Descartes pour les jours de doute, Marie Robert

Descartes pour les jours de doute de Marie Robert

©Karine Fléjo photographie

Vous pensez que la philosophie n’est pas faite pour vous, qu’il s’agit d’une discipline absconse, quelque peu poussiéreuse et même carrément ennuyeuse ? Vous préférerez des cartes à jouer ou des cartes IGN à Descartes ? Vous vous dites que de toute façon, la philosophie c’est bien gentil, mais c’est de la pure théorie dont n’a que faire votre quotidien ? Alors laissez Marie Robert vous prouver le contraire ! Ou l’art de rendre la philosophie VIVANTE, ACCESSIBLE et PASSIONNANTE.

La philosophie envisagée sous un angle novateur et passionnant

Marie Robert enseigne la philosophie. Après le succès mérité de Kant tu ne sais plus quoi faire, elle nous revient avec Descartes pour les jours de doute, aux éditions Flammarion. Et quand vous lisez ses livres, vous n’avez qu’un seul regret : ne pas avoir eu un tel professeur pour vous communiquer sa passion. Car Marie Robert dépoussière cette discipline, lui rend toutes ses lettres de noblesse et sa place à part entière dans notre existence, dans nos choix, dans nos questionnements.

L’angle sous lequel elle aborde la philosophie est extrêmement novateur et percutant. Elle part de situations de notre quotidien, au travail, entre amis, en famille et, face aux interrogations qui sont nôtres, nous montre combien la philosophie peut nous éclairer, nous aider à trouver des réponses. Nous guider. Dès lors, la philosophie devient extrêmement vivante.

Des enfants surexcités lors d’une journée à Disneyland, au patron tyrannique qui en exige toujours plus, en passant par cette timidité et cette peur du regard des autres qui vous paralysent depuis l’enfance, Marie Robert passe en revue douze situations inconfortables, auxquelles nous avons tous été confrontés un jour ou l’autre, et nous invite à trouver plus de confort et de réconfort auprès des grands philosophes sur ces sujets précis. La philosophie n’est plus une vague théorie, une lointaine planète en orbite autour de la terre, elle est une force au quotidien.

Rousseau, Montaigne, Descartes, Foucault, Sartre, Voltaire, Ricoeur, Simone de Beauvoir, Camus, Valery Baudrillard et Simone Veil ne seront plus des auteurs imposés du programme de terminale, des auteurs de livres qui prennent la poussière dans le fond d’une bibliothèque, mais des philosophes vers lesquels vous aurez envie de vous tourner pour enrichir votre regard, nourrir votre réflexion, vous inspirer. Et vivre mieux.

Un ovni littéraire. Mieux, un GÉNIAL ovni !

Marie Robert a l’art de vous prendre par la main, aussi réfractaires soyez-vous de prime abord, pour vous emmener rencontrer les grands philosophes. Son ton humoristique, ses exemples si parlants, vous donnent irrésistiblement envie de la suivre. Pour le meilleur.

L’ouvrage est de plus extrêmement bien conçu et respecte toujours la même architecture. Une situation du quotidien avec les questions qu’elle soulève, une possible réponse apportée par un philosophe, puis la biographie résumée et du philosophe et d’une de ses œuvres. Enfin, les idées clés de la pensée dudit philosophe et une citation. Autrement dit, l’essentiel en quelques pages.

S’il est bien un doute que Marie Robert nous ôte, c’est celui de penser que la philosophie s’adresse à une élite et non à tout un chacun. Mieux, son livre joue le rôle de tremplin : une fois la lecture terminée, votre première envie est d’aller lire dans le texte les philosophes cités.

J’espère quant à moi avoir tué tout doute en vous sur l’opportunité de lire Descartes pour les jours de doute et Kant tu ne sais plus quoi faire !

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L’algorithme du cœur, Jean-Gabriel Causse

l'algorithme du coeur Jean Gabriel Causse

©Karine Fléjo photographie

Ces cinquante dernières années, l’Intelligence Artificielle n’a cessé d’évoluer. Aujourd’hui, les ordinateurs et programmes sont capables de raisonner, d’apprendre, d’interagir avec l’homme, voire de le dépasser. Il ne leur manque que l’intelligence des émotions. Une carence que pallie Jean-Gabriel Causse dans son nouveau livre.

Intelligence Artificielle, Big Data : et si les machines dépassaient l’homme ?

