Comprenne qui voudra, Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard

Comprenne qui voudra

Il a 16 ans. Elle est sa professeure de lettres. L’histoire vraie d’une passion hors la loi en 1969.

Professeure-élève : un amour interdit

Divorcée et mère de deux enfants, Gabrielle a été reçue brillamment à 30 ans à l’agrégation de lettres modernes. En septembre 1967, elle fait sa première rentrée en tant qu’enseignante dans un lycée nord de Marseille.

Une passionnée qui entend bien contaminer ses élèves avec le virus de la littérature. Et de fait, sa proximité avec ses élèves, son dynamisme, sa passion, font de ses cours des moments très attendus. Elle en est convaincue : seule la culture peut apporter des réponses aux questions que les adolescents n’oseraient pas poser autour de la table familiale. Un tremplin vers la vie. Quand mai 68 souffle son vent de révolte, Gabrielle et ses élèves défilent. Main dans la main avec Gabrielle, Christian, un l’élève de 16 ans. Tous deux sont tombés amoureux, sous les regards attendris des autres élèves attendris.

Mais ses collègues ne voient pas cette relation d’n très bon œil. Et les parents du jeune garçon encore moins. Tandis que les tentatives pour séparer les deux amants échouent, la famille de Christian décide de poursuivre Gabrielle en justice. Les valeurs défendues en mai 68 ne sont-elles restées qu’utopie ? Est-on libre d’aimer qui on veut ? Entre les bien-pensants et leur morale d’un côté, les défenseurs d’un amour libre de l’autre côté, le fossé se creuse.

Amour et morale

Je connaissais cette affaire qui a défrayé la chronique en 1969 et a fait l’objet d’une série dans le Journal Le Monde en 2020. Mais avec ce livre, Comprenne qui pourra, c’est une dimension supplémentaire qu’a pris cet amour interdit : sans voyeurisme malsain, sans sensationnalisme, les Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard ont su rendre toute sa passion à cette histoire. Passion réciproque entre deux êtres. Passion de la foule qui se déchire au sujet de cet amour hors-normes. Passion des médias qui font leurs choux gras de cette affaire. J’ai été bouleversée par cette histoire, rendue encore plus réelle par les nombreuses photos et les extraits de lettres de Gabrielle Russier.

Une femme amoureuse dont le tort a été de croire que mai 68 marquait l’avènement d’un monde où l’amour deviendrait libre. Où il serait interdit d’interdire. Une croyance qui lui aura couté non seulement sa liberté mais sa vie…

Un magnifique livre.

Informations pratiques

Comprenne qui voudra, Pascale Robert-Diard et Joseph Beauregard – éditions de l’Iconoclaste, février 2021 – 19€

Abécédaire de la sagesse, Christophe André, Alexandre Jollien, Matthieu Ricard

abécédaire de la sagesse
Copyright photo Karine Fléjo

Quand un psychiatre, un philosophe et un moine mêlent leurs expériences, leurs connaissances et leurs réflexions dans un abécédaire inspirant. Un livre dans lequel puiser de la sérénité en tout temps.

150 clés pour gagner en sagesse et en sérénité

Vous avez le sentiment d’avoir perdu vos repères en ces temps de crise ? De ne plus parvenir à retrouver la sérénité? Vous vous posez beaucoup de questions, trop de questions, sans trouver de réponse? Ou vous avez tout simplement envie de vous poser, de nourrir votre esprit ? Alors plongez dans cet ouvrage, véritable océan de sagesse et de sérénité en ce monde de tempêtes.

Ce sont ainsi 150 notions qui sont égrenées par ordre alphabétique au fil des pages et déclinées sur de nombreux thèmes. Accepter, attendre, anxiété, choix, ego, estime de soi, maladie, nature, solidarité, vulnérabilité et tant d’autres concepts sont expliqués en quelques lignes claires et accessibles à chacun. Pour chaque terme, un des auteurs (Matthieu Ricard ou Alexandre Jollien, ou Christophe André) apporte la richesse de son expérience, de ses réflexions. Et pas seulement. Ils dispensent tous les trois des conseils pour mettre de la joie dans l’effort, pour accroitre notre discernement ou pour cultiver les liens par exemple. Autrement dit, ils nous invitent à la fois à la réflexion et à l’action. Un véritable guide pratique de la sagesse!

Un ouvrage passionnant

Quand un psychiatre, un moine bouddhiste et un philosophe, tous trois amis, partagent avec nous leur vision du monde, c’est un moment hors du temps, une bulle de sagesse qui nous sont offerts. Lire L’abécédaire de la sagesse de Christophe André, Alexandre Jollien et Matthieu Ricard, c’est ainsi trouver des clés pour déverrouiller les blocages en nous, pour nous ouvrir à la sagesse, aux autres, à la vie. C’est revenir à l’essentiel. Or en ces temps de confinement, d’épidémie, de bouleversements, nous aspirons plus que jamais à nous débarrasser du superficiel pour nous recentrer sur nos valeurs profondes.

