Citation du jour

 » A force de rester ensemble on ne tient plus à l’autre, mais on tient par l’autre, et là, c’est beaucoup plus délicat, ça demande une énergie folle de se déprendre, ou de la haine pure, à moins de miser sur l’événement d’une nouvelle rencontre, celle qui redonne la folie de recommencer à zéro.  » Serge Joncour dans L’amour sans le faire (Flammarion)

Citation du jour

 » Tomber amoureux, c’est voir l’autre comme un mystère dont on ne supporte pas d’être exclu, c’est redouter de ne pas l’atteindre, ne plus penser qu’à une chose : le revoir, le côtoyer.  » Serge Joncour dans L’écrivain national (Flammarion)

Citation du jour

 » C’est à cela qu’on reconnaît un vrai couple : lorsque chacun œuvre au bonheur de l’autre, le pousse au delà des limites qu’il s’est imposées pour l’amener à se découvrir plus fort encore et sans crainte qu’il finisse par lui échapper. » de Thierry Cohen, dans Je n’étais qu’un fou (Flammarion)

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Citation du jour

« Parce qu’il n’est jamais facile d’être parfaitement synchrone au début d’une histoire d’amour.
On doit apprendre à écouter, et non seulement ses mots, mais son corps, sa vitesse, sa force, sa faiblesse et ses silences qui déséquilibrent ; on doit perdre un peu de soi pour se retrouver dans l’autre. » Grégoire Delacourt dans La première chose qu’on regarde (JC Lattès)

Citation du jour

« – A partir de quand on est en couple?

– Quand on pense à l’autre tous les jours, quand on a besoin d’entendre sa voix, quand on s’inquiète de savoir si il ou elle va bien. Quand on est capable d’aimer l’autre tel qu’il est, quand on est seul à voir ce qu’il peut devenir, quand on a envie de partager l’essentiel. Quand cela devient plus important que tout le reste. » Delphine de Vigan dans Les heures souterraines (JC Lattès)
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Le meilleur du monde, de Virginia Bart : l’insatiable quête du bonheur

Le meilleur du monde, de Virginia Bart
Editions Buchet Chastel, janvier 2015

Extérieurement, Jeanne, 40 ans bientôt, a tout pour être heureuse. Et s’attache à le laisser croire. Mais si on gratte le vernis des apparences, on s’aperçoit que ni sa réussite professionnelle en tant que journaliste, ni la longévité de son couple, ni les soirées passées dans des lieux chics ne lui procurent de réelle satisfaction. « Je n’ai presque jamais été heureuse et il ne m’est pas évident de vivre. Depuis toujours le quotidien me parait au mieux incolore et terne, au pire pesant et lugubre. Je suis de ceux qui ne se satisfont de rien. » Une frustration qui ne la pousse pas pour autant à l’action, spectatrice de sa vie plutôt qu’actrice.
Jusqu’au jour où elle croise son amour d’enfance, Christophe, un musicien qui vivote. Ce dernier était et demeure son opposé, aussi spontané, confiant et insouciant qu’elle est cérébrale, criblée de doutes et organisée. Deux personnalités et deux milieux à priori aux antipodes. Mais cette différence attire Jeanne, car riche en promesse d’un monde plus exaltant, plus excitant, plus intense. Et de quitter son mari pour Christophe. Et de tutoyer le meilleur du monde à ses côtés.
Mais le meilleur est-il pérenne ? La quête d’un bonheur absolu, parfait, toujours à son paroxysme, ainsi que le conçoit Jeanne, n’est-elle pas génératrice d’inévitables frustrations à terme, lorsqu’un quotidien plus banal reprend ses droits, lorsque la nouveauté fait place au connu? Par ailleurs, n’est-il pas dangereux de conditionner notre bonheur aux réponses d’autrui à nos attentes ?

Un roman court, au rythme soutenu, au style fluide, qui pose de vraies questions. Une jeune femme attachante à la recherche d’absolu, tiraillée entre envies et principes.
Et si le bonheur était de se réjouir de ce que l’on a, pour autant que l’on sache le voir ?

A lire!

Nombre de pages : 160
Prix éditeur : 13€

Nos séparations, de David Foenkinos : savoureux!

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Nos séparations, de David Foenkinos

Éditions Folio, avril 2012

Il existe trois milliards de femmes, mais c’est encore et toujours Alice qui vient hanter la vie de Fritz. Alice, son premier amour, ses multiples désamours, sa montagne russe du bonheur, son long fleuve non tranquille. Alice, source de ses plus puissantes joies et de ses plus grandes souffrances. Alice, la femme qu’il aime envers et contre tout. Par delà les années.

Alors pourquoi passent-ils leur temps à se séparer? La palette de la rupture est riche en couleurs : différence de niveau social, interférence des parents et beaux-parents, IKEA, vie professionnelle, jalousie, deux polonais, une histoire de cravate et Schopenhauer bien sûr.

Certes, entre deux tentatives pour réussir son union avec Alice, Fritz vole vers d’autres femmes. Mais il les survole plus exactement. Car aucune, de Céline, Iris, ou Émilie ne sait lui donner des ailes comme cette dernière, lui faire à ce point tutoyer le ciel ou encore désirer rester dans le nid. Aucune ne lui inspire de réels sentiments. Des émotions fortes tout juste.

Alors, faut-il plusieurs échecs successifs pour réussir sa vie amoureuse, comme autant de répétitions avant la représentation finale? Le premier amour est-il une condamnation à perpétuité? Et peut-on cumuler réussite professionnelle et épanouissement affectif?

Avec Nos séparations, David Foenkinos aborde un sujet grave avec légèreté et pertinence. Avec beaucoup d’humour, de verve, une analyse très fine de la psychologie masculine comme féminine, il parvient à nous faire sourire de ce qui d’ordinaire accable. Un roman savoureux qui se déguste de la première à la dernière page!

