Prix du Roman des Etudiants France-Culture/Télérama

C’est Gael Faye, avec Petit pays, qui remporte le Prix du Roman des Etudiants France Culture-Télérama.

Lancé il y a quatre ans, avec le soutien du ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, dans le but de « faire découvrir la littérature d’aujourd’hui aux jeunes d’aujourd’hui », le Prix du Roman des étudiants France Culture – Télérama propose à des étudiants-jurés d’élire leur lauréat au sein d’une sélection resserrée de cinq ouvrages, établie par les journalistes et producteurs des deux médias. Gaël Faye succède donc à Maylis de Kérangal (Réparer les vivants), Eric Reinhardt (L’amour et les forêts) et Olivier Bourdeaut (En attendant Bojangles). Outre l’auteur de Petit Pays, la sélection de cette année comprenait Catherine Cusset (L’Autre qu’on adorait), Jean-Paul Dubois (La Succession), Laurent Mauvignier (Continuer) et Eric Vuillart (14 juillet).

 

Le livre : 

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.

Prix Goncourt des lycéens 2016 : Gaël Faye pour Petit pays!

Après Delphine de Vigan en 2015 pour « D’après une histoire vraie », les lycéens couronnent « Petit pays » de Gaël Faye de leur Goncourt.

Chaque année depuis vingt-neuf ans, la Fnac soumet les romans retenus par les dix sages de l’académie Goncourt au jugement de deux mille lycéens sélectionnés dans toute la France. Après deux mois de lecture assidue, il ne restait plus que sept titres sur la liste initiale de quatorze. Tropiques de la violence (Gallimard) de Nathacha Appanah, Ma part de Gaulois (Actes Sud) de Magyd Cherfi, le chanteur du groupe Zebda, Petit pays (Grasset) de Gaël Faye, déjà prix du roman Fnac, Laëtitia ou la fin des hommes, d’Ivan Jablonka (Seuil), qui vient de recevoir le prix Médicis, Continuerde Laurent Mauvignier (Minuit), Chanson douce de Leila Slimani (Gallimard), prix Goncourt 2016 et L’Insouciance de Karine Tuil (Gallimard).

Et le lauréat est Gaël Faye avec Petit pays (Grasset). C’est l’histoire et la fuite en France d’un petit garçon du Burundi, son petit pays, tandis que se déclenchent les massacres au Rwanda voisin. Une enfance qui rejoint l’expérience de l’auteur, un Franco-Rwandais de 34 ans arrivé en France en 1995, devenu rappeur (Pili pili sur un croissant au beurre, son premier album solo, aborde les thèmes de l’exil, du génocide et du métissage) avant d’attaquer ce roman, son premier, puissant, émouvant, et de nouveau récompensé, grâce au flair infaillible des lycéens.

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : Petit pays, Gael Faye

Citation du jour

« Au moment de me dire au revoir, elle a filé vers sa bibliothèque et a déchiré une page d’un de ses livres. C’était un poème. Elle aurait préféré le recopier, mais on n’avait plus le temps de recopier des poèmes. Je devais partir. Elle m’a dit de garder ces mots en souvenir d’elle, que je les comprendrais plus tard, dans quelques années. Même après avoir refermé son lourd portail, j’entendais encore sa voix derrière moi me prodiguer d’intarissables conseils : prends garde au froid, veille sur tes jardins secrets, deviens riche de tes lectures, de tes rencontres, de tes amours, n’oublie jamais d’où tu viens… »

Gaël Faye, Petit pays

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Citation du jour

On ne doit pas douter de la beauté des choses, même sous un ciel tortionnaire. Si tu n’es pas étonné par le chant du coq ou par la lumière au-dessus des crêtes, si tu ne crois pas en la bonté de ton âme, alors tu ne te bats plus, et c’est comme si tu étais déjà mort.

Gael Faye, Petit pays (Grasset)

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Rentrée littéraire : Gael Faye, Petit pays.

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Petit pays, Gaël Faye

Editions Grasset

Rentrée littéraire

Ce roman a déjà reçu deux prix : Prix du roman Fnac 2016 et Prix Talents à découvrir 2016. Un roman brillamment écrit, absolument bouleversant, sur l’enfance, son infinie douceur et ses douleurs qui ne nous quittent jamais. Coup de cœur !

