Citation du jour

Il y a plein de gens qui croient tout savoir, et c’est exactement pour cela qu’ils n’apprennent jamais rien.

Ali Ehsani – Ce soir on regardera les étoiles (Belfond, mars 2018)

29066568_10215373195264556_8036374997027061255_n

Publicités

La gratitude, cette force qui change tout

FB030E88-BC3E-42EF-8E1D-80CE95154014

La gratitude, cette force qui change tout, Robert Emmons

Préface d’Alexandre Jollien – Collection L’esprit d’ouverture

Editions Belfond, janvier 2018

Et si les cinq lettres du mot MERCI changeaient notre vie ? Ou quand Robert Emmons, docteur en psychologie, s’appuie sur les neurosciences pour prouver que la gratitude, exercée au quotidien, a un impact positif et significatif sur notre santé.

Idées centrales du livre :

– La gratitude nous invite à apprécier ce que l’on a plutôt qu’à nous focaliser sur ce qui nous manque.
– La gratitude a un effet positif sur la santé : c’est prouvé, ceux qui la pratiquent régulièrement prennent davantage soin d’eux, ont un meilleur sommeil et sont moins souvent malades.
– La gratitude ouvre sur les autres : elle entretient notre relation aux autres en nous décentrant de nous, de nos petits soucis et besoins.

Préfacé par Alexandre Jollien, ce livre sur la gratitude est une contribution extrêmement passionnante de Robert Emmons à la psychologie positive. Ce que d’aucuns nomment « l’intelligence du cœur », est étudiée ici d’un point de vue interdisciplinaire. Dans sa démonstration, Robert Emmons, universitaire, enveloppe en effet la psychologie, les neurosciences, la philosophie, la théologie, la littérature, mais aussi l’anthropologie, pour mesurer les bienfaits de la gratitude dans nos vies.

La gratitude n’est pas juste ce mot un peu désuet qu’utilisaient nos grands-parents. Elle recouvre un phénomène plus profond et plus complexe, qui joue un rôle essentiel dans le bonheur humain. Elle suppose de savoir constater et reconnaître le bien dans notre vie, grâce à une conscience lucide face à ce que nous recevons sans l’avoir attendu ni gagné. Cependant, elle n’est pas « innée », donnée à tout le monde. A l’image d’un athlète qui entraîne son corps à l’exercice physique, il faut entraîner son esprit à la gratitude : c’est une attitude choisie. Un mode de vie qui ancre dans le présent. Alors que le désir, l’avidité, la quête d’un « toujours plus toujours mieux », nous arrachent à l’ici et maintenant, la gratitude nous y enracine.

Avec des illustrations simples, en s’appuyant sur les résultats de travaux scientifiques, des témoignages et anecdotes, Robert Emmons nous montre comment surmonter les obstacles à la pratique de la gratitude, comment la cultiver pour apaiser les maux du corps ainsi que l’esprit. Un ouvrage passionnant et édifiant.

 

 

 

Dakota song, Ariane Bois (Belfond)

Dakota song, Ariane Bois

Editions Belfond, mars 2017

 9782714475411

Un portrait survolté d’une Amérique en pleine révolution artistique, intellectuelle et sexuelle, celle de la Beatlemania et du disco, du Studio 54 de Warhol et du Chelsea Hotel, du scandale du Watergate et d’une décennie de violences.

 

Nous sommes dans les années 70 au cœur de Harlem. Shawn, 20 ans, vit avec sa mère et ses trois sœurs, laquelle cumule les petits boulots pour survivre. Un samedi, alors qu’il sort avec son meilleur ami Sly, un gang les agresse. Dans l’altercation, Sly perd la vie. Tandis que Shawn, survivant, devient un témoin gênant. Pour le protéger, son oncle lui propose de quitter le quartier quelque temps et de venir se réfugier dans l’immeuble où il travaille, le Dakota, sur le West side.

