Prix Goncourt 2017 : Eric Vuillard

Les 10 membres de l’académie Goncourt ont dévoilé ce lundi 6 novembre, à l’heure du déjeuner le lauréat du célèbre prix littéraire francophone.

Les finalistes étaient, par ordre alphabétique d’auteurs :

  • Yannick Haenel avec son roman « Tiens ferme la couronne » (Gallimard)
  • Véronique Olmi avec « Bakhita » (Albin Michel)
  • Eric Vuillard avec « L’ordre du jour » (Actes Sud)
  • Alice Zeniter avec « L’Art de perdre » (Flammarion).

Le lauréat, après 3 tours de scrutin est Eric Vuillard avec « L’ordre du jour » (Actes Sud).

Le lauréat Eric Vuillard : 

Éric Vuillard, né en 1968 à Lyon, est écrivain et cinéaste. Il a réalisé deux films, L’homme qui marche et Mateo Falcone. Il est l’auteur de Conquistadors (Léo Scheer, 2009, Babel n°1330), récompensé par le Grand prix littéraire du Web – mention spéciale du jury 2009 et le prix Ignatius J. Reilly 2010. Il a reçu le prix Franz-Hessel 2012 et le prix Valery-Larbaud 2013 pour deux récits publiés chez Actes Sud, La bataille d’Occident et Congo ainsi que le prix Joseph-Kessel 2015 pour Tristesse de la terre et le prix Alexandre Viallate pour 14 juillet.

Le roman primé , L’ordre du jour : 

L’Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d’intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l’Anschluss par l’auteur de Tristesse de la terre et de 14 juillet.
Ils étaient vingt-quatre, près des arbres morts de la rive, vingt-quatre pardessus noirs, marron ou cognac, vingt-quatre paires d’épaules rembourrées de laine, vingt-quatre costumes trois pièces, et le même nombre de pantalons à pinces avec un large ourlet. Les ombres pénétrèrent le grand vestibule du palais du président de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants.

 

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Goncourt du premier roman 2017 : première sélection

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L’Académie Goncourt a dévoilé mardi une liste de quatre titres en lice pour le Goncourt du premier roman, qui sera décerné le 3 mai.
Voici la liste des ouvrages sélectionnés (par ordre alphabétique d’auteurs) :
– « Un collectionneur allemand », Manuel Benguigui (Mercure de France)
– « Marx et la poupée », Maryam Madjidi (Nouvel Attila)
– « L’Abandon des prétentions », Blandine Rinkel (Fayard)
– « Looping », Alexia Stresi (Stock)
L’an dernier, c’est l’écrivain Joseph Andras qui avait reçu le prix Goncourt du Premier roman. Dans « De nos frères blessés » (Actes Sud), il s’employait à réhabiliter la figure du militant communiste Fernand Iveton, seul Européen exécuté durant la guerre d’Algérie.

L’Académie Goncourt a également dévoilé mardi sa sélection pour le Goncourt de la nouvelle :
– « Fausses pelles », Benoît Decock (Salto)
– « Retourner à la mer », Raphael Haroche (Gallimard)
– « La conversation », Claude Sérillon (Cent mille milliards)
– « Nouvelles définitions de l?amour », Brina Svit (Gallimard)

Prix Goncourt 2015 : le lauréat est Mathias Enard!

Avec son roman « Boussole » (Actes Sud), il succède à Lydie Salvayre, Goncourt 2014 avec « Pas pleurer ». Une élection obtenue dès le premier tour.

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Entre Hédi Kaddour, déjà couronné la semaine dernière par le Grand Prix du roman de l’Académie française pour Les Prépondérants (éd. Gallimard), Tobie Nathan (Ce pays qui te ressemble chez Stock), Mathias Énard (Boussole aux éditions Actes Sud) et Nathalie Azoulai (Titus n’aimait pas Bérénice chez Pol), il était bien difficile de dégager un favori… C’est finalement Mathias Énard qui l’emporte dès le premier tour avec six voix contre deux à Tobie Nathan et une pour Hédi Kaddour, succédant à Lydie Salvayre (Pas pleurer, Seuil).

Les quatre finalistes du Goncourt, dévoilés le 27 octobre au musée du Bardo à Tunis, mettaient au coeur de leurs romans les relations compliquées entre l’Occident et l’Orient. Pour mériter le Goncourt, il faut « une histoire, une écriture, une ambition », avait résumé mardi matin Bernard Pivot, président de l’Académie Goncourt, sur France Inter. Le lauréat du Goncourt recevra un chèque de… 10 euros. Mais l’enjeu est ailleurs : un roman estampillé Prix Goncourt se vend en moyenne à environ 400 000 exemplaires.

Prix Goncourt 2015 : première sélection

Qui aura droit aux flashs des photographes, le mardi 3 novembre prochain, chez Drouant? Impossible à dire, mais le prochain lauréat du Goncourt sera fatalement parmi les quinze écrivains sélectionnés par les membres de l’Académie des Dix.

