Citation du jour

« Embarquer, c’est comme épouser le bateau le temps que tu vas bosser pour lui. T’as plus de vie, t’as plus rien à toi.(…). Je ne sais pas pourquoi je suis venu, il dit encore en hochant la tête, je ne sais pas ce qui fait que l’on veuille tant souffrir, pour rien au fond. Manquer de tout, de sommeil, de chaleur, d’amour aussi, il ajoute à mi-voix, jusqu’à n’en plus pouvoir, jusqu’à haïr le métier, et que malgré tout on en redemande, parce que le reste du monde vous semble fade, vous ennuie en devenir fou. Qu’on finit par ne plus pouvoir se passer de ça, de cette ivresse, de ce danger, de cette folie oui !  »

Catherine Poulain – Le grand marin (Éditions de l’Olivier)

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Le livre d’Aron, Jim Shepard (éditions de l’Olivier)

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Le livre d’Aron, Jim Shepard

Editions de l’Olivier, février 2016

Traduit de l’anglais par Madeleine Nasalik.

Rentrée littéraire 2016

 

« C’est une histoire très douloureuse qu’aborde Jim Shepard. Mais il l’évoque avec une finesse et une voix telles, que Le livre d’Aron se range dans la lignée des chefs-d’œuvre essentiels sur l’Holocauste.» John Irwing

Aron est un jeune garçon intrépide de 8 ans. Aussi, quand ses parents emménagent dans un nouveau quartier réservé aux juifs, il envisage cela comme une chouette aventure. Un nouvel espace de jeux à explorer. De nouveaux amis à se faire.

Mais la réalité se révèle peu à peu tout autre. Le ghetto est bouclé en novembre 1940, concentrant en son sein 40 % de la population de Varsovie, dans des conditions insalubres et inhumaines. Entassées dans des logements sans aucun confort, très mal voire non approvisionnées en nourriture et en charbon, la famille d’Aron et les autres familles, doivent combattre le froid et la faim. La maladie aussi, terrible, car les épidémies de typhus et de tuberculose font rage.

Dès lors, le débrouillard et courageux Aron va se lier d’amitié avec d’autres enfants du ghetto et tenter de faire de petits trafics. Survivre de petits larcins. Mentir et voler, seules alternatives pour ne pas mourir. Quelques légumes et un peu de charbon chapardés ici et là, seront autant de trésors qu’il ramène à sa famille. Au péril de sa vie.

Tandis que les rafles se succèdent et n’épargnent pas les siens, Aron est pris sous l’aile protectrice de Janusz Korczak, lequel dirige un orphelinat au cœur du ghetto. Un homme entièrement dévoué à la cause des enfants qu’il protège. Un homme qui va lui ouvrir ses portes, mais aussi son cœur…

Un livre bouleversant, dans lequel l’auteur s’attache à la fidélité des faits historiques. Un roman qui souligne avec une infinie justesse combien les hommes peuvent être capables du meilleur, comme du pire.

 

Informations pratiques :

Nombre de pages : 238

Prix éditeur : 21€

ISBN : 978 2 8236 0539 6

 

Pour la peau, Emmanuelle Richard (éd. de l’Olivier)

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Pour la peau, Emmanuelle Richard

Éditions de l’Olivier, janvier 2016

Ce roman a reçu le Prix Anaïs Nin 2016

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Pour la peau ou l’histoire d’une passion violente, totale, obsédante.

Après sa séparation d’avec S., Emma se cherche un nouveau logement. C’est à cette occasion qu’elle croisera E., agent immobilier. Un homme sur lequel son regard ne se serait jamais arrêté sinon, tant avec ses traits marqués, son air dégingandé, ses années en trop, elle ne le trouve pas attirant, limite repoussant.

Et pourtant. Malgré cette première impression négative, confortée lors de leur deuxième rencontre, Emma sent peu à peu naître en elle une irrésistible attirance. Un désir, une envie. Plus : un besoin. Impérieux, dévorant, obsédant.

« Comment passe-t-on de l’indifférence au mépris à la curiosité, puis au désir, et enfin au sentiment amoureux ? (…) A quel moment a surgi le désir fou d’appartenir à cet homme à n’importe quel prix, comme jamais je n’avais désiré appartenir à quelqu’un, appartenir tout court, pour pouvoir me désintégrer et m’annuler à lui, oublier que j’existe, et simplement, essentiellement, veiller sur son corps, prendre soin de lui ?»

Avec une sensualité infinie, une justesse chirurgicale, Emma dissèque les tourments de son âme au scalpel de sa plume, les paradoxes de la passion amoureuse, quand le cœur et la raison font le grand écart, quand l’amour devient une drogue et E. son dealer exclusif. Ce moment vertigineux où tout bascule, où les sentiments gouvernent tout, où l’Autre devient le centre du monde, le monde lui-même, quand bien même, dans un recoin de la tête, Emma sache que cet amour n’est qu’un paradis artificiel, non pas un feu qui réchauffe et éclaire, mais un feu qui brûle, carbonise. Détruit.

