Citation du jour

On ne peut pas réussir grand chose du premier coup. Le secret de la réussite, c’est de s’intéresser plus à nos actions qu’au résultat de nos actions. Chercher à améliorer chaque geste, chaque parole, sans se soucier du résultat. Quand on se préoccupe seulement de bien faire les choses, le résultat finit toujours par être à la hauteur de nos attentes initiales, à condition de ne pas se focaliser dessus.

Laurent Gounelle – Intuitio

Intuitio Laurent Gounelle

Citation du jour

Intuitio Laurent Gounelle

Non il n’est pas facile pour nous, êtres humains, d’être vraiment libres, de mettre de côté nos peurs et nos croyances, et de pouvoir à chaque instant choisir notre vie en fonction de qui nous sommes et de ce qui compte vraiment pour nos au plus profond de notre âme.

Laurent Gounelle – Intuitio – Calmann-Lévy

Les petits papiers de Marie-Lou, Corinne Javelaud

les petits papiers de Marie Lou

Immersion dans les vignobles bordelais, lesquels n’abritent pas seulement les plus grands crus mais aussi de terribles secrets de famille.

Secrets de famille

C’est une lignée de femmes à priori sans problèmes, qui cohabitent dans la maison familiale bordelaise à la fin des années 70 : Luce la grand-mère, Marie-Lou la fille et Dora la petite-fille. Trois générations de Beltran. Une vie tranquille, qui prend un tournant inquiétant après l’anniversaire des huit ans de Dora. En effet, Marie-Lou s’est fait une joie d’offrir à sa fille une jolie poupée dénichée chez un antiquaire ami. Et Dora et sa poupée de devenir les meilleures amies du monde. Jusqu’à ce que des phénomènes étranges se multiplient dans la maisonnée : les expressions de la poupée changent et deviennent inquiétantes, Dora a une attitude bizarre et une très mauvaise mine, Marie-Lou est victime d’un accident de voiture. La consternation des femmes Beltran mue en effroi. L’atmosphère de la maison devient surréaliste. Oppressante. Quand des billets portant des messages de défunts de la famille sont retrouvés dans la maison, l’horreur est à son comble.

L’heure est peut-être venue de déterrer les secrets de famille enfouis dans les vignobles… De quoi est réellement mort le père de Marie-Lou ? Et son oncle ? Qu’est devenue sa tante, la fille de la famille ?

Immersion dans le pays bordelais

J’aime beaucoup cette collection Calmann-Lévy Territoires dont j’ai déjà chroniqué ici plusieurs titres. A chaque livre, une région différente, un voyage au cœur de l’histoire locale, de la culture, de la gastronomie, des traditions. Avec Les petits papiers de Marie-Lou, Corinne Javelaud nous entraine entre Bordeaux et Saint-Emilion, nous fait voyager dans le temps sous l’occupation allemande. Avec une écriture très travaillée et un style fluide, elle nous plonge dans cette famille bordelaise à l’histoire très nourrie, aux rivalités intestines fortes. Qui peut bien en vouloir aux femmes Beltran ? Et pourquoi ? Un mystère aux rebondissements multiples qui vous tiendra en haleine de bout en bout.

Informations pratiques

Les petits papiers de Marie-Lou, Corinne Javelaud – Collection Calmann-Lévy Territoires – Février 2021, 250 pages – 18,50€

Vers le soleil, Julien Sandrel

Vers le soleil

Envie d’un séjour en Toscane? De douceur? De tendresse? D’amour? D’inattendu? Julien Sandrel vous offre tout cela et bien davantage au cœur de ses pages (et en plus ça rime! 😉 ) . Un pur bonheur de lecture!

Le rôle de sa vie

Sacha est acteur et rêve de voir son nom briller sur les affiches de cinéma. Mais pour l’heure, il ne décroche que des rôles de figurant. Alors, pour subsister dans sa chambre de bonne à Paris, il cumule des petits boulots improbables.

