Quels livres lire en vacances cet été ?

 

Bientôt les vacances, le soleil, la plage, les baignades, les orteils en éventail et surtout… le temps de lire ! Aaaaah, le bonheur ! ❤ Mais à l’heure de préparer votre valise, vous vous demandez quels livres emporter.

Liste de vacances pour cerveau fatigué

Maillot de bain bleu (et le rouge) : OK  Crème solaire : OK

Lunettes de soleil : OK Paréo : OK    Serviette de plage : OK

Glaces à la mangue et au chocolat, Mojitos : à voir sur place

Livres : chercher des conseils sur le blog de Koryfée ! 😉

Depuis l’été dernier, des centaines de livres ont en effet envahi les rayons des librairies, comment choisir ? Concentrez-vous sur le choix du maillot de bain et du paréo, je m’occupe de vous trouver les livres. Olé ! 😊 Alors, elle n’est pas belle la vie ? 😉 En outre, pour chaque livre sélectionné, il vous suffit de cliquer sur « chronique » pour accéder au billet que je lui avais consacré. Royal, n’est-ce pas ? 😊

 

 

*** Les enfants seront occupés à faire des châteaux de sable, vous aurez de longues plages devant vous (au sens propre et figuré), alors attendez-vous à ne pas pouvoir lâcher ces livres avant la toute dernière page (jetez quand même un œil sur les enfants de temps en temps 😉). POUR UNE LECTURE EN APNÉE, je vous conseille le brillant roman de Mathieu Menegaux paru chez Grasset, Est-ce ainsi que les hommes jugent ?  (Chronique). Un roman coup de poing, rédigé de main de maître : est-il encore possible de rétablir la justice dans une société gouvernée par l’émotion, par l’information instantanée, où les réseaux sociaux et le tribunal de l’opinion publique se substituent à la justice ? Autre titre sélectionné pour vous, Sans titre de Valérie Gans paru chez JC Lattès (chronique). Valérie Gans dresse une satire de notre société. Qu’est-ce que la beauté, qu’il s’agisse d’une personne ou d’une œuvre d’art ? La beauté doit-elle être ce qui étonne, interpelle, touche (plaisir ou déplaisir) ? Ou doit-elle entrer dans des normes quant aux mensurations d’une personne, quant à l’esthétisme d’un tableau ? Avec un talent inouï pour entretenir le suspense, Valérie Gans nous peint des situations qui s’avèrent être des trompe-l’œil les unes après les autres. Jusqu’à la chute finale, vertigineuse. Troisième titre, qui vous enverra sur la côte d’Azur : Une ombre au tableau, de Myriam Chirousse, paru chez Buchet-Chastel (chronique). Et si un mensonge en cachait un autre ? Le tableau idyllique de ces familles aisées de la côte d’Azur est-il un faux ? Un roman à l’atmosphère envoûtante qui se lit en apnée.

 

 

*** BESOIN DE TENDRESSE, DE DOUCEUR, DE RELATIONS HUMAINES AUTHENTIQUES ? Alors voici un quatuor d’émotions pures. La chambre des merveilles, de Julien Sandrel, chez Calmann Lévy ( chronique ). Un roman émouvant, surprenant et drôle, sur le pari fou d’une mère pour sortir son fils du coma : réaliser chacun des rêves conciliés dans son carnet des merveilles avant son accident. L’occasion de repenser sa vie et ses priorités. Magnifique. Poursuivez avec le pétillant roman du non moins pétillant Gavin’s Clemente Ruiz, Le club des feignasses, paru chez Mazarine (chronique). Ce roman est une ode à la vie, à l’urgence de vivre pleinement l’instant présent. N’attendez pas que la maladie vous rattrape, qu’une catastrophe vous frappe, pour mesurer à quel point la vie et les gens que vous aimez sont précieux : savourez ces bonheurs dès à présent ! C’est là le message de ce merveilleux livre. Sans oublier le touchant et drôle roman de Virginie Grimaldi, Il est grand temps de rallumer les étoiles, chez Fayard (chronique ). Vous avez le sentiment que rien ne va comme vous voulez, que le sort d’acharne contre vous ? Alors lisez ce roman et comme Anna et ses filles, vous verrez qu’il est possible d’enclencher un cercle vertueux, de rallumer les étoiles dans les yeux ! Un roman humain, positif et plein d’humour ! Et puis, si après vos nombreuses expositions au soleil, vous craignez de vieillir prématurément, alors découvrez le secret de La femme qui ne vieillissait pas, de Grégoire Delacourt, chez JC Lattès (chronique). Dans ce 7ème roman, Grégoire Delacourt nous interroge sur cette mode du jeunisme à tout prix. Si autrefois la vieillesse était associée à des valeurs telles la sagesse et l’expérience, aujourd’hui elle est synonyme d’angoisse. Conserver une certaine jeunesse est devenu pour beaucoup une obsession. Pourquoi ? Car le désir serait suscité par la beauté, et la beauté associée par identité métonymique à la jeunesse. Nous courons après ce que nous n’avons pas ou plus, éternels insatisfaits, alors que le secret du bonheur réside peut-être justement dans le fait de s’accepter tel que l’on est.

