La Kar’Interview de Philippe Claudel pour L’Archipel du chien (Stock) : « Le roman nous met face à nos contradictions »

Le 14 mars, les éditions Stock ont publié le nouveau roman de Philippe Claudel : L’Archipel du chien. Suite de la rencontre avec l’auteur (1er volet publié hier).

Qu’apporte le roman de plus que la presse, les informations à la télévision ou à la radio ?

Le roman nous met face à nos contradictions, à nos contrariétés. Il est le caillou dans la chaussure, il est ce qui nous empêche de tourner en rond, il est celui qui nous met face à nos responsabilités. Ici ce livre nous demande : c’est quoi être un homme ? Que ferais-je dans cette situation si j’avais été sur cette île avec ces trois corps qui s’échouent ? Je serais allé à la police ? Je les aurais ignorés ? Planqués ? Ici les personnages sont des représentants du pouvoir politique (le maire), spirituel (le curé), scientifique (le médecin), judiciaire (le commissaire), culturel (l’instituteur). Toutes ces forces ne vont pas dans le même sens. Chacun a raison, mais a raison par rapport à sa logique.

Pourquoi ce lieu imaginaire, L’Archipel du chien ?

D’une part, pour la référence aux Canaries. L’archipel des Canaries d’un point de vue étymologique est en effet l’archipel du chien. Or c’est des Canaries qu’ont eu lieu les premiers drames migratoires, même si on en a moins parlé. Et puis, le chien c’est aussi cette annonce romaine, cette mise en garde au seuil des maisons romaines : « Cave canem » « attention au chien » autrement dit « Ne rentre pas chez moi sinon mon chien te mord ».

Ce livre est sombre. Etes-vous quelqu’un de pessimiste, Philippe Claudel?

On s’était dit après Auschwitz, plus jamais ça. Or ça s’est reproduit pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Bis repetita. Ce qui se passe en Syrie, regardez…Pendant la seconde guerre mondiale on trouvait comme excuse de dire qu’on ne savait pas ce qui se passait dans ces camps. Or là, en Syrie, on le sait ! Et on laisse gentiment crever des gens, on les laisse être gazés à l’arme chimique…Tout cela laisse peu d’espoir.

En même temps il y a beaucoup de recensions d’actes de générosité, d’actes d’humanité. On peut se gausser de Angela Merkel qui a ouvert la porte à 1 million de migrants, n’empêche elle l’a fait. Il y a un roman à faire sur cela, sur la générosité et peut-être qu’un jour j’y viendrai. Mais là je voulais provoquer un électrochoc chez le lecteur et dans le même temps renouer avec les codes du thriller. Et puis, même si ce livre est pessimiste, je ne suis pas désespéré comme peut l’être ici le commissaire. Je déteste l’attitude désespérée du commissaire, il se moque de tout, est dans une forme de cynisme désolé, même l’alcool ne le réchauffe pas. Alors que personnellement je trouve bien des occasions de me réjouir dans la vie.

Un dernier mot sur le rôle des livres?

La lecture ne nous enseigne pas tout, ne nous console pas de tout, ne nous transmet pas tout, mais elle nous permet de faire un petit pas en avant.

Retrouvez l’article que j’ai consacré à L’archipel du chien, paru aux Editions Stock en mars dernier en cliquant ici : L’archipel du chien

 

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La Kar’Interview de Philippe Claudel pour L’Archipel du chien (Stock) : « Les soubresauts du monde nous travaillent, nous atteignent et, si nous ne sommes pas assez généreux, peuvent faire exploser nos vies. »

Le 14 mars, les éditions Stock ont publié le nouveau roman de Philippe Claudel : L’Archipel du chien. Rencontre avec l’auteur, volet 1. Le 2ème volet sera publié demain.

Le livre : Une île, dans l’Archipel du chien. Une petite communauté d’hommes vit de la pêche, de la vigne, des oliviers et des câpriers, à l’écart des fracas du monde. Jusqu’au jour où trois cadavres s’échouent sur ses rives. Bousculés dans leur tranquillité, les habitants se trouvent alors face à des choix qui révèlent leur nature profonde, leur petitesse et leur égoïsme.

Ce roman se déroule sur l’Archipel du chien, lequel ne figure sur aucune carte ?

J’ai commencé ce livre il y a 4/5 ans et j’ai repris 3 ou 4 fois les 60 premières pages car j’avais du mal à trouver une géographie pour ce livre, où l’implanter. Peu à peu ce qui m’a plu, c’est de tirer un récit de type réaliste vers la fable, avec une géographie plutôt estompée comme j’avais pu le faire dans Le rapport de Brodeck ou dans Les âmes grises.

