Citation du jour

La vraie liberté ne vient pas de notre situation : la vraie liberté est celle que l’on se donne, elle est en soi, elle est une façon d’appréhender l’existence, de vivre sa vie. Libre, on l’est ou on ne l’est pas. Si on est libre, on l’est quel que soit le contexte.

Laurent Gounelle – Intuitio – Calmann-Lévy

Intuitio Laurent Gounelle

Pour oublier la nuit, Françoise Bourdon

Un roman chevaleresque, avec une héroïne d’un incroyable panache. Ou quand une jeune femme, excellente fleurettiste, décide de venger sa mère, quitte à provoquer ses bourreaux en duel.

Secret de famille et vengeance

XVIIIème siècle, au lendemain de l’épidémie de peste en Provence. Julie est une magnifique jeune fille qui grandit avec son père, sa tante et son grand-père. Volontaire, redoutable fleurettiste, elle ne s’imagine pas reprendre l’entreprise familiale de faïencerie. Elle rêve plus grand. Plus loin. Indomptable.

De sa mère, elle n’a que peu de souvenirs, décédée de la peste alors qu’elle n’était âgée que de 4 ans. Peu de souvenirs et beaucoup de manques. Aussi, quand pour ses 20 ans, Julie se voit remettre une lettre que sa mère Livia avait écrite à son intention à la fin de sa courte vie, les pièces manquantes du puzzle se mettent en place. Le douloureux secret de Julia, dont la première partie de l’existence fut un véritable enfer, broie le cœur de Julie. Et le fait hurler à la vengeance. C’est décidé, et personne ne pourra l’en empêcher : Julie va retrouver ceux qui ont avili, exploité sa mère et la venger. Direction Aix-en-Provence, où résident paisiblement les notables aixois qui ont fait le malheur de sa mère, ainsi que la meilleure amie de cette dernière, Ninon.

Mais Julie n’a-t-elle pas sous-estimé ses adversaires ? Comment une jeune femme seule peut-elle obtenir réparation face à une bande de malfrats sans scrupules jouissant de nombreuses relations ? Julie ne se pose pas de question. Et fonce.

Un roman de cape et d’épée

J’ai été délicieusement surprise par ce roman de Françoise Bourdon, Pour oublier la nuit, aux éditions Calmann-Lévy Territoires. Séduite par ces héroïnes féminines, des femmes fortes, courageuses, viscéralement humaines, touchantes. Des femmes qui certes, éprouvent parfois de la peur, mais ne la laissent pas dicter leur conduite, leurs choix, leur chemin. Dès les premières pages, Françoise Bourdon instaure une ambiance mystérieuse autour du passé de Julia. Qu’a-t-elle vécu, enduré, dont elle ait si honte ? Que lui a t-on fait subir de si terrible pour que sa fille veuille la venger au péril de sa vie ? On s’engouffre au trot dans l’histoire, dans le sillage de Julie, tenus en haleine par l’intrigue, le rythme soutenu, les rebondissements multiples.

C’est envoutant, trépidant, envolé. Et diablement original !

Informations pratiques

Pour oublier la nuit, Françoise Bourdon – Editions Calmann-Lévy territoires, avril 2021 – 376 pages

Citation du jour

Quand on vit dans l’incertitude, le plus sage est d’avoir confiance. Confiance dans la vie, confiance en soi, en sa bonne étoile…S’inquiéter ne sert qu’à nous couper de l’accès à nos ressources, abimer notre santé et rendre notre compagnie désagréable aux autres. La confiance est la clé de voute de notre équilibre, de notre force, de notre capacité à rebondir.

Laurent Gounelle – Intuitio – éditions Calmann-Lévy, avril 2021.

Intuitio Laurent Gounelle

Une toute petite minute, Laurence Peyrin

une toute petite minute

La plume si viscéralement humaine de Laurence Peyrin au service d’une bouleversante histoire de rédemption.

Une vie qui bascule

Estrella et Madeline sont les meilleures amies du monde, toutes deux âgées de 17 ans. D’ailleurs, pour sceller cette amitié, elles ont décidé en ce 31 décembre 1995 de se faire tatouer chacune une petite étoile sous le sein gauche. Et de se rendre ensuite chez un ami commun fêter comme il se doit la Saint-Sylvestre.

