Glissez Corinne Royer dans votre poche!

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La vie contrariée de Louise, de Corinne Royer

Editions Pocket mars 2014.

Juste avant de s’éteindre aux Etats-Unis, son père lui a tendu un petit papier, sourire collé aux lèvres, accompagné de ces derniers mots : « Louise, c’est ta grand-mère de France ». Une adresse, celle de la maison de retraite de Louise, en Auvergne, sur les terres du village de Le Chambon-sur-Lignon. Et rien d’autre. Juste la première pièce d’un puzzle, celui de ses origines, qu’il va alors tenter de reconstituer.

Mais lorsque James Nicholson débarque en France, dans le village de sa grand-mère, seul être à pouvoir éclairer les parts d’ombre de sa vie, il est trop tard. Elle est décédée le matin même. Consternation et douleur. La mémoire de James est-elle condamnée à rester amputée de son passé? Louise va t-elle être enterrée avec ses secrets? Non, car la vieille femme lui a laissé un cahier rouge, cahier intime où elle a consigné toute son existence, et par là même, celle de ce village qui protégea des milliers de juifs sous l’occupation. Une histoire personnelle qui rejoint la grande histoire.  Un destin qui croise celui de la seconde guerre mondiale.

La vérité est donc là, à portée de ses yeux, dans l’encre bleue de ces lignes. Mais si près du but, James est pris de doutes sur sa légitimité à pénétrer dans la vie de Louise au moment où elle vient de la quitter. Il trouve alors un compromis : « Les mots de Louise, il pourrait se résoudre à les entendre, mais pas à les lire. » C’est Nina, la serveuse de l’hôtel où il séjourne, qui sera sa liseuse, au rythme de dix pages par jour, le temps de s’imprégner progressivement de ces pans d’histoire qu’il ignore.

Louise, femme courage, de ces combattants de l’ombre qui au péril de leur vie ont accueilli, protégé et sauvé un grand nombre de juifs. Louise, amoureuse du beau Frantz, liaison ô combien scandaleuse à l’époque. Louise et ses secrets aux conséquences si lourdes…

Investie du difficile devoir de révéler à James ce que Louise a confié dans son cahier, Nina s’interroge. Toute vérité est-elle bonne à dire ? Doit-elle faire une lecture fidèle des confidences de Louise ou revisiter certains passages délicats? Dilemme…

Tels les cailloux du petit Poucet, Corinne Royer sème des indices tout au long des pages, lesquels finissent par former un chemin bouleversant jusqu’à la vérité, vérité qui sort des sentiers que le lecteur a pu échafauder. On suit avec émotion et curiosité James, Nina, Louise, Pierre, Antoine et les autres, des personnages auxquels l’auteur sait donner tant de chair, qu’on les visualise, on les imagine, on les voit. Une histoire indiciblement vivante, captivante, poignante.
Et l’écriture ! Dans « M comme Mohican », Corinne Royer nous avait déjà fascinés avec sa maitrise du style, la qualité de sa construction, son habileté à jongler avec les personnages. Elle récidive ici avec ce roman admirablement écrit, qui comblera les amoureux de la langue française et de la littérature.

Vous l’aurez compris, ce roman, tant au niveau du fond que de la forme, est un véritable délice de lecture !

La vie contrariée de Louise, de Corinne Royer : La mémoire revisitée

La vie contrariée de Louise, de Corinne Royer

Éditions Héloïse d’Ormesson, mars 2012

 

     Juste avant de s’éteindre aux Etats-Unis, son père lui a tendu un petit papier, sourire collé aux lèvres, accompagné de ces derniers mots : « Louise, c’est ta grand-mère de France ». Une adresse, celle de la maison de retraite de Louise, en Auvergne, sur les terres du village de Le Chambon-sur-Lignon. Et rien d’autre. Juste la première pièce d’un puzzle, celui de ses origines, qu’il va alors tenter de reconstituer.

     Mais lorsque James Nicholson débarque en France, dans le village de sa grand-mère, seul être à pouvoir éclairer les parts d’ombre de sa vie, il est trop tard. Elle est décédée le matin même. Consternation et douleur. La mémoire de James est-elle condamnée à rester amputée de son passé? Louise va t-elle être enterrée avec ses secrets? Non, car la vieille femme lui a laissé un cahier rouge, cahier intime où elle a consigné toute son existence, et par là même, celle de ce village qui protégea des milliers de juifs sous l’occupation. Une histoire personnelle qui rejoint la grande histoire.  Un destin qui croise celui de la seconde guerre mondiale.

     La vérité est donc là, à portée de ses yeux, dans l’encre bleue de ces lignes. Mais si près du but, James est pris de doutes sur sa légitimité à pénétrer dans la vie de Louise au moment où elle vient de la quitter. Il trouve alors un compromis : « Les mots de Louise, il pourrait se résoudre à les entendre, mais pas à les lire. » C’est Nina, la serveuse de l’hôtel où il séjourne, qui sera sa liseuse, au rythme de dix pages par jour, le temps de s’imprégner progressivement de ces pans d’histoire qu’il ignore.

