Vidéo du jour : la passion de la lecture commence très tôt…

La réaction de ce bébé quand la lecture s’achève, prouve que peu importe l’âge, la fin d’un bon livre est toujours une tragédie aigre-douce

 

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Citation du jour

« Protéger un être, un enfant ou un homme, ce n’est jamais lui masquer les risques de l’existence…
Protéger quelqu’un, c’est d’abord lui apprendre à voir, lui montrer le danger en lui, autour de lui. C’est le rendre capable de l’affronter et de le vaincre. (85) »

 

Martin Gray – Le livre de la vie

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Citation du jour

« Ce que l’on donne à un enfant, il le rend un jour.
Et ce qu’on lui refuse, il le refuse.
Et le mal qu’on lui fait, il peut le faire.
Mais si l’on gonfle ses jeunes voiles au souffle de la force, du courage et de la droiture, alors il vogue et sait affronter la tempête. (83)

Éduquer un enfant, c’est s’offrir à lui en exemple. (84) »

 

Martin Gray – Le livre de la vie

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Citation du jour

« L’enfant n’a pas d’abord besoin d’objets. Il a faim des autres. Besoin de sentir à tout moment l’ombre protectrice, bienveillante, attentive, de ceux qui l’ont porté et voulu.
Donner à un enfant , c’est se donner soi. A tout moment. Alors il peut pousser droit, et ses racines seront profondes, fortes.

Les parents sont la semence de l’enfant et la terre dans laquelle il pousse. (79) »

 

Martin Gray – Le livre de la vie

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Glissez Philippe Routier dans votre poche!

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L’enfant du parc, de Philippe Routier

Editions J’ai lu, janvier 2016

6,70€

 

Philippe Routier marie avec maestria tension psychologique et suspense dramatique. À travers une histoire efficace aux multiples rebondissements, il évoque avec tendresse et humanité les difficultés de couple, les amours déçues, l’implacabilité du monde du travail, le désir et l’absence d’enfant.

Renan n’a pu se résoudre à accepter la demande de divorce de sa femme, Élisabeth. Alors, enferré dans le désespoir, il commet cet acte insensé d’enlever leur fils Thomas et de lui faire un monstrueux chantage. Pour qu’elle ait peur comme lui. Pour qu’elle ait mal comme lui. Pour la punir de sa décision. Mais le scénario tourne au drame…

Abandonné dans un parc, Thomas erre à la recherche de ses parents. Il ignore que tous deux ont perdu la vie tragiquement, juste quelques heures après que son père l’ait kidnappé puis laissé seul. Assis sur le rebord du bassin, recroquevillé sur lui-même, il pleure en silence. Une détresse que Juliette, 37 ans, en balade avec sa meilleure amie Marion, perçoit aussitôt. Impossible de rester insensible au chagrin du petit garçon. Un enfant qui eût pu être le sien, si seulement son désir viscéral d’être mère avait été assouvi… Si seulement elle n’avait pas perdu de temps avec son compagnon, reconnu stérile. Très vite, elle fait le lien avec ce fait divers dont les médias se font l’écho. Et alors que la raison voudrait qu’elle se rende au commissariat avec lui, elle bifurque à 180 degrés sous le regard sidéré de Marion. C’est décidé, elle le gardera avec elle. Coup de folie? Désir affiché de protéger l’enfant de la mort de ses parents, de lui éviter l’orphelinat? Comment durablement cacher à tous la présence d’un enfant recherché par la police?

La survenue de Franck dans l’existence de Juliette, mais aussi dans celle de tous ceux qui vont ensuite le croiser – amis, proches, parents, va changer profondément son (leur) destin, agir comme un puissant révélateur de ce qu’ils sont, de ce à quoi chacun aspire vraiment…

Avec L’enfant du parc, Philippe Routier nous offre un roman viscéralement humain. Le style fluide de sa plume, le rythme soutenu, l’intimité extraordinaire qu’il crée d’emblée avec les personnages, capturent le lecteur dès la première page pour ne le relâcher qu’à la toute fin, otage consentant et heureux des transports qu’il a connus. Car Philippe Routier est un merveilleux passeur d’émotions…. Et ne vous y trompez pas : ce n’est pas la tristesse, mais une infinie tendresse qui colore ces pages. Une tendresse mâtinée d’espoir. Car chacun va voir sa vie changer pour le meilleur, après avoir côtoyé le pire…

A lire absolument!

L’intérêt de l’enfant, Ian Mc Ewan : de la responsabilité de chacun

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L’intérêt de l’enfant, Ian Mc Ewan

Éditions Gallimard, octobre 2015

Si Fiona, juge aux affaires familiales, poursuit une remarquable ascension professionnelle, sa vie privée ne connaît pas la même réussite. Après 35 ans de mariage, son couple traverse une crise majeure. Jack, son mari, est las de ce « ménage à trois », où le travail de sa femme s’attire plus d’attentions que lui, où les dossiers des affaires à juger sont les seuls à être désormais caressés par son regard.