Alors Emma écrit. Pour mettre cet amour à distance, pour le comprendre et se convaincre de ce qu’elle sait déjà : cette relation amoureuse est nocive et sans avenir. Un roman particulièrement brillant et une analyse psychologique d’une grande finesse, qui, à partir d’une passion particulière, soulignent l’universalité de la puissance et de la violence des sentiments, mais aussi du chagrin amoureux.

Un roman sensuel, intense, envoûtant. A lire!

Informations pratiques :

Nombre de pages : 160

Prix éditeur : 18€

ISBN : 978-2823607949

 

 

 

 

Emmanuelle Richard, lauréate du prix Anais Nin 2016

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La deuxième édition du prix Anaïs Nin, qui vise à promouvoir la littérature française à l’étranger, couronne Pour la peau, d’Emmanuelle Richard, paru aux éditions de l’Olivier.

Le prix Anaïs Nin 2016 a été décerné, lundi 25 janvier, à Emmanuelle Richard pour son roman Pour la peau, paru le 7 janvier aux éditions de L’Olivier. La lauréate, qui recevra son prix lundi soir lors d’une cérémonie organisée au restaurant Victoria 1836, à Paris, se voit ainsi offrir la traduction en anglais de son ouvrage. Elle a été choisie au 2e tour de scrutin par 7 voix contre 6 à Camille Laurens (Celle que vous croyez, Gallimard).

Pour la peau raconte l’histoire d’amour brève et passionnelle entre un certain E. et la narratrice, Emma, qui cherche à exorciser la douleur de leur rupture en écrivant. Il s’agit du deuxième roman d’Emmanuelle Richard, jeune romancière de 30 ans qui avait déjà été remarquée par la critique avec La légèreté, paru en 2014 aux éditions de L’Olivier.

Pour la peau est aussi parmi les cinq finalistes du Grand prix RTL-Lire 2016.

Créé en 2015 par Nelly Alard et Capucine Motte en hommage à Anaïs Nin, le prix Anaïs Nin « récompense une œuvre qui se distingue par une voix et une sensibilité singulières, l’originalité de son imaginaire et une audace face à l’ordre moral ». Il se veut orienté vers le monde anglo-saxon et est destiné à faire connaître le livre élu aux éditeurs anglais et américains.

Le jury 2016 se compose d’auteurs français et de plusieurs agents anglais et américains : Mohammed Aïssaoui, journaliste et écrivain, Nelly Alard, écrivaine, cofondatrice, Antonin Baudry, scénariste et écrivain, Pierre Bontemps, président et fondateur de la société Coriolis, Françoise Cloarec, écrivaine et psychanalyste, Virginie Despentes, écrivaine, présidente d’honneur, David Foenkinos, écrivain, Judith Housez-Aubry, auteure, Lucinda Karter, agent littéraire, Baptiste Liger, journaliste, Koukla MacLehose, agent littéraire, Capucine Motte, écrivaine, cofondatrice, Véronique Ovaldé, écrivaine, Georges Saier, président et fondateur de la société Very, Karine Tuil, écrivaine.

En 2015, c’est Virgine Despentes qui l’avait emporté avec Vernon Subutex, 1 (Grasset).

Le coeur régulier, Olivier Adam.

 

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Le coeur régulier, Olivier Adam

Editions de l’Olivier 2010

 

Atout coeur.

 

    Sarah et Nathan. Un frère et une soeur presque siamois tant ils étaient inséparables.

    Etaient…

    Car leur chemin a divergé à l’âge adulte. Sarah est entrée dans le moule du conformisme, avec un « mari parfait », deux beaux enfants, une jolie maison, un travail respectable. Une vie rangée qui dérangeait Nathan. A ses yeux, elle se fourvoyait. Le trahissait.

    Et leurs routes peu à peu de se séparer.

    Or aujourd’hui, nul possible retour. Nathan est décédé dans un accident de voiture. A moins qu’il ne s’agisse d’un suicide masqué… Alcoolique, autodestructeur, il dérivait depuis des années, arc-bouté à la rédaction d’un manuscrit dont il espérait la publication.

    La perte de son frère agit comme un électrochoc. Sarah se réveille brusquement et réalise avec désarroi combien elle a dévié de sa route. Une vie trop lisse. Trop « comme il faut ». Trop étrangère à elle-même. Elle se sent perdue, « le coeur en cavale », amputée de celui avec lequel elle partageait tant, en lequel elle se reconnaissait. « J’avais la certitude qu’il n’existait personne en ce monde d’à ce point proche, avec qui il me semblait à ce point me confondre ».

