Rentrée littéraire : Dérangé que je suis, Ali Zamir (Le tripode)

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Dérangé que je suis, Ali Zamir

Editions Le tripode, janvier 2019

Rentrée littéraire

L’histoire tragi-comique d’un docker surnommé Dérangé, servie par une plume vive et une écriture d’une grâce infinie.

Dérangé est le surnom donné à un humble docker. Il a pour toute fortune sept chemises et sept pantalons tout déchirés sur lesquels sont inscrits les jours de la semaine, ainsi qu’un vieux chariot. Chaque jour, il converge vers le port dans l’espoir de trouver du travail, des marchandises à convoyer. D’avoir de quoi se nourrir. Et la concurrence est rude, notamment avec les PiPiPi (Pirate, Pistolet et Pitié) un trio de dockers maléfiques. Dérangé se tient éloigné d’eux, de leurs magouilles et de leurs railleries à son endroit.

Un jour, alors que les PiPiPi et lui se précipitent au-devant d’un bateau en quête d’un chargement à convoyer, une femme d’une beauté assourdissante descend du bateau et loue les services de Dérangé. Les PiPiPi sont dépités. Comment un homme en guenille peut-il leur ravir le marché ? La femme propose alors au trio et à Dérangé de relever un étrange défi. Si les quatre hommes sont aimantés par le gain promis à celui qui le remportera, la femme « d’une beauté sans pareille » est aimantée par Dérangé. Et a en tête un autre défi à lui proposer dans l’intimité.

C’est avec une écriture poétique, extraordinairement belle, que Ali Zamir nous livre l’histoire de cet homme touchant, dont l’intégrité n’a d’égale que sa bravoure. L’argent permet-il de tout acheter ? Donne-t-il tous les droits ? Si Dérangé n’a pas d’argent, il a des principes et des valeurs, lesquels sont une richesse bien plus grande et plus noble.

Une très belle découverte.

« Le meilleur des hommes, c’est celui qui cherche non seulement à étreindre un rayon de soleil, après avoir percé les voiles, mais surtout à le partager. Sans arrière-pensée. En inondant de lumière la nuit des autres. »