Passage à la nouvelle année et passage brutal à une autre vie. Une autre dimension. Que s’est-il passé lors de ce réveillon, tandis que les deux amies étaient enfermées dans la salle de bain ? Il a suffi d’une minute, de 60 pauvres petites secondes, pour que la vie des deux adolescentes bascule tragiquement.

Vingt ans plus tard, on retrouve Madeline à sa sortie de prison. Une peine qu’elle a souhaité purger jusqu’à son terme, refusant toutes les demandes de remise en liberté conditionnelle. Mais sortir de prison est-il pour autant synonyme de liberté retrouvée ? Quand la culpabilité vous écrase, quand vous devenez vous-même votre propre bourreau, vous transportez votre prison partout…

La possible rédemption

J’avais adoré Les jours brûlants l’an dernier (chronique ICI et LA) et me suis donc plongée avec impatience dans le nouveau roman de Laurence Peyrin, Une toute petite minute, aux éditions Calmann-Lévy. Cette fois encore, la romancière choisit des personnages féminins forts, à un moment charnière de leur vie. Ce moment où leur trajectoire bifurque soudainement, les fait sortir de la route toute tracée pour eux. Peut-on se pardonner le crime de sa meilleure amie ? Peut-on s’autoriser à vivre heureuse, quand on a détruit la vie d’une autre ? A-t-on le droit au bonheur après avoir purgé sa peine en prison ou toute la vie ne suffit-elle pas ?

Avec beaucoup de sensibilité, de justesse, Laurence Peyrin se glisse dans la tête de la criminelle, une jeune femme comme vous et moi, que rien ne prédestinait à commettre un acte aussi violent. Elle fait de nous les témoins de son combat intérieur, pendant son séjour en prison et à sa sortie. Car sortir après avoir été coupée du monde plus de la moitié de sa vie, c’est devoir tout réapprivoiser, c’est découvrir tardivement les relations amoureuses, c’est tout réapprendre. C’est marcher sur des œufs : faut-il taire ou évoquer son passé, au risque de faire fuir les gens ? La société est-elle prête à accorder une deuxième chance à une ancienne détenue ?

Pas à pas, on suit Madeline dans sa lente progression vers la renaissance. Telle une fleur qui éclot aux rayons du soleil de printemps, après une longue hivernation, et offre sa beauté, son parfum, sa grâce gratuitement en partage. C’est terriblement émouvant, profondément humain. Un livre dont les personnages et tout particulièrement la touchante Madeline, vous hantent longtemps…

Une magnifique et poignante histoire de rédemption.

Informations pratiques

Une toute petite minute, Laurence Peyrin – Editions Calmann-Lévy, mai 2021 – 481 pages – 20,90€

Intuitio, Laurent Gounelle

Intuitio Laurent Gounelle

Et si nous étions davantage à l’écoute de nos intuitions? Cette perception extrasensorielle a beaucoup à nous apprendre. C’est ce que va découvrir notre personnage, mêlé malgré lui à une enquête criminelle de grand envergure.

Être à l’écoute de son intuition

Timothy Fisher est un auteur de polar. De son propre aveu, son existence est banale, son physique est banal, son intelligence est banale. Rien ne le prédestinait donc à basculer dans une vie trépidante, avec l’accès à d’extraordinaires pouvoirs. C’est pourtant ce qui lui arrive quand deux agents du FBI sonnent à sa porte. Ils lui proposent de se joindre à eux, pour les aider à attraper le criminel le plus recherché du pays, avant qu’il ne s’attaque à sa prochaine cible.

