Non exclusif, Catherine Charrier

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Non exclusif, Catherine Charrier
Éditions Kero, mars 2016

Catherine Charrier signe un roman sur le lien amoureux et son exclusivité et confirme son talent pour analyser les sentiments, ausculter les couples et questionner l’amour.

Laure, quadra divorcée, a su mener avec brio sa vie de mère et sa vie professionnelle. Mère de deux adolescents, cadre supérieure aux compétences connues et reconnues, elle a ajouté depuis un an une couleur à la palette de son bonheur : son amour avec Vincent. Mais au détour d’une conversation innocente avec des amis, elle apprend…que Vincent est déjà en couple et lui ment depuis le début. Et le bel arc-en-ciel dans le ciel de son esprit d’être recouvert de nuages sombres. Tout son monde s’écroule.

Derechef, elle appelle Vincent, en déplacement professionnel, et lui demande des explications. Mais la précipitation est mauvaise conseillère. Aussi décident-ils d’un commun accord de se donner un délai de réflexion et d’attendre son retour pour trancher. Laure a 15 jours pour tenter de revisiter sa conception de l’amour, pour savoir si elle accepte de renoncer à l’exclusivité amoureuse. Ou si elle met un terme à cette relation.

Dans ce roman, Catherine Charrier introduit une réflexion très intéressante sur l’exclusivité dans le couple, présentée traditionnellement comme une preuve d’amour et de respect de l’autre, comme la garantie de la qualité de la relation amoureuse. Ainsi que celle de l’apaisement des inquiétudes du conjoint jaloux. Mais est-ce la condition sine qua non d’une vie de couple épanouie ? Peut-il exister d’autres modèles de relation tout aussi satisfaisants pour les deux ? Et la rupture amoureuse, en cas de non respect de cette promesse de fidélité, est-elle forcément une libération? Pour Laure, qui manque dramatiquement de confiance en elle et d’estime de soi, ce serait l’aliénation à une autre souffrance, celle de l’abandon. Ou quand la compréhension rationnelle des enjeux et l’émotion ressentie font le grand écart…
Choisir, c’est renoncer. Renoncer à tout ce qui ne fait pas partie de ce choix.  Et quelle que soit la décision de Laure, les conséquences toucheront chaque partenaire…

Catherine Charrier nous offre ici un roman passionnant et très brillamment analysé. D’une sensibilité à fleur de plume.

 

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Glissez Catherine Charrier dans votre poche!

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L’attente, de Catherine Charrier

Editions Pocket, juin 2014

 

Juste un strapontin…

 

      « Si cela continue, dans un an, je la quitte et je t’épouse ». Quand son amant prononce cette phrase, ce possible amour tous deux qui ne soit plus un strapontin dans son coeur mais une vraie place, LA place, Marie sent ses résistances fondre. Certes, elle est mariée et mère de famille. Lui aussi est en couple et père. Mais… Mais si le temps lui donnait raison? Si au terme de cette attente, la clandestinité faisait place à une union au grand jour?

      Alors elle attend.

      Alors elle se donne des raisons d’attendre.

      Alors elle lui trouve des raisons d’attendre.

      Mais la peur est là qui la tenaille, qui l’étreint lui aussi.. Attend t-elle vainement? Le temps s’écoule, la barre de l’année est allègrement franchie, et Roch n’a toujours pas sauté le pas. Mais si la frustration chez l’un et la peur chez l’autre grandissent, croit chez tous deux un même addictif besoin l’un de l’autre. Besoin de l’entendre, de le toucher, de le sentir, de rire avec lui, de lui parler.

      Une impossibilité à se passer l’un de l’autre dont l’attente se repaît avec délice. Le dilemme reste entier. « L’attente, c’est une histoire de s’autoriser et de s’interdire. L’attente est souveraine. On s’y soumet, ses contingences s’imposent. En son nom, on renonce, on accepte. L’attente est reposante car elle annule toute possibilité de choix. Tout ce qu’on a à faire c’est attendre. L’attente agit comme une grille de sélection sévère et implacable des éventualités de la vie. »

      Un confort pourtant inconfortable. L’attente transporte autant qu’elle achève, sublime autant qu’elle enlaidit, nourrit autant qu’elle sèvre. L’attente est une maitresse draconnienne.

      Jusqu’où Marie ira t-elle? Quels renoncements Roch sera réellement prêt à faire? Vient-il un moment où les illusions deviennent illusoires?

 

      On pourrait penser que ce récit d’un quatuor femme-mari-amant-maîtresse est un sujet rebattu dont on n’a plus rien à apprendre. A tort. Catherine Charrier nous offre ici un magnifique livre. En véritable chirurgienne des âmes et des sentiments, elle dissèque avec une justesse, une délicatesse et une force émotionnelle sidérantes les tourments de l’attente. Et de l’amour tout court.

      A lire sans plus…attendre!

 

Catherine Charrier : La fréquentation des à-pics. Magnifique!

