Des cœurs ordinaires, Catherine Locandro (Gallimard)

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Du droit d’aimer… tout simplement.

Avec ce huitième roman, Catherine Locandro plonge le lecteur dès les premières pages dans une atmosphère inquiétante, envoûtante et entretient savamment le mystère jusqu’à la toute fin. Une maîtrise narrative et une tension extraordinaires pour Des cœurs ordinaires.

Le sujet du roman Des coeurs ordinaires

Gabrielle, veuve, trouve ses journées bien longues. Certes, il y a le club d’informatique deux fois par semaine, certes il y a les quelques échanges laconiques avec son fils par Skype, mais cela ne meuble pas ses journées. Aussi, quand une jeune femme, prénommée Anna, emménage chez son voisin du dessus, Sacha Malkine, cette nouveauté apporte un peu de piment dans la vie de Gabrielle.

Mais la curiosité de Gabrielle ne saurait se satisfaire de bonjours échangés dans le hall de l’immeuble. D’autant qu’à l’étage du dessus, des éclats de voix lui parviennent. Le couple se dispute souvent. Anna, qu’elle croise de temps en temps, affiche d’ailleurs un regard fuyant et un visage infiniment triste. Comme apeurée et soumise. Pour une jeune mariée, le moins qu’on puisse dire est qu’elle ne respire pas la joie de vivre.

Et en effet, Anna se sent nouée, tente de calmer ses angoisses à coup d’anxiolytiques et de rendez-vous chez le psy. Mais même à ce dernier, elle ne dit pas tout. Elle ne peut pas. Pas plus qu’à ses parents qui se font insistants au téléphone. Seul son journal intime accueille son coupable secret, ce qu’elle ne peut partager avec personne. A part Sacha.

Dans son appartement transformé en tour de guet, Gabrielle épie les moindres bruits au-dessus de sa tête. Et ne peut s’empêcher de craindre le pire pour Anna, de projeter sa malheureuse expérience de couple sur la jeune femme. Il faut qu’elle amène Anna à se confier, il faut qu’elle vole à son secours. Comme elle aurait aimé qu’on volât au sien du temps où elle vivait avec le volage et tyrannique Sergio. Mais l’enfer est parfois pavé de bonnes intentions. En voulant aider Anna malgré elle, ne va-t-elle pas commettre une erreur ? Et la véritable situation d’Anna, ce secret qu’elle garde scellé, relève-t-il de la maltraitance conjugale ou s’agit-il de tout autre chose ?

Pourquoi lire ce roman de Catherine Locandro?

Dans ce huitième roman, Catherine Locandro excelle à créer une ambiance inquiétante, mystérieuse, envoûtante, à jouer avec les nerfs du lecteur en distillant de vrais et de faux indices au fil des pages. On devient aussi curieux que Gabrielle – et ce n’est pas peu dire, inquiet à l’idée qu’un drame puisse survenir si l’on intervient trop tard. Mais parfois un secret peut en cacher un autre. Pourquoi le fils unique de Gabrielle a-t-il pris ses distances avec sa mère, cette femme qui semble si dévouée aux autres ? Un roman avant tout et surtout sur l’amour, sur le regard des autres. Une magnifique invitation à la tolérance, à l’acceptation que deux cœurs ordinaires, fussent leurs liens peu ordinaires, puissent vivre sans honte un amour extraordinaire.

Coup de coeur( pas ordinaire)!

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Glissez Catherine Locandro dans votre poche!

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Pour que rien ne s’efface, Catherine Locandro

Editions Pocket, janvier 2018

Un requiem élégant, à la beauté cruelle, qui fixe magnifiquement le portrait d’une icône déchue du cinéma. Coup de cœur !

Si juger est quelquefois un plaisir, comprendre en est toujours un. Ces propos d’Henri de Régnier pourraient servir de morale à cette bouleversante histoire…

Lila Beaulieu, star déchue du cinéma, est retrouvée morte dans un studio miteux, âgée de 65 ans seulement. Deux mois se sont écoulés entre son décès et la découverte du corps. Comment cette femme, adulée autrefois, connue et reconnue, a t-elle pu finir dans l’indifférence, le dénuement et la solitude les plus absolus ? Pour tenter de répondre à cette question, Catherine Locandro rembobine le film de sa vie et donne la parole à celles et ceux qui l’ont connue. Ou plus précisément, à ceux qui l’ont côtoyée en croyant la connaître.

