Laissez-moi danser, Lisa Azuelos (Editions Stock) : émouvant

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Laissez-moi danser, Lisa Azuelos

Editions Stock, mars 2017

 

Lisa et Dalida n’auraient pas dû se rencontrer, et pourtant… Un film plus tard, la diva vulnérable et moderne aura éclairé la vie de l’auteur et lui aura appris la force de la fragilité.

Lisa Azuelos est la réalisatrice du film Dalida. Un film magnifique, émouvant, qui lui a demandé 5 années de préparation en amont. Car pour réaliser un biopic, il est nécessaire de tout connaître de l’icône. L’occasion pour l’auteur d’approcher les failles, les doutes, les joies et les réussites de la chanteuse. Et de réaliser avec stupéfaction combien la vie de cette dernière trouve des échos puissants dans sa propre vie, voire combien elle l’éclaire… « Peut-être parce qu’elle m’a obligée à voir mon reflet dans le miroir de ses yeux sombres, à contempler sa vie et à traverser les zones de turbulences de la mienne, celles que je n’avais jamais eu la force de traverser toute seule. »

Fille de Marie Laforêt, l’auteur a côtoyé le monde du show-business depuis l’enfance. « J’ai côtoyé des vedettes à longueur de temps et en toutes occasions. Pourtant, aucune d’elles ne m’a laissé le souvenir d’un humain épanoui, simple et heureux. Ces gens avaient tout ce dont je rêvais et leur tristesse, ou leur cynisme, me glaçait toujours avec la même violence. » Les carences affectives, la peur de l’abandon, les mauvais choix amoureux inhérents à cette crainte, la confiance donnée (trop) facilement, le désir d’enfant, qui animent Dalida, parlent ô combien à Lisa. Mais il lui aura fallu voir ces blessures sur la chanteuse pour s’autoriser à s’arrêter sur les siennes. Pour oser les regarder en face. Et enfin cicatriser.

C’est un livre extrêmement touchant, d’une sensibilité à fleur de plume, dans lequel les vies de la chanteuse et de l’auteur se répondent, s’imbriquent, se reflètent. Un cheminement vers soi. Une bouleversante renaissance. « En comprenant ses erreurs, j’ai pardonné les miennes. »

A lire !

 

 

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Le film Dalida, de Lisa Azuelos : MAGNIFIQUE!

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Casting : Sveva Alviti, Riccardo Scamarcio, Jean-Paul Rouve, Nicolas Duvauchelle, Patrick Timsit, Vincent Perez.

Réalisation : Lisa Azuelos

Cela fera 30 ans en mai prochain que Iolanda Gigliotti, de son nom de scène Dalida, nous a quittés. Une femme intemporelle, libre, avant-gardiste, toujours aussi vivante dans les esprits aujourd’hui. Et sur vos écrans mercredi prochain !

Et c’est un MAGNIFIQUE film que lui consacre la réalisatrice Lisa Azuelos, sur vos écrans à compter du 11 janvier. De sa naissance au Caire en 1933 à son premier Olympia en 1956, de son mariage avec Lucien Morisse, patron de la jeune radio Europe n°1, aux soirées disco, de ses voyages initiatiques en Inde au succès mondial de Gigi l’Amoroso en 1974, le film Dalida est le portrait intime d’une femme absolue, complexe et solaire… Une femme moderne à une époque qui l’était moins … Malgré son suicide en 1987, Dalida continue de rayonner de sa présence éternelle.

Lisa Azuelos nous offre un film d’une intensité émotionnelle et d’une force vitale sidérantes. Rires, larmes, envols, ruptures, décès, triomphes, le spectateur entre dans le tourbillon de la vie de l’artiste et en ressort profondément bouleversé. Dalida ou la femme qui courut désespérément après une vie privée à la hauteur de sa vie d’artiste… On saluera tout particulièrement la performance de l’actrice Sveva Alviti, dans le rôle de Dalida : juste époustouflante !

Un film à voir absolument, que l’on soit fan de Dalida ou pas !

La réalisatrice et productrice Lisa Azuelos sortira un livre consacré à Dalida en avril prochain, aux éditions Stock : Laissez-moi danser. Un livre où elle nous racontera « sa » Dalida, et tout ce qu’elle n’a pas mis dans le film, avec une grande sensibilité.

Bande annonce :

La Karinterview de Catherine Locandro, auteur de L’Histoire d’un amour

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Elle est un de mes coups de coeur de cette rentrée littéraire, avec une plume aussi sensible que délicate. Je parle bien entendu de Catherine Locandro et de son nouveau roman L’Histoire d’un amour, aux éditions Héloïse d’Ormesson. C’est avec beaucoup de gentillesse qu’elle a accepté de se prêter à une Karinterview.

Rencontre avec l’auteur :

Quel est le thème central de ce roman?

Ce roman raconte et explique le destin d’un homme, à travers l’histoire d’amour qu’il a vécue lorsqu’il avait vingt ans.

 

Comment vous est venue l’idée de ce roman?

J’avais envie d’écrire sur Dalida depuis quelques temps déjà. D’abord parce que je trouve que la vie de cette femme, marquée par de nombreuses tragédies, est éminemment romanesque. Il y a une noirceur, comme une malédiction derrière les paillettes, que j’avais envie d’explorer. Ensuite, Dalida fait partie du paysage musical de mon enfance, de mon adolescence. On écoutait Dalida chez moi. C’était une figure familière. En partie, je pense, parce que ses origines à la fois calabraises et orientales faisaient écho aux origines de ma propre famille.