On trouve en effet des points communs avec Le rapport Brodeck et Les âmes grises

Oui, si mon travail est protéiforme, L’Archipel du chien est plus dans la lignée de ces deux livres. Pourquoi ? Car j’aime jouer avec les codes du roman policier. C’est encore quelque part un polar, haut en mystère, une ile qu’on suppose être en méditerranée et qui ne sera jamais nommée. Une île qui vit presque en autarcie, assez riche, avec ses vignobles. Un matin on découvre trois cadavres de jeunes hommes noirs échoués là. La question des habitants est : qu’est-ce qu’on en fait ? La tentation est de dire ou de cacher. La petite communauté va se déchirer, s’interroger et comprendre qu’on ne peut pas vivre en dehors de tout et qu’un jour ou l’autre le monde vous rattrape. Donc il y a cette problématique-là, mystérieuse et policière.

Il y a une galerie de personnages très riche

J’ai voulu des personnages pittoresques et attachants. La lande est elle aussi un personnage. Et dans le même temps il y a le renfort des mythes et légendes, des histoires. J’ai toujours été marqué par L’Iliade et l’Odyssée, par les mythes antiques, par L’enfer de Dante. On a une île métaphorique et parabolique ici de l’enfer que peut être le monde quand on s’en croit à l’écart ou protégé. Sans vouloir faire un roman sur l’actualité, c’est quand même aussi une parabole sur l’actualité, sur cette mare nostrum, sur cette mer commune qui est la nôtre, qui est devenue un grand cimetière marin.

Les personnages sont nommés d’après leur fonction (le maire, le commissaire, etc.), pourquoi ?

Ce n’est pas nouveau, cette tendance est déjà apparue dans L’enquête, Le rapport de Brodeck. Chaque roman qui s’écrit c’est aussi une tentative de réfléchir à ce que peut être un roman aujourd’hui. Ce qui m’intéresse c’est de jouer sur des formes classiques de romans, à priori et encore un peu balzaciens comme ça, mais d’en proposer autre chose, de les disséquer, de les malmener, de les triturer et, notamment par rapport aux personnages, de créer une forme pittoresque. Je me suis beaucoup amusé à les peindre, un peu comme un caricaturiste. Mais en même temps, les déréaliser pour qu’ils soient définis par des mots comme ça « le curé », « le maire », « la vieille », « le commissaire » et non des prénoms, un peu pour leur faire atteindre des archétypes universaux. Parce qu’on est aussi dans le domaine de la fable. On est dans le domaine du mythe. A la fois la géographie qui est assez mythique, avec un volcan central qui est une espèce de gros cœur rassurant, oppressant. Mais on est aussi dans quelque chose qui est de plain-pied dans la réalité : on a des êtres qui ont les soucis du quotidien, qui sont confrontés à ce que le monde nous déverse aujourd’hui et, encore une fois, alors qu’ils pensaient être à l’écart de tout et de tous, ce qui est notre cas. C’est une métaphore de l’Europe en général et de la France en particulier cet archipel du chien. Les soubresauts du monde nous travaillent, nous atteignent et, si nous ne sommes pas assez généreux, peuvent faire exploser nos vies.

C’est un livre qu’on peine à reposer une fois la lecture commencée

Ce qui m’a intéressé c’est de faire un livre qui accroche le lecteur. J’avais envie de raconter une histoire, j’avais envie de faire une sorte de page-turner, de profiter de certaines constructions policières, de récits à suspens, pour prendre le lecteur et ne pas le lâcher, lui raconter une vraie histoire romanesque et en même temps lui permettre de découvrir divers niveaux de sens.

Retrouvez ici la chronique que j’ai consacrée à ce roman : L’archipel du chien

Rentrée littéraire d’hiver : de belles lectures en stock chez Stock!

Rendez-vous pris ce matin au Musée Gustave Moreau dans le 9ème arrondissement. Au programme, non pas une découverte des oeuvres picturales du maître – même si au passage…, mais la présentation à la presse d’autres oeuvres : celles des livres de la rentrée d’hiver aux éditions Stock.

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Et ce sont les auteurs eux-mêmes qui ont évoqué leur livre, sa genèse, son sujet, sans trop en dévoiler, mais suffisamment pour nous donner envie de plonger tête la première dans ces océans d’encre et de papier.

Anne Plantagenet nous a présenté La quatrième dimension, de Nona Fernandez, dont elle est la traductrice. J.M.G. Le Clezio nous a parlé de Bitna, sous le ciel de Séoul, tandis que      Christophe Bigot nous a dévoilé Autoportrait à la guillotine. Avec une indicible émotion, Serge Toubiana nous a avoué combien son livre, Les bouées jaunes, hommage à sa défunte femme, lui tient à coeur. De son côté, Colombe Schneck évoquait avec passion et humour son père, sujet central de son roman Les guerres de mon père. Philippe Claudel quant à lui, a souhaité renouer avec la veine des âmes grises ou du rapport de Brodeck dans son nouveau roman L’Archipel du Chien. Puis ce furent Constance Debré pour Play Boy, Emmanuelle Lambert pour La désertion et enfin David Fauquemberg pour Bluff.

