurde et qui fait une tentative de suicide. Il s’en sort et il se retrouve dans une chambre d’hôpital avec une vieille femme qui va mourir et qui elle, à 92 ans, et bien qu’elle ait eu une vie très dure, adore la vie. Elle va essayer de lui expliquer pourquoi elle adore la vie et lui donner des raisons de vivre. Donc c’est vraiment un livre de transmission entre une vieille femme et un jeune homme, que tout oppose au départ mais qui vont s’adorer.

Y a -t-il un personnage qui vous ressemble dans ce livre? 

F.L. : Je dis dans la bouche de la vieille femme appelée Blanche, tout ce que je pense, tout ce que la vie m a appris C’est ça qui est très agréable dans un roman, c’est que l’on peut se cacher derrière ses personnages.

La question du suicide peut effrayer des lecteurs. Est-ce un roman sombre?

F.L. : Non, ce n’est pas un éloge du suicide. Le suicide n’est qu’un point d’entrée du roman. L’adolescent du roman est désespéré par la façon dont les adultes traitent le monde. Mais Blanche va lui montrer que le monde ne va pas si mal que cela. Elle lui redonne un espoir dans l’humanité. Mais il me fallait un contraste entre ces deux personnages, psychologiquement, pour construire le roman.

Votre roman évoque la vie dans ses côtés lumineux comme dans ses côtés sombres

F.L. : Je n’esquive pas le côté dramatique de la vie dans ce livre. Mais le discours général de mon roman est de dire que malgré tous ces drames, la vie vaut la peine d’être vécue. Voilà pourquoi.

Pourquoi ce titre, La consolation de l’ange?

F.L. : Car je pense que dans toute épreuve, chacun peut rencontrer un ange d’une manière ou d’une autre (un être humain, un livre, une émission de radio), c’est à dire une main tendue, quelque chose qui d’un coup va permettre de trouver une réponse au moment très douloureux qu’on vit.

Frédéric Lenoir

Etes vous un optimiste ou un pessimiste? 

F.L. : Je suis quelqu’un de lucide et d’optimiste. Je vois le monde tel qu’il est, je vois l’être humain capable du meilleur comme du pire. Mais le pessimiste va dire face à un problème : « c est foutu! »,  alors que l’optimiste dit : « Cherchons les solutions ». Je suis optimiste et je trouve la vie magique.

« Tout le chemin de la vie, c’est de passer de l’inconscience à la conscience et de la peur à l’amour », c’est une phrase extraite du livre et mise en exergue

F.L. : On attire à soi, par notre inconscient, la grande majorité des événements personnels ( et non les événements collectifs) de notre vie. Les événements sont essentiellement liés a quelque chose chose qu on porte en soi et qu’on attire a soi. On sous-estime la force de la pensée :   tout ce qu’on dit et tout ce qu’on pense, ce sont des énergies et ces énergies ont un impact colossal.

« On ne naît pas libre, on le devient », je dis toujours cela. Car quand on passe de l’inconscience à la conscience, quand on comprend pourquoi il nous est arrivé telle chose, comment les événements se sont enchaînés, pourquoi on faisait toujours les mêmes choix, on devient libre. Je parle là de liberté intérieure.

Avoir cette ouverture d’esprit, comprendre ce qui aide devenir libre, dépend de l’éducation, de la culture…

F.L. : J’écris pour cela, pour que les gens qui n’ont pas reçu dans leur milieu familial  des clés qui aident à vivre, les trouvent dans les livres.

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©Karine Fléjo photographies

Rentrée littéraire : Le cœur battant du monde, Sébastien Spitzer

Le coeur battant du monde

©Karine Fléjo photographie

Médecin, il n’en peut plus d’aider ces femmes à avorter. Cette fois, il va sauver la vie du bébé. En secret. Or cet enfant n’est autre que le fils adultérin de Karl Marx. Un roman passionnant, émouvant, magnifique, sur le parcours d’un enfant qui doit se construire en l’absence de racines.

Grandir sans repères paternels

Londres dans les années 1860. Charlotte a fui son Irlande natale pour se réfugier en Angleterre. Londres, centre du monde, ville puissante pour ses industries et son commerce, est scindée en deux : d’un côté une population, massive, vit dans la crasse et la misère extrême, travaille sang et eau pour un maigre salaire. De l’autre, une poignée de gros industriels fortunés. Pour échapper à la misère, Charlotte offre son corps à des inconnus contre quelques billets et va même jusqu’à vendre ses magnifiques cheveux. Suite à une agression, elle est secourue et soignée par un certain docteur Malte. Ce médecin aide nombre de femmes qui souhaitent avorter. Mais là n’est pas sa vocation : il veut sauver des vies. Aussi, quand un ami lui demande de mettre un terme à la grossesse de sa femme de ménage, enceinte de lui, le docteur Malte décide de désobéir en cachette. Il va sauver l’enfant et le confier à Charlotte qui en deviendra la nourrice. A une condition cependant : elle devra se cacher et cacher le petit Freddy.