Si être sollicité par le FBI est pour Timothy Fisher extrêmement flatteur, quel intérêt peut-il avoir à les aider ? Et pourquoi lui ? Mais conscient qu’à trop gérer son intérêt, on ne génère que des regrets, il finit par accepter. L’idée du FBI est d’aider Timothy Fischer à accéder à son intuition, à parvenir à la convoquer à volonté, grâce à un programme secret, le Remote viewing, mis au point en laboratoire. Le but ? Que son intuition lui fournisse les réponses aux questions qui lui seront posées au cours de l’enquête, comme l’identification du prochain bâtiment auquel le criminel mettra le feu. Et de comprendre pourquoi il a été choisi : il a fait montre dans ses romans de beaucoup d’inspiration, or inspiration et intuition sont très voisines. Dans toute œuvre littéraire, n’y-a-t-il pas une part d’imagination pure et une part d’intuition d’une réalité non encore réalisée ? Il devrait donc être un bon élève.

« L’intuition est une aptitude de l’esprit permettant d’obtenir une information non accessible par nos cinq sens : quelque chose que l’on ne peut ni voir, ni toucher, ni sentir, ni goûter. »

 Timothy Fischer a-t-il eu raison d’accepter cette mission ? Sa vie va-t-elle devenir plus romanesque que celle des personnages de ses romans ? L’intuition est-elle une arme dont nous disposons tous, plus ou moins inconsciemment, et dont on pourrait faire usage à bon escient?

Un thriller mâtiné de développement personnel : passionnant

Avec Intuitio, paru aux éditons Calmann-Lévy, Laurent Gounelle nous offre un thriller initiatique fascinant à bien des égards. D’une part, parce que la construction est parfaitement huilée et nous entraine de rebondissement en rebondissement, nous tenant en haleine de la première à la dernière page. Mais pas seulement. Dans ce roman, l’auteur s’inspire de travaux existant réellement sur l’intuition, la fameuse méthode du Remote Viewing, pour ouvrir notre regard sur d’autres possibles. On se repose souvent voire exclusivement sur notre mental, on évolue dans un univers cartésien. Or ce faisant, on se ferme l’accès à la perception extrasensorielle qu’est l’intuition. Si chacun possède de l’intuition, peu le savent et moins encore savent comment la convoquer. Elle suppose de lâcher prise, de déplacer sa conscience en d’autres lieux sans déplacer son corps physique.

« L’intuition, un sens que l’on gagne à apprivoiser. Qui nous aide à être en accord avec nous-même, en harmonie avec le monde. (…) l’intuition est avant tout écologie de l’esprit. Si on est en paix avec soi-même, connecté à ses intuitons, à son corps, et qu’on respecte sa réalité intérieure, il y a de fortes chances qu’on respecte aussi la nature puisque nous sommes la nature, et la nature c’est nous.« 

Un roman à la fois divertissant, brillant et passionnant.

Informations pratiques

Intuitio, Laurent Gounelle – Editions Calmann-Lévy, avril 2021 – 398 pages – 21,90€

Citation du jour

On ne peut pas réussir grand chose du premier coup. Le secret de la réussite, c’est de s’intéresser plus à nos actions qu’au résultat de nos actions. Chercher à améliorer chaque geste, chaque parole, sans se soucier du résultat. Quand on se préoccupe seulement de bien faire les choses, le résultat finit toujours par être à la hauteur de nos attentes initiales, à condition de ne pas se focaliser dessus.

Laurent Gounelle – Intuitio

Intuitio Laurent Gounelle

Citation du jour

Intuitio Laurent Gounelle

Non il n’est pas facile pour nous, êtres humains, d’être vraiment libres, de mettre de côté nos peurs et nos croyances, et de pouvoir à chaque instant choisir notre vie en fonction de qui nous sommes et de ce qui compte vraiment pour nos au plus profond de notre âme.

Laurent Gounelle – Intuitio – Calmann-Lévy

Les petits papiers de Marie-Lou, Corinne Javelaud

les petits papiers de Marie Lou

Immersion dans les vignobles bordelais, lesquels n’abritent pas seulement les plus grands crus mais aussi de terribles secrets de famille.

