Le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby

©Karine Fléjo photographie

Après L’habit ne fait pas le moineau, Zoé Brisby nous revient avec Le syndrome de l’hippocampe, un roman d’une grande modernité, sur les différentes formes que peut prendre la maternité. En l’occurrence ici, sur la possibilité de concevoir un enfant seule, avec un père choisi sur catalogue. Un roman rafraichissant et plein de verve.

Faire un enfant seule

« Trente-cinq ans, c’est le précipice de la maternité. Soit on y saute à pieds joints, soit on reste sur le bord à vie ».

C’est le constat que Brune fit ce jour-là. Jusqu’ici, la question de l’enfant ne s’était pas vraiment posée. Vivant dans l’instant présent, elle considérait avoir tout le temps devant elle pour y songer. Mais son horloge biologique a dangereusement tourné et désormais son temps est compté. Aujourd’hui, son choix est clair : elle veut un enfant. Problème : depuis sa rupture, elle n’a pas d’homme sous la main.

Alors, renoncer ?

Brune se souvient avoir lu un article sur une clinique de fertilité au Danemark : tout un éventail de critères personnels permet de sélectionner le donneur de sperme sur catalogue. Pourquoi ne pas saisir cette chance ?

Et de partager son désir avec sa meilleure amie, son indéfectible soutien, sa sœur de cœur : la passionnée et fantasque Justine, ardente défenseuse de la cause végane et de la protection de la planète.

Justine décide alors d’organiser un voyage surprise au Danemark avec Brune, pour apprendre à mieux connaître le pays du futur géniteur mais aussi pour visiter ladite clinique de fertilité. Cette banque de sperme remplira-t-elle toutes les attentes de Brune ? Décidera-t-elle d’aller jusqu’au bout de sa démarche ? Et si ce voyage leur réservait bien d’autres surprises ?

Choisir son enfant sur catalogue

Dans le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby traite d’un sujet très moderne : le choix dont disposent désormais les femmes pour devenir mères. Couple hétérosexuel, PMA, adoption, banque de sperme, mères porteuses, plusieurs configurations sont possibles. Dans le cas de Brune ici, l’auteure évoque une clinique de fertilité qui existe réellement au Danemark. Il s’agit de la plus grande banque de sperme au monde, Cryobébé, qui propose un catalogue de géniteurs référencés sous plusieurs critères : poids, taille, profession, hobbies, couleur des cheveux et des yeux, groupe sanguin, statut marital. Si cette pratique est interdite en France, nombre de françaises y ont recours en se rendant au Danemark.

En effet, en raison du syndrome de l’hippocampe, à savoir de la recherche (forcément vaine)  du père parfait, nombre de jeunes femmes laissent passer les années et écartent de potentiels prétendants tant elles sont en quête d’un idéal. Vient alors le moment où la fertilité baisse dangereusement et où l’urgence de mettre un enfant en route s’impose. C’est ce qui arrive à Brune.

Un roman pétillant, aux personnages attachants, avec des caractères bien campés, sur les femmes d’aujourd’hui.

Informations pratiques

Le syndrome de l’hippocampe, Zoé Brisby- Éditions Mazarine, juin 2020 – 375 pages – 18€

Toutes les histoires du monde, Baptiste Beaulieu (éditions Mazarine) : M-A-G-N-I-F-I-Q-U-E

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Toutes les histoires d’amour du monde, Baptiste Beaulieu

Editions Mazarine, octobre 2018

Un roman sur la force de l’amour, ces liens ô combien puissants entre les êtres, qui font fi des nationalités, de l’âge, du sexe, du temps et de l’espace. Et ne parlent qu’un seul et même langage : celui du cœur.

Quand le grand-père de l’auteur décède, cet homme taiseux, mélancolique, un casque diffusant de la musique classique constamment vissé sur la tête, sa famille trouve de mystérieux cahiers noircis de ses mains. Plus exactement, des lettres d’amour confiées chaque 3 avril de l’année, depuis plus de 40 ans, à ces cahiers. Leur mystérieuse destinataire, une certaine Anne-Lise, est inconnue de la famille. Une seule certitude : cette femme n’était pas son épouse.

L’auteur et son père sont sidérés. Comment cet homme, si peu enclin à dévoiler ses émotions, si avare en démonstrations d’affection, y compris avec ses propres fils et petit-fils, a-t-il pu écrire de si vibrantes lettres, faire montre d’une sensibilité si grande, d’un amour si puissant ? Sa dureté n’était donc qu’une carapace ? Mais pour le protéger de quoi, pour le protéger de qui ?

