Looping, Alexia Stresi : fascinant!

Looping, Alexia Stresi

Editions Stock, mars 2017

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Ce roman est en lice pour le Prix Goncourt du premier roman 2017. Le fabuleux destin d’une femme libre dans un monde qui ne l’est pas. Un premier roman coup de cœur !

Rien ne semblait prédestiner Noelie, née de père militaire inconnu et d’une mère illettrée, à pareil destin. Et pourtant. Issue d’une famille paysanne modeste, à l’aube du 20ème siècle, sa vie fut tout sauf ordinaire. Et sa petite-fille de nous faire voyager dans le temps aux côtés de cette femme qui, loin de se contenter de rêver sa vie, a vécu ses rêves. Fascinant.

A Imperia, Noelie était vouée à rejoindre aux champs les membres de sa famille maternelle. Mais un jour, son grand-père paternel fait irruption dans sa vie et ramène l’enfant et sa mère dans sa luxueuse villa. L’occasion pour Noelie d’aller pour la première fois à l’école. Pour cette fillette à l’esprit curieux, avide de connaissances, c’est une chance inouïe. Et une révélation. Mais ce ne sera pas la seule acrobatie du destin : ce père qu’elle ne connaît pas, revient indemne du front austro-hongrois à la fin de la guerre et convainc mère et enfant de le suivre à Tripoli. Envol vers une nouvelle vie.

Noelie détonne et étonne. Résolument moderne, libre, entreprenante, rien ne la freine ni ne l’effraye. Et de lancer une coopérative agricole. Et d’apprendre l’arabe pour négocier avec les bédouins, le pilotage d’avion pour aller à leur rencontre au cœur du désert. Et de devenir l’ambassadrice de l’Italie en Lybie. Rien de moins.

C’est le portrait d’une femme indiciblement attachante, pleine de fougue, de panache, à l’esprit ouvert et curieux, que dresse brillamment Alexia Stresi. Une épopée romanesque aussi légère dans la fluidité du style que les loopings aériens de Noelie. Aussi maîtrisée que ces derniers aussi. D’Italie en Lybie, le lecteur vole sur les ailes de la plume de l’auteur, fasciné. sans plus avoir envie d’atterrir.

A lire absolument !

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Un anniversaire en avion, Marie-Constance Mallard

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Une aventure de Violette Mirgue : un anniversaire en avion, de Marie-Constance Mallard

Editions Privat, novembre 2015

Pour célébrer son anniversaire, les amis de l’adorable souricette Violette Mirgue, lui ont donné rendez-vous au Musée de l’aviation. Ils l’y attendent avec un gros paquet cadeau. Mille moustaches de souris, un morceau de Mimolette! Et notre Violette de mordre à pleines dents dans son fromage, ravie. Mais ce fromage n’est pas un banal fromage, il a des propriétés magiques! Et Violette de se retrouver à voyager dans le temps. De Léonard de Vinci au concepteur de l’A380, en passant par Clément Ader, Jean Mermoz, Antoine de Saint Exupéry et autres pionniers de l’aviation, notre intrépide souris nous fait voler d’invention en invention.

Ce livre aux illustrations d’une tendresse infinie est réussi à plus d’un titre. Outre l’histoire jubilatoire qu’il offre aux enfants , il leur permet et de s’instruire en s’amusant et d’aiguiser leur sens de l’observation et de la concentration. En effet, le jeune lecteur est régulièrement invité à aider notre souricette à résoudre des énigmes : personnages cachés dans la page, lettres à assembler pour composer un mot, etc. Une interaction très ludique!

 

Ce livre, tome 3 de la série Violette Mirgue, est un vrai coup de coeur! A offrir!

 

Informations pratiques : 

Prix éditeur : 12,90€

Nombre de pages : 32

Mon chevalier du ciel, Marianne Guillemin (éditions Max Milo)

Mon chevalier du ciel, de Marianne Guillemin

Editions Max Milo, janvier 2015

Témoignage

Un témoignage qui souligne l’importance du père, dans une société où sa place dans le foyer est encore minorée. Comment l’absence d’un père peut-elle être si présente tout au long d’une vie?

Quand le père de Marianne Guillemin décède dans un accident d’avion, mort en héros en service commandé, elle n’est alors âgée que de 4 ans 1/2 et l’ainée de la fratrie. Pas d’explication, pas d’écoute, aucun mot pour habiller les maux, voire même le déni de ces derniers. «  Quand un enfant vit un événement traumatisant, on essaye, surtout s’il est jeune, de le lui faire oublier ». Telle sera l’attitude adoptée par l’entourage de la fillette, particulièrement sa mère et son omniprésente grand-mère. Non seulement elle sera invitée à ne pas se plaindre, mais elle devra afficher un visage heureux. N’est-elle pas aimée, entourée, bien nourrie et habillée? L’amour de ceux qui restent est censé gommer le traumatisme.

Mais quel impact peut avoir pareil déni sur la vie et la construction d’un enfant? Peut-on faire l’économie du travail de deuil et d’expression de ses émotions? Eviter d’évoquer la perte d’un proche pour préserver l’enfant, n’est-il pas risquer de l’exposer à plus grand dommage par la suite?

50 ans ont ainsi passé, sans que jamais Marianne ne s’autorise à poser de question sur ce père disparu, sans que jamais elle n’évoque le manque de son absence ni n’interroge sur les causes de son accident. Pour ne pas réveiller la blessure de sa mère. Pour se couler dans le moule qu’on a prévu pour elle. Never complain, never explain. Une censure qui a façonné sa personnalité, dessiné son caractère abandonnique et esquissé ses choix de vie. Une censure qui a fait d’elle un être prisonnier de son passé. Et de comprendre que pour avancer libre, il lui fallait savoir. Savoir qui était ce père qu’elle a si peu connu. Savoir quel couple il formait avec sa mère. Savoir pourquoi, ce 25 septembre 63, l’Aquilon de Pierre Guillemin s’est écrasé.

Sur les traces de son père, elle va peu à peu reconstruire le puzzle familial, remplir les vides, peupler les silences. Et se libérer. Enfin.

Un témoignage bouleversant et édifiant. A lire!

Informations pratiques :

Prix éditeur : 16€

Nombre de pages : 154

ISBN : 978 2315 00 629 8