Je suis de celles qui restent, Bernadette Pecassou

9782081272071
Je suis de celles qui restent, Bernadette Pécassou
Editions Flammarion, avril 2016.

Présentation de l’éditeur :
Alice reçoit un colis contenant un briquet de collection, que son mari Michel avait commandé sur Internet juste avant de mourir, alors qu’il ne fumait pas. Intriguée, elle découvre que cet objet pourrait avoir un lien avec le frère de Michel, qu’il ne voyait plus depuis plusieurs années. Son enquête la mène sur leur terre natale du Sud-Ouest, que le couple avait quitté pour la région parisienne.

Mon avis :
J’avais eu un coup de cœur pour le précédent roman de Bernadette Pécassou, Sous le toit du monde, roman que j’avais plébiscité ici. C’est donc avec impatience que j’attendais le nouveau live de l’auteur. Or la rencontre n’a pas eu lieu. A aucun moment je ne suis parvenue à entrer en empathie avec le personnage, à me laisser emporter par le récit, à croire en l’histoire. J’ai persisté jusqu’à la fin du livre, sans succès. Pas de coup de cœur cette fois donc…

Je suis de celles qui seront restées…sur leur faim!

Sous le toit du monde, de Bernadette Pécassou : le destin d’une femme au péril de sa vie

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Sous le toit du monde, de Bernadette Pécassou

Editions Flammarion, octobre 2013

 

Prise en charge par une organisation humanitaire, la jeune Ashmi a quitté son village et les siens pour venir étudier à Katmandou. Une chance. Non seulement elle a ainsi échappé aux conditions très précaires de son village haut perché sous le toit du monde, sans eau ni électricité, mais aussi aux violences courantes dans ces familles où misère et alcool font mauvais ménage, où les proxénètes rodent et envoient les femmes dans les bordels de Bangkok ou de Calcutta. Consciente de son privilège, pleine de gratitude, Ashmi se sent investie d’une mission : elle ira à l’université et deviendra professeur pour donner aux enfants de son pays ce qu’elle a reçu.

De son côté, Karan, né au Népal, est exilé depuis l’âge de cinq ans en Europe. Orphelin, il a été adopté par des français et ne se sent aucune attache particulière avec ce pays qui l’a vu naître. Jusqu’au jour où l’assassinat de la famille royale népalaise opère en lui un véritable électrochoc : les parfums, l’ambiance, les bruits, les couleurs de ce Népal qu’il pensait avoir oublié ravivent sa mémoire avec force. Et de se sentir appelé par son pays. Et de désirer participer à la démocratie naissante de sa terre natale. Il décide de s’y installer et de créer un journal, contribuant ainsi à une presse libre et forte. Ashmi se joindra à son équipe, foulant un territoire jusqu’alors réservé à une élite masculine.

Mais suffit-il d’être courageux, combatif, pour pouvoir atteindre ses idéaux? Pays de défis, le Népal jouit d’une image presque sacrée, mystique, incarne le lieu où il faut se rendre pour atteindre un état de béatitude extrême, pour tutoyer le ciel. Or la réalité est bien loin de cette carte postale qui fait fantasmer. Le système des castes est très présent et codifie les relations sociales avec une rigueur extrême. Par ailleurs, la condition de la femme y est déplorable : cette dernière n’a aucun droit, les violences exercées à son endroit ne sont pas condamnables. « Un homme au Népal a tous les droits sur sa femme et sur les filles et autres femmes de la famille. A quelque degré de lien que ce soit, il est le seul garant de la survie des familles et de la communauté. » P165

Avec beaucoup de sensibilité, sans voyeurisme, Bernadette Pécassou s’inspire du destin tragique de Uma Singh, journaliste népalaise assassinée à l’âge de 26 ans en janvier 2009, pour nous emmener au coeur de ce pays qui fascine tant, pays tout juste sorti de 11 années de guerre civile : la toute jeune et fragile république du Népal. Un roman poignant inspiré de faits réels. L’histoire du combat d’une femme au péril de sa vie… Magnifique et édifiant.