Des sujets, des sensibilités, des univers différents et riches, dans lesquels il me tarde de me plonger. Car bien évidemment, je suis rentrée avec un exemplaire de chaque livre! 😉

Rendez-vous très bientôt pour vous en reparler!

Pour plus d’informations, allez jeter un oeil sur le site des éditions Stock : Stock rentrée d’hiver c’est ici

 

Rentrée littéraire : Mon père, ma mère et Sheila, de Eric Romand (Stock)

Mon père, ma mère et Sheila, Eric Romand

Editions Stock, aout 2017

Rentrée littéraire

Un premier roman tout en sensibilité sur fond de nostalgie douce amère et d’humour salutaire.

L’auteur nous entraîne sur les pas de son enfance, à bord de la Renault 12 de son père, dans les années 70-80. Une famille modeste dans laquelle il essaye non sans difficulté de se faire une place, entre les disputes de ses parents, l’adultère de son père, la tristesse de sa mère. Il nous offre des instantanées de vie, et plus encore. Ce sont des images, des parfums, des musiques, des ambiances, distillés sous la forme de paragraphes aussi courts que percutants, de mots aussi acérés que les lames d’un rasoir.

Les phrases claquent comme des coups de fouets, témoignent des chagrins, des regrets, de la douleur du manque. Mais les cicatrices, bien que toujours présentes, sont atténuées par le baume lénifiant de l’humour. C’est l’époque des mange-disques, des minivélos, des sous-pulls en nylon, de Guy Lux et de Nounours, Pimprenelle et Nicolas. C’est un temps où l’homosexualité naissante de l’auteur n’est pas bien tolérée dans la société et encore moins chez ses parents. « Mon père m’appelait Riquette en singeant mes attitudes, le petit doigt en l’air. Chacune de ses imitations me paralysait de honte et m’obligeait à me maîtriser jusqu’à ce que ni mouvement de tête, ni geste de la main ne lui fournissent l’occasion de m’affubler de ce surnom. »

Heureusement, il y a le doux cocon qu’est l’épicerie de ses grands-parents.  Et il y a Sheila, ses combinaisons lamées, ses danses parfaitement chorégraphiées, son sourire lumineux, sa joie de vivre, pour permettre au petit garçon de s’évader. Il rêve de lui ressembler, s’envole sur les titres de ses chansons, l’imite devant le miroir avec pour micro le rasoir électrique du grand-père. Des parenthèses chantées et enchantées.

Avec ce premier roman, Eric Romand nous offre un texte court mais d’une intensité rare, d’une sensibilité à fleur de plume. Un album de famille composé d’images brutes, authentiques, saisissantes. Un livre marquant. Un auteur à suivre.

La femme nue, Elena Stancanelli (Stock)

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La femme nue, Elena Stancanelli

Traduction de l’italien par Dominique Vittoz

Editions Stock, mai 2017

 

Anna est en couple avec Davide depuis cinq ans. Et depuis quelques mois, la magie n’opère plus. Mais aucun n’envisage pour autant la séparation. Jusqu’au jour où un téléphone mal raccroché permet à Anna de surprendre les propos de son conjoint avec un collègue. Et de l’entendre, sonnée, évoquer ses maitresses, dont une certaine Chien. Anna qui jusqu’alors ne s’était jamais montrée méfiante ni jalouse, voit sa vie basculer. Désormais, elle n’a plus qu’une obsession : démasquer et humilier sa rivale, lui faire passer l’envie de lui voler Davide.

« Je voulais tout savoir sur Davide : ce qu’il écrivait, ce qu’il faisait, où il était, où il dormait, avec qui il couchait. » Elle pirate sa boîte mails, son compte Facebook, se crée un faux profil sur les réseaux sociaux, le piste grâce à la géolocalisation du téléphone, bien déterminée à tout apprendre sur Chien. Afin de mieux l’anéantir. Plus rien d’autre ne compte. Au point de se négliger, de ne plus s’alimenter ni se laver ou même dormir.

La femme nue raconte l’histoire d’une femme trahie, blessée dans son amour propre, qui peu à peu va verser dans la folie. Une femme dont l’obsession de vengeance devient à ce point dévorante qu’elle en perd tout contrôle sur sa vie. Un roman qui m’a embarquée au début, tant la tension est palpable, le rythme soutenu, les situations crédibles, mais qui m’a perdue en chemin. J’ai eu de la peine avec la redondance des scènes érotiques qui alourdissent et ralentissent le récit, le caractère glauque que prend l’histoire, l’esprit résolument dérangé de l’héroïne. Je vous laisse donc juge, après une lecture mitigée pour ma part.