J’ai donc commencé à faire des recherches sur Dalida, sur ce qui aurait pu être un point de départ… Et je suis tombée sur un article daté du 10 novembre 1995 et paru dans le journal italien La Stampa. On y annonçait la publication d’une biographie, écrite par Catherine Rihoit en collaboration avec Orlando, le frère de Dalida. Et on parlait de l’histoire qu’avait eu Dalida à la fin des années 60 à Rome, avec un homme plus jeune qu’elle. Un garçon issu du milieu populaire romain. Cette liaison était restée secrète, pour différentes raisons.

En lisant cet article, je me suis dit ça y est, j’ai mon point de départ : j’imagine que 30 ans après, ce garçon devenu un homme ouvre le journal le matin du 10 novembre 1995 et voit cette histoire, demeurée secrète jusque-là, dévoilée au grand public. Que fait-il de sa journée après avoir lu l’article ? Qui va-t-il voir ? A qui va-t-il parler, lui qui s’est tu durant tant d’années ?

 

Vous êtes vous plongée dans la vie de Dalida (documentaires télévisés, biographies, etc) pour nourrir cette histoire ?

J’ai lu des biographies, oui, et regardé quelques images d’elle sur Internet, des extraits d’interviews… mais pas tant que ça. Je ne voulais pas que cela boque mon imaginaire.

Ce roman étant inspiré d’une histoire vraie, comment trouve t-on le juste équilibre entre véracité des faits et fiction, autrement dit, comment parvient-on à trouver la bonne distance par rapport à la réalité?

Le travail de documentation, c’est à dire la réalité, n’est qu’une base. La réalité est ce qui nourrit la fiction. Elle permet l’envol de l’imaginaire et ne doit pas l’entraver. Il était clair pour moi depuis le début que ce livre serait une fiction, pas une biographie. « Ma » Dalida est une Dalida de roman, c’est elle sans être elle. C’est pour cela que je l’appelle « la Chanteuse » tout au long du livre. Le personnage principal reste Luca, l’homme qui l’a aimée. Le personnage de la Chanteuse existe à travers lui, son regard et ses souvenirs…

 

Dans ce roman, à l’instar du précédent, L’enfant de Calabre, on retrouve l’importance du poids des secrets, des non-dits. Pensez-vous que ces derniers peuvent entraver une vie?

Bien sûr, parce qu’ils empêchent d’être libre. Parce qu’on vit perpétuellement dans la peur d’être rattrapé par ce qu’on cache. Il n’y a plus de spontanéité possible, plus de lâcher prise. C’est difficile d’être soi et d’accomplir pleinement son destin dans de telles conditions !

 

Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs?

Le plaisir que j’ai eu à écrire ce livre.

 

-Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle serait-elle?

On s’habitue au secret, on en vient à se confondre avec lui, à devenir un étranger pour tous, même pour soi.

 

Retrouvez, en cliquant sur ce lien, la chronique que j’ai consacrée au nouveau roman de Catherine Locandro, L’Histoire d’un amour!

L’Histoire d’un amour, de Catherine Locandro (éditions Héloïse d’Ormesson)

L’Histoire d’un amour, de Catherine Locandro

Éditions Héloïse d’Ormesson, aout 2014

Après L’enfant de Calabre, Catherine Locandro revient avec délicatesse et émotion sur la question de la perte amoureuse et du poids des secrets.

Luca est un homme réservé. Un professeur de philosophie sans histoires. Mais pas sans Histoire. Car depuis vingt ans, il veille précieusement sur son secret. Un secret qui aujourd’hui lui explose soudain au visage au détour d’un article de presse.

Rien ne l’avait préparé à cela. Pas plus la révélation dans la presse de sa liaison amoureuse avec la diva au regard voilé d’une lumineuse tristesse, que la rencontre en 1967 avec cette femme alors adulée du public et des médias, Dalida. « Garder le secret, c’était garder la Chanteuse, maintenir ce lien si particulier. » En ce jour de novembre 1995, le frère de la défunte chanteuse, héritier de ses carnets, notes et lettres, en livre le contenu en pâture au public. Et le secret de ne plus en être un…

Luca se remémore alors cette fulgurante passion, rouvre le livre de son amour caché et tourne les pages de sa mémoire. Lui, le petit livreur de douze ans son cadet, qui avait dû quitter l’école tôt pour subvenir aux besoins de la famille, n’avait pas imaginé que son rôle de figurant dans une émission de télé dont Dalida était l’invitée, allait bouleverser sa vie. Et pourtant, cette rencontre donna le  « la » d’une relation amoureuse aussi passionnée que tourmentée. En France, en Italie, nos deux amants se retrouvent au gré des désirs de la chanteuse, dans la plus grande discrétion. Une passion clandestine qui, par les mensonges coupables que sa préservation nécessite, coupe Luca de sa famille, des siens. Le prix de leur bonheur tous deux.

Mais dans ce journal, il découvre n’être pas le seul à avoir souffert du poids du secret. Dalida portait elle aussi un fardeau douloureux qu’elle lui avait caché…

La révélation de son secret mettra t-il fin aux assauts de sa mémoire? Luca pourra t-il enfin cesser d’être le jeu de cette passion dévorante, paralysante, obsédante? Pourra t-il, délesté de ce poids, tourner enfin la page et redevenir acteur de sa vie?

Avec L’histoire d’un amour, Catherine Locandro nous offre un roman sensible, juste, émouvant, servi par une plume incisive. A lire!