J’ai rendez-vous avec toi, de Lorraine Fouchet (éditions Héloïse d’Ormesson)

Lorraine Fouchet, J’ai rendez-vous avec toi

Editions Héloïse d’Ormesson, Mars 2014

Lorraine Fouchet nous offre un témoignage touchant, dialogue entre un père et sa fille à qui le destin a laissé le temps de s’aimer mais pas de se parler… Une histoire vraie qui se lit comme un roman d’aventures.

Dans un vide-grenier, un dimanche matin, l’auteur tombe sur un livre bleu signé par son père, Christian Fouchet : ce sont ses mémoires, rédigées 40 ans plus tôt. Elle l’achète. Un euro. Un euro pour un voyage 40 ans en arrière, de la vie intime de ce père illustre, acteur de l’histoire de France, décédé alors qu’elle avait dix-sept ans, à sa vie publique en tant qu’homme politique. Un euro, c’est le prix du visa pour entrer sur le territoire de cet homme fascinant, grande figure du gaullisme, qui avait pour amis Charles de Gaulle, Saint-Exupéry, Alexandra David Neel ( La femme aux semelles de vent) ou encore André Malraux.

« T’écrire c’est remailler une passerelle. C’est m’assurer que je pourrai l’emprunter jusqu’à la fin de ma vie. » Sur la trame délicate de ses mots, un dialogue s’engage entre Lorraine Fouchet et son père, avec le lecteur pour témoin. Des mots tendres, drôles et émouvants, qui évitent avec brio l’écueil du pathos. Car c’est un portrait indiciblement vivant que Lorraine Fouchet dresse de celui qui n’est plus. Avec sensibilité, délicatesse, elle nous fait voyager sur les ailes de sa plume, se plonge dans les mémoires et les agendas annotés de ce grand homme (pas seulement par son mètre 96, mais aussi par ses actes) et nous conduit de Moscou à Calcutta, en passant par Alger, Varsovie, le Danemark et bien sûr Paris. Elle nous invite à partager le quotidien du père et du Ministre, ses combats, ses nobles causes, ses blessures aussi.

Ou quand la petite histoire rencontre la grande Histoire…

Prenez rendez-vous avec ce magnifique roman! Vous aurez alors rendez-vous avec le portrait intime et bouleversant d’un grand homme, mais aussi avec l’indéniable talent de l’auteur.

P.56 : J’étais un médecin qui écrivait. Je suis un écrivain qui a été médecin. C’était une question de vie ou de mort, c’est maintenant une question de vie et de mots. Un « r » en moins change la donne.

P.233 : On n’archive pas le bonheur ou la tendresse, on les garde en mémoire. Mais on archive les actes des hommes qui ont été caressés par les ailes de l’Histoire.