Justine est une hackeuse éthique. Elle ne pirate pas les sites internet des plus grandes sociétés, voire celles du service des armées juste pour s’amuser, ou pire, pour voler des données confidentielles. Non, elle défie les services de sécurité pour leur prouver sa dextérité, sa capacité à  s’infiltrer dans les failles de leur système. Une fois introduite dans le système informatique, elle laisse directement son CV au directeur informatique et au PDG. Comme une carte de visite qu’elle leur donne, dans l’espoir de leur louer ses services pour renforcer leur sécurité ensuite.

Lors d’une de ses intrusions dans le système informatique de l’armée américaine, elle assiste médusée à l’envoi de missiles dotés d’ogives nucléaires. Une troisième guerre mondiale serait donc en cours ? Sidération. Quand soudain, les points lumineux représentant les ogives sur la carte changent brutalement de direction et s’abiment dans le Pacifique. Qui a donc détourné les missiles nucléaires ? Qui a voulu éviter le conflit ? Justine s’interroge, d’autant que le discours officiel veut faire croire que la destruction des ogives émane de leur fait, dans un souci pacifiste. Justine sait qu’il n’en est rien, que l’armée a perdu le contrôle. Mais qui est aux manettes ? Un autre hacker ? Par ailleurs, l’armée américaine désormais sait qu’elle a assisté au lancement d’une guerre nucléaire, ce qui fait d’elle une femme ardemment recherchée.

Une course contre la montre s’engage. Elle doit découvrir qui a la main sur ces missiles avant que l’armée ne mette la main sur elle. C’est alors qu’elle découvre l’impensable. Arpanet, le réseau des réseaux, a pris le contrôle du monde. L’homme a-t-il enfanté d’un monstre ? Pour Justine, une seule solution : rendre Arpanet « humain », c’est-à-dire capable de ressentir les émotions, l’empathie, afin d’éviter qu’il ne commette des carnages.

L’algorithme du cœur ou quand les machines ressentent les émotions

Après son essai passionnant sur L’étonnant pouvoir des couleurs, son roman si touchant intitulé Les crayons de couleur, Jean-Gabriel Causse nous revient avec un troisième livre : L’algorithme du cœur. Un roman d’anticipation dont les préoccupations sont très contemporaines. Les hommes cohabitent de plus en plus dans leur chair avec les machines grâce aux nanotechnologies, aux biotechnologies, aux membres et organes artificiels implantés en eux. Les machines, quant à elles, ne cessent de converger vers l’homme, capables désormais de raisonner, d’interagir avec lui, d’apprendre, de comprendre, voire de dépasser l’homme dans certains domaines : plus performantes, plus rapides et plus fiables. A ce rythme, les progrès exponentiels dans le domaine numérique permettront peut-être aux machines d’acquérir ce qui leur manque : l’intelligence des émotions.

Le thème abordé par Jean-Gabriel Causse est passionnant. Et nous concerne tous. Les progrès numériques sont tels, que nous ne pouvons plus ni les nier ni reculer. Il nous faut apprendre à composer avec cette déferlante, surfer dessus et non nous y opposer au risque de nous noyer. L’homme perd de sa toute-puissance, devra accepter de plus en plus l’aide des machines voire de s’effacer devant elles parfois (voitures pilotées uniquement par des ordinateurs, robots sur les champs de déminage…) mais cette perte d’hégémonie peut se faire au prix d’un gain autrement plus important : faire des machines nos alliées pour améliorer nos conditions de vie, progresser en médecine, protéger la planète, vivre en bonne entente dans le respect des autres. Pour que l’Intelligence Artificielle devienne la meilleure chose arrivée à l’homme et non la pire…

Un seul petit bémol pour moi dans cette lecture : certains passages du roman sont très techniques et m’ont un peu dépassée. Mais ils ont aussi aiguisé ma curiosité et m’ont poussée à essayer d’en apprendre davantage sur ce domaine.

 

S’inventer une île, Alain Gillot

S'inventer une île, livre sur la perte d'un enfant

Un roman lumineux, tendre, émouvant, sur la deuxième chance offerte à un père et à son fils de se retrouver. Ou quand une île devient le cocon d’une renaissance. Un livre qui invite à se concentrer sur l’essentiel pour ne pas passer à côté de sa vie.

Faire son deuil d’un enfant

Dani travaille sur un chantier de construction de pont en Chine quand il reçoit un appel qui fait basculer sa vie. Son fils Tom, âgé de sept ans, s’est noyé lors d’une baignade sur la plage, échappant à la surveillance de sa grand-mère. Il prend alors le premier avion pour la France.