Vous pouvez lire ce livre linéairement, ou picorer au gré de vos envies dans les notions qui suscitent le plus votre curiosité. Vous pouvez le lire d’une traite, ou lui réserver de petits moments choisis.

« Nous croyons au pouvoir réconfortant de la sagesse. Elle a la capacité de nous aider à moins souffrir et à moins faire souffrir. »

Si vous avez envie de lâcher prise, de finir l’année en douceur, alors offrez-vous ce livre! Et offrez-le autour de vous. ❤

Informations pratiques

Abécédaire de la sagesse, Christophe André, Alexandre Jollien, Matthieu Ricard – éditions L’iconoclaste, Novembre 2020 – 340 pages – 19,90€

N’hésitez pas à faire un tour sur le site des merveilleuses éditions de L’iconoclaste : https://www.editions-iconoclaste.fr/

Honoré et moi, Titiou Lecoq (Ed. L’iconoclaste)

Honoré et moi, Titiou Lecoq

©Karine Fléjo photographie

Vous pensiez tout savoir sur Balzac ? Vous l’avez pris en grippe lors de vos années au lycée ? Les biographies académiques vous ennuient ? Alors ce livre est fait pour vous ! Balzac, comme vous ne l’avez jamais vu, jamais lu, sous la plume jubilatoire de Titiou Lecoq.

Redécouvrir Honoré de Balzac côté intime

Honoré de Balzac est connu pour les œuvres merveilleuses qu’il nous a laissées (Le père Goriot, Eugénie Grandet, La comédie humaine, Les chouans …), mais aussi pour sa puissance de travail peu commune, publiant en moyenne trois romans par an. Mais ce que l’on sait moins, et que nous apprend Titiou Lecoq, ce sont les nombreuses entreprises dans lesquelles il s’est lancé (roman feuilleton, instauration du droit d’auteur, imprimerie, exploitation de mines d’argent en Sardaigne, architecture de sa maison…). Des entreprises hasardeuses qui se solderont par des échecs cuisants sur le plan financier. Or, et c’est là un des traits de caractère de Balzac, un échec ne débouche pas sur la résignation et l’abandon. Au contraire, mu d’une inébranlable confiance en lui, il voit chaque échec comme un tremplin…vers une autre tentative, un autre investissement, une autre dépense. Y compris s’il n’a pas le moindre sou devant lui, voire une montagne de dettes. Celui qui aspira toute sa vie à être aimé, connu et riche, aura été en permanence endetté et poursuivi par les huissiers. Car s’il est une chose que Balzac ne supporte pas, c’est la frustration due au manque d’argent, l’envie suscitée par la vie des riches. Alors il vit comme s’il était riche, achète des tenues onéreuses, dépense des fortunes en décoration intérieure, emprunte à tout le monde, à tout va. Être raisonnable n’est pas son credo. Attendre non plus.

« Honoré a refusé de prendre le réel au sérieux, et que ses désirs soient étouffés par ses engagements, les dates butoirs, les responsabilités, tout ce qui le limitait. Il a décidé que le réel devait se plier à ses désirs. »

Une biographie savoureuse, vivante et passionnante

Je freine souvent des deux pieds quand il s’agit de lire des biographies. Vous aussi ? Et pourtant, je ne saurais que trop vous conseiller de courir l’acheter. Car craindre de tomber sur une biographie académique ennuyeuse, c’est méconnaître le talent de Titiou Lecoq, qui nous livre ici l’histoire de Balzac sous un angle novateur, dans un style envolé, drôle, indiciblement vivant. Et passionnant.

« Parce qu’il s’est planté et qu’il s’est retrouvé fauché, ruiné, endetté, parce qu’il a couru après la thune pendant le reste de sa vie, parce qu’il avait des loyers de retard, parce qu’il était fatigué de tout ça mais finissait toujours par craquer et s’acheter le beau manteau qui lui faisait envie bien qu’il n’avait pas les moyens de se le payer, parce qu’il refusait que les autres aient une vie matérielle facile et pas lui, Balzac est notre frère. »

Le ton est donné. Balzac, outre son talent littéraire, se révèle être un homme indiciblement attachant. Un looser terriblement sympathique, contre-exemple parfait des businessmen plébiscités par notre société actuelle. Si Balzac courait après la réussite matérielle, il ne rattrapait que les échecs financiers. Mais ne se décourageait pas pour autant ! La prochaine fois serait forcément la bonne. Du moins en était-il convaincu. Et quand la réalité le détrompait, il se disait que ce serait obligatoirement la fois suivante. Un optimiste délicieux. Un génie  que l’on a parfois considéré comme un dieu mais qui est en réalité un humain, et donc un être faillible.

Non seulement, j’ai découvert Balzac sous un angle que je ne connaissais pas, mais Titiou Lecoq en parle avec tant de passion, de passion communicative devrais-je ajouter, qu’elle m’a donné la furieuse envie de me replonger dans les œuvres du grand homme.

Allez, filez en librairie l’acheter ! Je suis sûre que vous m’en remercierez 😉