    A son tour, elle ne trouve plus sa place dans cet univers du paraître, des non-choix faciles, des compromis fuyants. Elle décide alors de laisser mari et enfants et de fuir au Japon, terre d’asile de son frère avant sa mort. Un pays où il semblait avoir fait la paix avec ses démons intérieurs, en symbiose avec la nature, « vibration égale à l’intérieur et à l’extérieur ». Presque apaisé. Elle marche sur ses traces, fréquente les mêmes personnes, dans l’espoir de se rapprocher de lui, de vivre les mêmes émotions. Dans l’espoir de se retrouver elle-même aussi…

    Dans cet univers propice à la sérénité, au recueillement, parviendra t-elle à reprendre pied ? Ou sera t-elle condamnée à une errance sans fin ?

    Son coeur affolé reprendra t-il un battement régulier ?

    Olivier Adam une fois encore, signe ici un magnifique roman. Poète des émotions, peintre de l’âme, il excelle à livrer avec pudeur et finesse des sentiments d’une ineffable force.

«  Personne n’a envie de mourir. Tout le monde veut vivre. Seulement, à certaines périodes de votre vie, ça devient juste impossible. »

 

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€

Nombre de pages : 232

ISBN : 978 2 87929 746 0

Dans la nuit brune, Agnès Desarthe

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Dans la nuit brune, Agnès Desarthe

Editions de l’Olivier, 2010

 

  Tandis que le petit ami de sa fille, Armand,  trouve la mort dans un accident de moto, Jérôme se trouve désemparé. Comment aider son enfant que la vie catapulte trop vite, trop brutalement, dans le monde adulte ?« A quoi lui servait-il à présent ? A quoi  servent les parents d’enfants devenus grands ? » Il sait qu’il doit agir, réagir. Or il se sent impuissant, prisonnier de cette forme de léthargie qui est sienne depuis toujours. Comme anesthésié.

Pourtant, cette vie qui stoppe net pour Armand, cette nuit qui l’engloutit à tout jamais, remet en question le mode de fonctionnement de Jérôme. Ce corps qu’on inhume devant lui exhume ses propres blessures. Lui qui jusqu’alors a survécu dans le déni, dans une perpétuelle fuite en avant, est arrêté dans sa course. Réveillé brutalement. Secoué. Et une évidence de se faire jour : la nuit brune qui entoure ses origines doit être à présent percée. L’enfant sauvage trouvé errant à l’âge de quatre ans dans les bois ne peut plus ramper. Il doit se relever. Faire face à son histoire. Comprendre.

Savoir d’où il vient pour envisager où il peut aller.

Il s’enfonce alors dans le dédale intérieur obscur de son passé. Un monologue interne aussi labyrinthique que les bois où, petit, il a rodé, avant d’être trouvé par un couple et adopté. Or Jérôme est épuisé par les combats qu’il lui a fallu mener enfant pour survivre et garder espoir dans la solitude angoissante de la forêt. Seul son corps a gardé la mémoire dont son esprit est dépourvu. Il éprouve ainsi régulièrement en secret le besoin irrépressible de fuir en pleine nature, faisant corps avec la terre, rampant sur les sentiers au milieu des feuillages humides et des racines, respirant les fragrances d’humus. Aujourd’hui, il est exténué. Alexandre, commissaire à la retraite, qui enquête sur la mort d’Armand, décide alors de lui offrir son aide, de remonter pour lui jusqu’à ses racines.

 

Avec limpidité, douceur, sobriété, dans un climat de tension permanent et envoûtant, Agnès Desarthe dissèque avec une finesse chirurgicale  l’âme de ses personnages et la nature de leurs relations au scalpel de sa plume. Le lecteur s’engouffre dans sa nuit brune, sur des sentiers initiatiques surprenants et multiples, avide de voir le jour se faire sur la vérité. Une vérité sombre, mais avec laquelle il faut apprendre à composer. Pour vivre dans la lumière du jour. Enfin.

 

Agnès Desarthe : Dans la nuit brune par Koryfee

Des vents contraires, Olivier Adam (éditions de l’Olivier)

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Des vents contraires, Olivier Adam

Éditions de l’Olivier 2009.


     Interrogation douloureuse de la fillette lovée contre son père : « 
Elle me manque trop maman. Pourquoi on ne va pas la rejoindre ? » Lui : « Parce qu’on ne sait pas où elle est. » Manon : «Oui mais si elle est morte. Si elle est morte on n’a qu’à mourir tous les trois comme ça on sera avec elle. » Avec elle… Elle, c’est Sarah, qui un an plus tôt a disparu en laissant son mari Paul, et ses enfants, Manon 4 ans et Clément 8 ans dans un état d’angoisse paroxystique. Accident ? Nouvel amour ? Besoin de prendre de la distance quelque temps ? Accès de folie ? Aucune piste. Aucun mobile. Contres vents et marées, Paul veut garder le cap sur l’espoir qu’elle revienne, éviter son propre naufrage et surtout celui de ses enfants auxquels il voue un amour fou.