 

 

*** ENVIE DE VOYAGER sans avoir à prendre l’avion, ni le train, tranquillement allongé sur votre serviette de plage ? Alors envolez-vous pour la Chine et Hong-Kong avec le magnifique roman de Jan-Philipp Sendker, Le langage de la solitude, paru chez JC Lattès (chronique). Dans ce roman empreint de sagesse orientale, de tableaux de cette Chine si éloignée de notre univers occidental, Jan-Philipp Sendker nous offre un double voyage : un voyage au cœur de l’humain et un voyage au cœur de la Chine d’aujourd’hui. Avec une plume sensible, délicate, poétique, il met en évidence le choc des cultures, la beauté et la richesse de nos différences. Prêts pour un décollage pour Buenos Aires ? Attachez vos ceintures et envolez-vous avec Catherine Faye et L’attrape-souci, chez Mazarine (chronique). Catherine Faye nous entraîne sur les pas d’un petit garçon indiciblement courageux et déterminé, au cœur d’une Argentine haute en parfums et en couleurs. Un être que l’on a irrésistiblement envie de prendre dans ses bras, d’aimer, de rassurer. Et que l’on n’oubliera pas de sitôt.

 

 

*** Désir de vibrer au diapason de TÉMOIGNAGES ET RÉCITS viscéralement humains ?  Alors lisez Ce soir on regardera les étoiles, de Ali Ehsani aux éditions Belfond (chronique). Âgé de 8 ans, Ali Ehsani a dû fuir l’Afghanistan en 1998 après la mort de ses parents dans un bombardement. C’est ce bouleversant exil de 5 années avec son frère Mohammed à travers le Moyen-Orient et l’Europe, jusqu’aux côtes italiennes, qu’il raconte ici. Un témoignage bouleversant. Une invitation à la tolérance, à l’ouverture à l’autre. A lire de toute urgence. Autre témoignage édifiant : Le choix d’Edith, du Dr Edith Eva Eger paru chez JC Lattès (chronique). Edith Eva Eger, aujourd’hui docteur en psychologie, est une rescapée d’Auschwitz, où elle a été déportée avec sa sœur et ses parents. Dans ce livre magnifique, Edith Eva Eger donne à chacun les clefs pour se libérer de sa prison mentale. Une ode à l’espoir. Un hymne à la vie. De ces livres qui vous marquent à jamais…

 

 

*** Et si on parlait DÉVELOPPEMENT PERSONNEL ? Les vacances sont le moment idéal pour réfléchir à une autre façon d’envisager sa vie, pour faire le point sur ses besoins, ses aspirations, ses choix.  Je vous ai retenu deux ouvrages coups de coeur parus aux éditions Eyrolles. Le lumineux Kilomètre zéro, de la solaire Maud Ankaoua (chronique). Quels sont les secrets du bonheur profond ? Quel est cet endroit, à l’intérieur de soi, où rien n’est impossible ? Parcours initiatique, ce roman lumineux emporte le lecteur sur le chemin de la renaissance. Incontournable. Le second livre est La métamorphose de Raphaël, de Patrick Lepage (chronique). Vous vous interrogez sur l’opportunité de changer de vie ? Vous souhaitez suivre une voie plus conforme à vos valeurs, à vos besoins et à vos rêves ? Vous aimeriez sortir de votre zone de confort mais avez peur du lendemain ? Alors ce livre est fait pour vous !