P.62 : Il ne faut certainement pas vivre entouré de mots pour écrire. Pour écrire il faut s’échapper des phrases.

Et n’attendre personne, d’Eric Genetet, aux éditions EHO : dévoré d’une traite!

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Et n’attendre personne, de Eric Genetet
Editions Heloise d’Ormesson, janvier 2013

     « J´avais rencontré celle que j’attendais. Elle était l’espoir qui détraquait la grisaille, un vertige éblouissant. Du sens dans la mécanique obscure de l’amour. » Plus de 20 ans ont passé et rien n’a changé. Les sentiments d’Alberto pour Isabella, et réciproquement, n’ont pas connu l’érosion du temps. Un amour  » solide comme du béton brut ».

     Et soudain, l’annonce de leur fils Manuel d’aller s’installer à New York de fragiliser leur bel édifice amoureux, cette citadelle qu’ils croyaient imprenable. Si Isabella se réjouit et considère ce départ comme une respiration bienvenue, Alberto vit l’éloignement de leur fils comme une suffocation. Un cataclysme.
Incompréhension au sein du couple. Ressenti aux antipodes. Trajectoires divergentes.

     Isabella part travailler à Bruxelles, épanouie dans ses nouvelles fonctions, tandis qu’Alberto se fait virer et sombre dans la dépression.        

    L’heure est au bilan sur soi, sur son couple à la quarantaine venue. Ce grain de sable dans les beaux rouages de leur amour va conduire Alberto à se pencher sur son parcours, sur ce qui a guidé inconsciemment sa vie jusqu’alors, sur les blessures non guéries de l’enfant qui sommeille en lui. Et c’est à la lumière d’un terrible secret de famille enfin dévoilé, qu’il va comprendre qui il est vraiment, quels sont ses besoins, ses réelles aspirations. Qu’il va trouver la paix et la liberté intérieures.

    Ces réflexions iront-elles dans le sens de la reconquête de la femme aimée? L’en éloigneront-elles au contraire?

Dans ce roman court au style épuré, Eric Genetet nous livre une analyse remarquable du cycle de vie des sentiments au sein du couple. Mais pas seulement. Avec beaucoup de subtilité, de sensibilité, il nous invite à être en accord avec nous-mêmes, à nous aimer, à être en paix avec notre passé. Pour ensuite avancer. Libres.

Un livre que j’ai dévoré!

P.110 :  » Un jour, si l’enfant qui est en nous a pu exprimer ses terreurs et ses colères, on ne souffre plus. On devient un homme libre. On se trompe parfois, on brule tout, souvent, mais quand on comprend le sens de tout cela, quand on s’affranchit du regard des autres, quand on trouve grâce à ses propres yeux, on peut aimer, s’aimer et être aimé. »

L’unique objet de mon désir, de Frédéric Teillard : L’essence des sens

 

9782351761427

L’unique objet de mon désir, de Frédéric Teillard
Editions Galaade, août 2011

 

   L’essence des sens
Quand sa femme Alix lui a proposé d’aller seule chez ses parents lors des fêtes de fin d’année, afin de le laisser se consacrer à l’écriture de son roman, Gilles a approuvé l’idée. Mais il y a ce que l’on imagine, ce que l’on projette… et la réalité.
Et ici les divergences sont doubles. D’une part, Alix ne se rend pas chez ses parents. Sous couvert de bienveillance à l’endroit de son mari, elle va en réalité rejoindre Nino, son amant.
Quant à Gilles, le silence et la solitude qui l’entourent, loin d’être propices à l’imagination, le plongent dans la déprime et l’angoisse de la page blanche. Tiraillé entre la nécessité d’écrire pour des motifs financiers mais aussi d’estime et de reconnaissance, et cette appréhension qui rend son imagination stérile, rien n’avance. L’écrivain se heurte à des écrits vains.
Et c’est contre toute attente chez Alix que va naître cet irrépressible besoin d’écrire, chez Alix que les mots vont naître. Un besoin vital pour mettre à plat le trouble qui l’anime, pour se rapprocher de Gilles tout en étant dans les bras de Nino. Jamais elle n’a passé plus de deux jours auprès de son amant et cette semaine tous les deux sera donc une forme de test. Un test angoissant. Car le désir que cet amour soit un nouveau départ dans sa vie est à la hauteur de sa peur de se bercer d’illusions. Ces journées auprès de son amant seront-elles l’aube d’une nouvelle belle histoire d’amour ou un faux départ? Un feu d’artifice ou un pétard mouillé?

Tandis que Gilles essaye d’écrire une histoire d’amour, Alix en vit une. Mais rien n’est simple pour personne. Le désir affole les sens comme une boussole à l’approche d’un champ magnétique. Chacun perd le nord.

Avec « L’unique objet de mon désir », Frédéric Teillard ne nous offre pas un énième roman sur l’adultère. Il aborde avec brio différents thèmes : la question de l’amour et de la volatilité des sentiments, une réflexion poussée sur les tourments que connaît tout écrivain face à la génèse d’un récit, maintenant le suspens jusqu’à la vertigineuse chute finale. Un roman à deux voix, celle d’Alix et de Gilles, au style efficace, à l’écriture fluide et sensuelle, qui attise le désir de le lire.

Extrait P. 155 : « Je veux conserver cette ferveur, cette fougue, cette tension, te dire je t’aime et non je t’aimerai. Je ne vise pas l’amour à l’horizon, Nino, je tire l’amour à bout-touchant. Je veux pousser un cri de joie, pas murmurer une promesse de bonheur. »

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 15€
Nombre de pages : 184
ISBN978 2 35176 142 7