A son arrivée, il retrouve Nora, sa femme, le visage massacré par la peine. Quand elle lui propose d’aller voir son fils à la morgue, Dani refuse. De même qu’il ne peut se résoudre à la voir dans son cercueil, il laisse à Nora le soin de tout organiser : le lieu et la date d’inhumation, le choix du cercueil et des vêtements qu’il portera, de la musique de cérémonie, tout. Nora tente de déléguer certaines démarches, lui demande de s’occuper de la déclaration de décès. Mais c’est au-dessus de ses forces. Pas plus qu’il ne parvient à épauler sa femme, il ne parvient à laisser jaillir ses larmes, en état de sidération.

« Pourquoi étais-je incapable d’aider Nora ? Je ne pouvais pas la blesser, mais je ne pouvais tout simplement pas la suivre. (…) J’éprouvais un sentiment de dépossession monstrueux. Pas seulement de Tom, de ma peine aussi, comme si on m’empêchait de me l’accorder. »

Foudroyés de douleur, perclus de culpabilité de n’avoir pas été près de leur fils pour lui éviter cet accident, Dani et Nora sont incapables de communiquer sur le drame.

« Le deuil est quelque chose d’organique, qui convoque ce qu’il y a de plus puissant en soi, et la manière d’y survivre appartient à chacun. »

Nora sombre dans la dépression. Dani se sent pour sa part au bord de l’implosion, faute d’exprimer ses émotions. Quel père a-t-il été ? Aurait-il pu et dû être davantage présent pour son fils ?

C’est alors que quelque chose d’incroyable se produit :  son fils Tom lui apparaît, lui parle, comme s’il était toujours vivant. Sauf qu’il est le seul à le voir. Conscient que c’est le choc émotionnel et l’épuisement nerveux qui créent cette illusion, qu’il n’y a là rien de rationnel, de réel, il finit cependant par l’accepter tant revoir son fils le réconforte, l’émeut. Il demande alors à Tom ce qui lui ferait plaisir :

« Papa, tu n’as jamais été là pour les vacances. Je voudrais qu’on parte en vacances. Tu te rappelles on devait aller sur une île, tu m’avais montré des photos ! »

Et le père et le fils de mettre le cap sur Belle-Ile, en Bretagne. Dani va-t-il se voir offrir une seconde chance d’être un bon père ? Pourra-t-il rattraper le temps perdu, ces moments de jeux et de tendresse volés par son travail au loin ?

S’inventer une île, un livre sur les liens entre un père et son fils

Ne soyez surtout pas effrayés par le sujet. Certes, la mort d’un enfant est un sujet ô combien douloureux. Mais je dirais que ce n’est pas le propos du livre, juste le prétexte du roman d’Alain Gillot. Car bien davantage qu’un roman sur la mort, il s’agit d’un roman sur la reconstruction d’un lien entre un père et son fils, d’une deuxième chance qui leur est donnée de vivre des moments forts, intenses, magiques, moments dont ils n’avaient pas pu profiter avant le drame. Ce n’est donc pas du tout un livre noir, sombre, triste, au contraire ! C’est une parenthèse de douceur, de féerie, de tendresse, sur une île balayée par les vents. Une île authentique, comme le sont les sentiments du père et du fils l’un envers l’autre. Fort de cet amour, le père pourra faire son deuil et poursuivre son chemin en se concentrant désormais sur l’essentiel.

Ce que l’homme recherche par-dessus tout, c’est un peu de tendresse, je l’avais compris désormais, mais il ne sait pas la demander, encore moins la procurer, car il doit pour cela tomber l’armure et il n’a jamais appris à le faire. Il faut que la mort frappe, que le rideau se déchire pour qu’il commence à en prendre conscience. La plupart du temps beaucoup trop tard.

Un roman riche en émotions. Un livre lumineux.

Citation du jour

Enfant, on est persuadé que les adultes ont la clef d’un monde où tout va mieux, qu’il suffira de les imiter pour être heureux, que nos souffrances sont le fruit de notre inexpérience et de nos peurs liées à l’inconnu. Mais en accédant à l’âge d’homme, on voit bien que grandir revient à se barricader, à tenir un siège improbable. La compréhension, le plaisir, le partage, toutes ces choses dont nous avons tant besoin, c’est pour une autre vie, et pour ce qui est de celle-ci, on doit se contenter de simuler, d’occuper le temps, de se déguiser.