 

 

***Et les livres pour votre progéniture ? Car les châteaux de sable c’est bien gentil, mais un peu de lecture c’est bien aussi ! POUR LES ENFANTS, je vous recommande trois ouvrages. Colère et retour au calme de Isabelle Filliozat (chef de file de la parentalité positive), chez Nathan (chronique). Sous la forme de jeux, de coloriages, de collages, de dessins, ce livre se propose d’aider votre enfant à gérer sa colère. Il va ainsi découvrir comment l’accueillir, la décrire, identifier ses déclencheurs, maîtriser ses réactions et affirmer ses besoins. Une collection merveilleuse, sur le thème de la parentalité active, qui vous ravira ainsi que vos chères têtes blondes : Les cahiers Kidappy, éditions Slow (chronique). Kidappy, ce sont des cahiers d’activités, qui aident les enfants et leurs parents à grandir avec bienveillance ! Découvrez-les vite ! Pour rendre votre enfant zen (enfin, on peut toujours essayer, n’est-ce pas ? 😉 ), initiez-le à la méditation avec Je découvre la méditation, de Sophie Raynal chez Nathan (chronique). Un livre_audio absolument magnifique pour enseigner aux enfants la relaxation, la méditation et leur apprendre à gérer leurs émotions.

C’est bon, vous avez assez de munitions de lecture pour tenir toutes les vacances? Alors bonnes lectures! ðŸ˜Š

valise-livres-.jpg

 

Publicités

Un brin de lecture : Contes, ateliers, spectacles en plein air pour tous dans les parcs départementaux!

 

lecture_plein_air-1748x984 (1)

Du 11 juillet au 31 août 2017

Le Conseil départemental des Hauts-de-Seine invite petits et grands dans les parcs départementaux de l’Île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux, de la Vallée-aux-Loups à Châtenay-Malabry, du Chemin de l’Ile à Nanterre et André Malraux à Nanterre pour la 7e édition d’ « Un Brin de Lecture ». Cette opération estivale en plein air est organisée en partenariat avec les bibliothèques et médiathèques d’Antony, Boulogne-Billancourt, Châtenay-Malabry, Clamart et Issy-les-Moulineaux.

22428128-tres-ni-as-felices-hermanas-sentado-en-el-c-sped-en-el-parque-juntos-y-leer-un-libro-amarillo-grande

Tout l’été, « Un Brin de Lecture » propose au grand public des salons de lecture, des spectacles et des ateliers installés à ciel ouvert pour consulter une large sélection de romans, contes, nouvelles, bandes-dessinées, beaux-livres, presse quotidienne. Les Alto-séquanais pourront bénéficier des conseils de lecture des bibliothécaires présents sur les sites et également participer à la programmation proposée autour du livre et de la lecture (lectures de contes, ateliers,…).

6_atelierlander

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la politique d’éducation artistique et culturelle pour tous de la vallée de la culture des Hauts-de-Seine : une politique culturelle en direction du plus grand nombre à travers une politique tarifaire attractive, des événements, actions et dispositifs pour tous les âges et tous les goûts, dont des dispositifs dédiés à la formation des spectateurs d’aujourd’hui et de demain, et la mise en accessibilité des sites culturels, favorisant l’apprentissage d’une distance critique nécessaire à l’émancipation, dans une perspective de citoyenneté.

Salon de lecture en plein air - 2

Programme

Au Parc départemental de l’Île Saint-Germain à Issy-les-Moulineaux

Du 12 juillet au 11 août les mercredis, jeudis et vendredis de 16h à 18h30 :

– Une sélection d’ouvrages, des conseils avisés et des animations gratuites,

– Des séances de contes chaque mercredi à 16h30,

– Des ateliers créatifs chaque jeudi à 16h30,

– Des jeux en plein air chaque vendredi à 16h.

Au Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Arboretum et Maison de Chateaubriandà Châtenay-Malabry

Du 11 juillet au 31 août les mardis, mercredis et jeudis de 14h30 à 18h30

– Une sélection d’ouvrages, des conseils avisés et des animations gratuites,

– Des balades contées présentées par les conférenciers des parcs et jardins,

– Des ateliers créatifs,

– Des spectacles de marionnettes et de danse,

– Des lectures de nouvelles.

Au Parc départemental du Chemin de l’Île à Nanterre

Mardi 18 juillet et jeudi 27 juillet de 15h30 à 18h

– Spectacles de la Ferme du Bonheur.