Dakota. L’immeuble le plus célèbre et le plus luxueux de la ville. Le lieu où se précipite la haute société new-yorkaise. Un club très fermé dans lequel on croise Lauren Bacall, John Lehnon, Rudolph Noureev ou encore Léonard Bernstein, pour ne citer que ces derniers. Un univers si étranger à Shawn. Pourtant, cet endroit qui ne devait être qu’en lieu de passage, aux antipodes de son univers, va peu à peu s’ouvrir à lui. Employé comme portier, ce poste lui offre la chance d’échapper à la violence de Harlem, de faire quelque chose de sa vie, d’apprendre au contact des autres. Le Dakota est une école de vie. Une chance qu’il est bien décidé à saisir. Sa gentillesse et son intégrité vont progressivement lui valoir la reconnaissance et la sympathie des habitants, venir à bout des préjugés racistes, lui permettre de tisser des liens avec Becky, Tyler, Andrew, Nathan, Abigail, Cherie, ces new-yorkais à la vie dorée. Et de se rendre compte à cette occasion, qu’argent ne rime pas toujours avec bonheur…

A travers la décennie 70, sur fond de guerre du Vietnam, de lutte contre le racisme, d’avènement du hip-hop,  Ariane Bois dresse une peinture économique, sociale et culturelle très intéressante de Big Apple. A travers les destins croisés des habitants du Dakota, on suit avec émotion la progression de Shawn, décidé à se faire une place dans un monde qui n’a pas l’habitude d’en faire aux gens de couleur…

 

Au jour le jour, Paul Vacca (Editions Belfond)

FullSizeRender (1)

Au jour le jour, Paul Vacca

Editions Belfond, janvier 2017

Rentrée littéraire.

Au jour le jour entraîne le lecteur dans la fascinante épopée littéraire que fut la rédaction des Mystères de Paris, plongeant l’écrivain dans un virevoltant mélange de faits réels et de fiction, au cœur d’une captivante mise en abyme dans un Paris envoûtant…

Issue d’une lignée de chirurgiens, le jeune Eugène Sue se dirige tout naturellement vers des études de médecine. Mais cet élève médiocre et turbulent, ce dandy coureur de jupons, n’y trouve pas son compte. Et de tout abandonner. « J’ai décidé de vivre. (…) Vivre, c’est ne pas se laisser dicter sa vie précisément. Vivre c’est trouver sa propre voie. Ne pas faire de plans. Ne pas entrer nécessairement dans la carrière. C’est vivre au jour le jour, cueillir ce que chaque journée est en mesure d’apporter de nouveau. En profiter chaque jour comme si c’était le dernier. » Quitte à s’opposer aux foudres paternelles.

Et c’est un évènement inattendu qui va donner naissance à sa vocation d’écrivain. Assistant à une pièce de théâtre avec son meilleur ami, il tombe en effet sous le charme de l’actrice. Mais malgré ses ruses, impossible de l’approcher. Impossible ? Pas pour Eugène Sue. Il lui écrit frénétiquement une pièce dans laquelle il lui réserve le premier rôle. Et de venir lui présenter sa création dans sa loge.

C’est une révélation. « Sa rédaction donna l’occasion à Eugène de ressentir une nouvelle forme de plaisir. (…) En se jetant dans l’écriture, il avait perçu une dimension physique, une forme de vertige délicieux (…). Une impression enivrante, comparable à ce qu’il éprouvait lorsqu’il portait l’un de ses pur-sang au galop, l’avait saisi. »

Dans le même temps, l’avènement des feuilletons dans les journaux s’avère être pour lui une providence. « Ecrire et séduire au jour le jour, pour quelqu’un qui voulait vivre et jouir au jour le jour, n’était-ce pas l’occupation rêvée ? » Son succès alla grandissant. Mais pas son inspiration. Il décida alors d’aller la chercher auprès du peuple, loin des quartiers riches de son quotidien. Pour se documenter, il se déguise et visite les bas-fonds de la capitale dans ses recoins les plus sordides. Ce qui ne l’empêche pas de retourner vivre en son palais chaque soir. Le génie de Sue est de ne pas juger, simplement plaquer sur le papier la réalité la plus crue, aborder tous les problèmes de l’époque, la condition de l’homme, de la femme, de l’enfant, les ouvriers, les prostituées, la vie dans les prisons, etc. Il parle simplement des classes les plus déshéritées. Il fait prendre aux gens du peuple conscience de leur véritable condition. Les mystères de Paris sont nés. Un succès retentissant.