Alain Gillot – S’inventer une île (Flammarion)

S'inventer une île, livre sur la perte d'un enfant

©Karine Fléjo photographie

Et que nos âmes reviennent…, Sabrina Philippe (Flammarion)

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Et que nos âmes reviennent, Sabrina Philippe

Editions Flammarion, février 2019

Un roman à mi-chemin entre le témoignage et le récit initiatique. Quel est le sens caché de nos rencontres ? Qu’ont-elles à nous apprendre de nous, des autres ? Un roman fascinant, dans la droite ligne du précédent : « Tu verras, les âmes se retrouvent toujours quelque part ».

Ce roman alterne entre deux périodes, suit les pas de deux duos homme/femme que rien en apparence ne relie. En apparence seulement. Reste à découvrir la nature de ce lien. Le lien du sang est-il la seule trame qui nous rattache aux générations précédentes ?

Nous découvrons Krystiana dans les années 20. Cette jeune femme issue de l’aristocratie polonaise tombe amoureuse d’un musicien juif à Varsovie. Mais cet amour vire au drame quand elle découvre qu’elle est enceinte. Pour la famille du jeune homme comme pour la sienne, cette grossesse est honteuse. Et le couple de se marier précipitamment et de s’exiler en France. Mais quand éclate la seconde guerre mondiale, être mariée à un juif vaut à Krystiana d’être déportée. A l’arrivée au camp, un officier allemand la remarque : chance ou malchance ?

L’autre couple vit de nos jours un amour qui commence comme un conte de fée. Elle est psychologue, vient d’arrêter ses activités médiatiques et s’offre une pause professionnelle méritée, dans une paisible petite maison en banlieue de Paris. Quand elle rencontre cet homme charismatique, avocat d’affaires à l’international, elle tombe sous le charme. Et accepte d’emménager avec lui, de le suivre dans ses voyages au bout du monde. Mais très vite, le tableau de leur idylle s’assombrit. Il se met à faire des remarques blessantes, à jouer l’indifférent, puis à l’humilier, avant de se montrer à nouveau aimant. Pour mieux la rabaisser ensuite. Déstabilisée, en perte totale de confiance, de repères, elle se replie sur elle-même, victime de son bourreau.

Qu’ont ces deux « couples » en commun ? S’agit-il d’affrontements purement manichéens entre le bien et le mal, la lumière et la noirceur, une gentille et un « méchant » ? Ou est-ce plus complexe qu’il n’y paraît, l’Autre jouant en quelque sorte le rôle d’un révélateur ? C’est ce mystère que Sabrina Philippe tente de percer, distillant des indices au fil des pages, emportant le lecteur dans son envoûtante et magnétique écriture. Quels sont nos héritages spirituels ? Quelles sont ces expériences qui se répètent et auxquelles seule la compréhension des enchaînements peut nous permettre de mettre fin ? Une compréhension qui nécessite que nous reconnaissions tous nos parts d’ombre et de lumière…

Jeu concours avec les éditions Flammarion : vous allez devenir les rois de l’organisation !

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Le bon moment

La science du parfait timing

Dans son ouvrage à paraître le 1er février aux éditions Flammarion, Daniel Pink nous montre que tout est affaire de timing. Notre vie est une succession de réponses à la question «quand» : à quel moment se réorienter professionnellement? annoncer une mauvaise nouvelle? aller courir? se marier?
En réalité, nous n’en savons rien : la plupart de ces décisions sont le fruit d’intuitions et de conjectures nébuleuses… Or Daniel Pink démontre que le timing est bel et bien une science.Avec son incomparable sens du récit, Daniel Pink livre études scientifiques, anecdotes et conseils pratiques pour qui veut apprendre, travailler et vivre mieux.

Cet ouvrage vous tente? Alors gagnez-le ! Participez… car tout n’est question que de timing : pour jouer, Cliquez ici
5 gagnants seront tirés au sort le 1er février.🍀📚

Jeu concours : gagnez l’intégralité de la rentrée littéraire des éditions Flammarion!

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C’est encore Noël en janvier avec les éditions Flammarion! Gagnez non pas un, ni deux, ni même trois mais…treize livres de la rentrée 2019 !

Vous avez envie de découvrir les nouvelles publications de Flammarion, de Michel Houellebecq à Véronique Ovaldé, en passant par Serge Pey? Rien n’est plus simple. Il vous suffit de cliquer sur ce lien : Jeu concours Flammarion

Vous avez jusqu’au 31 janvier pour participer. Un gagnant sera alors tiré au sort et remportera les treize titres.

Tous à vos claviers!