Dans ces lettres qui retracent le parcours de ce grand-père Moïse, de sa naissance à sa mort, ses joies, ses peines, ses blessures, son amour fou, la famille découvre un autre homme. Plus exactement, elle réalise que ce taiseux, cet homme simple et humble, qui se servait de la musique comme d’une bulle isolante et protectrice, était tout sauf un être indifférent, sans cœur. C’était en réalité un être brisé par un chagrin d’amour.

Un cœur brisé, une relation filiale avortée, qui renvoient l’auteur à sa relation avec son père ces six derniers mois. Ce dernier n’a pas accepté son coming-out, n’a pas digéré que son fils aime un homme. Alors l’auteur a pris ses distances, tout comme son grand-père avait dû lui-même en prendre avec son enfant. Tandis qu’il s’emploie à percer le mystère de son aïeul, à suturer la relation avortée entre ce grand-père et la mystérieuse Anne-Lise au fil de ses mots, à l’espoir que ses recherches aboutissent pour la retrouver, il espère aussi et surtout, qu’il suturera les plaies ouvertes de sa relation avec son propre père.

Amour conjugal, amour filial, amour de soi, l’amour est ici merveilleusement décliné à tous les « t’aime ». Baptiste Beaulieu est en effet un merveilleux architecte de l’amour. Avec sa plume d’une vibrante sensibilité, d’une profonde humanité, il érige des ponts entre les êtres, renforce les édifices fragilisés par les aléas de la vie, redonne de l’impulsion aux cœurs affaiblis, pour leur permettre de battre à nouveau. Plus fort. Plus loin.

Un roman intime qui touche à l’universel de l’amour.

Un bijou de sensibilité dans un écrin de talent.

 

 

 

 

Interview : La playlist de Gavin’s Clemente-Ruiz

Chaque semaine, un auteur nous livre les musiques de sa playlist, celles qui ont accompagné ses heures d’écriture, celles qui ont nourri son livre, celles qui l’ont inspiré, celles qui ensoleillent sa journée. Aujourd’hui, c’est au tour de Gavin’s Clemente-Ruiz.

En mai dernier, je vous avais parlé de mon coup de coeur pour ce roman plein de vie : Le club des feignasses, de Gavin’s Clemente-Ruiz, paru aux éditions Mazarine. Ce roman est une ode à la vie, à l’urgence de vivre pleinement l’instant présent. N’attendez pas que la maladie vous rattrape, qu’une catastrophe vous frappe, pour mesurer à quel point la vie et les gens que vous aimez sont précieux : savourez ces bonheurs dès à présent ! C’est là le message de ce merveilleux livre.

Retrouvez la chronique que je lui avais consacrée ici : Le club des feignasses

La playlist de Gavin’s Clemente-Ruiz : 

  • La musique qui vous accompagne au quotidien : 

J’écoute en boucle – vraiment ! c’est un toc – Carey de Joni Mitchell. Pas très récent, mais je trouve qu’elle est entraînante, elle donne envie de danser, d’aller sur la plage et de boire du rosé ! Bon, sinon mon fils a calé Joga O Bum Bum Tam Tam un jour sur Deezer, et j’avoue que, bon, parfois… ☺

  • La musique qui pourrait illustrer votre dernier roman :

J’ai oublié de vivre de Johnny Halliday. Immanquablement ! Je ne la connaissais pas avant de commencer l’écriture. Elle est moins connue que les autres, mais quelles paroles ! Et Tes tendres années, de Sylvie Vartan, la version live de 1993 au Parc des Princes. J’en ai encore des frissons. Pendant l’écriture, mon meilleur ami m’a fait écouter Jean Yanne aussi, Si tu t’en irais. Le décalage voix/sensibilité est terrible.

  
  • La musique qui accompagne vos heures d’écriture : 

La musique idéale pour écrire : du classique. J’aime bien quand ça m’envahit les sens. La Messe du Requiem de Verdi par exemple. Autre registre : L’invitation au château de Francis Poulenc ou Le Printemps, sonate n°5 de Beethoven. Mais aussi tout Radiohead, et surtout I Promise. Ça m’emporte. Je me laisse porter.

 
… La semaine prochaine, nous avons rendez-vous avec la playlist de Mélanie Taquet ! D’ici là, bonne semaine en musique!
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Le club des feignasses, de Gavin’s Clemente-Ruiz : attention, coup de coeur!