Car qui la connaissait vraiment ? Si tous ont le sentiment de tout savoir d’elle ou presque, aucun, hormis le lecteur, ne connait toutes ses facettes. Est-elle cette mauvaise mère alcoolique que décrit sa fille ? Sa petite-fille et son ex-mari apportent des couleurs bien plus lumineuses à son portrait. Au fil des témoignages, se dessinent les contours, les pleins et les creux de cette défunte femme, ses failles et leurs origines. Ses richesses humaines aussi. Celle que d’aucuns fustigent a pourtant fait du mieux qu’elle a pu avec ce qu’elle a (et n’a pas) reçu dans son enfance, dans ses fréquentations malheureuses avec la gent masculine, dans ce milieu de requins qu’est le cinéma. Lila Beaulieu n’est ni ange ni démon. Mais un être humain, tout simplement.

Dans ce roman choral remarquablement orchestré, Catherine Locandro nous présente une femme indiciblement attachante. Sa plume délicate inscrit sur la portée de ce requiem des notes sensibles et justes, dont la mélodie vous hante longtemps, le livre refermé.

 

Venez rencontrer Catherine Locandro à la librairie L’émoi des mots (Paris 5ème)!

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Ce jeudi 23 février, à partir de 18h30, venez nous retrouver pour une rencontre autour du nouveau roman de Catherine Locandro « Pour que rien ne s’efface », aux éditions Héloïse d’Ormesson!

Où?

A la dynamique librairie-atelier L’émoi des mots, 25 rue Descartes, Paris 5ème. A deux pas de la rue Mouffetard et du Panthéon.

Le livre : 

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Pour que rien ne s’efface est le 7ème roman de l’auteur.

Convoquant douze témoins, Catherine Locandro ressuscite Lila, star oubliée. De la mort à la vie, elle rembobine, à rebrousse-temps, le film de son existence. Un dispositif romanesque étonnant, où les défunts restent bien au-delà de leur mort.

Vous retrouverez la chronique que je lui ai consacrée ici : Chronique

L’auteur : 

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Catherine Locandro est née en 1973 à Nice. Elle est écrivaine et scénariste. Elle vit aujourd’hui à Bruxelles.

Nous vous attendons nombreux! A très bientôt!

Première sélection du Prix de la Closerie des Lilas 2017

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Le Prix de la Closerie des Lilas a été décerné pour la première fois le 7 mars 2007, veille de la journée mondiale de la femme, à la Closerie des Lilas.

Il a pour originalité de couronner une romancière de langue française dont l’ouvrage paraît à la rentrée de janvier. La vocation de ce nouveau prix est de promouvoir la littérature féminine, à l’exemple du prix anglo-saxon : Orange Prize.

Pour fêter les dix ans du Prix de la Closerie des Lilas en 2017, le plus féminin des prix littéraires a le plaisir d’accueillir Claude Lelouch, président d’honneur de l’édition 2017.

Le jury invité en 2017 :


Lydia Bacrie, Victoria Bedos, Bérénice Bejo, Claire Chazal, Catherine Clément, Diane von Furstenberg, Emmanuelle Devos, Daniela Lumbroso, Orlan. 

Le bureau de six membres permanents  :

Emmanuelle de Boysson, présidente du prix (journaliste Version Femina et romancière), Tatiana de Rosnay, vice-présidente du Prix de la Closerie des Lilas (romancière), Jessica Nelson (Editions des Saints Pères et romancière), Carole Chrétiennot, (cofondatrice du Prix du Café de Flore et de la Closerie des Lilas), Stéphanie Janicot ( rédactrice en chef de la revue Muze et romancière), Adélaïde de Clermont-Tonnerre (directrice de la rédaction de Point de Vue et romancière).

Les romans sélectionnés : 

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Pour que rien ne s’efface , Catherine Locandro

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Pour que rien ne s’efface, Catherine Locandro

Editions Héloïse d’Ormesson, janvier 2017

Rentrée littéraire

Un requiem élégant, à la beauté cruelle, qui fixe magnifiquement le portrait d’une icône déchue du cinéma. Coup de cœur !