 

      Seul face à ces questions sans réponse, Paul décide de retourner sur les terres bretonnes de son enfance, là où sont ses racines. Un nouvel horizon pour un nouveau départ. Ses tumultes intérieurs sont le reflet du climat et des paysages de cette région qu’il décrit dans un langage simple et très imagé : la lande sauvage comme son côté de gentil bourru, les tempêtes et sa rage alternant avec la douceur du soleil et son infinie tendresse, les falaises de granit résistant au fracassement des vagues à l’instar du roc qu’il se doit d’être vis-à-vis de ses enfants.


Et comme si survivre à cette femme et mère absente ne suffisait pas, son âme de Saint-Bernard le conduit à aussi offrir son soutien, avec plus ou moins de bonheur, aux éclopés de la vie qu’il croise sur sa route. Un ours au cœur tendre. Un homme déboussolé puisant dans l’énergie du désespoir et l’amour viscéral qui le lit à Manon et Clément, la force d’affronter les vents contraires.

      Un roman poignant, sensible, au ton extraordinairement juste.

 

            Ce roman a reçu le Grand Prix RTL-Lire 2009  

 

A l’abri de rien, de Olivier Adam (éditions de l’Olivier)

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A l’abri de rien , Olivier Adam

Editions de l’Olivier, août 2007.

 

« Comment ça a commencé ? Comme ça je suppose : moi, seule dans la cuisine, le nez collé à la fenêtre où il n’y a rien. » Ainsi commence le monologue de Marie, l’héroïne de ce brillant roman. Marie est une funambule de la vie, un être à fleur de peau tenant en équilibre précaire grâce à l’ombrelle que constituent son mari et ses deux jeunes enfants. Une vie déprimante dans un quartier pavillonnaire comme il en existe tant, où il ne se passe rien. Jusqu’au jour où, ayant crevé en chemin, un réfugié  kosovar vient à son secours. Choc de la rencontre. Confrontée à une souffrance sans aucune commune mesure avec la sienne, elle réalise qu’à deux pas de chez elle, ils sont des centaines comme lui dont nul ne se soucie du sort, perclus de faim, de froid, traqués, errant dans l’espoir de pouvoir rejoindre clandestinement l’Angleterre. Des êtres dans le dénuement le plus total auxquels jusqu’alors, elle n’avait pas prêté attention. La vie de Marie bascule. Cette prise de conscience violente rompt son fragile équilibre et la conduit à abandonner mari et enfants pour épouser la cause de ces réfugiés, laquelle donne enfin du sens à sa vie. Et de leur offrir de son temps, de son argent, de son soutien, de s’engager totalement…au risque de se laisser dépasser… et de se perdre.

La violence que la société inflige aux plus faibles, en l’occurrence ici les réfugiés de Sangatte, fait de ce livre un récit très engagé, montrant la volonté de l’auteur de prêter parole aux sans-voix, de dénoncer l’aberration qu’il y a pour ces clandestins et sans-abri à se retrouver « coincés dans cette ville parce qu’on les empêche d’aller ailleurs, traqués et harcelés avec une violence injustifiable parce qu’ils y restent »… Cette inhumanité qui frappe les plus démunis est l’affaire de chacun nous rappelle t-il. Ou comment faire l’expérience du don et de la compassion.

Olivier Adam n’a pas son pareil pour explorer les failles des êtres, opérer avec une justesse chirurgicale à la mise à nu des sentiments, des émotions. Avec un style parfaitement maîtrisé, fluide, rythmé, tendu, il nous happe et nous catapulte au cœur du récit dès la première phrase. Un roman dense, imagé, qui se lit au rythme d’une course, le cœur serré.

Je vous le conseille ardemment.  Un uppercut en plein coeur.

 

 

Ce roman présélectionné pour plusieurs prix dont le Goncourt, vient de se voir décerner le prix du « Premier Prix », récemment créé pour récompenser en avant-première un roman de la rentrée.

Bibliographie  :

Des vents contraires, Editions de l’Olivier 2009
A l’abri de rien, Editions de l’Olivier 2007
Falaises, Editions de l’Olivier 2005
Passer l’hiver, Editions de l’Olivier 2004
Je vais bien, ne t’en fais pas, Editions Pocket 2001

Informations pratiques :

Prix éditeur : 18€
Nombre de pages : 219
ISBN : 9782879295848