Paul Vacca se révèle être un excellent conteur. Dès les premières pages du livre, le lecteur effectue un voyage dans le temps, totalement immergé dans le Paris de la fin du 19ème. Pour un peu on s’attendrait à croiser un carrosse tant il nous semble percevoir le bruit de sabots des chevaux. L’occasion aussi pour l’auteur, à travers cette mise en abyme de l’écriture, de souligner l’étonnant pouvoir de la littérature à changer nos vies et à réinventer le monde.

 

 

Sélection des livres de votre été!

10384278_843072199054032_3469047405016937709_n

L’été est là. Et dans son sillage, les vacances tant attendues. Tout au long de l’année, vous avez couru après le temps et n’avez pas pu suivre l’actualité littéraire? Qu’à cela ne tienne, je vais vous guider avec plaisir. Pensez juste à garder une place dans vos bagages entre la crème solaire et le maillot de bain, je m’occupe du reste !

Voici différentes destinations de lecture portant sur des livres publiés en 2015. Si vous cliquez sur le titre, vous pourrez survoler le livre sur les ailes de ma plume. Prêts? Attachez vos ceintures!

valises-de-livres2

Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– François d’Epenoux, Le réveil du cœur (Editions Pocket)

– Cookie Allez, Dominique (Buchet Chastel)

– Paul Vacca, Comment Thomas Leclerc, 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu TOM L’ECLAIR et a sauvé le monde (Belfond)

Cap sur le suspens avec :

– Delphine Bertholon, Les corps inutiles (JC Lattès)

– Aude Le Corff, L’importun(Stock)

Cap sur l’étranger avec :

-Sue Monk Kidd, L’invention des ailes (JC Lattès)

Cap sur une destination inclassable et merveilleuse avec :

– Cécile Coulon, Le cœur du Pélican (Viviane Hamy)

Cap sur le développement personnel avec :

– Caroline L. Arnold, Mini-résolutions pour grands changements ( JC Lattès)

Cap sur l’amour  avec :

– Valérie Tong Cuong, Pardonnable impardonnable (JC Lattès)

– Brigitte Kernel, Dis-moi oui (Flammarion)

– Grégoire Delacourt, Les quatre saisons de l’été (JC Lattès)

– Justine Lévy, La gaieté (Stock)

– Didier van Cauwelaert, Jules (Stock)

Cap sur l’humour avec :

– Valérie Clo, La tyrannie des apparences (Buchet Chastel)

Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Sophie Adriansen, Max et les poissons (Nathan)

– Karine Fléjo et Doudja, Bao le boa (Snow Moon éditions)

– Nadia Berkane et Alexis Nesme, Les petites histoires de bébé koala (Hachette jeunesse)

 Planifier-un-voyage-au-Mexique-les-valises-pleines-de-livres-2014-Bible-urbaine-610x350

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, je vous garantis non pas le soleil, mais de belles lectures !

Prix de la Closerie des lilas 2015 : Saïdeh Pakravan pour Azadi (aux éditions Belfond)!

prix-closerie-lilas-2015 (1)

 

 

Créé en 2007, le Prix de la Closerie des Lilas a pour originalité de couronner une romancière de langue française dont l’ouvrage paraît à la rentrée de janvier. Depuis huit ans, la vocation du Prix est de promouvoir, en toute indépendance, la littérature des femmes.

Jury invité en 2015 : Aure Atika, Anne Barrère, Lydia Bacrie, Catherine Ceylac, Aurélie Filippetti, Pascale Frey, Farida Khelfa, Sarah Lavoine, Amélie Nothomb, Elisabeth Roudinesco.

