Lignes brisées, de Harold Cobert ( Editions Héloïse d’Ormesson)

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Nostalgie de l’adolescence, ironie du destin et regret de la passion, Harold Cobert renoue avec le thème des rendez-vous manqués.

Voilà plus de 20 ans que Gabriel et Salomé, alors adolescents, se sont séparés. Plus exactement que Gabriel l’a quittée. Lui est devenu un écrivain de renom. Elle est aujourd’hui une brillante parlementaire européenne. Et pourtant. Pourtant, Gabriel n’a jamais oublié la si gracieuse et si gracile ballerine qu’elle fut, la jeune fille dont la grâce infinie le subjuguait.  » Depuis des années, je t’aime à travers d’autres femmes. Au début, je crois toujours que je suis guéri de toi. Cela dure quelques mois, quelques semaines ou quelques heures. Et puis je te reconnais en elle. Une attitude, un regard, une manière de marcher, de se tenir, une grâce dans le port de tête. « Mais ces femmes ne sont que de pâles ersatz. Toujours il espère que Salomé lui reviendra, qu’ils reprendront là où leur amour s’esr arrêté, là où leurs lignes se sont brisées. Et en ce jour il espère plus particulièrement encore, tandis qu’il vient dédicacer son dernier livre dans la ville de Salomé.

Mais l’amour peut-il renaître après plus de 15 années loin l’un de l’autre? Les sentiments peuvent-ils se raviver sous le soufflet des souvenirs heureux ? Qu’eût-été leur vie s’ils ne s’étaient pas quittés 20 ans auparavant? Aurait-elle poursuivi dans l’élan du merveilleux tracé initial ou sa ligne se serait-elle brisée tôt ou tard?

Avec Lignes brisées, Harold Cobert entraine le lecteur dans une valse des sentiments à deux temps. Celui de la nostalgie et celui du présent. Une chorégraphie très joliment orchestrée, portée par une écriture aérienne et vive. Des dialogues qui s’enchainent dans un pas de deux envolé, des personnages attachants qui trouveront écho en chacun d’entre vous. A lire!

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Au nom du père, du fils et du rock’n roll, de Harold Cobert, aux éditions Héloïse d’Ormesson : des relations père-fils

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Au nom du père, du fils et du rock’n roll, de Harold Cobert

Éditions Héloïse d’Ormesson, avril 2013

     « Les enfants commencent par aimer leurs parents. En grandissant, ils les jugent. Parfois ils leur pardonnent. » Cet aphorisme d’Oscar Wilde, en exergue du roman, donne le La de cette partition romanesque sur fond de rock’n roll.

     Pour Victor, adolescent rebelle, la vie c’est sea, sexe and surf. Une forte tête. Insolence, provocation, coups de gueule, son père Christian est souvent pris à partie dans ses joutes verbales et attend que l’orage passe. Un gap générationnel les sépare. Un caractère rebelle les rapproche. Car Victor, qui se construit en opposition à la figure paternelle, ignore en réalité tout du parcours de ce dernier. Et tout particulièrement que Christian fut lui aussi un adolescent contestataire, délaissant ses brillantes études de mathématicien pour sa passion pour le rock’n roll. Et Christian de devenir le roi des nuits parisiennes, le maestro des platines, M. Best.

     Le fils et le père parviendront -ils à renouer le contact autrement que par l’affrontement? Un véritable dialogue pourra t-il se substituer aux éclats de voix?

     Dans ce roman qui couvre trois générations, Harold Cobert traite avec finesse de la relation complexe père-fils. Rivalité, opposition, complicité, à travers les portraits du père et du fils l’auteur rend formidablement bien compte de l’évolution des rapports, des incompréhensions, des manques et des besoins de chacun, de toutes ces notes qui vont s’inscrire ensuite sur la partition de leur personnalité. On vibre au diapason des émotions des personnages, on rit avec eux, on tremble avec eux, on s’emporte, on sourit. On n’a plus envie de les quitter…

     Une construction remarquable, un rythme soutenu digne d’un air de rock endiablé, des personnages indiciblement attachants, ce roman est une mélodie envoutante ponctuée par les beats des Rolling Stones et de Jimi Hendrix.

     A écouter…que dis-je…à lire!

Koryfête l’été avec… Harold Cobert! Envie de surfer au Pays basque?

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Cet été, j’emporterai avec moi deux romans de la prochaine rentrée littéraire :

Géographie de la bêtise (Seuil)

Le 2e et très attendu roman de Max Monnehay, auteur en 2006 du très remarqué et remarquable Corpus Christine. Max Monnehay confirme ici son talent singulier et passe avec aisance l’épreuve du 2e roman. J’aurais l’occasion d’en reparler cet automne. 