     Louise, femme courage, de ces combattants de l’ombre qui au péril de leur vie ont accueilli, protégé et sauvé un grand nombre de juifs. Louise, amoureuse du beau Frantz, liaison ô combien scandaleuse à l’époque. Louise et ses secrets aux conséquences si lourdes…

     Investie du difficile devoir de révéler à James ce que Louise a confié dans son cahier, Nina s’interroge. Toute vérité est-elle bonne à dire ? Doit-elle faire une lecture fidèle des confidences de Louise ou revisiter certains passages délicats? Dilemme…

 

     Tels les cailloux du petit Poucet, Corinne Royer sème des indices tout au long des pages, lesquels finissent par former un chemin bouleversant jusqu’à la vérité, vérité qui sort des sentiers que le lecteur a pu échafauder. On suit avec émotion et curiosité James, Nina, Louise, Pierre, Antoine et les autres, des personnages auxquels l’auteur sait donner tant de chair, qu’on les visualise, on les imagine, on les voit. Une histoire indiciblement vivante, captivante, poignante.
     Et l’écriture ! Dans « M comme Mohican », Corinne Royer nous avait déjà fascinés avec sa maitrise du style, la qualité de sa construction, son habileté à jongler avec les personnages. Elle récidive ici avec ce roman admirablement écrit, qui comblera les amoureux de la langue française et de la littérature.

     Vous l’aurez compris, ce roman, tant au niveau du fond que de la forme, est un véritable délice de lecture !

 

Informations pratiques :

Prix éditeur :18€

Nombre de pages : 232

ISBN : 978 2 35087 189 9

M comme Mohican, premier roman de Corinne Royer (éditions Héloïse d’Ormesson)

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M comme Mohican,Corinne Royer
Editions Héloïse d’Ormesson 2009

     J’«M comme Mohican » ! Avec ce premier roman, Corinne Royer frappe d’emblée très fort : désormais, il faudra compter avec elle dans le sérail des grands auteurs, ceux dont on attend impatiemment le nouvel opus, ceux que non seulement on lit, mais qu’on relit. Ceux qui, comme dans le cas présent, donnent envie de partager l’enthousiasme suscité par la lecture de leur oeuvre.

Claire, une quadra à laquelle la vie réussit dans tous les domaines, épouse et mère épanouie, photographe de talent, va soudain sortir des rails paisibles d’une vie bien rangée. Une sortie de route due à la rencontre avec un homme de pouvoir qu’elle a follement aimé vingt ans auparavant. Elle ne sera désormais plus seulement l’épouse d’Alexandre. Cap est mis sur une autre destination : elle va aussi épouser le rôle de maîtresse. Un triptyque – femme – maîtresse – amant – que l’on aurait pu croire largement étudié et même disséqué dans la littérature. A tort. Le regard que l’auteur porte ici est un regard neuf, aiguisé, lucide, incroyable de justesse. Perturbant même.
Claire, écartelée entre la culpabilité qui la ronge et le désir qui la submerge, voit ses fondations fortement ébranlées, proches de l’effondrement. Ce désir fou, dévorant, qui accapare ses pensées jour et nuit et l’anime de pulsions incoercibles, n’a d’égale que sa peur à l’assouvir. Le bonheur n’est pas simple. S’il se laisse approcher, il se laisse difficilement conquérir. Et Claire de se demander : « Pourquoi le bonheur ne rend-il pas heureux ? » Un constat qui amène la femme à l’esprit manichéen à faire face aux vraies questions jusqu’ici refoulées par son petit chemin de vie paisible : interrogations relatives au pouvoir, à la politique,à la mort, à la folie, à l’existence, au désir au sens large, à la relation à Dieu. Difficile cependant de trouver des réponses quand on se trouve soi-même au cœur du problème, quand on ne dispose d’aucun recul par rapport à la situation.
Un recul que vont nous offrir deux femmes, vivant dans une autre dimension, du moins nous est-il donné lieu de le penser jusqu’au rebondissement subtilement mené de la fin. Il s’agit d’Esméralda, son ange gardien, personnage raisonné et un peu fantasque à la fois, dont la mission dans le ciel est de protéger « La Petite », en l’occurrence Claire. Une veilleuse d’âme accompagnée de son acolyte, Tomahawk, toutes deux chargées, à l’instar de Damiel et Cassiel dans le film « Les ailes du désir » de Wim Wenders, de recueillir les monologues intérieurs des humains. Si Claire est noyée dans le tourbillon de ses sentiments, de ses doutes, dans le tsunami que cette relation adultérine déclenche en elle, Esméralda permet à l’auteur d’apporter un éclairage distancié, critique, sans être dogmatique ni dénué d’humour sur l’éternel féminin.

Le roman, rédigé à la première personne, crée une intimité extrême entre les trois femmes et le lecteur. On entre au cœur de leurs pensées les plus intimes, on partage leurs tourments, leurs joies, leurs doutes, leurs certitudes, sentiments qui se révèlent être les nôtres, hommes comme femmes, offerts en miroir. Troublante identification à laquelle nul ne peut échapper…
Un roman à la frontière du réel et du fantastique, magnifiquement ciselé, tant au niveau de l’introspection féminine que de la construction, mêlant sensualité, sensibilité, humour et perspicacité.
Autrement dit, un cocktail de talent à déguster sans modération et …sans plus attendre !

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€
Nombre de pages : 271
ISBN : 978-2-35087-120-2