Pour Freddy, « Charlotte est bonne maman. Elle est à la fois sa complice, son soleil, l’adulte qui dit non, l’amie qui dit oui. » Et surtout, elle est celle qui veille sur le maintien du mystère de ses origines. L’enfant grandit donc sans tuteur paternel, dans l’illusion que Charlotte est sa mère, dans un pays où la misère est de plus en plus grande tandis que la crise du coton fait rage et que les faillites d’entreprises se multiplient. Le peuple a faim, a froid, a peur. On est à un moment charnière de l’histoire. La révolte gronde. De plus en plus fort.

Freddy pourra-t-il ignorer longtemps le secret de ses origines ? Pourra-t-il vivre caché toute sa vie, ignorant de qui et de quoi il doit se dissimuler ?

Une immersion totale dans l’Angleterre victorienne

Sébastien Spitzer excelle décidément à créer une atmosphère, à nous faire sentir, entendre, toucher, voir. A mettre en éveil tous nos sens comme si nous étions immergés dans l’histoire, catapultés en Angleterre 120 ans plus tôt, aux côtés de ses personnages. On vit ce roman davantage qu’on ne le lit, on est emporté par les tourbillons de l’histoire.

Il s’agit d’une histoire forte et émouvante qui s’inscrit dans l’Histoire. Celle d’un jeune garçon qui grandit dans le secret total de ses origines. Un enfant sans figure masculine paternelle comme modèle. Alors il picore autour de lui, auprès des hommes croisés avec sa mère, auprès de son maître Saltz, quelques éléments de repères, quelques informations sur ce qu’est et comment doit se tenir un homme. A travers les yeux du fils, on découvre aussi le géniteur, qui n’est autre que Karl Marx. Car si les combats et l’idéologie de Karl Marx sont restés gravés dans l’Histoire, que connaît-on de l’homme, du père, du mari, de son quotidien, de sa façon d’être et d’agir, de sa vie de famille ? C’est donc aussi un éclairage passionnant sur la face méconnue de ce philosophe et politicien que nous offre Sébastien Spitzer.

Je me suis laissée totalement embarquer par cette fresque romanesque, foisonnante, passionnante, édifiante, si viscéralement humaine. Bref, un MAGNIFIQUE roman.

 

 

Citation du jour

 Il est des combats déjà vains. Quand tout devient sombre, quand on ne saisit plus réellement le sens de l’existence, il est bon de savoir s’arrêter. Ne plus penser à rien d’autre qu’à l’instant présent. Respirer lentement et se dire qu’une seule chose importe, le souffle qui se propage jusque dans chaque extrémité de notre corps, la présence à nous même, maintenant, à cet instant précis. Et vous vous rendrez compte alors que votre respiration absorbe le passé et l’avenir, les regrets et les peurs, et qu’elle vous fait goûter à l’éternité, parce que, justement, elle est hors du temps!

Florence Herrlemann – L’appartement du dessous (Albin Michel)

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Citation du jour

La littérature a toujours fait partie de ma vie. Elle m’a permis de croire encore en l’humanité, lorsque ce mot n’était devenu pour moi qu’une idée dénuée de sens, une coque vide. Elle m’a indiqué le chemin, m’a aidée à distinguer ce qui a du prix de ce qui n’en pas. Elle m’a donné la force de continuer à garder la tête haute, à sourire, à ressentir, à rêver. Elle m’a appris à supporter la douleur, le froid, à contenir ma colère, à adoucir mes peines, à grandir et à aimer, aimer encore. Elle m’a sauvé la vie.

Florence Herrlemann – L’appartement du dessous (Albin Michel)

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L’appartement du dessous, Florence Herrlemann

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Après « Le festin du lézard », Florence Herrlemann nous revient avec un nouveau livre absolument magnifique : L’appartement du dessous. Dans ce roman, les échanges épistolaires entre une locataire centenaire et une nouvelle arrivante vont servir de fil rouge à un fascinant et bouleversant voyage dans le temps, de la seconde guerre mondiale à nos jours. Ou quand la parole se délie au fil des mots et tisse la trame d’une aussi improbable que merveilleuse amitié. Un gros coup de cœur !

Une correspondance à l’origine d’une belle et forte amitié

Imaginez que vous emménagiez dans un nouvel appartement par un dimanche ensoleillé d’avril au cœur du Marais à Paris et que vous découvriez sur votre paillasson une lettre de bienvenue de la voisine centenaire du dessous. Vous en seriez touché, n’est-ce pas ? Mais comment réagiriez-vous si ces lettres se multipliaient, mêlaient douceur et insistance à ce que vous y répondiez ? Vous en seriez un peu agacé, je me trompe ? Et vous vous interrogeriez sur la raison de ces lettres, sur l’identité de son auteur. Ce à quoi Hectorine, la voisine du dessous vous répondrait : « Un jour vous saurez ». Vous seriez bien avancé.