Jury permanent : Emmanuelle de Boysson (romancière), Adélaïde de Clermont Tonnerre (Point de Vue, romancière), Carole Chrétiennot (cofondatrice du Prix de Flore), Stéphanie Janicot (Muze, romancière), Jessica Nelson (Au Field de la nuit, romancière), Tatiana de Rosnay (romancière).

 

En ce 8 avril, le prix 2015 de la Closerie des lilas a été décerné à Saïdeh Pakravan pour Azadi (aux éditions Belfond).

Le livre : 

Azadi signifie « liberté » en persan. Certains la rêvent et d’autres paient le prix pour la vivre.Azadi signifie « liberté » en persan. Il y a ceux qui la rêvent et ceux qui en paient le prix.
Téhéran, juin 2009. Après des élections truquées, une colère sourde s’empare de la jeunesse instruite de Téhéran. Dans la foule des opposants la jeune Raha, étudiante en architecture, rejoint chaque matin ses amis sur la place Azadi pour exprimer sa révolte, malgré la répression féroce qui sévit. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Après son arrestation, et une réclusion d’une violence inouïe, ses yeux prendront à jamais la couleur de l’innocence perdue…
Tout en levant le voile sur une psyché iranienne raffinée et moderne, sans manichéisme et avec un souffle d’une violente beauté, Azadi raconte de façon magistrale le terrible supplice de celle qui cherche, telle une Antigone nouvelle, à obtenir réparation. Et à vivre aussi… là où le sort des femmes n’a aucune importance.

Mon fils chez les cathos, récit de Véronique de Bure (éditions Belfond) : édifiant

 

J’ai mis mon fils chez les cathos, de Véronique de Bure

Éditions Belfond, septembre 2014

Récit

 

Quand l’auteur cherche en ce mois de mai un collège parisien susceptible d’accueillir à la rentrée son fils dyslexique, l’établissement privé Saint X semble être LA solution. Comment ne pas être séduit en effet par les promesses qu’il revendique? « L’attention et l’écoute portée aux élèves les plus en difficulté, la grande disponibilité de l’équipe enseignante et éducative et les valeurs de respect mutuel auxquelles nous sommes indéfectiblement attachés font de l’établissement un lieu où chacun se sent considéré et trouve sa place dans un cadre qu’on peut qualifier de « familial ». Mise en confiance et par ces objectifs affichés et par la visite du collège, Véronique de Bure y inscrit son fils.

Et le cauchemar commence. Tout et n’importe quoi est prétexte à brimades, humiliations et sanctions. Se balancer sur sa chaise? Une croix. Parler à sa voisine en classe? Une croix. Mal présenter son travail? Une croix. Ne pas passer à la ligne? Une croix. Le chemin de croix aboutit à une colle de deux heures, laquelle s’ajoute à une autre colle de deux heures, de sorte que le cumul des heures de colle promet de rester englué le mercredi au collège jusqu’à la nuit des temps. Et les encouragements en cas de meilleur résultat? On ne connait pas la carotte, juste le bâton. Au « félicitations » attendu se substitue « peut mieux faire ». A croire qu’il y a une forme de jubilation à casser les élèves, à les humilier, pour mieux les assouvir et les couler dans le moule. « J’ai parfois le sentiment, que, plus qu’un enseignement académique approfondi, les éducateurs veulent assurer un polissage en surface des élèves, les lisser, raboter leurs bosses et leurs aspérités pour les recouvrir d’un vernis incolore et brillant qui, une fois sec, figera les plus malléables dans un moule à leur goût. » Quatre heures de devoirs quotidiens, des heures de colle hebdomadaires, le jeune collégien fatigue, stresse, perd pieds. Comment pourrait-il en être autrement? Non seulement il n’y trouve aucun soutien, mais ses efforts et sa bonne foi ne sont pas reconnus.

La compréhension, les encouragements, l’écoute, l’encadrement, l’équité, valeurs qui conduisent les parents à inscrire leur progéniture dans un établissement catholique, se trouvent ici être toutes caduques. Un immense malentendu que l’auteur dénonce avec humour et causticité dans ce livre émaillé de nombreux exemples édifiants. A lire!