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Le club des feignasses, de Gavin’s Clemente-Ruiz

Editions Mazarine, avril 2018

Ce roman est une ode à la vie, à l’urgence de vivre pleinement l’instant présent. N’attendez pas que la maladie vous rattrape, qu’une catastrophe vous frappe, pour mesurer à quel point la vie et les gens que vous aimez sont précieux : savourez ces bonheurs dès à présent ! C’est là le message de ce merveilleux livre.

Pourquoi le lire?

  • Car ce n’est pas un livre anxiogène sur la maladie mais une invitation à célébrer la vie
  • Car il n’est jamais trop tard pour faire du reste de sa vie la plus belle route qui soit
  • Car ce livre est résolument positif, humain.

On ne le dit jamais assez : le bonheur est un état d’esprit, pas une question de chance ou de malchance. Face à une mauvaise nouvelle, quelle qu’elle soit (maladie, travail, couple, enfants…) nous avons le choix, oui, de choisir le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. Le choix de ressasser notre malheur dans un fauteuil de lamentations, de crier à l’injustice, ou de décider de vivre du mieux possible avec cette nouvelle donne.

C’est ce qui arrive à Béa le roc, Alice la puéricultrice réservée, Elisabeth la bourgeoise, et Sam le fils rejeté, quand ils apprennent être atteints du cancer. Avec Greg, le fiancé de Sam, tous les cinq auraient pu se laisser sombrer, maudire le sort. Or ils vont décider de rendre le chemin qu’il leur reste à parcourir le plus lumineux, heureux et chaleureux possible.

Leur première séance de chimiothérapie est retardée ? Qu’à cela ne tienne, c’est là une opportunité pour notre club des 5 rebaptisé le Club des feignasses, de tirer profit de ce sursis pour aller en thalassothérapie à Saint-Malo. L’occasion pour chacun de faire le point sur sa vie, sur ses choix, de refixer ses priorités. Et de tenter de retrouver son premier amour. Et de mettre fin à une relation toxique. Et de renouer avec ses parents. Chacun va à l’essentiel. A son essentiel.

Ce roman de Gavin’s Clemente Ruiz est une pépite d’émotions fortes, d’optimisme, d’humanité, de tendresse. Bien davantage qu’un livre sur la maladie, c’est un hymne à la vie, à l’amour. Après avoir lu ce livre, vous éprouverez le besoin furieux de dire et de montrer aux êtres que vous aimez combien ils comptent pour vous, de vous dépouiller du superflu, de savourer chaque minute de la vie. Car la vie est un cadeau précieux, ne l’oublions pas ! Ne le gâchons pas.

Un coup de cœur ❤ .

L’attrape-souci, Catherine Faye : énorme coup de coeur!

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L’attrape-souci, Catherine Faye

Editions Mazarine, janvier 2018

Rentrée littéraire

Un roman bouleversant, sur un jeune garçon en quête de mère, en plein Buenos Aires. Un livre dont les personnages vous hanteront longtemps. Enorme coup de cœur !

Lucien, petit parisien de 11 ans, est en voyage avec sa mère à Buenos Aires. Vacances ou nouveau départ, il n’a pas eu davantage d’explication de cette dernière. A leur arrivée, il l’accompagne dans une librairie et la laisse choisir son livre tandis qu’il s’absorbe dans la contemplation d’un attrape-souci – une petite poupée que l’on glisse sous son oreiller et qui vous déleste de vos problèmes pendant la nuit. Lorsqu’il se retourne, sa mère a disparu. Les soucis le rattrapent alors…

Après l’avoir attendue en vain, il décide partir à sa recherche dans cette ville immense qui lui est totalement étrangère. Et rapidement d’adopter l’identité de Lucio, par crainte d’être identifié par les autorités et ramené de force en France, où cet oncle qu’il déteste se chargera de son éducation. Au fil de ses déambulations dans les bidonvilles comme dans les beaux quartiers, il se lie à un cartonnier, aux enfants des rues, à des prostituées, apprend auprès de chacun, se construit, puise en chaque être et en chaque circonstance de quoi suffire à son bonheur. Ou presque. Puisque celui-ci ne sera complet que le jour où il aura retrouvé sa mère. Survient alors une rencontre, ô combien déterminante, en la personne d’Arrigo, un jardinier au grand cœur…

Retrouvera-t-il sa mère ou l’a-t-il au final perdue bien avant cet incident à la librairie ? A la perte de sa mère s’ajoutera-t-elle une autre perte, celle de ses illusions ? Qui est cette femme pour avoir pu ainsi « oublier » son fils ?