C’est ce qui arrive à Sarah, trentenaire, illustratrice dans l’édition, quand elle s’installe dans l’appartement hérité de sa grand-mère, une femme acariâtre qu’elle n’a pas connue. Entre les cartons à ouvrir, les meubles à monter et son travail, elle n’a pas le temps de répondre aux lettres d’Hectorine, charmante mais pour le moins intrusive et envahissante voisine du dessous. Et Hectorine de l’exhorter à entamer une correspondance, estimant que rien ne justifie l’absence de réponse à ses lettres, pas même le fait que Sarah soit débordée. Titillée par les propos culpabilisants d’Hectorine, touchée par ses attentions constantes comme ces madeleines préparées avec tendresse qu’elle lui laisse sur le palier, Sarah finit par lui écrire une lettre. De toute façon, Hectorine ne lui laisse aucun autre moyen de communiquer avec elle : elle refuse de lui ouvrir sa porte et annonce d’emblée ne pas avoir de téléphone.

Tout d’abord réticente, Sarah se prend au jeu de la correspondance. Les paroles emplies de sagesse d’Hectorine, ses conseils, son écoute attentive, lui deviennent précieux. Vitaux même. Sans compter qu’elle n’en sait toujours pas davantage sur l’identité d’Hectorine, ne connaît que son prénom. Et la centenaire excelle à aiguiser la curiosité de Sarah (et du lecteur !). Elle ne lui dévoile qu’un épisode de sa vie à chaque fois, tel un feuilleton qu’elle interrompt malicieusement à chaque rebondissement, tenant Sarah captive du lasso de ses révélations parcimonieuses.

« Il est des combats déjà vains. Quand tout devient sombre, quand on ne saisit plus réellement le sens de l’existence, il est bon de savoir s’arrêter. Ne plus penser à rien d’autre qu’à l’instant présent. Respirer lentement et se dire qu’une seule chose importe, le souffle qui se propage jusque dans chaque extrémité de notre corps, la présence à nous même, maintenant, à cet instant précis. Et vous vous rendrez compte alors que votre respiration absorbe le passé et l’avenir, les regrets et les peurs, et qu’elle vous fait goûter à l’éternité, parce que, justement, elle est hors du temps ! »

Au fil des mots, l’histoire d’Hectorine rejoint la grande Histoire, embarque Sarah et le lecteur dans l’Allemagne nazie du IIIème Reich, dans Berlin, puis le Paris de l’après-guerre. Le cœur de Sarah s’ouvre à cette femme qui a traversé le siècle, qui a surmonté tant d’épreuves. Chacune trouve en l’autre une oreille attentive et bienveillante, un cœur tendre et aimant. Une amie. Quel secret guide les lettres d’Hectorine ? Pourquoi ce mystère autour de leur correspondance ? Pourquoi avoir choisi Sarah, parmi tous les résidents de l’immeuble, comme destinataire de ses lettres ? Je vous laisse le découvrir en même temps que Sarah…

Quatre bonnes raisons de lire L’appartement du dessous de Florence Herrlemann

Ce roman m’a profondément émue, transportée. Je pourrais me contenter de vous dire : lisez-le ! Achetez-le, vous verrez ! Je pourrais aussi adopter la réponse d’Hectorine et vous dire : « Un jour, vous saurez », et ce jour, c’est quand vous l’aurez lu. Car alors vous comprendrez mon enthousiasme.

Dans le florilège des parutions littéraires du mois de mars, je vous invite vivement à lire L’appartement du dessous car :

  • C’est un livre viscéralement humain, profond, émouvant, qui donne à la relation épistolaire toutes ses lettres de noblesse et place l’humain au coeur.
  • Les personnages sont magnifiques et indiciblement attachants. Hectorine et Sarah vous habiteront longtemps. L’auteure sait créer une telle intimité avec ses personnages, qu’on a le sentiment qu’on pourrait les croiser dans la rue, dans notre voisinage.
  • L’écriture de Florence Herrlemann est d’une grande sensibilité, très poétique et fluide. Elle vous embarque dans son histoire et ne vous lâche plus jusque la dernière page.
  • La lecture de ce livre est addictive : Florence Herrlemann tient le lecteur captif, happé par le désir de découvrir le secret d’Hectorine, le pourquoi de ses lettres. Et la chute est vertigineuse ! Mais chuttt je vous laisse la découvrir…

Vous êtes encore devant votre écran ? Mais enfin, vous devriez déjà être en chemin pour la librairie ! Et revenez me donner des nouvelles d’Hectorine et de Sarah ensuite !