Les gratitudes, Delphine de Vigan (JC Lattès) : magnifique…

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ÉNORME COUP DE CŒUR (aussi gros que ces lettres !)

Ce roman de Delphine de Vigan est un bijou de sensibilité et de délicatesse. Il évoque la vieillesse, le temps qui passe et, avant qu’il ne soit trop tard, l’impérieuse nécessité de dire « merci ». Pas un merci de pure politesse, mécanique, vide, mais un vrai merci, un merci incarné, dense, plein, l’expression de la gratitude.

Le sujet du nouveau livre de Delphine de VIGAN

Michka n’est plus toute jeune et ces derniers temps, perd un peu la tête, cherche ses mots. Vivre seule ne lui est plus possible. Il faut envisager son placement dans un EHPAD. Heureusement, arrachée à son environnement familier, elle peut compter sur le soutien de Marie, une jeune femme et voisine qu’elle a connue toute petite, ainsi que sur Jérôme, l’orthophoniste.

Pour Marie, Michka est une deuxième maman, une femme qui a veillé sur elle dès son plus jeune âge, tandis que sa propre mère, dépressive et dépassée par les événements, était incapable de s’occuper d’elle. Et de vouer à la vieille femme une tendresse et une reconnaissance infinies.

Jérôme, lui, « travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. (…) avec l’absence, les souvenirs disparus et ceux qui reSsurgissent, au détour d’un prénom, d’une image, d’un parfum. » Et de constater à cette occasion « la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, incandescente, malgré les années, qui ne s’efface pas. » Et justement, Michka porte en elle l’empreinte d’un couple dont elle ne connaît que les prénoms, des êtres qui semblent lui tenir à cœur mais dont elle a perdu la trace depuis des décennies. Qui sont donc Nicole et Henri ? Quel rôle ont-ils joué dans la vie de Michka ? Saura-t-elle habiller de mots ses souvenirs ?

Marie et Jérôme décident d’unir leurs forces pour aider Michka à accomplir une dernière mission, d’une importance capitale. Vitale même pour elle.

Mon avis sur Les gratitudes

Les gratitudes est un roman indiciblement touchant, viscéralement humain, d’une sensibilité à fleur de mots. Difficile de vous en parler tant tout ce que je pourrais écrire me semble en deçà de ce que j’ai éprouvé à sa lecture. J’ai envie de vous dire : jetez-vous dessus ! Courez en librairie ! Lisez-le ! Offrez-le ! Et j’ai surtout envie de dire à Delphine de Vigan : MERCI, merci de nous offrir une si belle histoire, de ces écrits qui redonnent foi en l’être humain.

« Vieillir, c’est apprendre à perdre. (…) Perdre ce qui vous a été donné, ce que vous avez gagné, ce que vous avez mérité, ce pour quoi vous vous êtes battu, ce que vous pensiez tenir à jamais. Se réajuster. Se réorganiser. Faire sans. Passer outre. N’avoir plus rien à perdre. »

Citation du jour

Les loyautés, ce sont les lois de l’enfance qui sommeillent à l’intérieur de nos corps, les valeurs au nom desquelles nous nous tenons droits, les fondements qui nous permettent de résister, les principes illisibles qui nous rongent et nous enferment. Nos ailes et nos carcans.

Delphine de Vigan – Les loyautés

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Citation du jour

Les loyautés, ce sont des liens invisibles qui nous attachent aux autres – aux morts comme aux vivants-, ce sont des promesses que nous avons murmurées et dont nous ignorons l’écho, des fidélités silencieuses, ce sont des contrats passés le plus souvent avec nous-mêmes, des mots d’ordre admis sans les avoir entendus, des dettes que nous abritons dans les replis de la mémoires.

Delphine de Vigan – Les loyautés

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Rentrée littéraire : Delphine de Vigan, Les loyautés. Coup de coeur!