Au Parc départemental André Malraux à Nanterre

Mardi 11 juillet et 25 juillet de 16h à 17h30

– Spectacles de Contes par la Compagnie Le Temps de Vivre.

Animations en accès libre dans la limite des places disponibles.

Infos pratiques :

Entrée libre, animations gratuites.

Parc départemental de l’Île Saint-Germain : 170, quai de Stalingrad à Issy-les-Moulineaux

Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups, Maison de Chateaubriand : 87, rue de Chateaubriand à Châtenay-Malabry

Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups, Arboretum : 102 rue de Chateaubriand ou entrée parking de l’Arboretum, avenue Jean Jaurès à Châtenay-Malabry

Parc du Chemin de l’Île : 90-156, avenue Hoche à Nanterre : Renseignements : www.hauts-de-seine.fr

Les quatre saisons de l’été, de Grégoire Delacourt (JC Lattès): coup de coeur!

image

Les quatre saisons de l’été, de Grégoire Delacourt

Editions JC Lattès, mai 2015

Bouleversant et solaire, ce nouveau roman de Grégoire Delacourt retrace la trajectoire de nos blessures intimes et nos élans les plus fous.

Les quatre saisons de l’été ou… les quatre saisons de l’amour.

Quatre couples, quatre générations, quatre histoires d’amour. Et une seule date, un seul lieu. 14 juillet 1999, tandis que la fin du monde est annoncée six mois plus tard et appelle à vivre intensément les derniers possibles instants. Le décor, c’est la plage du Touquet, sur laquelle l’amour semble suivre le mouvement perpétuel de flux et de reflux des vagues, laissant les cœurs parfois secs sur la grève, les recouvrant de bonheur à d’autres.

« C’est toujours la même histoire, en temps de guerre comme en tant de paix, en été comme en hiver, cette nécessité de n’être pas seul. Cet appétit d’être aimé. » La faim d’amour est-elle la même à 15, 35, 55 et 75 ans ? Ou l’appétit d’aimer et d’être aimé suit-il le cycle de la vie, diminuant avec le temps ?

Le printemps de l’amour, sa saison de floraison, ce sont Victoire et Louis, adolescents, qui nous la font vivre. Premier flirt, premier baiser, premier embrasement. Première blessure aussi. Laquelle marquera de son sceau indélébile les histoires d’amour ultérieures.

L’été. A 35 ans, les feux de l’amour brillent au zénith. Tout semble possible, y compris, pour cette mère célibataire, de reconquérir son premier amour, celui qu’elle n’a jamais pu oublier ni retrouver dans les bras d’autres hommes depuis. Mais doit-on redonner vie à ses amours d’enfance où les laisser dormir dans nos souvenirs ?

L’automne. Cette saison où après la splendeur des feuillages couleur ocre et pourpre, on assiste à leur chute. Monique, 55 ans, au corps qui garde les stigmates de ses trois maternités heureuses et désirées, s’interroge. Peut-on encore s’embraser quand on n’a plus un corps de jeune fille ? Peut-on encore tomber amoureuse quand les sentiments qu’on croyait éternels se sont éteints, quand « l’homme de sa vie » s’avère n’être que l’homme d’une saison ?

Enfin, vient l’hiver de la vie. A 75 ans, après 50 ans de mariage, est-ce aussi l’hiver des sentiments ? L’amour qui unit ce couple, lequel s’est formé sur cette même plage ½ siècle plus tôt, ne semble pas avoir rencontré un seul grain de sable.

Quatre couples très attachants, qui vont s’influencer sans s’en rendre compte, grâce à une subtile construction orchestrée par l’auteur, lequel fait de nous les témoins privilégiés et ô combien émus de ces amours qui parlent de nous. Les sentiments sont exprimés avec magnificence, justesse, force, tantôt brûlent comme le sable chaud en plein été, tantôt glacent comme la mer quand elle se retire et laisse sur les cœurs le souvenir salé des larmes. Plongez tête la première dans ce roman et laissez-vous porter par la déferlante d’émotions dans toutes leurs acceptions qu’il suscite!

Une réussite.

P.46 : Les écrivains n’aiment que ce qu’ils écrivent, et seulement les femmes de leurs livres, même si à la fin, au nom de leur petite tragédie orgueilleuse, ils s’en débarrassent toujours.

P.68 : Les chagrins d’amour sont aussi une forme d’amour.