Ce jeudi 3 septembre, ils ont proclamé avant de passer à table une liste qui fait la part belle à Gallimard (en retenant à la fois un remarquable roman colonial d’Hédi Kaddour, la courageuse fable de Boualem Sansal sur le totalitarisme religieux et, plus étrangement parce qu’il ne s’agit pas d’un roman, le formidable récit que consacre Jean Hatzfeld à la jeunesse rwandaise), mais aussi à Stock (notamment en embarquant dans l’aventure le beau roman d’Isabelle Autissier, pourtant paru au printemps dernier, et le récit très remarqué que fait Simon Liberati de son amour pour Eva Ionesco).

On doit en revanche être franchement consterné chez Grasset: ni Laurent Binet (lauréat hier du prix Fnac), ni Charles Dantzig, ni Sorj Chalandon n’ont manifestement obtenu assez de voix pour participer à la compétition.

Les 15 titres en piste

Un amour impossible, par Christine Angot (Flammarion)

Soudain, seuls, par Isabelle Autissier (Stock)

Titus n’aimait pas Bérénice, par Nathalie Azoulai (P.O.L)

Discours d’un arbre sur la fragilité des hommes, par Olivier Bleys (Albin Michel)

Boussole, par Mathias Enard (Actes Sud)

Au pays du p’tit, par Nicolas Fargues (P.O.L)

Un papa de sang, par Jean Hatzfeld (Gallimard)

Les Prépondérants, par Hédi Kaddour (Gallimard)

Eva, par Simon Liberati (Stock)

Petit piment, par Alain Mabanckou (Seuil)

Ce pays qui te ressemble, par Tobie Nathan (Stock)

Il était une ville, par Thomas B. Reverdy (Flammarion)

2084, par Boualem Sansal (Gallimard)

Retiens ma nuit, par Denis Tillinac (Plon)

D’après une histoire vraie, par Delphine de Vigan (JC Lattès)

Prochaines sélections les 6 et 27 octobre. Résultat le 3 novembre, pour savoir qui succèdera à Lydie Salvayre, récompensée l’an passé pour «Pas pleurer» (Seuil).

On peut enfin observer au passage que tous ces titres se retrouvent par conséquent également en piste pour le Goncourt des Lycéens, à l’exception de celui de Mathias Enard, déjà lauréat en 2010 avec «Parle-leur de rois, de batailles et d’éléphants».

Source BiblioObs

Le fils, de Michel Rostain : prix Goncourt du premier roman 2011

 

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Le fils, récit de Michel Rostain

 

Editions Oh ! 2011

 

Ce récit a reçu le prix Goncourt du premier roman 2011.

 

 

 

On n’a jamais eu un enfant, on l’a toujours (Marina Tsvetaïeva) 

 

Le soir même du drame, un ami l’appelle. « Je ne sais pas si un tel jour tu peux entendre ce que je voudrais te dire, mais j’ai vécu cette horreur il y a quelques années, ce désespoir absolu. Je veux te dire qu’on peut vivre avec ça ». ‘Ça’, c’est l’impensable, l’intolérable, le cauchemar éveillé : la mort de son fils Lion, foudroyé à l’âge de 20 ans par une méningite.

 

Pour mettre à distance sa douleur, l’auteur et père emprunte la voix de son fils. Lion parle ici au papa endeuillé. Il se permet de plaisanter, de le railler, d’évoquer de même son intolérable chagrin. Lion nous décrit avec une ineffable émotion, une infinie pudeur mais aussi beaucoup d’humour et d’ironie comment s’est déroulé le drame, mais aussi les jours précédents, puis la vie sans lui désormais. Du marketing des obsèques à son odeur conservée dans ses effets personnels, en passant par la répartition de ses cendres sur le volcan islandais, le lecteur passe du rire aux larmes, tandis que le sujet, grave s’il en est un,  eût facilement pu verser dans le pathos. Et d’évoquer ces regrets propres à tout deuil, le passage en revue de tout ce que l’on aurait pu ou dû faire, dire, savoir, montrer.

 

 Loin d’être un récit où l’auteur s’asseoit dans un fauteuil de lamentations et pleure sur son sort, ce récit bouleversant est une magnifique ode à la vie. « Chaque jour de vie est pour papa comme une décision de vivre. (…). Maintenant que je suis mort il crie à tout bout de champ « Vive la vie ! » avec un volontarisme fou. Il lui faut crier cela, «  Fiat lux ! ».

 

  Un récit qui fait trembler, car cette mort qui touche un proche peut nous concerner tous, mais aussi et surtout, un livre qui est un cri d’amour d’un père à son fils, nous montrant combien les moments partagés, dussent-ils avoir été trop courts, ont laissé une empreinte indélébile dans le cœur et l’âme de ceux qui restent…

 

  P. 9 : un poème qui illustre parfaitement le propos :

 

Chercher encore des mots

 

Qui disent quelque chose

 

Là où l’on cherche les gens

 

Qui ne disent plus rien

 

 

 

Trouver encore des mots

 

Qui savent dire quelque chose

 

Là où l’on trouve des gens

 

Qui ne peuvent plus rien dire

 

 

 

Erich Fried

 

 

 

Informations pratiques :

 

 

 

Prix éditeur : 15.90€

 

Nombre de pages : 174

 

ISBN : 9782361 070 175