Les fidélités successives (Albin Michel)

Volumineux et ambitieux, ce nouveau roman de Nicolas d’Estienne d’Orves entremêle avec maestria les destinées individuelles et collectives, la petite histoire prise en étau dans la grande, jusqu’au vertige du « double je ». 

     J’emporterai également, non pas dans ma valise, mais dans mes souvenirs de lectures, les romans suivants dont je vous recommande vivement la lecture sur la plage, à la montagne ou à la campagne, histoire de ne pas bronzer idiot :

Autogenèse (Michalon)

Un thriller politique engagé, un roman monde, porté par une écriture ébouriffante.

J’ai déserté le pays de l’enfance (Plon)

Premier roman de Sigolène Visson, à l’écriture aussi acérée que poétique. Une découverte proche de l’envoûtement.

Les dents de ma mère (Plon)

2e roman d’Amandine Cornette de Saint-Cyr, ou comment aborder un sujet grave avec une légèreté et un humour conjurant le désespoir. Un roman qui a la pudeur de son intelligence et de sa profondeur.

Héloïse est chauve (Héloïse d’Ormesson)

Une Lolita moderne du point de vue de la jeune fille, un pari romanesque fou, une écriture virevoltante et étincelante, un chocolat suisse fourré à l’arsenic. Un régal.

Roman à l’eau de bleu (Héloïse d’Omesson)

Drôle, pertinent, intelligent. Isabelle Alonso imagine un monde où se sont les femmes qui mènent le monde et les hommes qui se battent pour obtenir une égalité des droits. Humour et profondeur pour un roman étonnamment « masculiste ».

La vie contrariée de Louise (Héloïse d’Ormesson)

Ce 2e roman de Corinne Royer est une réussite de suspense et de finesse où, c’est mon dada, les histoires individuelles se fracassent sur la digue de la grande histoire. 

Cyrano de Boudou (Héloïse d’Ormesson)

Un 2e roman, encore, fin, subtil, écrit avec la précision d’une partition, où Damien Luce revisite le mythe de Cyrano et le monde du théâtre avec les rires et larmes du clown. 

Manifeste vagabond (Plon)

D’une écriture lumineuse et implacable, Blanche de Richemont signe un appel à l’essentiel. Hypnotique. 

Le chapeau de Mitterrand (Flammarion)

Antoine Laurain réussit à tenir un pari romanesque impossible et à revisiter d’une manière aussi ludique que pertinente la société française du premier septennat de François Mitterrand. Chapeau bas !

                                                                        Harold Cobert

     Quant à vous, si vous souhaitez passer l’été au Pays basque et surfer sur des déferlantes d’émotion, glissez dans vos bagages le bouleversant roman de Harold Cobert, Dieu surfe au Pays basque.

Dieu surfe au Pays basque, de Harold Cobert : Quelle « l’âme de fond » !

 

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Dieu surfe au Pays basque, de Harold Cobert

 

Éditions Héloïse d’Ormesson, mars 2012

 

 

 

      Un samedi matin de juin, le narrateur se réveille brutalement. Non, le bébé n’est pas mort, ce n’était qu’un cauchemar. Non, il ne doit pas prêter attention à ce mauvais rêve. Sa femme est là, à ses côtés, et attend leur premier enfant. Non, il ne va pas se mettre à y voir un sombre présage. Non, non, non… Pourtant, il a beau rejeter cet horrible pressentiment, ce dernier lui revient comme un boomerang.

 

      Et si le présent n’était qu’un éternel recommencement? Car si c’est la première fois qu’il s’apprête à devenir père, sa femme, lors d’une précédente union, a déjà vécu l’indicible horreur : la perte de son petit Ferdinand, alors âgé de cinq jours. «Peur que quelque chose se passe mal, se grippe et compromette sa maternité. A mes appréhensions de devenir père se substituaient plus fortement encore celles de ne pas le devenir. Pour moi, mais surtout pour elle, car je ne voulais pas que le drame qu’elle avait vécu se répète.» 

 

      Elle. Un petit oiseau blessé au fort tempérament. Une fragilité forte. Une femme courage. LA femme de sa vie. Ils se sont rencontrés deux ans plus tôt au Pays basque. L’amour fou. Une évidence. Parce que c’était elle. Parce que c’était lui. «Cette beauté discrète et aérienne, à la Verlaine, qui s’impose sans rien qui pèse et qui pose.» Elle sera sa femme et la mère de leurs enfants. Si Dieu le veut… 

 

      Lui. Il ne s’était pas attendu à ce qu’elle tombât enceinte si rapidement après leur mariage. Une grossesse que le futur père vit animé de sentiments contradictoires : une exaltation intense mêlée à l’angoisse de ces nouvelles responsabilités. Poignante échographie de l’âme masculine. 

