Citation du jour

Bien sûr, l’idée de vivre le temps qu’il reste dans la conscience du temps lui-même, l’idée de le savourer à chaque seconde, dans la grâce du présent, la certitude qu’il procure, l’idée de prendre le temps même s’il est compté, le temps pour faire les choses, prononcer les mots justes, préparer les adieux, déjà, prendre le temps pour laisser quelques traces, dessiner les sillons, réparer ou blesser, l’idée de vivre quand il n’y a plus de vie est une illusion romanesque – un rêve de bien-portant.

Grégoire Delacourt- Danser au bord de l’abîme.

Apples with engraved hearts

Citation du jour

« Être riche, c’est voir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. Mais je ne suis pas riche. Je possède juste un chèque de dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes, plié en huit, caché au fond d’une chaussure. Je possède juste la tentation. Une autre vie possible. Une nouvelle maison. Une nouvelle télévision. Plein de choses nouvelles. Mais rien de différent. »

 

La liste de mes envies – Grégoire Delacourt

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Glissez Grégoire Delacourt dans votre poche!

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Les quatre saisons de l’été, Grégoire Delacourt

Le livre de Poche, mai 2016

Bouleversant et solaire, ce nouveau roman de Grégoire Delacourt retrace la trajectoire de nos blessures intimes et nos élans les plus fous.

Quatre couples, quatre générations, quatre histoires d’amour. Et une seule date, un seul lieu. 14 juillet 1999, tandis que la fin du monde est annoncée six mois plus tard et appelle à vivre intensément les derniers possibles instants. Le décor, c’est la plage du Touquet, sur laquelle l’amour semble suivre le mouvement perpétuel de flux et de reflux des vagues, laissant les cœurs parfois secs sur la grève, les recouvrant de bonheur à d’autres.

« C’est toujours la même histoire, en temps de guerre comme en tant de paix, en été comme en hiver, cette nécessité de n’être pas seul. Cet appétit d’être aimé. » La faim d’amour est-elle la même à 15, 35, 55 et 75 ans ? Ou l’appétit d’aimer et d’être aimé suit-il le cycle de la vie, diminuant avec le temps ?

Le printemps de l’amour, sa saison de floraison, ce sont Victoire et Louis, adolescents, qui nous la font vivre. Premier flirt, premier baiser, premier embrasement. Première blessure aussi. Laquelle marquera de son sceau indélébile les histoires d’amour ultérieures.

L’été. A 35 ans, les feux de l’amour brillent au zénith. Tout semble possible, y compris, pour cette mère célibataire, de reconquérir son premier amour, celui qu’elle n’a jamais pu oublier ni retrouver dans les bras d’autres hommes depuis. Mais doit-on redonner vie à ses amours d’enfance où les laisser dormir dans nos souvenirs ?

L’automne. Cette saison où après la splendeur des feuillages couleur ocre et pourpre, on assiste à leur chute. Monique, 55 ans, au corps qui garde les stigmates de ses trois maternités heureuses et désirées, s’interroge. Peut-on encore s’embraser quand on n’a plus un corps de jeune fille ? Peut-on encore tomber amoureuse quand les sentiments qu’on croyait éternels se sont éteints, quand « l’homme de sa vie » s’avère n’être que l’homme d’une saison ?

Enfin, vient l’hiver de la vie. A 75 ans, après 50 ans de mariage, est-ce aussi l’hiver des sentiments ? L’amour qui unit ce couple, lequel s’est formé sur cette même plage ½ siècle plus tôt, ne semble pas avoir rencontré un seul grain de sable.

Quatre couples très attachants, qui vont s’influencer sans s’en rendre compte, grâce à une subtile construction orchestrée par l’auteur, lequel fait de nous les témoins privilégiés et ô combien émus de ces amours qui parlent de nous. Les sentiments sont exprimés avec magnificence, justesse, force, tantôt brûlent comme le sable chaud en plein été, tantôt glacent comme la mer quand elle se retire et laisse sur les cœurs le souvenir salé des larmes. Plongez tête la première dans ce roman et laissez-vous porter par la déferlante d’émotions dans toutes leurs acceptions qu’il suscite!