Enfant, il a appris combien s’attacher aux êtres pouvait faire souffrir et rendre vulnérable. Alors depuis, il se protège et évite toute relation affective. Pourtant, quand il croise Tess à la terrasse d’un café, une attirance irrépressible le pousse vers elle. Et alors qu’ils engagent la conversation, elle lui propose un job encore plus improbable que tous ceux qu’il a exercés jusqu’ici : jouer un des rôles principaux dans le film de la vie de sa fille. Mère célibataire, Tess élève seule sa petite fille Sienna, âgée de 6 ans. Or l’enfant traverse une passe difficile. Elle a besoin à ses côtés d’une présence masculine, paternaliste, à laquelle se raccrocher. Un rôle de pure composition, sans scénario écrit à l’avance. De la totale improvisation, quelques après-midis par mois, le tout rémunéré 500€.

Une rémunération régulière, la perspective de croiser Tess, voilà deux arguments à même de convaincre Sacha d’accepter. Mais le scénario va lui réserver des rebondissements que personne, pas même Tess, n’avait anticipés…

Un roman qui fait du bien

Si vous avez lu les précédents romans de Julien Sandrel, alors je ne vous apprendrai rien en vous disant que son univers est d’une infinie douceur et d’une extrême bienveillance. Vers le soleil est dans cette même merveilleuse veine et porte en son titre toute la lumière de ses pages. Vous embarquez avec Tess, Sienna et Sacha en Toscane, caressés par les rayons du soleil italien, touchés par la profondeur et l’humanité des personnages, happés par l’intrigue. Quel est le secret de Tess? Que ou qui fuit-elle? Sacha sera t-il à la hauteur de son rôle?

Avec beaucoup de finesse, de justesse, sans jamais verser dans le pathos, Julien Sandrel nous montre combien la vie dépasse parfois la fiction. que les plus beaux rôles ne sont pas au cinéma mais ceux que la vie nous offre et que l’on incarne pleinement, sans jouer ni avec les sentiments ni avec les êtres. Mais surtout, il nous prouve que rien n’est jamais définitivement écrit, arrêté, terminé. Il est toujours possible de rebondir plus fort, plus haut, plus loin. De dépasser son passé.

Un roman dont chaque page est un rayon de soleil, qui vous réchauffe le cœur et l’âme!

Informations pratiques

Vers le soleil, Julien Sandrel – éditions Calmann Lévy, février 2021 – 268 pages – 18,50€

Du même auteur

Retrouvez les chroniques que j’ai consacrées aux précédents romans de Julien Sandrel en cliquant sur leur titre ! 🙂

Les étincelles

La vie qui m’attendait

La chambre des merveilles

Le mal-épris, Bénédicte Soymier

Un homme laid, avec une vie sinistre. L’envie qui enfle, d’accéder au bonheur comme les autres. Jusqu’à le déborder. Brillamment mené, ce premier roman de Bénédicte Soymier vous prendra aux tripes.

le mal épris

Blessure d’amour

Il y a ceux qui ont tout pour eux. Et les autres. Paul appartient à cette deuxième catégorie. Il a grandi dans un foyer régi par la violence, exerce un travail peu exaltant à la Poste, n’a aucune vie amoureuse. Quant à son physique, il sait qu’il est un véritable repoussoir : petit, maigre, le cheveu rare, des tenues démodées et un aspect austère, voilà un portrait aux antipodes du séducteur.

Alors il contemple les autres, les beaux, ceux à qui tout réussit, avec envie. Une envie qui enfle, jusqu’à devenir douloureuse, dévorante, obsédante. Maladive. Aussi, quand Mylène, une jolie voisine emménage, récemment séparée de son compagnon, il croit voir en elle la chance de sa vie. La possibilité enfin, d’un amour. D’une vie heureuse. SA chance. Mais Mylène cherche une épaule consolatrice et non une relation amoureuse auprès de lui. Et, si elle cède un soir à ses avances, ce rapprochement demeurera unique. Un affront de plus pour Paul. L’affront de trop.

C’est alors la bascule.

Il jette son dévolu par défaut sur une collègue aux formes généreuses, nommée Angélique. Une femme douce, en manque d’amour. Soumise. Prête à se contenter de miettes d’amour plutôt que rien. Angélique, sa compagne mais aussi sa proie, celle qui cristallise toute sa colère, sa haine, sa jalousie. Celle qui va payer pour toutes les blessures que la vie a infligées à Paul.