Secrets de famille

C’est une lignée de femmes à priori sans problèmes, qui cohabitent dans la maison familiale bordelaise à la fin des années 70 : Luce la grand-mère, Marie-Lou la fille et Dora la petite-fille. Trois générations de Beltran. Une vie tranquille, qui prend un tournant inquiétant après l’anniversaire des huit ans de Dora. En effet, Marie-Lou s’est fait une joie d’offrir à sa fille une jolie poupée dénichée chez un antiquaire ami. Et Dora et sa poupée de devenir les meilleures amies du monde. Jusqu’à ce que des phénomènes étranges se multiplient dans la maisonnée : les expressions de la poupée changent et deviennent inquiétantes, Dora a une attitude bizarre et une très mauvaise mine, Marie-Lou est victime d’un accident de voiture. La consternation des femmes Beltran mue en effroi. L’atmosphère de la maison devient surréaliste. Oppressante. Quand des billets portant des messages de défunts de la famille sont retrouvés dans la maison, l’horreur est à son comble.

L’heure est peut-être venue de déterrer les secrets de famille enfouis dans les vignobles… De quoi est réellement mort le père de Marie-Lou ? Et son oncle ? Qu’est devenue sa tante, la fille de la famille ?

Immersion dans le pays bordelais

J’aime beaucoup cette collection Calmann-Lévy Territoires dont j’ai déjà chroniqué ici plusieurs titres. A chaque livre, une région différente, un voyage au cœur de l’histoire locale, de la culture, de la gastronomie, des traditions. Avec Les petits papiers de Marie-Lou, Corinne Javelaud nous entraine entre Bordeaux et Saint-Emilion, nous fait voyager dans le temps sous l’occupation allemande. Avec une écriture très travaillée et un style fluide, elle nous plonge dans cette famille bordelaise à l’histoire très nourrie, aux rivalités intestines fortes. Qui peut bien en vouloir aux femmes Beltran ? Et pourquoi ? Un mystère aux rebondissements multiples qui vous tiendra en haleine de bout en bout.

Informations pratiques

Les petits papiers de Marie-Lou, Corinne Javelaud – Collection Calmann-Lévy Territoires – Février 2021, 250 pages – 18,50€

Vers le soleil, Julien Sandrel

Vers le soleil

Envie d’un séjour en Toscane? De douceur? De tendresse? D’amour? D’inattendu? Julien Sandrel vous offre tout cela et bien davantage au cœur de ses pages (et en plus ça rime! 😉 ) . Un pur bonheur de lecture!

Le rôle de sa vie

Sacha est acteur et rêve de voir son nom briller sur les affiches de cinéma. Mais pour l’heure, il ne décroche que des rôles de figurant. Alors, pour subsister dans sa chambre de bonne à Paris, il cumule des petits boulots improbables.

Enfant, il a appris combien s’attacher aux êtres pouvait faire souffrir et rendre vulnérable. Alors depuis, il se protège et évite toute relation affective. Pourtant, quand il croise Tess à la terrasse d’un café, une attirance irrépressible le pousse vers elle. Et alors qu’ils engagent la conversation, elle lui propose un job encore plus improbable que tous ceux qu’il a exercés jusqu’ici : jouer un des rôles principaux dans le film de la vie de sa fille. Mère célibataire, Tess élève seule sa petite fille Sienna, âgée de 6 ans. Or l’enfant traverse une passe difficile. Elle a besoin à ses côtés d’une présence masculine, paternaliste, à laquelle se raccrocher. Un rôle de pure composition, sans scénario écrit à l’avance. De la totale improvisation, quelques après-midis par mois, le tout rémunéré 500€.

Une rémunération régulière, la perspective de croiser Tess, voilà deux arguments à même de convaincre Sacha d’accepter. Mais le scénario va lui réserver des rebondissements que personne, pas même Tess, n’avait anticipés…

Un roman qui fait du bien

Si vous avez lu les précédents romans de Julien Sandrel, alors je ne vous apprendrai rien en vous disant que son univers est d’une infinie douceur et d’une extrême bienveillance. Vers le soleil est dans cette même merveilleuse veine et porte en son titre toute la lumière de ses pages. Vous embarquez avec Tess, Sienna et Sacha en Toscane, caressés par les rayons du soleil italien, touchés par la profondeur et l’humanité des personnages, happés par l’intrigue. Quel est le secret de Tess? Que ou qui fuit-elle? Sacha sera t-il à la hauteur de son rôle?