 

      Et soudain le cauchemar devient réalité. La fausse couche. L’épreuve inhumaine. Pas de péridurale face à de telles souffrances morales. L’heure est à la révolte, à la douleur, à la haine. Colère contre l’acharnement de la vie, colère contre le manque de psychologie tant du personnel soignant qu’administratif, colère contre Dieu. Comment garder la foi? Dostoievski ne disait-il pas que la mort d’un enfant empêche de croire en l’existence de Dieu? Colère mais aussi courage, car il est hors de question de laisser leur désir d’enfant s’échouer sur la grève.

 

 

 

      Avec beaucoup de dignité, une sincérité bouleversante, une force vitale époustouflante, Harold Cobert nous emmène surfer sur les vagues alarmes, les vagues à larmes, cette mère agitée par les tourments de la grossesse, devant laquelle les difficultés veulent s’ériger en brisants, mais qui toujours se relève. Pas d’exhibitionnisme ni de pathos ici, mais le cri d’amour d’un homme pour la femme de sa vie, d’un mari pour son épouse, d’un père en devenir pour son enfant.

 

     On le suit des embruns plein les yeux, de l’eau salée sur les joues. Et… on sourit face à la vie, ce courant si fort, qui nous entraine à nouveau sur la crête des vagues, la tête hors de l’eau. Car la vie reprend son cours. Toujours… 

 

P. 143 : « Il m’arrivait juste de caresser l’idée que si Ferdinand avait été une petite comète, celle ou celui que nous n’avions pas connu avait été une étoile filante. Et tous deux, à leur mesure, laissaient dans notre ciel une trainée de poussière d’étoiles que rien ni personne ne saurait effacer. » 

 

 

 

Le Karinotron avec… Harold Cobert !

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Harold Cobert est un écrivain qui est entré en littérature comme on entre en religion : par vocation. Une vocation doublée d’un talent certain. Une plume sensible, acérée,un style efficace, où chaque mot est pesé, choisi, Harold Cobert a l’art de nous surprendre, de nous emporter, de nous transporter à chacune de ses publications.

    Avec Le reniement de Patrick Tréboc, il évoque une satire de la société du spectacle et son influence sur la jeunesse. Deuxième roman et univers diiférent : Un hiver avec Baudelaire, sur l’itinéraire d’un homme dont la vie bascule du jour au lendemain. Une fresque sensible, poignante, véritable ode à l’espoir envers et contre tout. Troisième roman et voyage dans le temps. Avec L’entrevue de Saint Cloud, Harold Cobert, docteur ès Lettres, auteur d’une thèse sur Mirabeau, renoue avec ses premières amours. Tandis qu’en cet été 1790, la monarchie est en sursis, l’auteur imagine l’entrevue secrète entre Marie-Antoinette et Mirabeau à Saint-Cloud. Un livre récompensé à juste titre par Le prix du style.

  Harold Cobert s’est prêté avec une extrême gentillesse au « karinotron », nous annonçant avec bonheur… un nouveau roman pour le printemps, aux Editions Héloïse d’Ormesson !

Son Karinotron :

1-Votre livre de chevet
« Les Frères Karamazov » de Dostoïeski.
(et si je peux en ajouter deux autres : « Narcisse et Goldmund » d’Hermann Hesse et « Les Liaisons dangereuses » de Laclos)

2- Vos lectures :
Les dernières, alors, les livres que je viens de terminer et que j’ai aimés : « J’ai déserté le pays de l’enfance » de Sigolène Vinson (une perle noire), « Autogenèse » d’Erwan Larher (étonnant et vertigineux), « Cyrano de Boudou » de Damien Luce (gourmand et sensible) et « Héloïse et chauve » d’Emilie de Turkheim (un vrai régal, un pur bonbon empoisonné).


3-Votre façon d’écrire
Compulsive, maladive, graphomaniaque !

4-Votre rapport aux lecteurs
Simple. Sans eux et les libraires – et pour moi mes deux éditeurs fous, Héloïse d’Ormesson et Gilles Cohen-Solal – nous n’existons pas.

5- votre prochain livre
« Dieu surfe au Pays Basque », le 8 mars prochain aux éditions Héloïse d’Ormesson. Le sujet ? Chut…

 

     Nul doute que le pays basque deviendra le nouveau « spot » de la littérature en mars prochain. On attend donc avec impatience la vague d’émotions sur laquelle les lecteurs ne manqueront pas de surfer à la lecture de ce nouveau roman !

Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert : c’est dans la poche !