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La fréquentation des à-pics, de Catherine Charrier

Editions Kero, mai 2013

 

Dans son premier ouvrage, L’attente (chronique ici : http://koryfee.over-blog.com/article-l-attente-de-catherine-charrier-l-attente-une-maitresse-draconnienne-107328093.html ) Catherine Charrier s’était révélée être une véritable chirurgienne des âmes et des sentiments. Elle confirme cet ineffable talent avec son recueil de nouvelles, La fréquentation des à-pics, aux éditions Kéro.

A tous les stades de leur vie, les femmes sont amenées à cheminer sur des sentiers abrupts, vertigineux, consciemment ou non. En alpinistes chevronnées, rompues aux prises de décision, aux responsabilités, aux écueils, elles ne se résignent pas, jamais. Elles explorent de nouvelles voies, sans carte ni repères, décidées à atteindre des sommets de liberté plus élevés, à découvrir des horizons nouveaux. Et de forcer l’admiration souvent. Et de susciter la curiosité quant à l’origine de telles ressources.

Ces histoires de femmes, ces trajectoires d’équilibristes sur le fil de la vie, avec leur courage pour seule ombrelle, ce sont/pourraient être les vôtres. Maman, amante, fillette, femme divorcée, adolescente, femme en fin de vie, toutes se trouvent confrontées à un événement – parfois infime tel cet ourlet mal repassé, parfois cataclysmique comme l’annonce d’un cancer, événement qui, elles le sentent intimement, va bouleverser leur vie. Un vertige qui les prend aux tripes et les pousse à repousser les limites, à s’affranchir des conventions sociales et de la morale bien pensante pour suivre une voie nouvelle, créer une nouvelle brèche. Alors, pour cette adolescente à l’ourlet de robe mal repassé, pour cette femme allongée dans l’ambulance, pour cette mère qui élève seule sa fille, pour toutes ces femmes, il y aura un avant et un après la faille. Elles sont à ce moment déterminant de leur vie, ce carrefour de l’existence où tout bascule. Leurs rapports aux autres, hommes comme femmes, enfants et amis, en seront forcément modifiés. Mais elles osent, mais elles se battent pour défendre cette liberté de penser et d’agir. Dussent-elles se retrouver souvent seules à frôler l’à-pic, seules à longer le précipice.

Dans ce recueil de dix-huit nouvelles, Catherine Charrier nous relate avec une plume d’une sensibilité aussi vibrante que belle, aussi juste que délicate, le combat des femmes au quotidien dans l’apprentissage de la féminité. Juste magnifique…

L’attente, de Catherine Charrier : L’attente, une maitresse draconnienne!

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L’attente, de Catherine Charrier

Editions Kero, mai 2012

 

Juste un strapontin…

 

      « Si cela continue, dans un an, je la quitte et je t’épouse ». Quand son amant prononce cette phrase, ce possible amour tous deux qui ne soit plus un strapontin dans son coeur mais une vraie place, LA place, Marie sent ses résistances fondre. Certes, elle est mariée et mère de famille. Lui aussi est en couple et père. Mais… Mais si le temps lui donnait raison? Si au terme de cette attente, la clandestinité faisait place à une union au grand jour?

      Alors elle attend.

      Alors elle se donne des raisons d’attendre.

      Alors elle lui trouve des raisons d’attendre.

      Mais la peur est là qui la tenaille, qui l’étreint lui aussi.. Attend t-elle vainement? Le temps s’écoule, la barre de l’année est allègrement franchie, et Roch n’a toujours pas sauté le pas. Mais si la frustration chez l’un et la peur chez l’autre grandissent, croit chez tous deux un même addictif besoin l’un de l’autre. Besoin de l’entendre, de le toucher, de le sentir, de rire avec lui, de lui parler.

      Une impossibilité à se passer l’un de l’autre dont l’attente se repaît avec délice. Le dilemme reste entier. « L’attente, c’est une histoire de s’autoriser et de s’interdire. L’attente est souveraine. On s’y soumet, ses contingences s’imposent. En son nom, on renonce, on accepte. L’attente est reposante car elle annule toute possibilité de choix. Tout ce qu’on a à faire c’est attendre. L’attente agit comme une grille de sélection sévère et implacable des éventualités de la vie. »

      Un confort pourtant inconfortable. L’attente transporte autant qu’elle achève, sublime autant qu’elle enlaidit, nourrit autant qu’elle sèvre. L’attente est une maitresse draconnienne.

      Jusqu’où Marie ira t-elle? Quels renoncements Roch sera réellement prêt à faire? Vient-il un moment où les illusions deviennent illusoires?

 

      On pourrait penser que ce récit d’un quatuor femme-mari-amant-maîtresse est un sujet rebattu dont on n’a plus rien à apprendre. A tort. Catherine Charrier nous offre ici un magnifique livre. En véritable chirurgienne des âmes et des sentiments, elle dissèque avec une justesse, une délicatesse et une force émotionnelle sidérantes les tourments de l’attente. Et de l’amour tout court.

      A lire sans plus…attendre!