Avec beaucoup de finesse, de justesse, sans jamais verser dans le pathos, Julien Sandrel nous montre combien la vie dépasse parfois la fiction. que les plus beaux rôles ne sont pas au cinéma mais ceux que la vie nous offre et que l’on incarne pleinement, sans jouer ni avec les sentiments ni avec les êtres. Mais surtout, il nous prouve que rien n’est jamais définitivement écrit, arrêté, terminé. Il est toujours possible de rebondir plus fort, plus haut, plus loin. De dépasser son passé.

Un roman dont chaque page est un rayon de soleil, qui vous réchauffe le cœur et l’âme!

Informations pratiques

Vers le soleil, Julien Sandrel – éditions Calmann Lévy, février 2021 – 268 pages – 18,50€

Du même auteur

Retrouvez les chroniques que j’ai consacrées aux précédents romans de Julien Sandrel en cliquant sur leur titre ! 🙂

Les étincelles

La vie qui m’attendait

La chambre des merveilles

Le mal-épris, Bénédicte Soymier

Un homme laid, avec une vie sinistre. L’envie qui enfle, d’accéder au bonheur comme les autres. Jusqu’à le déborder. Brillamment mené, ce premier roman de Bénédicte Soymier vous prendra aux tripes.

le mal épris

Blessure d’amour

Il y a ceux qui ont tout pour eux. Et les autres. Paul appartient à cette deuxième catégorie. Il a grandi dans un foyer régi par la violence, exerce un travail peu exaltant à la Poste, n’a aucune vie amoureuse. Quant à son physique, il sait qu’il est un véritable repoussoir : petit, maigre, le cheveu rare, des tenues démodées et un aspect austère, voilà un portrait aux antipodes du séducteur.

Alors il contemple les autres, les beaux, ceux à qui tout réussit, avec envie. Une envie qui enfle, jusqu’à devenir douloureuse, dévorante, obsédante. Maladive. Aussi, quand Mylène, une jolie voisine emménage, récemment séparée de son compagnon, il croit voir en elle la chance de sa vie. La possibilité enfin, d’un amour. D’une vie heureuse. SA chance. Mais Mylène cherche une épaule consolatrice et non une relation amoureuse auprès de lui. Et, si elle cède un soir à ses avances, ce rapprochement demeurera unique. Un affront de plus pour Paul. L’affront de trop.

C’est alors la bascule.

Il jette son dévolu par défaut sur une collègue aux formes généreuses, nommée Angélique. Une femme douce, en manque d’amour. Soumise. Prête à se contenter de miettes d’amour plutôt que rien. Angélique, sa compagne mais aussi sa proie, celle qui cristallise toute sa colère, sa haine, sa jalousie. Celle qui va payer pour toutes les blessures que la vie a infligées à Paul.

Guérir de l’enfance

Ce premier roman de Bénédicte Soymier, Le mal-épris, m’a tenue en haleine du début à la fin. L’auteure se glisse avec beaucoup de finesse dans la peau des personnages. Celle de la victime de violence conjugale, mais aussi celle de l’homme violent. Et surtout, elle explore avec brio comment un homme peut être amené à nourrir de telles pulsions de haine et de violence. Qu’est-ce qui a cloché dans son parcours, quelles sont les souffrances qu’il a endurées et qui l’ont conduit à devenir cet être colérique, jaloux, obsessionnel. Cet être aux antipodes de l’homme qu’il aspire devenir. Car Paul est non seulement en guerre contre les autres, ceux qui ont la chance de tout avoir, mais aussi et surtout en guerre contre lui-même. Il déteste le monstre qu’il est devenu, si semblable à son père. Peut-on guérir de l’enfance ? Peut-on aimer, quand on n’a soi-même pas été jugé digne d’amour par ses parents ? Peut-on un jour museler sa violence et devenir un homme respectable ?

Un roman fascinant, abordé sous un angle novateur. Avec un style et une construction très maitrisés. A lire !

Informations pratiques

Le mal-épris, Bénédicte Soymier – Editions Calmann-Lévy, janvier 2020 – 245 pages – 18,50€