Rencontre avec Philippe Claudel pour son roman Inhumaines (Stock, mars 2017 : « Inhumaines, c’est nous vus sous une loupe. »

Ce mois de mars, les éditions Stock publient le nouveau livre de Philippe Claudel : Inhumaines.Selon Philippe Claudel, nous sommes devenus des monstres. On pourrait s’en affliger. L’auteur préfère en rire.

Pouvez-vous présenter votre roman ?

Je ne suis pas cette fois dans une tonalité grave. Là, j’ai essayé d’observer ce que nous sommes devenus, ce que nous devenons, mais en y appliquant un œil plutôt comique, plutôt sarcastique, en essayant de me mettre à la place d’un persan de Montesquieu, qui arriverait aujourd’hui dans notre société et y poserait son regard. Mais en me souvenant aussi que j’étais un grand lecteur d’Hara-kiri, de Reiser et d’autres absurdes auteurs géniaux comme Rolland Topor, qui nous amènent vers la farce, vers le conte cruel, vers le monstre dans tous ses états. Car  depuis quelques années, quand je nous regarde, je m’aperçois que nous sommes des monstres.

Nous rendons-nous compte que nous devenons des monstres ?

Je ne sais pas. Il me semble que la littérature parfois est là pour nous déciller, nous ouvrir les yeux, nous raboter un peu le cerveau comme je le dis en exergue de mon livre.

Un livre grave donc ?

Non. La littérature est aussi là pour nous amuser. Ce livre est fait pour rire, je préfère donner le mode d’emploi dès à présent. Certes, certains passages sont atroces, mais c’est destiné à amuser.

La genèse de ce livre fut-elle longue ?

Cela fait 4/5 ans que je travaille à Inhumaines. Je travaille, retravaille, je veux le publier, ne veux plus le publier, etc. A un moment, mon éditeur et moi nous sommes dits qu’il était temps de le publier. Notamment au regard de ce que les hommes sont devenus.

Ce livre nous donne des nouvelles de nous. Le microscope est posé sur un narrateur avec ses collègues, qui travaillent en entreprise. Ils ont une femme, des loisirs, des préoccupations qui sont les nôtres. Je me suis simplement amusé à collecter tout ce qu’il y avait autour de moi et à pousser un tout petit peu le curseur vers l’atroce, vers l’absurde, vers le délirant, peut-être pour faire comprendre là où nous en sommes. Une espèce de cul-de-sac me semble-t-il. Je ne sais pas si on pourra revenir en arrière.

Inhumaines, c’est nous vus sous une loupe.

Inhumaines, Philippe Claudel. Editions Stock, mars 2017. 142 P. 16,50€

 

Le bureau des jardins et des étangs, Didier Decoin : d’une déchirante beauté

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Le bureau des jardins et des étangs, Didier Decoin

Editions Stock, janvier 2017

Rentrée littéraire

Un conte initiatique d’une déchirante beauté, sensuel, poétique, voluptueux, à l’époque du Japon médiéval. Coup de cœur immense pour cette sublime estampe.

C’est une immersion totale dans le Japon du XIIème siècle, à l’époque Heian, que nous offre Didier Decoin.

Miyuki, jeune femme frêle, « une maigre silhouette d’herbe folle », vivait un amour idyllique avec Katzuro, le pêcheur de carpes le plus habile du village de Shimae, fournisseur officiel du Bureau des Jardins et des Etangs de l’empereur. Mais ce dernier glisse sur le fond glaiseux de la rivière et meurt noyé. Tous pensent alors que sa veuve va s’effondrer. Or c’est mal connaître la réservée Miyuki. Dès l’instant de la nouvelle de son décès, elle qui n’a jamais passé les frontières de son village, décide de relever le défi de livrer les carpes à l’empereur à plusieurs jours de marche de là. Parce que l’argent de la vente de ces poissons sacrés permettra de faire vivre le village. Mais aussi et surtout, parce qu’ainsi elle entend rendre hommage à son défunt mari. Ces carpes qu’elle portera péniblement dans des vasques en osier remplies d’eau, au bout d’une palanche, sont les dernières que Katzuro a capturées. Un trésor ô combien symbolique.

Un voyage qu’elle entreprend seule. En apparence. Car sans cesse les souvenirs de Katzuro l’accompagnent, au point de le rendre indiciblement présent à ses côtés, de guider ses pas, de faire battre son cœur.

Une aventure épique, au cours de laquelle il lui faudra affronter les intempéries, les monstres marins, les brigands, se frotter à une tenancière de maison close aux dents vertes. Ou comment la candide Miyuki, mue par l’amour pour son défunt mari, découvre le monde et s’émancipe. C’est pour le lecteur l’occasion d’un voyage sublime au cœur d’un Japon où se mêlent un raffinement extrême, une infinie poésie et une divine exaltation des sens.

Un coup de coeur absolu!