Citation du jour

On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort.

Gael Faye, Petit pays (Grasset)

9782246857334-001-x

 

Sur la route de ses rêves, Marie-Laure Bigand :coup de coeur!

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Sur la route de ses rêves, Marie-Laure Bigand

Éditions Il était un bouquin, 2016

Un roman choral d’une sensibilité à fleur de plume, viscéralement humain.

Cyril ne s’est jamais remis du décès de son premier amour, Laureen, une jeune femme rencontrée au lycée. Une blessure demeurée à vif dont il se s’est ouvert à personne et dont le souffle du souvenir ravive régulièrement la brûlure. Faute de mots à même d’apaiser ses maux, il est incapable de vivre une nouvelle relation. Et de fuir dès qu’une femme s’attache un peu trop à lui. Aimer est synonyme de souffrance, de peur, de risque.

Gabrielle est une jeune femme qui s’est construite sans la colonne vertébrale qu’est l’amour maternel. Entre une mère défaillante et absente, un père qui a refait sa vie, une place difficile à trouver au sein de la famille recomposée, elle a dû essentiellement compter sur elle-même pour se protéger et trouver une forme d’équilibre.

Jeanne est quant à elle une vieille femme d’une tendresse infinie dont la vie fut riche. Riche de l’amour qui l’unissait à Henri, son mari. Riche du bonheur que lui procurait son métier passionnant de chapelière. Un métier dévorant, chronophage, qui l’a conduite à être une mère insuffisamment présente auprès de sa fille adoptive. Ce que cette dernière n’aura de cesse de lui reprocher.Au crépuscule de sa vie, elle a encore de nombreux rêves, dont un lui tient particulièrement à cœur. Mais elle sait son temps compté…

Trois personnages attachants, trois êtres blessés, que rien ne prédestinait à se rencontrer, si ce n’est la découverte d’une mystérieuse valise, sous le plancher d’un immeuble en voie de démolition. Que contient ce bagage ? Qui l’a laissé dans cette cache ? Quel secret de famille renferme t-il ?

Marie-Laure Bigand nous offre un roman bouleversant, viscéralement humain, et crée dès les premières pages une telle intimité entre les personnages et le lecteur, qu’on vit cette histoire bien davantage qu’on ne la lit. Le lecteur s’engouffre dans le sillage de sa plume, vibre, tremble, sourit, espère, incapable de poser le roman tant qu’il n’est pas rassuré sur leur sort.

Un roman positif, qui redonne foi en l’être humain.

Un roman qui montre qu’il ne faut jamais renoncer à prendre la route de ses rêves.

Coup de cœur !

Citation du jour

 « Il ne faut jamais désespérer de soi-même et du monde. Les forces qui sont en nous sont des forces immenses qui peuvent nous soulever. Notre volonté a une puissance insoupçonnée, que nous pouvons, si nous voulons, toujours reconstruire.  »

 

Martin Gray – Ma vie en partage (Éditions de l’Aube)

978281590963113

Citation du jour

« La vie m’a appris que c’est en soi qu’il faut trouver les forces qui permettent de vivre et de construire son bonheur. Elle ma appris qu’il ne faut jamais désespérer. Que la vie est une force, qu’il faut la respecter, la protéger, la transmettre et que la vie en elle-même est une joie. C’est ça que je voudrais faire comprendre à chacun : vous êtes vivant! Il y a en vous toutes les possibilités du bonheur, car chacun de vous porte en soi les forces de la vie. »

 

Martin Gray – Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

978281590963113

 

On regrettera plus tard, Agnès Ledig (Albin Michel)

On regrettera plus tard de Agnès Ledig

On regrettera plus tard, Agnès Ledig

Editions Albin Michel, mars 2016

 

Avec la vitalité, l’émotion et la générosité qui ont fait l’immense succès de ‘Juste avant le bonheur’ et ‘Pars avec lui’, Agnès Ledig explore les chemins imprévisibles de l’existence et du cœur.

Un soir d’orage, Eric et sa fille Anna-Nina frappent à la porte de Valentine, institutrice dans un village vosgien. La fillette est malade, la roulotte qui leur sert de maison a été très endommagée par un arbre, ils ont besoin d’assistance. Une assistance que Valentine leur prête aussitôt, avec la générosité et l’empathie qui la caractérisent. Et de les héberger chez elle le temps que la petite se remette et que son père répare le véhicule.

Ces trois êtres que rien ne prédestinait à se rencontrer, vont voir leur vie être fondamentalement bouleversée. Pourquoi cet homme sillonne-t-il la France avec sa petite Anna-Nina ? Qui ou que fuit-il ? Est-il si libre qu’il le pense ? Il ne s’est visiblement jamais posé la question jusqu’alors, s’est contenté d’avancer droit devant, sur la voie qu’il a choisie, dès lors que celle-ci semble convenir à sa fille. Mais cet arrêt forcé dans le havre de paix de Valentine va ébranler ses certitudes. Car si la vraie liberté est de faire non pas tout ce que l’on veut, mais de vouloir tout ce que l’on fait, alors Eric n’est plus certain de devoir poursuivre sur cette voie. Ni pour Anna-Nina, ni pour lui.

Des doutes qui assaillent de même Valentine. Si d’emblée elle sent naître en elle une attirance physique pour cet homme, ses peurs la poussent dans la direction opposée. Comme à chaque fois qu’elle sent poindre un attachement affectif. A croire qu’aimer est synonyme de danger. Alors, l’aimer ou le fuir ? Térébrante contradiction qui l’empêche de vivre pleinement.

Avec une infinie délicatesse, une émotion à fleur de plume, Agnès Ledig dresse le portrait de personnages indiciblement attachants, viscéralement humains et authentiques. Des êtres blessés par la vie, criblés de doutes, de peurs, certes, mais capables de rebondir, plus loin, plus fort, plus haut, grâce à l’incommensurable pouvoir de l’amitié et de l’amour.

On regrettera plus tard, est un roman d’une énergie vitale époustouflante. Que vous regretterez plus tard de ne pas avoir lu…