Si juger est quelquefois un plaisir, comprendre en est toujours un. Ces propos d’Henri de Régnier pourraient servir de morale à cette bouleversante histoire…

Lila Beaulieu, star déchue du cinéma, est retrouvée morte dans un studio miteux, âgée de 65 ans seulement. Deux mois se sont écoulés entre son décès et la découverte du corps. Comment cette femme, adulée autrefois, connue et reconnue, a t-elle pu finir dans l’indifférence, le dénuement et la solitude les plus absolus ? Pour tenter de répondre à cette question, Catherine Locandro rembobine le film de sa vie et donne la parole à celles et ceux qui l’ont connue. Ou plus précisément, à ceux qui l’ont côtoyée en croyant la connaître.

Car qui la connaissait vraiment ? Si tous ont le sentiment de tout savoir d’elle ou presque, aucun, hormis le lecteur, ne connait toutes ses facettes. Est-elle cette mauvaise mère alcoolique que décrit sa fille ? Sa petite-fille et son ex-mari apportent des couleurs bien plus lumineuses à son portrait. Au fil des témoignages, se dessinent les contours, les pleins et les creux de cette défunte femme, ses failles et leurs origines. Ses richesses humaines aussi. Celle que d’aucuns fustigent a pourtant fait du mieux qu’elle a pu avec ce qu’elle a (et n’a pas) reçu dans son enfance, dans ses fréquentations malheureuses avec la gent masculine, dans ce milieu de requins qu’est le cinéma. Lila Beaulieu n’est ni ange ni démon. Mais un être humain, tout simplement.

Dans ce roman choral remarquablement orchestré, Catherine Locandro nous présente une femme indiciblement attachante. Sa plume délicate inscrit sur la portée de ce requiem des notes sensibles et justes, dont la mélodie vous hante longtemps, le livre refermé.

Un coup de cœur de ce début d’année ! À lire!

 

Glissez Catherine Locandro dans votre poche!

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L’histoire d’un amour, Catherine Locandro

Editions Pocket, à paraître le 5 janvier 2017

Après L’enfant de Calabre, Catherine Locandro revient avec délicatesse et émotion sur la question de la perte amoureuse et du poids des secrets.

Luca est un homme réservé. Un professeur de philosophie sans histoires. Mais pas sans Histoire. Car depuis vingt ans, il veille précieusement sur son secret. Un secret qui aujourd’hui lui explose soudain au visage au détour d’un article de presse.

Rien ne l’avait préparé à cela. Pas plus la révélation dans la presse de sa liaison amoureuse avec la diva au regard voilé d’une lumineuse tristesse, que la rencontre en 1967 avec cette femme alors adulée du public et des médias, Dalida. « Garder le secret, c’était garder la Chanteuse, maintenir ce lien si particulier. » En ce jour de novembre 1995, le frère de la défunte chanteuse, héritier de ses carnets, notes et lettres, en livre le contenu en pâture au public. Et le secret de ne plus en être un…

Luca se remémore alors cette fulgurante passion, rouvre le livre de son amour caché et tourne les pages de sa mémoire. Lui, le petit livreur de douze ans son cadet, qui avait dû quitter l’école tôt pour subvenir aux besoins de la famille, n’avait pas imaginé que son rôle de figurant dans une émission de télé dont Dalida était l’invitée, allait bouleverser sa vie. Et pourtant, cette rencontre donna le  « la » d’une relation amoureuse aussi passionnée que tourmentée. En France, en Italie, nos deux amants se retrouvent au gré des désirs de la chanteuse, dans la plus grande discrétion. Une passion clandestine qui, par les mensonges coupables que sa préservation nécessite, coupe Luca de sa famille, des siens. Le prix de leur bonheur tous deux.

Mais dans ce journal, il découvre n’être pas le seul à avoir souffert du poids du secret. Dalida portait elle aussi un fardeau douloureux qu’elle lui avait caché…

La révélation de son secret mettra t-il fin aux assauts de sa mémoire? Luca pourra t-il enfin cesser d’être le jeu de cette passion dévorante, paralysante, obsédante? Pourra t-il, délesté de ce poids, tourner enfin la page et redevenir acteur de sa vie?

Avec L’histoire d’un amour, Catherine Locandro nous offre un roman sensible, juste, émouvant, servi par une plume incisive. A lire!

