Dakota song, Ariane Bois (Belfond)

Dakota song, Ariane Bois

Editions Belfond, mars 2017

 9782714475411

Un portrait survolté d’une Amérique en pleine révolution artistique, intellectuelle et sexuelle, celle de la Beatlemania et du disco, du Studio 54 de Warhol et du Chelsea Hotel, du scandale du Watergate et d’une décennie de violences.

 

Nous sommes dans les années 70 au cœur de Harlem. Shawn, 20 ans, vit avec sa mère et ses trois sœurs, laquelle cumule les petits boulots pour survivre. Un samedi, alors qu’il sort avec son meilleur ami Sly, un gang les agresse. Dans l’altercation, Sly perd la vie. Tandis que Shawn, survivant, devient un témoin gênant. Pour le protéger, son oncle lui propose de quitter le quartier quelque temps et de venir se réfugier dans l’immeuble où il travaille, le Dakota, sur le West side.

Dakota. L’immeuble le plus célèbre et le plus luxueux de la ville. Le lieu où se précipite la haute société new-yorkaise. Un club très fermé dans lequel on croise Lauren Bacall, John Lehnon, Rudolph Noureev ou encore Léonard Bernstein, pour ne citer que ces derniers. Un univers si étranger à Shawn. Pourtant, cet endroit qui ne devait être qu’en lieu de passage, aux antipodes de son univers, va peu à peu s’ouvrir à lui. Employé comme portier, ce poste lui offre la chance d’échapper à la violence de Harlem, de faire quelque chose de sa vie, d’apprendre au contact des autres. Le Dakota est une école de vie. Une chance qu’il est bien décidé à saisir. Sa gentillesse et son intégrité vont progressivement lui valoir la reconnaissance et la sympathie des habitants, venir à bout des préjugés racistes, lui permettre de tisser des liens avec Becky, Tyler, Andrew, Nathan, Abigail, Cherie, ces new-yorkais à la vie dorée. Et de se rendre compte à cette occasion, qu’argent ne rime pas toujours avec bonheur…

A travers la décennie 70, sur fond de guerre du Vietnam, de lutte contre le racisme, d’avènement du hip-hop,  Ariane Bois dresse une peinture économique, sociale et culturelle très intéressante de Big Apple. A travers les destins croisés des habitants du Dakota, on suit avec émotion la progression de Shawn, décidé à se faire une place dans un monde qui n’a pas l’habitude d’en faire aux gens de couleur…

 

Sans oublier, de Ariane Bois (éditions Belfond) : le chemin bouleversant d’une reconstruction

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Sans oublier, de Ariane Bois

Éditions Belfond, février 2014

Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.

Entre son travail dans une agence de publicité, ses deux enfants de six et trois ans et son mari, la vie de la narratrce est agréablement remplie. Et en apparence épanouissante. Pourtant, un événement inattendu va dangeureusement fragiliser cet équilibre familial : le décès accidentel de sa mère. Après le suicide de son frère huit ans plus tôt, il lui faut affronter un nouveau deuil. Tous ses repères alors s’écroulent. Comment continuer sans cette mère qu’elle a tant aimée, tant admirée, dont elle a toujours eu tant faim? Cette mère dont elle n’a pas toujours compris l’attitude? Comment faire face au quotidien, être présente pour ses enfants et pour son mari quand elle ne parvient plus à être présente à elle-même? « Vivre, c’est savoir ce qui compte d’abord dans sa vie. Ce que l »on place au plus haut. Rétablir l’ordre des importances. » (Martin Gray) Or la narratrice ne sait pas, ne sait plus où elle va, ce qu’elle veut, ce qui prime ou non. Elle ne vit plus. Elle survit. Son mari de son côté fait face comme il peut. Chacun cohabite le moins mal possible. Mais elle est de plus en plus submergée par le mal-être, à côté de sa vie, à côté des siens et non avec eux. « Comment lui dire qu’il m’est impossible de continuer sans elle, sans son regard sur moi, sans mon besoin continuel de lui plaire, de l’épater? » « Quelque chose de vital m’avait été arraché, et cette vie qui m’avait été transmise, je n’arrivais plus à la transmettre à mes enfants, à leur donner des raisons de grandir, de rentrer à leur tour dans la ronde. Je ne pouvais plus les bercer de certitudes, leur assurer que je serais toujours là »

Aussi, par instinct de survie mais également pour protéger ses enfants dont elle ne parvient plus à s’occuper, elle s’enfuit. Besoin de se perdre pour se retrouver. Besoin de s’éloigner des siens pour se rapprocher d’elle-même.

Réfugiée au Chambon-sur-Lignon, haut lieu de la résistance pendant la seconde guerre mondiale, son passé pourtant la rattrape. Elle découvre que sa mère y a séjourné aussi et que la vie de celle qu’elle vénérait recèle bien des zones d’ombres. Pièce par pièce, elle va reconstituer le puzzle familial, comprendre d’où elle vient pour mieux décider où aller, retrouver ses racines pour mieux pouvoir s’ancrer à son tour dans la vie. Et la transmettre.

Avec Sans oublier, Ariane Bois nous offre un roman dont « le texte saute à la gorge, d’un style acéré, à l’os. » En véritable chirurgienne de l’âme, elle dissèque les sentiments avec justesse et sensibilité au scalpel de sa talentueuse plume. Bouleversant.

P.172 : Écrire, c’est aussi plonger et se perdre

 

Sans oublier, de Ariane Bois ( éditions Belfond)

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Sans oublier, Ariane Bois

Editions Belfond, février 2014

La disparition de sa mère, elle pourrait en mourir. Pourtant elle va survivre, et l’épreuve de douleur se fait parcours de réconciliation, de compréhension et de vie. Une plume trempée dans l’urgence, un roman d’aujourd’hui.
Lorsqu’elle apprend l’accident qui a coûté la vie à sa mère, une jeune femme voit sa vie exploser. Tout se délite et s’obscurcit dans le ciel de sa mémoire. L’onde de choc atteint ses enfants et son mari. Pour enrayer cette chute libre, il lui faut partir, tenter de se retrouver pour sauver les siens.

Récit d’un crash intime, d’une fugue maternelle sur les traces d’un silence familial, Sans oublier raconte comment, pour devenir mère, il faut d’abord cesser d’être une fille.

Une écriture intense qui réconcilie de façon saisissante la noirceur du deuil et la rage de vivre.

Grand reporter au sein du groupe Marie-Claire et critique littéraire pour le magazine Avantages, Ariane Bois a déjà publié deux romans, Et le jour pour eux sera comme la nuit (Ramsay, 2009 ; J’ai Lu, 2010) et Le Monde d’Hannah (Robert Laffont, 2011 ; J’ai Lu, 2014). Tous deux ont été salués par la critique et par des prix littéraires, et traduits en plusieurs langues.