Guérir de l’enfance

Ce premier roman de Bénédicte Soymier, Le mal-épris, m’a tenue en haleine du début à la fin. L’auteure se glisse avec beaucoup de finesse dans la peau des personnages. Celle de la victime de violence conjugale, mais aussi celle de l’homme violent. Et surtout, elle explore avec brio comment un homme peut être amené à nourrir de telles pulsions de haine et de violence. Qu’est-ce qui a cloché dans son parcours, quelles sont les souffrances qu’il a endurées et qui l’ont conduit à devenir cet être colérique, jaloux, obsessionnel. Cet être aux antipodes de l’homme qu’il aspire devenir. Car Paul est non seulement en guerre contre les autres, ceux qui ont la chance de tout avoir, mais aussi et surtout en guerre contre lui-même. Il déteste le monstre qu’il est devenu, si semblable à son père. Peut-on guérir de l’enfance ? Peut-on aimer, quand on n’a soi-même pas été jugé digne d’amour par ses parents ? Peut-on un jour museler sa violence et devenir un homme respectable ?

Un roman fascinant, abordé sous un angle novateur. Avec un style et une construction très maitrisés. A lire !

Informations pratiques

Le mal-épris, Bénédicte Soymier – Editions Calmann-Lévy, janvier 2020 – 245 pages – 18,50€

Une certaine idée du paradis, Hélène Segard

Une certai
Copyright photo Karine Fléjo

C’est un polar rafraichissant et mâtiné d’humour que nous offrent les éditions Calmann-Lévy dans la collection Territoires. Une immersion tendre, pétillante et pleine de mystère, dans un charmant village de Touraine.

Une parisienne en province

Ambitieuse, très investie dans son travail, pour Nathalie le licenciement a été une douche glacée. L’effondrement de son monde. Mais le temps passant, son regard change. Et si ce licenciement était finalement une opportunité, l’occasion de se recentrer, de mener une vie plus conforme à ses aspirations profondes ? Car nourrie d’ouvrages de développement personnel, de séminaires sur la respiration profonde, les huiles essentielles, de cuisine en pleine conscience, Nathalie trouve un nouveau sens à sa vie. Et veut transmettre ces valeurs aux autres. Partager Une certaine idée du paradis. Et de débouler dans un petit village de Touraine, Mouy-sur-Loire, où elle achète une vieille bicoque. C’est décidé, elle va s’établir ici et proposer des ateliers de thérapie par les arbres et de pleine conscience.

Elle fait donc appel aux divers artisans du coin pour retaper la maison. Mais elle ne verra jamais son projet prendre forme. Son corps est retrouvé inerte, le crane défoncé. Dans cette petite bourgade si tranquille, qui pourrait en vouloir à cette nouvelle arrivante ? Les artisans avec lesquels elle était fâchée et qu’elle avait refusé de payer en découvrant qu’ils avaient gonflé les devis ? Un certain Jacky Mousset qu’elle avait dénoncé après avoir constaté qu’il avait détruit une partie de la forêt ? Finalement les potentiels meurtriers ne manquent pas. Reste à identifier le coupable.

Un polar plein de malice

J’ai découvert ce polar au cœur de l’hiver et ce fut une bouffée printanière. En effet, Elisabeth Segard nous propose un séjour dans un village de Touraine, avec une galerie de personnages tous plus cocasses les uns que les autres, très attachants et bien campés. On s’immerge dans cette bourgade aux côtés de l’inénarrable Violette (fan d’Hercule Poirot) bien décidée à percer ce mystère, mais aussi aux côtés du curé qui troque ses talents de menuisier contre une promesse pas très catholique d’assister à ses messes, un apiculteur, une maire assassin de la mode et tant d’autres encore.

Ce roman se lit d’une traite, rafraichissant, plein de vie et ses personnages nous deviennent si familiers, qu’on a le sentiment que dans un coin de Touraine, ils existent vraiment. Un délicieux moment de lecture !