Gaël Faye nous emmène en voyage au cœur du Burundi, surnommé « Petit pays », aux côtés de Gabriel, un gamin plein de vie d’une dizaine d’année. Né d’un père français et d’une mère rwandaise, Gabriel habite un quartier résidentiel et partage ses journées entre l’école, ses jeux avec ses copains dans l’impasse et sa sœur Ana. Une vie insouciante, ponctuée de rires et de tendresse.

Une insouciance que la séparation brutale de ses parents va mettre à mal. Et l’amitié avec sa bande de copains, ces heures passées avec eux dans un combi Volkswagen à refaire le monde, d’en être encore plus précieuse. Privilégiés, ils ne mesurent pas tout de suite combien les tensions montent dans le pays. La guerre entre ethnies reste un simple mot. Ils n’en ont rien vu, juste vaguement entendu parler. Contrairement aux domestiques, qui eux, prennent la pleine mesure des évènements.

Jusqu’au jour où les déferlements de violence entre Hutus et Tutsis prennent une telle ampleur, qu’ils heurtent leur réalité. Plus aucune famille n’est à l’abri dans le pays à feu et à sang. La haine, la peur, la mort, les explosions, les délations font partie intégrante du quotidien.

C’est un premier roman bouleversant que nous offre Gaël Faye. Une ode à l’amitié, à l’insouciance de l’enfance, que les adultes et leurs rivalités ancestrales viennent entâcher. Avec une sensibilité à fleur de plume, l’auteur nous fait osciller entre sourire et larmes, comédie et tragédie.

Un concentré d’émotions dans un écrin de talent.

Prix du roman Fnac 2016

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Avec son premier roman, Petit pays, publié chez Grasset, le jeune rappeur franco-burundais fait une entrée remarquable sur la scène littéraire.

Et le 15e prix du Roman Fnac est décerné à… Gaël Faye pour Petit pays, publié chez Grasset. Sur le papier, ce pourrait être surprise, tant il est difficile pour un semi-inconnu (Gaël Faye est certes auteur compositeur interprète, mais il s’agit là de sa première apparition sur la scène littéraire) d’émerger parmi les 363 romans français de cette riche rentrée littéraire.

Le jury du roman Fnac, composé de 400 libraires et de 400 adhérents, a donc décidé de saluer les premiers pas plus que prometteurs de ce Stromae des lettres. Cerise sur le gâteau, c’est l’Américain Jonathan Frazen qui lui remettra le prix ce 1er septembre, lors de la soirée inaugurale du Forum Fnac Livres, nouveau salon littéraire de l’enseigne organisé au Carreau du Temple, à Paris (du 2 au 4 septembre).

 

Le livre :

En 1992, Gabriel, dix ans, vit au Burundi avec son père français, entrepreneur, sa mère rwandaise et sa petite sœur, Ana, dans un confortable quartier d’expatriés. Gabriel passe le plus clair de son temps avec ses copains, une joyeuse bande occupée à faire les quatre cents coups. Un quotidien paisible, une enfance douce qui vont se disloquer en même temps que ce « petit pays » d’Afrique brutalement malmené par l’Histoire. Gabriel  voit avec inquiétude ses parents se séparer, puis la guerre civile se profiler, suivie du drame rwandais. Le quartier est bouleversé. Par vagues successives, la violence l’envahit, l’imprègne, et tout bascule. Gabriel se croyait un enfant, il va se découvrir métis, Tutsi, Français…
« J’ai écrit ce roman pour faire surgir un monde oublié, pour dire nos instants joyeux, discrets comme des filles de bonnes familles: le parfum de citronnelle dans les rues, les promenades le soir le long des bougainvilliers, les siestes l’après-midi derrière les moustiquaires trouées, les conversations futiles, assis sur un casier de bières, les termites les jours d’orages… J’ai écrit ce roman pour crier à l’univers que nous avons existé, avec nos vies simples, notre train-train, notre ennui, que nous avions des bonheurs qui ne cherchaient qu’à le rester avant d’être expédiés aux quatre coins du monde et de devenir une bande d’exilés, de réfugiés, d’immigrés, de migrants. »
Avec un rare sens du romanesque, Gaël Faye évoque les tourments et les interrogations d’un enfant pris dans une Histoire qui le fait grandir plus vite que prévu. Nourri d’un drame que l’auteur connaît bien, un premier roman d’une ampleur exceptionnelle, parcouru d’ombres et de lumière, de tragique et d’humour, de personnages qui tentent de survivre à la tragédie.