Coup de coeur pour « Tomber », le nouveau roman de Eric Genetet!

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Tomber, Eric Genetet

Editions Héloïse d’Ormesson, avril 2016

 

Tomber est le récit poignant d’un enfant blessé, en échec scolaire, dont le rêve, simple et pourtant inaccessible, est d’être aimé par ses parents.
Juin 1983. Des milliers de personnes suivent la finale de Rolland Garros, à laquelle participe Yannick Noah. Et parmi elles, une personne joue le match de sa vie. Il s’agit de Mariano, un adolescent de 13 ans, passionné de sport, dont l’idole est le tennisman français.

 

Depuis la séparation de ses parents un an plus tôt, Mariano vit avec son père. Un père défaillant, qui ne se remet pas du départ de sa femme et trouve refuge dans l’alcool. Rien ne vient plus troubler le silence des lieux, hormis le pschittt des canettes de bière. Pas un mot tendre, pas une explication à ce départ, pas une réassurance. Mariano aurait tant aimé qu’on lui parle, qu’on le soutienne, qu’on le rassure sur le fait qu’il n’y soit pour rien ! Or les maux se sont substitués aux mots. Et la culpabilité, écrasante, térébrante, de s’installer. Sa dyslexie, découverte juste avant le départ de sa mère, pourrait-elle être la cause de leur séparation ?

 

Le poids de la culpabilité et de la souffrance est tel, que Mariano a pris une décision irrévocable : en ce 15 juin, à l’issue du match de Noah, il va lui aussi affronter son père dans un face à face. Et engager une partie de questions et d’échanges auxquels son père devra répondre, en mettant la balle sur le terrain de la vérité et non dans le couloir. Le lecteur suit son entrainement mental tout au long du livre, aussi tendu que les cordes d’une raquette, indiciblement ému par l’enjeu du match. Les yeux rivés sur le « court » de sa vie. Il tremble à l’idée que l’adolescent puisse perdre le point, être victime d’un revers. Il applaudit son courage et sa persévérance.

Car cette histoire se vit autant qu’elle se lit.

Avec une infinie douceur, une sensibilité à fleur de plume, Eric Genetet nous offre un roman magnifique, bouleversant, qui évite avec brio l’écueil du pathos. Et de cueillir le lecteur par une chute qui mérite ô combien son nom. Un ace.

Jeu, set et match pour le nouveau roman de Eric Genetet !

 

 

 

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Trois (ou quatre) amies, de Laurence Schaack, et Françoise de Guibert (Nathan)

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Trois (ou quatre) amies, de Laurence Schaack, et Françoise de Guibert

Éditions Nathan, juillet 2015

Dans ce tome 2, nous retrouvons les quatre amies Sol, Sand, Mar et la nouvelle venue Angela, lesquelles passent leurs vacances chaque été à Cherbourg. Une bande d’inséparables dont même les centaines de kilomètres, la fin de l’été venue, ne sauraient distendre les liens. Car heureusement, il  y a internet et le réseau social Justfriends sur lequel elles aiment se retrouver pour échanger, partager leurs joies, leurs espoirs, leurs chagrins et leurs doutes. Et cette année, la palette des émotions sera pour chacune particulièrement riche. Car aux échanges légers sur leurs amours, la mode, la famille, le lycée, les garçons, vont se substituer des propos plus profonds. C’est en effet l’année de tous les bouleversements. Une famille recomposée pour Angela qui doit aller vivre chez son beau-père, le face-à-face avec le cancer de la maman de Sol, le divorce des parents de Mar, l’internat auquel est envoyé Sand. Des repères qui s’effondrent, un avenir incertain, plus que jamais nos quatre amies ont besoin de se serrer les coudes, de puiser en la force de leurs liens de quoi affronter le quotidien. Mais ce n’est pas simple, pour Angela, de trouver ses marques, de se faire une place, tandis que les trois autres copines se connaissent depuis près de dix ans. Pas simple non plus de partager avec elles ce secret si lourd du suicide de son meilleur ami. A travers son journal intime et les tchats entre filles, le jeune lecteur retrouvera les thèmes et préoccupations qui lui sont chers (amour, famille, école, maladie, deuil), portés par un style résolument moderne.
Un roman aux personnages très attachants, rythmé, sensible, qui ravira les adolescents!

Que ton règne vienne, de Xavier de Moulins (éditions JC Lattès) : « Un père a deux vies, la sienne et celle de son fils. »

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Que ton règne vienne, de Xavier de Moulins

Éditions Jean-Claude Lattès, février 2014

Sous ses airs désenchantés, Que ton règne vienne est un vibrant hommage au père, au lien filial. Une illustration parfaite de cette phrase de Jules Renard, qui ouvre le livre en forme de mise en garde : « Un père a deux vies : la sienne et celle de son fils. »

Novembre 2013. Jean-Paul, le père de Paul, décède. Un père aimé, adulé par son fils, enfant et adolescent. Un héros. Toujours dans le désir de ne pas le décevoir, d’être à la hauteur de cette figure paternelle si brillante, Paul se sent tout petit, écrasé, incapable de rivaliser. La barre est si haute. Son amour à son endroit si grand. Et pourtant. Pourtant, s’il y a l’image de la figure tutélaire idéale, inaccessible, sacrée, il y a aussi l’autre, celle de l’homme dont « jusqu’au bout, rien n’a filtré de sa nature profonde » Qui était-il vraiment? « Les parents, c’est Steve McQueen et Faye Dunaway au pays de Oui-Oui. » Un amour solaire. Mais derrière la surface lisse des apparences, le couple parental était-il aussi idyllique que cela ou s’attachait-il seulement à le laisser croire? Et pourquoi cet amour filial, qui semblait inconditionnel, fait-il aujourd’hui place à de la haine?