P. 83 : L’amour n’est qu’une invention tiède pour ceux que la passion ignore.

P. 114 : On ne doit pas redonner vie à nos amours d’enfance. On doit les laisser là où elles sont : dans l’obscurité confortable des souvenirs.

La Kar’interview de Gilles Paris, auteur de L’été des lucioles : « Lumineux, mystérieux, sensible. »

photo_gilles_paris_2_david_ignaszewski_koboy.8
Copyright David Ignaszewski, agence Koboy
En ce mois de janvier paraît le quatrième roman de Gilles Paris, L’été des lucioles, aux éditions Héloïse d’Ormesson. Un voyage tendre et émouvant au pays de l’enfance qui ensoleillera le coeur et l’âme de chaque lecteur.
Rencontre avec l’auteur :
Karine Fléjo : Quel fut le point de départ de ce roman?
Gilles Paris :  L’envie d’un été lumineux, d’un chemin des douaniers (terrain de jeux mystérieux pour des enfants), et d’un lourd secret de famille!
KF : Tu te glisses dans la peau d’un enfant de neuf ans, exercice de style ô combien périlleux puisqu’il s’agit d’être juste tant au niveau du regard posé sur l’existence, des interrogations qu’elle suscite, qu’au niveau du ton ou du vocabulaire employés. Un exercice de style dans lequel tu excelles. Quel est ton secret pour « être » à ce point un enfant?
GP : Tu le dis dans ta question : je suis cet enfant, pendant toute la durée de l’écriture du roman. Je pense comme un enfant, je pleure et je ris comme un enfant, je m’interroge sur le monde comme un enfant.
KF : Penses-tu qu’il sommeille un enfant en chacun d’entre nous? Est-ce à lui que tu t’adresses en premier lieu?
GP : Je ne pense pas, hélas, que sommeille un enfant en chacun d’entre nous… Mais je ne demande qu’à réveiller celui qui s’est assoupi ailleurs! Plus on grandit, plus on perd, souvent cette spontanéité, ce côté naïf au bon sens du terme (l’humain), plus on juge sans s’en rendre compte et sans essayer de comprendre l’autre. Bien sûr le temps manque pour apprécier tous ceux et celles que l’ont peut croiser en une journée. Et puis, poser des questions, c’est s’intéresser à l’autre, savoir l’écouter…
KF : Selon toi, les rêves prennent-ils des rides, autrement dit, les rêves sont-ils l’apanage de l’enfance?
GP : Les rêves sont le reflet de notre personnalité, de nos inquiétudes, de nos angoisses, de nos envies. Quand j’étais en terminale, j’ai eu la chance d’avoir un professeur de philosophie qui me retenait en cours et étudiait avec moi les rêves qu’il m’avait demandé de noter sur un cahier au réveil. C’était un exercice passionnant. Car si les rêves sont souvent très présents au réveil, ils s’évanouissent souvent dans la journée, tout comme l’enfance qui laisse des bribes de souvenirs en nous, et, en ce qui me concerne, d’énormes trous noirs où je ne me souviens pas de tout un pan de mon enfance; même des photographies ne me rappellent rien.
KF : Les secrets de famille sont un des points centraux du roman. Penses-tu que les non-dits sont les maitres silencieux de notre destin? Faut-il tout dire ou est-il bon d’avoir ses secrets?
GP : Certains non-dits peuvent briser des destins et des êtres trop fragiles. Porter en soi un secret est une lourde responsabilité et je ne crois qu’il soit bon pour la santé de vouloir trop protéger autrui au détriment de soi. Après faut-il tout dire? Non je ne crois pas. Il est important d’avoir des jardins secrets qui ne peuvent blesser celle ou celui avec lequel on partage sa vie. C’est une manière comme une autre de faire vivre son couple, comme une double vie salutaire.
KF : Tu écris beaucoup en musique. Quelle musique pourrait avoir L’été des lucioles comme partition?
GP: J’écoute assez peu de musique classique, car étrangement la musique classique me rend particulièrement triste. Pourtant si je devais citer un titre qui se marie bien avec L’été des lucioles, je pense aussitôt à Lakmé de Léo Delibes. J’écoute aussi bien Vanessa Paradis (son dernier double album est un bijou) que les Pet Shop Boys. J’adore écrire sur Zazie ou les compilations de Béatrice Ardisson.
KF : Victor se fait cette magnifique réflexion (P.31) : et si grandir c’était essayer de rendre sa vie meilleure jour après jour? Est-ce notre devoir d’adulte de veiller à rendre notre vie belle, autrement dit, sommes nous acteur de notre destin?
GP : Oui, la vie est trop courte. Après, hélas, nous ne sommes pas du tout conçus pour le bonheur. On essaye, on échoue, on recommence, on dérape, on est poli et gentil, puis le contraire, on oublie de profiter d’un banc dans un parc, ou de transformer les nuages en théières. Et pourtant, par moment, on y arrive, comme un moment de grâce trop furtif.
KF : Que souhaites-tu partager en premier lieu avec tes lecteurs à la parution de ce nouveau roman?
GP : Une émotion, puis plusieurs, qui résonnent en eux, comme ce frisson parfois que l’on ressent en écoutant de la musique.
KF : Si tu ne devais garder que trois qualificatifs pour définir L’été des lucioles, quels seraient-ils?
GP : Lumineux, mystérieux, sensible
Propos recueillis le 15 janvier 2014
 Allez à la rencontre de l’auteur ce mercredi 29 janvier 2014! Gilles Paris fera en effet une séance de dédicaces à partir de 19H à la librairie Gallimard (15 Bd Raspail- Paris 7eme)

