Le Karinotron avec… Gilles Bornais!

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Journaliste sportif, rédacteur en chef au Parisien, puis directeur de la rédaction chez France-Soir, Gilles Bornais est un aussi un nageur accompli. Plusieurs fois champion de France, entraineur de natation pendant plus de quinze ans, il nage dans les bassins avec autant d’aisance que sa plume dans l’encre des mots.

     Déjà auteur de huit romans à succès dont Le Diable de Glasgow ( prix Griffe noire du meilleur roman policier français, 2001), Le bûcher de Saint-Enoch, Le mystère Millow, Les nuits rouges de Nerwood, Le trésor de Graham, Franconville bâtiment B, Le serin de Monsieur Crapelet et Ali casse les prix, en cette année 2012 il nous offre une plongée dans l’univers de la natation de compétition, avec 8 minutes de ma vie.

  Et Gilles Bornais a gentiment accepté de faire quelques longueurs en notre compagnie, piquant une tête dans le bassin koryféen. Voici donc son Karinotron !

1- Votre livre de chevet :

« Voyage au bout de la nuit ».
2- Vos lectures :

Des livres « écrits » , pas mal de classiques, quelques romans policiers.

3- Votre façon d’écrire :

Chaque jour un peu, beaucoup dès que je peux, quitte à m’enfermer dans des monastères. J’écris aussi souvent dans un café à Montparnasse. Je peux écrire vite mais je mets beaucoup de temps à relire.

4- Votre rapport aux lecteurs :

Je les écoute tous avec grand intérêt (sauf ceux qui me disent qu’il n’y que l’histoire qui compte)
5- Votre prochain livre :

J’ai achevé deux manuscrits et j’ai commencé un roman. ll raconte l’histoire d’un homme qui part à la recherche de sa femme qui a disparu.

Et pour découvrir l’univers de l’auteur plus avant, n’hésitez pas à aller visiter son site !

Site de l’auteur : http://www.gillesbornais.com/index.php

8 minutes de ma vie, Gilles Bornais : Chlore. Et clore…

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8 minutes de ma vie, Gilles Bornais

Éditions Jean-Claude Lattès, mai 2012

 

Rêve de chlore ou…de clore?

 

     Dans quelques minutes, Alizée va s’élancer pour tenter de remporter la finale du 800 mètres nage libre aux Jeux olympiques. Une place enviée. Place enviable? Moins sûr. Car dans les bassins d’entrainement, loin de l’ébullition des médias, des déclarations énamourées des fans, des sponsors qui louvoient, se cache une réalité autre. Une réalité que l’auteur, ancien reporter sportif, puis nageur de compétition et entraîneur, connaît bien.

     Pas de place au repos, au moindre relâchement. Entraineur, club, sponsors, médias, fans, amis, famille, tout le monde compte sur la nageuse. Derrière sa confiance affichée, Alizée tremble. Ne pas décevoir, être à la hauteur de son image de championne, gagner, gagner, gagner. Et donc s’entrainer, s’entrainer, s’entrainer. Toujours plus vite. En dépit d’inhumaines souffrances. En dépit de l’épuisement.

     Dans la chambre d’appel, la nageuse s’interroge. Que fait-elle là? Rêve de chlore ou de clore? Désire t-elle vraiment cette médaille ou n’est-elle que le pantin du désir des autres, un robot programmé pour avaler les longueurs sans broncher? Ses rêves de conquête, l’ivresse des chronos, le plaisir de nager semblent avoir bu la tasse, voire s’être noyés dans les flots des entrainements sans fin, des efforts à l’extrême à fournir au quotidien, des sacrifices, de la souffrance et de la solitude.

     Dans huit minutes elle sera fixée sur son sort. Dans huit minutes, elle saura si l’angoisse qui l’étreint aura fait place au soulagement.

     Au cours de ces huit minutes, elle va jouer sa vie.

     Un enjeu terrifiant. P.52 : «  L’or sinon la mort, on en revient toujours là. »

     Si le sort d’Alizée se joue en huit minutes, il suffit de huit millièmes de secondes au lecteur pour plonger tête la première dans l’encre des mots de Gilles Bornais. Un univers impitoyable, des mythes qui sombrent, des rêves qui coulent, on nage dans la réalité violente du monde olympique. Si la nageuse aligne les longueurs, le roman de Gilles Bornais n’en souffre aucune. Très belle performance de l’auteur dans cette course de 203 pages qui se lit en apnée.