 

 

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Un hiver avec Baudelaire, Harold Cobert.
Editions du Livre de Poche, avril 2011

Ce roman nous mène sur les pas d’un homme, Philippe, dont la vie va basculer du jour au lendemain. Divorce, perte de logement et d’emploi, séparation d’avec sa petite fille chérie, celui qui avait apparemment tout pour être heureux, se retrouve brusquement dans le dénuement le plus complet, à la rue. Comment survivre lorsque l’on a tout perdu ? Avec quels moyens ? Pour quoi ? Pour qui… sinon pour l’amour de sa petite princesse, la chair de sa chair, sa fille qu’il n’a plus le droit de voir.

Dans un style vif et sobre, avec une sensibilité et une poésie à fleur de plume, Harold Cobert nous embarque avec une criante vérité au cœur de la vie de ces SDF, de leur quotidien, de leurs galères, des aberrations de l’administration à leur endroit. Il nous interpelle sur l’attitude de la société face à eux, sur ce regard qu’elle leur porte : mépris, rejet ,ou pire : transparence. Une transparence qui les tue plus assurément que la faim et le froid en écho à ces mots de Paul Eluard  » rendez-moi visible, je ne veux pas mourir en moi ! »… Avec une plume alerte, il leur redonne chair, consistance, porte sur eux un regard juste, humain, bouleversant… Et cet éclairage mis sur cette dure vérité sociale des exclus de nous rappeler si besoin était, que nous sommes tous des funambules de la vie, dans un équilibre ô combien relatif et fragile. Philippe peut être vous, moi, un proche, demain ou après-demain. Nul n’est à l’abri de perdre son petit confort de vie.

Et pourtant. Pourtant, si le thème abordé est douloureux, à aucun moment l’auteur ne sombre dans le pathos. Alors certes, on pleure beaucoup et j’ai beaucoup pleuré, oui. Mais ce récit d’une authenticité aussi vibrante que belle n’inspire pas de pitié à l’endroit de Philippe, son personnage : il suscite en nous une ineffable empathie, un attachement viscéral, une immense admiration. Car ce magnifique livre est une leçon de courage, de lutte, d’espoir, de rencontres salutaires improbables comme celle de ce chien errant Baudelaire. Un chemin de nuit parsemé d’étoiles plus lumineuses les unes que les autres, jusqu’à ce que l’aurore renaisse.

Alors, merci, merci Harold Cobert pour ce bijou de pure émotion offert dans un écrin de Talent avec un grand T ! Merci de prêter la voix de votre encre à ceux qui n’ont plus la parole.

A lire, à relire, à offrir, à méditer…

 

 

 

L’Entrevue de Saint-Cloud, Harold Cobert

Éditions EHO 2010

 

De la fragilité des destinées…

 

Été 1790. La monarchie est en sursis. Mirabeau le sait, le sent et presse Marie-Antoinette de lui accorder une entrevue secrète à Saint-Cloud. Car si cet homme habile stratège et libre-penseur est un élu du tiers-état, un des plus énergiques orateurs de l’Assemblée nationale, il n’en défend pas moins la monarchie. Un paradoxe seulement en apparence. Il défend une monarchie constitutionnelle, qui reconnaît le pouvoir du roi comme chef de l’état, tout en lui associant une constitution qui limite ses prérogatives. Celui que l’on surnomme «  l’Orateur du peuple », l’homme qui symbolise l’éloquence parlementaire, saura t-il rallier à ses convictions le plus difficile des publics, à savoir la reine ?  Plus que jamais, la monarchie est en péril. Louis XVI n’a pas la stature d’un grand roi. La reine frivole s’attire l’animosité du peuple. il faut réagir. Et vite.

Mirabeau veut tout faire pour sauver le trône.

Obtenir ce rendez-vous est déjà une gageure. Celui que Victor Hugo surnommait le libertin d’une « laideur grandiose et fulgurante  » collectionne les frasques d’alcôves, suscitant l’extrême irritation et le mépris de la reine. Cet homme la renvoie en effet à ses échecs : il cumule les handicaps physiques, a subi des emprisonnements arbitraires, or  malgré cela, il réussit en tout, y compris en amour. Elle qui a la jeunesse et la beauté, peut légitimement aspirer à une vie amoureuse épanouie. Or à la frustration de sa sexualité médiocre avec le roi, s’ajoute son impopularité grandissante. Elle  accumule les vexations, les manques. Saura t-elle faire passer ses griefs personnels, ses rancoeurs, après l’intérêt général?

Ou quand les destinées de l’Histoire ne tiennent qu’à l’histoire d’un seul individu…

Dès les premières lignes, le lecteur devient le témoin secret d’une joute oratoire dont il ne perd pas un mot, séduit par la complexité des personnages, les jalousies, rivalités, rancoeurs et passions en jeu. Harold Cobert, maniant les dialogues avec l’habileté d’un fin fleurettiste, nous offre un duel aussi savoureux qu’instructif sur cette période charnière de l’histoire.

Une entrevue…royale. 

 

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