L’été des lucioles, de Gilles Paris, aux éditions Héloïse D’Ormesson : envolez-vous dans le sillage lumineux et tendre de la plume de Gilles Paris!

ob_d23162_photo-5

L’été des lucioles, de Gilles Paris

Editions Héloïse d’Ormesson, 23 janvier 2014

« Ce monde, pour moi, est comme un énorme point d’interrogation. (…) Moi, j’ai envie de crier que j’ai besoin de tout comprendre. Et les dictionnaires qui trainent à la maison ne suffisent pas. » (P.106) Victor, du haut de ses neuf ans, est un petit garçon avide de connaissances, de découvertes sur le monde qui l’entoure. Un environnement très féminin, entre sa maman, libraire et blogueuse littéraire, Pilar, la compagne artiste peintre de cette dernière, et enfin Alicia, sa sœur ainée. « Je dois les protéger, car je suis le petit homme de la famille. » (P.61) Responsable, indiciblement touchant, notre petit homme pose sur l’existence un regard sensible, profond, dénué de préjugés. Le regard d’une âme pure.

Il a bien une esquisse de réponse sur la séparation de ses parents, mais tant d’interrogations restent encore en suspens, tant de mystères autour de lui demeurent à élucider. Pourquoi son papa reste t-il un éternel enfant? Pourquoi refuse t-il de les accompagner chaque été à Roquebrune? Pourquoi ses parents ne vivent-ils plus ensemble alors qu’ils éprouvent toujours des sentiments l’un pour l’autre?Pourquoi sa sœur collectionne t-elle les idylles comme des images Panini? Des « pourquoi » qui se succèdent dans une folle farandole.

Et cet été, lors des vacances à Rocquebrune, dans la résidence héritée de sa tante Félicitée, les points d’interrogation vont se bousculer. Pilar ne l’avait-elle pas averti en lui tirant les cartes? « Cet été tu devras te méfier de la mer et des orages » ? Se méfier, voilà qui est aux antipodes de l’état d’esprit de Victor, prompt à s’enflammer avec son copain Gaspard pour des balades sur des sentiers douaniers autrefois fréquentés par des pirates, pour les beaux yeux de la petite Justine, pour les mystérieux jumeaux Tom et Nathan ou pour les confidences de la bienveillante Baronne.

La prophétie de Pilar était pourtant exacte. La mer et les orages viendront troubler les vacances de Victor et de sa famille…

Avec L’été des lucioles, Gilles Paris nous offre un roman d’une sensibilité exquise, tendre au coeur, doux comme une caresse. Un conte initiatique empli de poésie.

Alors si vous avez envie de soleil, de vacances, de douceur, d’air marin, ne vous ruez pas dans votre agence de voyages mais dans votre librairie!!! Ce voyage au pays de l’enfance vous laissera des lucioles dans les yeux, le coeur et l’âme.

A lire absolument!!!

P.31 : Et si grandir, c’était essayer de rendre sa vie meilleure jour après jour?

P.106 : Les secrets, Victor, c’est comme les coquillages qui refusent de s’ouvrir, on ne sait jamais ce qu’il y a à l’intérieur.