Informations pratiques

Une certaine idée du paradis, Elisabeth Segard – Editions Calmann-Lévy Territoires – septembre 2020 – 281 pages – 18,90€

Skidamarink, Guillaume Musso

skidamarink
Copyright photo Karine Fléjo

Evènement pour les nombreux fans de Guillaume Musso les éditions Calmann-Lévy republient son tout premier roman Skidamarink, devenu introuvable. Un thriller passionnant, magistralement construit.

Un thriller haletant

Scandale dans le milieu de l’art. La Joconde, le chef d’œuvre de Léonard de Vinci, a mystérieusement disparu du musée du Louvre. C’est mutilée, qu’elle réapparait chez quatre personnes qui ne se connaissent absolument pas : un chercheur en biologie du Massachussetts, une directrice des ventes de Seattle, un ancien avocat français et un prêtre italien. Et ce n’est pas tout : le mystérieux expéditeur accompagne chaque fragment du tableau d’un message énigmatique et d’une injonction à se rendre dans une petite chapelle toscane.

Ces quatre individus ont-ils été choisis au hasard? Qu’attend d’eux le mystérieux expéditeur? Ont-ils des compétences, des connaissances, ou une expérience dont la synergie leur permettra de résoudre l’énigme de leur rencontre? Chacun des messages reçus évoque un des piliers de la civilisation occidentale actuelle : démocratie, individualisme, libéralisme économique et science.

Dans le même temps, un autre drame défraie l’actualité : l’enlèvement du milliardaire américain William Steiner. Un homme dont l’hégémonie sur internet et les médias est souvent l’objet de controverses. Les libertés individuelles sont en effet mises à mal avec cette mainmise sur les cyberdonnées individuelles. Cette affaire a-t-elle un lien avec le vol de la Joconde, aussi surprenant que cela puisse paraître?

Un roman visionnaire

Suspense, amour, big data, espionnage informatique, eugénisme, manipulations génétiques, concentration des pouvoirs, c’est un cocktail étonnant et détonant que nous offre Guillaume Musso dans ce premier roman : Skidamarink.

Avec une maitrise parfaite du suspense, une intrigue et une architecture remarquables, Guillaume Musso embarque le lecteur dans une réflexion extrêmement pertinente sur les dérives des civilisations occidentales. Les quatre piliers idéologiques de nos sociétés sont en effet empêtrés dans de nombreuses contradictions. En découlent des effets pervers et dangereux, avec l’argent comme nouvelle religion, un individualisme plus proche de l’égoïsme, des progrès biotechnologiques aux accents d’eugénisme et une démocratie menacée. Un roman aux accents de Da Vinci Code (paru ultérieurement) qui sonne comme un avertissement contre les dérives de nos sociétés actuelles. Brillant. Bluffant.

Informations pratiques

Skidamarink, Guillaume Musso – éditions Calmann-Lévy, septembre 2020 – 448 pages – 19,90€

Les jours brûlants, Laurence Peyrin

Les jours brûlants, Laurence Peyrin
©Karine Fléjo photographie

Un magnifique roman, aux personnages attachants, sur un phénomène dont on parle peu : ces femmes qui, du jour au lendemain, choisissent de disparaître en abandonnant enfants, mari et travail.

Quitter mari, enfants et disparaître

Joanne est une femme bourgeoise, épanouie, une épouse et mère comblées. Installée dans la petite ville de Modesto en Californie, elle aime son rôle de maîtresse de maison, n’en déplaise à sa fille Brianna, féministe dans l’âme, pour laquelle être « simple épouse » est juste inconcevable. Une vie sereine qui semblait toute tracée, jusqu’à cette agression. Alors qu’elle rentre de la bibliothèque à vélo, un homme surgit et l’agresse pour s’emparer de son sac. Avant de s’enfuir avec, laissant Joanne sur le bitume, en sang.

Si en apparence, Joanne s’en tire avec seulement quelques égratignures qui lui vaudront une belle cicatrice, le traumatisme est en réalité bien plus grand. Même s’il est invisible à l’œil nu. Car jamais, en 37 années d’existence, Joanne n’a été confrontée à la violence, ni physique ni verbale. Jamais. Cette première exposition à la violence provoque donc en elle un véritable tsunami dont elle s’efforce de ne rien laisser émerger en surface.

