L’incertitude de l’aube, de Sophie Van der Linden (Buchet Chastel)

L’incertitude de l’aube, de Sophie Van der Linden

Éditions Buchet-Chastel, aout 2014

 

Roman poétique et grave, L’Incertitude de l’aube est un hommage à l’enfance.

2004. Beslan, Ossétie du nord. Ce mercredi, Anushka se réveille le cœur en joie. C’est le jour de la rentrée, la fête de l’école, un évènement! Sa mère, enceinte, l’a confiée à son grand-père. C’est donc ce dernier qu’elle presse de l’apprêter pour l’accompagner avec sa meilleure amie Miléna. Mais à peine arrivée dans la cour, elle entend des bruits d’explosion. Affolement général, cris, cohue. Dans la panique, elle perd de vue son grand-père.

A peine le temps de comprendre ce qui lui arrive et elle se retrouve avec des centaines d’enfants et d’adultes, prise en otage par des terroristes séparatistes tchétchènes armés. Entassés dans le gymnase, sans sanitaires, sans nourriture, sans eau, les heures s’écoulent, de plus en plus difficiles, inhumaines.

Pour survivre à l’atrocité, à la peur, aux êtres qui agonisent autour d’elle, pour tenter de tromper sa faim et sa soif, Anushka s’évade dans l’imaginaire. Progressivement, elle perd contact avec la réalité qui l’entoure et se réfugie dans son monde phantasmatique, un monde qui lui donne du répit vis à vis de ce qui la blesse, la rend triste et malheureuse. Cette échappée est sa seule consolation. Plus de douleurs, plus d’humiliations, plus de peur, plus de pleurs. Juste cette pensée magique…

Dix ans après, Sophie Van der Linden, dont j’avais plébiscité ici le premier roman, La fabrique du monde (Buchet Chastel 2013) revient sur la terrible prise d’otages de Beslan qui a fait près de 400 morts. Pour cela, elle se glisse avec brio dans la tête d’une enfant et nous fait partager ses peurs, ses mécanismes de défense, son magnifique courage face à l’adversité.

Un roman grave sur l’univers de l’enfance, rédigé par la plume sensible et juste de Sophie Van der Linden.

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