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Les loyautés, Delphine de Vigan

Editions JC Lattès, janvier 2018

Rentrée littéraire

Un roman d’une justesse époustouflante, sur ces lois de l’enfance qui sommeillent en nous, ces promesses qui guident nos actes et nos pensées et nous conduisent à garder le silence. Un coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Dès le début de la rentrée scolaire, Hélène, institutrice, est alertée par le comportement de Théo. Son regard fuyant, son désir de transparence lui parlent. Et de se revoir en lui, jeune fille, tandis qu’elle était violentée par son père. Même si Théo ne se plaint pas, même si aucune marque extérieure n’évoque une maltraitance physique, Hélène en est convaincue : Théo est en souffrance. Alors qu’elle pensait son passé dépassé, il lui rejaillit en pleine face. A moins qu’elle ne se fasse des idées, voyant des signes de maltraitance partout, hantée par sa propre expérience ? « Je sais que les enfants protègent leurs parents et quel pacte de silence les conduit parfois jusqu’à la mort ». Hélène veut agir, réagir, comme elle l’aurait aimé qu’on le fît pour elle. Comme une promesse qu’elle a faite à son enfant intérieur.

De son côté, Théo, enfant écartelé entre ses parents divorcés, se tait, pris par un pacte tacite de non trahison entre ses deux parents. Il s’arrange pour dissimuler les signes de son mal-être et noie ses problèmes dans l’alcool. Une addiction dans laquelle il entraine son meilleur ami Mathis. Si la mère de Mathis, Cécile, remarque bien que son fils touche à l’alcool, elle est trop préoccupée par la face cachée de son mari, qu’elle a récemment découverte, pour réellement s’interroger et venir en aide à son fils. Ces quatre personnes parviendront-elles à s’entraider ?

Dans ce roman à 4 voix, Delphine de Vigan traite de thèmes très contemporains : le pacte de silence des enfants divorcés à l’égard de leurs parents, le rôle des enseignants dans la détection de la maltraitance, les addictions chez les jeunes. Avec beaucoup de finesse, de justesse dans l’analyse psychologique des personnages, elle évoque cette violence silencieuse, celle qui n’est pas perceptible au premier regard, celle dont on a parfois honte, mais dont les dégâts sont immenses. Un roman bouleversant qu’il est impossible de reposer avant de l’avoir terminé.

Prix Goncourt des lycéens 2015 :Delphine de Vigan!

Delphine de Vigan s’est vue décerner le Goncourt des lycéens pour son roman D’après une histoire vraie, paru chez les éditions Lattès.

Le jury, composé de 13 lycéens, était réuni ce mardi à l’opéra de Rennes. Il a décidé de récompenser D’après une histoire vraie, le roman de Delphine de Vigan paru aux éditions Lattès. Le président du jury des lycéens, Corto Courtois, lui a annoncé la nouvelle par téléphone. «Merci, je suis très heureuse et très surprise, merci beaucoup aux lycéens qui ont voté pour moi. C’est un très beau prix», a commenté Delphine de Vigan.

Delphine de Vigan qui a également eu le prix Renaudot cette année succède à David Foenkinos pour Charlotte, en 2014.Delphine de Vigan s’était également vue décerner le prix de Renaudot il y a quelques semaines.

Retrouvez avec ce lien la chronique que j’avais consacrée au roman il y a deux mois : D’après une histoire vraie

Félicitations Delphine!!!

Prix Goncourt des lycéens 2015 : les finalistes

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Le ministère chargé de l’éducation nationale et la Fnac organisent le Prix Goncourt des lycéens avec l’accord de l’académie Goncourt. L’objectif est de faire découvrir aux lycéens la littérature contemporaine et de susciter l’envie de lire.

Les finalistes du Prix Goncourt des lycéens 2015 : 

Après deux mois de lectures assidues des 14 livres en lice, choisis par l’Académie Goncourt, les lycéens délégués de chaque région ont délibéré à huis clos. Il en ressort une liste de 7 romans finalistes (par ordre alphabétique), parmi lesquels figure le lauréat du Prix Goncourt des Lycéens 2015 :

  • Christine Angot, « Un amour impossible » (éditions Flamarrion)
  • Isabelle Autissier, « Soudain, seuls » (éditions Stock)
  • Olivier Bleys, « Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes » (éditions Albin Michel)
  • Alain Mabanckou, « Petit piment » (éditions Seuil)
  • Tobie Nathan, « Ce pays qui te ressemble » (éditions Stock)
  • Thomas B. Reverdy, « Il était une ville » (éditions Flammarion)
  • Delphine de Vigan, « D’après une histoire vraie » (éditions JC Lattès)

Les 13 lycéens délégués régionaux, désignés pendant ces 6 délibérations régionales, se retrouveront pour la grande délibération nationale, mardi 1er décembre, et annonceront le lauréat du 28e Prix Goncourt des Lycéens.