« Les gens autour d’elle ne savaient pas qu’elle s’imaginait comme une maison en travaux. Les murs extérieurs bien scellés dans leurs fondations, le crépi frais; les murs intérieurs abattus. Joanne tentait de les rebâtir brique après brique, les recouvrant d’une nouvelle peinture ».

Mais l’entreprise de reconstruction est bien trop lourde pour ses frêles épaules. Elle commence alors à adopter des comportements déviants, au point de lire la peur que désormais elle inspire à ses enfants et à son mari dans leur regard.

Alors, écrasée par le poids de la souffrance psychique, elle décide de tout quitter. Mari, enfants, maison, amis, lieu de vie. Tout. Pourra-t-elle se reconstruire ailleurs? La fuite lui permettra-t-elle de se retrouver? Direction Las Vegas et ses jours brûlants.

Un magnifique roman

Je découvre Laurence Peyrin avec ce roman, Les jours brûlants, et n’ai qu’une seule envie : me précipiter sur les précédents. Le sujet abordé ici est passionnant : le moment où l’existence bascule, où un évènement conduit à changer complètement de trajectoire. Et à disparaître en abandonnant mari, enfants, maison, et travail. Les disparitions volontaires concernent environ 1000 femmes par an en France, âgées en moyenne d’une quarantaine d’années. Si la loi autorise chacun à disparaitre de son plein gré, la société est très critique vis à vis de ces femmes, surtout si elles sont mères. Laurence Peyrin propose donc, au lieu de les juger et de les condamner, d’essayer de comprendre ce qui peut les pousser à faire pareil choix. Voire à se demander si elles ont vraiment d’autre choix que de tout quitter.

Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on sacrifie au désir inconscient de l’inconnu? Un mal-être profond, une situation d’échec, l’incapacité de gérer. Tous ces gens, inféodés à l’idéal de la réussite -professionnelle, familiale, financière, et dont un jour le « moi », selon la topique freudienne, chutait et s’éclatait ».

Je vous laisse découvrir ce magnifique roman, ses personnages tous plus attachants les uns que les autres, le message d’espoir sur un recommencement possible qu’il véhicule et vais pour ma part me plonger dans le précédent roman de l’auteure, Ma chérie, paru aux éditions Pocket ce mois de juin!

Ne passez pas à côté de ce roman!

Informations pratiques

Les jours brûlants, Laurence Peyrin – éditions Calmann-Lévy, mai 2020 – 429 pages – 20,50€

Puzzle de Brest, Yann le Rest et Pascale Tamalet

Puzzle de Brest

Quand la Bretagne est en émoi car un doigt humain a été retrouvé à l’aquarium Océanopolis de Brest, ainsi que des morceaux de cadavre sur la plage. Y a-t-il un lien entre ces deux affaires? Plongée au cœur d’un trafic terrifiant.

Enquête en Bretagne

Alors qu’une classe de l’école primaire visite l’aquarium Océanopolis à Brest,  attraction touristique majeure de Bretagne, les enfants remarquent un poisson étrange qui ne ressemble à aucune espèce connue.. Et pour cause, il s’agit en réalité d’un doigt humain, apparemment féminin, qui évolue au milieu des requins. Comment ce doigt a-t-il pu se retrouver dans un aquarium ultra sécurisé et passer le système de filtrage ? À qui appartient-il ? L’enquête est confiée au capitaine Fox et aux lieutenants Le Gad et Ledut.

Au même moment, on leur signale la disparition de la commissaire de bord et du steward d’un paquebot de croisière en escale au port de Brest pour cause d’avarie. Dans la cabine des deux membres d’équipage, des vêtements griffés, des accessoires de luxe qui témoignent d’un train de vie bien supérieur à celui de leurs revenus. D’où vient tout cet argent ? Est-il la cause de leur disparition ? Cette affaire a-t-elle un lien avec la découverte macabre à l’aquarium Océanopolis ? Peut-on accorder du crédit aux propos d’un SDF imbibé d’alcool, qui affirme avoir vu sur le quai ce qui pourrait être deux corps sans vie être déplacés dans des sacs?