La Karinterview de Catherine Locandro, auteur de L’Histoire d’un amour

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Elle est un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire, avec une plume aussi sensible que délicate. Je parle bien entendu de Catherine Locandro et de son nouveau roman L’Histoire d’un amour, aux éditions Héloïse d’Ormesson. C’est avec beaucoup de gentillesse qu’elle a accepté de se prêter à une Karinterview.

Rencontre avec l’auteur :

Quel est le thème central de ce roman?

Ce roman raconte et explique le destin d’un homme, à travers l’histoire d’amour qu’il a vécue lorsqu’il avait vingt ans.

 

Comment vous est venue l’idée de ce roman?

J’avais envie d’écrire sur Dalida depuis quelques temps déjà. D’abord parce que je trouve que la vie de cette femme, marquée par de nombreuses tragédies, est éminemment romanesque. Il y a une noirceur, comme une malédiction derrière les paillettes, que j’avais envie d’explorer. Ensuite, Dalida fait partie du paysage musical de mon enfance, de mon adolescence. On écoutait Dalida chez moi. C’était une figure familière. En partie, je pense, parce que ses origines à la fois calabraises et orientales faisaient écho aux origines de ma propre famille.

J’ai donc commencé à faire des recherches sur Dalida, sur ce qui aurait pu être un point de départ… Et je suis tombée sur un article daté du 10 novembre 1995 et paru dans le journal italien La Stampa. On y annonçait la publication d’une biographie, écrite par Catherine Rihoit en collaboration avec Orlando, le frère de Dalida. Et on parlait de l’histoire qu’avait eu Dalida à la fin des années 60 à Rome, avec un homme plus jeune qu’elle. Un garçon issu du milieu populaire romain. Cette liaison était restée secrète, pour différentes raisons.

En lisant cet article, je me suis dit ça y est, j’ai mon point de départ : j’imagine que 30 ans après, ce garçon devenu un homme ouvre le journal le matin du 10 novembre 1995 et voit cette histoire, demeurée secrète jusque-là, dévoilée au grand public. Que fait-il de sa journée après avoir lu l’article ? Qui va-t-il voir ? A qui va-t-il parler, lui qui s’est tu durant tant d’années ?

 

Vous êtes vous plongée dans la vie de Dalida (documentaires télévisés, biographies, etc) pour nourrir cette histoire ?

J’ai lu des biographies, oui, et regardé quelques images d’elle sur Internet, des extraits d’interviews… mais pas tant que ça. Je ne voulais pas que cela boque mon imaginaire.

Ce roman étant inspiré d’une histoire vraie, comment trouve t-on le juste équilibre entre véracité des faits et fiction, autrement dit, comment parvient-on à trouver la bonne distance par rapport à la réalité?

Le travail de documentation, c’est à dire la réalité, n’est qu’une base. La réalité est ce qui nourrit la fiction. Elle permet l’envol de l’imaginaire et ne doit pas l’entraver. Il était clair pour moi depuis le début que ce livre serait une fiction, pas une biographie. « Ma » Dalida est une Dalida de roman, c’est elle sans être elle. C’est pour cela que je l’appelle « la Chanteuse » tout au long du livre. Le personnage principal reste Luca, l’homme qui l’a aimée. Le personnage de la Chanteuse existe à travers lui, son regard et ses souvenirs…

 

Dans ce roman, à l’instar du précédent, L’enfant de Calabre, on retrouve l’importance du poids des secrets, des non-dits. Pensez-vous que ces derniers peuvent entraver une vie?

Bien sûr, parce qu’ils empêchent d’être libre. Parce qu’on vit perpétuellement dans la peur d’être rattrapé par ce qu’on cache. Il n’y a plus de spontanéité possible, plus de lâcher prise. C’est difficile d’être soi et d’accomplir pleinement son destin dans de telles conditions !

 

Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs?

Le plaisir que j’ai eu à écrire ce livre.

 

-Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle serait-elle?

On s’habitue au secret, on en vient à se confondre avec lui, à devenir un étranger pour tous, même pour soi.

 

Retrouvez, en cliquant sur ce lien, la chronique que j’ai consacrée au nouveau roman de Catherine Locandro, L’Histoire d’un amour!