Citation du jour

Contrairement à certaines idées reçues, un romancier n’est pas un intellectuel. Sa pensée n’a rien d’abouti, d’affirmé, ses doutes le font avancer sur le magma informe de son imaginaire et de sa sensibilité. Son oeuvre se bâtit à l’instinct. Le flou et l’inachevé de sa réflexion sont le lieu où se construit son récit, le tohu-bohu où ses personnages prennent vie. Les idées claires donnent des romans insipides. L’auteur avance dans son roman, aveugle à la propre histoire qu’il raconte. Il capte le sens de son travail à la seconde où il écrit le mot fin. L’instant d’après le vertige le reprend, il ne reconnait plus les lieux qui semblaient avoir forgé son identité. Une fois imprimé, le livre est comme un oiseau mort.

Laurent Seksisk – Un fils obéissant (flammarion, 2018)

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Citation du jour

« Ce n’est pas rassurant de voir l’autre trop vite conquis, on se dit qu’il manque de discernement. Je n’aurais pas aimé plaire d’emblée à une femme, au point que dès le premier verre elle exprime trop avidement l’envie de me revoir, dans ces cas-là on a l’impression d’être piégé, on perçoit l’autre dans tout ce qu’il a d’envahissant. » Serge Joncour dans L’écrivain national (Flammarion)

Citation du jour

« Les autres, on les croise toujours de trop loin, c’est pourquoi les livres sont là. Les livres, c’est l’antidote à cette distance, au moins dans un livre on accède à ces personnages irrémédiablement marqués dans la vie, ces intangibles auxquels on n’aura jamais parlé, mais qui, pour peu de se plonger dans leur histoire, nous livrerons tout de leurs plus intimes ressorts, lire, c’est plonger au cœur d’inconnus dont on percevra la plus infime rumination de leur détresse. Lire, c’est voir le monde par mille regards, c’est toucher l’autre dans son essentiel secret, c’est la réponse providentielle à ce grand défaut que l’on a tous à n’être que soi. » Serge Joncour dans L’écrivain national (Flammarion)