Une réussite.

Citation du jour

« Parce qu’il n’est jamais facile d’être parfaitement synchrone au début d’une histoire d’amour.
On doit apprendre à écouter, et non seulement ses mots, mais son corps, sa vitesse, sa force, sa faiblesse et ses silences qui déséquilibrent ; on doit perdre un peu de soi pour se retrouver dans l’autre. » Grégoire Delacourt dans La première chose qu’on regarde (JC Lattès)

Glissez Grégoire Delacourt dans votre poche!

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On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt

Éditions du Livre de Poche, septembre 2015

Peut-on aimer sans avoir été aimé? Peut-on réussir sa vie quand on a grandi dans le chaos?…

Ça avait la saveur, la couleur, le parfum du bonheur. Mais ça n’en était qu’un pâle ersatz. Une famille, un travail, des enfants, en réalité juste des clichés capturés dans le lasso d’un objectif photographique. Clichés de ce que doivent être les ingrédients d’une vie heureuse. Car si une photographie, à l’image du soleil, fait tout voir, elle ne se laisse pas regarder.

A l’aube du décès de son père, Antoine, quadra expert en assurances, refuse pourtant cette cécité feinte. Il rembobine le film de sa vie et force lui est de constater que le bonheur qui l’a jalonnée ne fut qu’une éphémère illusion. Des parents incapables de lui témoigner leur amour, un couple parental broyé par la perte d’un de ses enfants, comment lui, Antoine, peut-il construire du solide sur des bases aussi friables? Comment peut-il réussir sa vie de famille, sa vie amoureuse, sa vie tout court, quand autour de lui, ce ne furent que déchirements, incompréhension, effondrement? Comment s’aimer quand celle et ceux qui vous ont conçu, porté, ne vous ont pas renvoyé une image aimable (au sens digne d’amour) de vous? Peut-on seulement donner ce que l’on n’a pas reçu?…

Térébrants questionnements.

Lui qui passe son temps à gérer froidement des dossiers d’indemnisation, qui calcule sans état d’âme ce que sa compagnie remboursera à minima aux victimes, tente alors de chiffrer ce que vaut sa vie. Vaste question. La valeur est-elle le prix à payer pour obtenir quelque chose (pour autant qu’il s’achète, ce qui n’est pas le cas de l’amour) ou le coût en termes d’efforts, de patience, pour accéder à ce que l’on désire?

Dans ce roman, Grégoire Delacourt nous peint le portrait d’un homme sous la forme d’un triptyque bouleversant : l’enfance sans l’amour de sa mère ni le courage de son père, handicap affectif qui va conditionner sa vie adulte et le conduire à commettre l’irréparable; la tentative de reconstruction loin du drame, au Mexique; et enfin, l’irréparable pourtant en partie réparé grâce au pardon. Un roman qui prend à la gorge, secoue, malmène. Une histoire qui, aussi singulière soit-elle, recelle en elle une universalité qui touchera chaque lecteur : peut-on faire des ses cicatrices d’enfance des balafres réussies? Y a t-il une possibilité de mettre fin à la répétition des schémas parentaux? Peut-on apprendre à s’aimer et donc ensuite à aimer, quand on a grandi sans amour?

Sept Euros trente. Ce n’est pas ce que vaut la vie d’Antoine. C’est le mini prix à payer pour un maximum d’émotions. Un minuscule prix pour un grand bonheur de lecture.

Citation du jour

« Le bonheur est une telle ivresse, une telle violence qu’il emporte tout. Les pudeurs. Les peurs. Il peut être si douloureux, il peut faire vaciller, anéantir. Exactement comme le malheur. Mais on ne le dit jamais de crainte que le monde se méfie du bonheur. Parce que alors tout s’écroulerait. » Grégoire Delacourt dans On ne voyait que le bonheur (JC Lattès)