Avec une sensibilité à fleur de plume, une tension permanente, une extraordinaire justesse, Catherine Faye nous entraîne sur les pas d’un petit garçon indiciblement courageux et déterminé, au cœur d’une Argentine haute en parfums et en couleurs. Un être que l’on a irrésistiblement envie de prendre dans ses bras, d’aimer, de rassurer. Et que l’on n’oubliera pas de sitôt.

Un énorme coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Mon projet bonheur, Christine Michaud (Mazarine)

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Mon projet bonheur, Christine Michaud

Editions Mazarine, juin 2017

Préface de Frédéric Lenoir 

Un guide pratique et ludique, pensé à partir des découvertes récentes en psychologie positive. 

Voici venu le temps des vacances estivales. Vous disposez de davantage de temps pour vous, pour faire le point sur vos réalisations, vos besoins, vos désirs. Et si c’était le moment de porter une attention toute particulière à l’orientation que vous voulez donner à votre vie ?

Qui n’a pas en effet ressenti un jour ou l’autre l’envie de voir sa vie évoluer dans le domaine professionnel, amical ou conjugal ? Qui n’a pas désiré se réaliser pleinement ? Des souhaits qui ont besoin de vous pour se concrétiser. Car il n’est pas question de magie ici, mais d’être acteur de son existence. A l’image du ménage que vous faites régulièrement dans votre maison, il est nécessaire d’en faire dans votre vie. Pour mieux respirer, être plus en accord avec vos aspirations profondes. Et pouvoir éprouver de la gratitude envers ces bonheurs, petits et grands, du quotidien.

Christine Michaud, diplômée en psychologie positive, vous propose de réaliser votre projet bonheur sur la base d’un programme de douze semaines. Un programme pratique et ludique, nourri d’exemples, de témoignages éclairants, d’exercices, pour modifier et définitivement ancrer de nouvelles habitudes et pratiques dans un quotidien réenchanté.

Etabli à partir des découvertes récentes de la psychologie positive, ce livre vous enseigne comment cultiver la joie au jour le jour, changer votre regard sur nous-même et les autres, à travers des attitudes et des activités qui reboostent le moral. Car si le bonheur dépend de facteurs externes (une bonne santé, la chance,…) il dépend aussi et surtout de nous, du regard que nous portons sur l’existence, des choix que nous faisons. En un mot, de NOUS.

Alors, prêts pour le bonheur ?

 

La ballade de l’enfant gris, Baptiste Beaulieu (éditions Mazarine)

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La ballade de l’enfant gris, Baptiste Beaulieu

Editions Mazarine, septembre 2016

Inspiré par le choc ressenti lors de la disparition de l’un de ses jeunes patients, l’auteur, médecin de profession, livre une quête initiatique et poétique, semée de recoins obscurs qui s’illuminent. Un magnifique troisième roman, porté par des personnages profondément humains.

Jo se considère privilégié. Un travail passionnant d’interne en pédiatrie, une compagne aimante, dans la vie tout lui sourit. Jusqu’à ce qu’un patient de 7 ans, No, fasse irruption dans sa vie. Et bouleverse tout.

No est un gamin indiciblement attachant, solitaire, atteint d’une maladie incurable qui lui vaut ce teint d’ardoise. D’où son surnom : l’enfant gris. Ce qui frappe le personnel de l’hôpital dont Jo fait partie, ce sont les rares visites de la mère de l’enfant, Maria. Elle ne se rend qu’une fois par semaine au maximum à son chevet, tandis que ce dernier la réclame sans cesse et souffre de ses absences. Et de s’attirer l’opprobre des infirmiers et médecins. Pourquoi ces longues journées sans venir ? Est-elle donc une femme sans cœur ? A t-elle des raisons secrètes de s’absenter à l’autre bout du monde?

Pour adoucir ses longues périodes d’absence, Jo tente de distraire l’enfant avec la complicité des collègues du service.

Jusqu’au jour terrible où se produit la déchirure… Suite au drame qui lie à tout jamais le destin de l’enfant, de Maria et du soignant Jo, ce dernier se sent investi d’une mission : retrouver la mère de l’enfant et percer le mystère de ses origines. Pour cela il décide de tout quitter, de sillonner le monde à sa recherche. De « s’enfuir de sa vie ».

Un roman viscéralement humain, d’une infinie beauté, très bien construit. Un auteur qui conjugue magistralement profondeur et légèreté, onirisme et réalité, tendresse et dureté.