2015. Paul est en dépression depuis deux ans et commence tout juste à se relever. Il a survécu à la mort de son père, mais pas à la trahison suprême qu’il a découverte… Une mort psychique. Violente. Un corps trainé comme s’il était tenu en laisse. Sa femme Ava et lui se sont séparés, il ne voit plus leurs deux enfants. La vie continue de s’écouler sans lui. Mais, fort heureusement, pas sans Oscar, son ami de la première heure, son frère de cœur, « son abscisse et son ordonnée », celui à qui il peut tout dire, avec lequel il peut tout partager. Parce que si l’amour résiste souvent mal à l’épreuve du temps, l’amitié, la vraie, est indéfectible. Et cette épreuve qu’il traverse le lui démontre si besoin était. Alors, puisque tout semble sourire à Oscar, lequel se marie, va être papa grâce à une mère porteuse, ce dernier va emporter Paul dans le sillage de ses bonheurs et lui faire partager sa lumière. L’aider à renaître.

Avec une écriture très nerveuse, Xavier de Moulins nous livre un roman très émouvant et plein d’espoir, celui d’une reconstruction, celui d’une amitié plus forte que l’amour, plus forte que tout…

A lire!!!

Nos séparations, de David Foenkinos : savoureux!

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Nos séparations, de David Foenkinos

Éditions Folio, avril 2012

Il existe trois milliards de femmes, mais c’est encore et toujours Alice qui vient hanter la vie de Fritz. Alice, son premier amour, ses multiples désamours, sa montagne russe du bonheur, son long fleuve non tranquille. Alice, source de ses plus puissantes joies et de ses plus grandes souffrances. Alice, la femme qu’il aime envers et contre tout. Par delà les années.

Alors pourquoi passent-ils leur temps à se séparer? La palette de la rupture est riche en couleurs : différence de niveau social, interférence des parents et beaux-parents, IKEA, vie professionnelle, jalousie, deux polonais, une histoire de cravate et Schopenhauer bien sûr.

Certes, entre deux tentatives pour réussir son union avec Alice, Fritz vole vers d’autres femmes. Mais il les survole plus exactement. Car aucune, de Céline, Iris, ou Émilie ne sait lui donner des ailes comme cette dernière, lui faire à ce point tutoyer le ciel ou encore désirer rester dans le nid. Aucune ne lui inspire de réels sentiments. Des émotions fortes tout juste.

Alors, faut-il plusieurs échecs successifs pour réussir sa vie amoureuse, comme autant de répétitions avant la représentation finale? Le premier amour est-il une condamnation à perpétuité? Et peut-on cumuler réussite professionnelle et épanouissement affectif?

Avec Nos séparations, David Foenkinos aborde un sujet grave avec légèreté et pertinence. Avec beaucoup d’humour, de verve, une analyse très fine de la psychologie masculine comme féminine, il parvient à nous faire sourire de ce qui d’ordinaire accable. Un roman savoureux qui se déguste de la première à la dernière page!

P.62 : Il ne faut certainement pas vivre entouré de mots pour écrire. Pour écrire il faut s’échapper des phrases.

Le premier pas, Marie-Laure Bigand

 

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Le premier pas, Marie-Laure Bigand

Editions Laura Mare 2010

 

 

Irène, la quarantaine, divorcée, a la garde de sa fille Solenne. Depuis la dislocation de son couple, c’est la fuite en avant. Pas le choix. Avancer, ne pas penser, tenir. Pour elle, pour sa fille. Or Solenne va l’obliger à interrompre sa course. Entre la mère et l’adolescente, la communication se délite. Les joutes verbales font place à la complicité originelle. Les cris et la révolte à la tendresse et la compréhension.

Car Solenne lui reproche le départ de son père. Et les tentatives d’Irène pour restaurer le dialogue sont vaines. Rejetée de l’univers de sa fille de 15 ans, elle n’est plus reliée à elle que par le pont que constitue ce duel oratoire. Un bras de fer entre rancune et raison. Epuisant. Douloureux.

Une solution transitoire est alors trouvée : Solenne ira passer l’été chez son père et sa nouvelle compagne. La distance et le temps permettront à chacune de faire le point, de souffler. Et qui sait, de faire revenir Solenne sur son désir de vivre chez son père désormais.

Seule pour la première fois, Irène éprouve alors l’irrépressible besoin de renouer avec ses racines, celles du réconfort que lui procurait son ineffable amitié avec Patricia. Patricia, l’amie d’enfance, la complice, la confidente. Patricia, sa « fausse » jumelle. Son double.

Mais plus de vingt années se sont écoulées sans qu’elle n’ait de nouvelles de son amie. N’est-il pas illusoire de vouloir retisser des liens sur une trame mitée par un si long silence ? Son désir de reprendre un chemin commun là où le carrefour de leur existence les a séparées, sera-t-il partagé par Patricia ? Leur si riche vécu commun influera t-il sur le cours de leurs destinées ? Irène l’ignore. Ce dont elle est certaine, c’est qu’elle est prête à faire le premier pas.

Avec une plume alerte, un vocabulaire simple et limpide, des situations d’une vibrante authenticité, Marie-Laure Bigand nous entraîne le cœur battant sur les pas de ses personnages. Et nous lecteurs de marcher dans leurs empreintes, lesquelles se mêlent parfois aux nôtres tant ils nous sont proches. Tant ils nous ressemblent…

 

Un roman très touchant vers lequel vous pouvez faire le premier pas les yeux fermés ! 

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 17.90€

Nombre de pages : 326

ISBN : 978 2 918 047544