Le commissaire Hadrien Fox va devoir mener l’enquête.

Un polar bien mené

Yann le Rest est écrivain. Pascale Tamalet, ancienne inspectrice de la PJ,, est désormais correspondante judiciaire pour le journal régional Le Télégramme. Tous deux ont uni leur talent et leurs connaissances pour rédiger ce polar venimeux sur les terres bretonnes. Il s’agit ici pour le commissaire Hadrien Fox, un brin de macho et très séducteur, de remettre chacune à leur place  les pièces de ce puzzle breton. Et reconstituer ce puzzle est loin d’être simple avec cette enquête qui part dans toutes les directions : trafic animalier, violence conjugale, corruption, travail clandestin… Comment faire le lien entre ces éléments ?

Un roman divertissant, au style fluide, aux personnages bien campés, mais dont la tension narrative est cependant fluctuante , ce qui me laisse un peu sur ma faim. Je m’attendais à être davantage tenue en haleine par un suspense  plus savamment entretenu. Cela reste néanmoins une lecture agréable, avec pour cadre ma si chère Bretagne natale.

La vie est un roman, Guillaume Musso

©Karine Fléjo photographie

Une savoureuse mise en abyme, une intrigue haletante et une passionnante analyse sur le pouvoir de l’écrit .

Disparition d’un enfant

Tout a commencé par une banale partie de cache-cache entre Flora Conway et sa fille Carrie âgée de trois, ans dans leur appartement new-yorkais. Mais au moment de chercher la cachette de la fillette, force est d’admettre à Flora que sa fille a disparu. Incompréhensible. Terrible. Paniquant.

Si Flora est une romancière de renom, au succès aussi grand que le mystère qui l’entoure ( aucune apparition publique, aucune vidéo, une seule et unique photo officielle d’elle) , la réalité qui la frappe est pire que le pire des drames romanesques imaginés. 

Qu’est-il arrivé à Carrie? Enlèvement par un auteur jaloux de son succès? Par un lecteur détraqué à l’image de Misery de Stephen King? Par son editrice, qui voit en sa fille un frein à sa carrière ? Un mystère dont la presse et les médias en général se délectent, insensibles à la détresse de la mère mais très sensibles au buzz qu’ils vont créer. 

Au même moment, de l’autre côté de l’atlantique, un écrivain parisien, Romain Ozorski, peine à rédiger le manuscrit que son éditeur attend. S’il s’est toujours refusé à verser dans l’autofiction, cette fois les frontières entre l’histoire qu’il écrit et sa propre vie amoureuse et familiale sont si tenues, si diluées, qu’il achoppe à poursuivre l’écriture. Trop douloureux. 

Quel lien y -a-t-il entre ces deux écrivains? Pourquoi Flora est-elle convaincue que cet auteur parisien détient la réponse sur la disparition de sa fille? 

Le pouvoir des livres

Dans La vie est un roman Guillaume Musso nous offre une mise en abyme magistrale. Avec beaucoup de finesse, il analyse cette cohabitation entre deux mondes – le réel et l’imaginaire – dans l’esprit de tout écrivain, cette perméabilité entre les deux. Où s’arrête la fiction? Ou commence la réalité ? Quel est le degré de perméabilité entre l’auteur et ses personnages? Entre l’histoire qu’il écrit et sa propre vie? Qui est le maitre à bord : l’écrivain ou ses héros ? Est-il totalement libre de décider de l’orientation de son histoire ou se laisse-t-il guider par elle? 

«  Quand vous passez l’essentiel de la journée à divaguer dans un monde imaginaire, il n’est parfois pas évident de faire le chemin dans l’autre sens. Et vous êtes saisi de vertige lorsque les frontières s’estompent. « 

La vie est un roman vous tiendra en haleine du début à la fin, avec des personnages indiciblement attachants et un exercice de haute voltige sur la création littéraire. Passionnant. Envoûtant. Et un brin diabolique.

Informations pratiques

La vie est un roman, Guillaume Musso – Editions Calmann-Lévy, juin 2020 – 300 pages – 21,90€