Le Karinotron avec… Marine Bramly !

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Marine Bramly est née en 1969 à Dakar. Fille d’ethnologue, elle a beaucoup voyagé, du Sénégal au pays de Galles, confrontée très jeune à la diversité des milieux, des niveaux sociaux, des coutumes. Elle a été journaliste, notamment au magazine Elleet se consacre aujourd’hui à l’écriture.Son premier roman, Festin de Miettes,paru aux éditions JC Lattès en 2008, a reçu le Prix de l’Héroïne Madame Figaro et le Prix René Fallet.Quant àMon Petit Bunker,son deuxième roman paru en 2011 chez JC Lattès, il évoque un double voyage, destination l’Afrique et le Pays de l’Enfance. Ou comment ce qui peut apparaître comme une enfance merveilleuse peut s’avérer être un handicap à l’âge adulte.

       Merci à Marine Bramly de s’être prêtée avec tant de gentillesse au Karinotron, l’interview en cinq questions :

 

1- Votre livre de chevet : 

Pas vraiment de livre de chevet, juste des lectures qui m’ont marquées. Par exemple : Les Enfants de Sanchez.

 

2- Vos lectures: 

Electrico W, d’Hervé Le Tellier, chez Lattès. Très différent de son épatant Assez Parlé d’amour mais formidable aussi.

3- Votre façon d’écrire : 

J’écris comme on fait une « Barbapapa » : en y revenant sans cesse jusqu’à bien étoffer le bâton.

 

4. Votre rapport aux lecteurs

Autant de lectures différentes d’un même roman que de lecteurs, alors c’est un peu eux aussi qui écrivent les livres. Donc double respect.


5. Votre prochain livre : 

Mon prochain livre ? Pas encore de sujet arrêté.

Mon petit bunker, Marine Bramly : Réconciliation avec ‘soi-m’aime’.

 

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Mon petit bunker, Marine Bramly

Éditions JC Lattès, mars 2011

 

Réconciliation avec « soi-m’aime »

 

      «  Artiste en panne d’inspiration, femme en panne de vie », Noah a érigé une forteresse mentale pour résister à l’assaut des souvenirs.

      Conçue derrière les barricades de mai 68, de parents à peine sortis de l’adolescence et expatriés en Afrique, elle grandira comme elle pourra, livrée à elle-même, dans les rues du Sénégal, entre Dakar et Gorée. Noah devra être son propre tuteur. Une liberté que d’aucuns, à commencer par la propre fille de Noah, jugent enviable. La fillette pouvait en effet agir à sa guise, gosse des rues, véritable mascotte des artisans ferblantiers, mécaniciens, peintres, auprès desquels elle apprendra beaucoup. Mais cette enfance où elle doit se prendre en charge, son père ethnologue trop préoccupé par ses recherches en Afrique, et sa mère absente, était-elle si magique qu’elle en avait l’air ? Car vivre dans la rue, c’est aussi être confronté trop jeune, trop vite, aux épreuves de l’existence comme la mort, la maladie, l’absence.

 

      Un roman écrit à deux voix, celle de Noah enfant des rues, et celle de cette même fillette devenue adulte. Entre les deux jusqu’alors, des murs étanches qu’aucun souvenir relatif à l’enfance n’avait le droit de franchir. Et pourtant. Pourtant, une remarque de son mari sur cette Afrique devenue sujet tabou, les reproches de sa fille lui enviant cette liberté qu’elle lui refuse, l’impossibilité de se réaliser en tant qu’artiste, vont abaisser le pont-levis de ses résistances. Cette enfance qu’elle avait jusqu’alors présentée comme idéale, mais qu’elle s’obstinait à garder noyée dans les douves du silence, refait surface avec force. Noah va se sentir peu à peu envahie par les souvenirs, devoir les revisiter et surtout… accepter qu’ils n’aient pas été aussi flamboyants qu’elle avait jusqu’alors voulu s’en convaincre.

 

      Il lui faut retrouver son souffle, se réconcilier avec elle-même, avec son passé de petite négresse blanche, pour pouvoir se reconstruire, construire, avancer. Pour se trouver légitime en tant que femme, en tant que mère, en tant qu’artiste.

      Pour exister.

 

      Un roman brillant, tant par le style très maitrisé, que par l’acuité de l’analyse. Un double voyage, en Afrique, et au pays de l’enfance, mené de haute plume par Marine Bramly.

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€

Nombre de pages : 249

ISBN : 978-2-7096-3070-2

 

Bibliographie :

 

Festin de miettes, JC Lattès 2008 : prix René-Fallet et prix de l’Héroïne Madame Figaro