Et ce n’est pas le nouveau cas qu’on lui confie qui va arranger la situation du couple. C’est en effet une affaire particulièrement délicate, prenante et urgente dont est saisie Fiona : Adam, bientôt 18 ans, est hospitalisé pour une leucémie. Sa survie passe par une transfusion sanguine, transfusion à laquelle ses parents, témoins de Jéhovah, s’opposent formellement. A elle de déterminer quel est l’intérêt de l’enfant. Pour se faire une opinion, elle décide de se rendre à son chevet. Une rencontre qui va bouleverser et la juge et Adam. Et la juge d’être tiraillée entre son affection et la neutralité imposée par la déontologie, l’empathie face à la détresse humaine et la nécessaire distance imposée par son statut. Une juge qui devra non seulement assumer sa décision, mais aussi les conséquences inattendues qu’elle pourrait avoir…

Dans son nouveau roman, Ian Mc Ewan se glisse avec finesse et sensibilité dans la peau et dans la tête d’un juge, analyse avec brio les dilemmes auxquels il est confronté, la responsabilité, lourde, qui est sienne. Et plus largement, l’auteur interroge le lecteur sur les conséquences de nos décisions. Y compris lorsque nous pensons avoir fait le bon choix, avoir agi justement. Où et quand s’arrête notre responsabilité vis-à-vis de l’autre, des autres? Quelle latitude avons-nous réellement dans la conduite de notre vie ? Quel poids avons-nous sur la vie d’autrui ?

A lire !

Camille, mon envolée, de Sophie Daull (éditions Philippe Rey) : MAGNIFIQUE…

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Camille, mon envolée, de Sophie Daull

Éditions Philippe Rey, août 2015

Rentrée littéraire

Ce 19 décembre 2013 semblait un jour comme les autres. La pétillante Camille, seize ans, est de sortie avec ses amis du club de théâtre. Certes, elle a une légère fièvre, mais rien de nature à assombrir la soirée. Noël approche, les rues s’illuminent, les vitrines scintillent, les bras se chargent de cadeaux. L’heure est festive.

Mais le lendemain, la fièvre augmente. Des douleurs térébrantes dans tout le corps l’accompagnent. Sophie Daull, sa mère, s’inquiète. Médecin, Samu, service des urgences d’un grand hôpital parisien, personne ne prend les maux de Camille très au sérieux. Dans son cœur de mère pourtant, un doute, de plus en plus fort, de plus en plus obsédant : et s’il s’agissait de quelque chose de grave ? Car elle connaît sa fille, laquelle est tout sauf douillette. Car son cœur de maman sent le danger. Quand après quatre jours de fièvre très élevée et de douleurs inhumaines, quand après des dizaines d’appels passés au corps médical son inquiétude est enfin prise au sérieux, il est trop tard : Camille décédera au cours de son transport à l’hôpital.

Comment survivre à la perte d’un enfant ? Impensable, contre nature. Un enfant ne peut pas mourir avant ses parents ! Perdre un enfant c’est tout un avenir qui disparaît, c’est toute la composition de la famille qui change, c’est notre rôle de mère, de père, qui est remis en cause. Perdre un enfant c’est un choc émotionnel qui bouleverse la vie personnelle, conjugale, familiale, sociale et professionnelle. Perdre un enfant c’est voir voler en éclats tous ses repères, une partie du sens donné à l’existence. C’est être obsédé par des questions sans réponse…

Alors Sophie Daull décide de s’envoler sur les ailes de sa plume. Pour suturer ses plaies béantes au fil de ses mots. Pour donner vie à sa fille par la voix de son encre. « Je n’ai qu’une envie, c’est d’être avec papa et de continuer à écrire ce texte. D’être avec toi, donc. Écrire, c’est te prolonger. » P.76  Car il y a quelque chose de plus fort que la mort : la présence des absents dans les mots et les pensées des vivants.

Non, il ne s’agit pas d’un énième livre sur le deuil. Non, il ne s’agit pas d’un récit qui verse dans le pathos. Non il ne s’agit pas d’un linceul de mots. Ce livre est UNIQUE et MAGNIFIQUE. Un chant d’amour vibrant d’une mère à sa fille. Une partition poignante, aux envolées poétiques sublimes, ponctuée de notes d’humour comme autant de dièses à l’insondable douleur. Une écriture d’une déchirante beauté.

Il y a un avant et un après ce livre. Et une certitude : Camille va continuer à vivre, dans nos esprits, éternelle.