Grand prix du roman de l’Académie française 2015 : deux lauréats ex aequo!

Hédi Kaddour et Boualem Sansal

Hédi Kaddour et Boualem Sansal remportent ex-aequo le Grand Prix du roman de l’Académie française pour respectivement Les Prépondérants et 2084, tous deux parus aux éditions Gallimard.

Hédi Kaddour et Boualem Sansal ont été choisis au quatrième tour par onze voix chacun, contre une voix à Agnès Desarthe (Ce cœur changeant). C’est la troisième fois que l’Académie décerne son Grand Prix du roman à deux écrivains en même temps. Ils succèdent à Adrien Bosc, 29 ans, qui avait reçu l’an dernier Grand prix du roman de l’Académie française pour son premier roman, Constellation.

Les livres : 

Les prépondérants : 

Au printemps 1922, des Américains d’Hollywood viennent tourner un film à Nahbès, une petite ville du Maghreb. Ce choc de modernité avive les conflits entre notables traditionnels, colons français et jeunes nationalistes épris d’indépendance.
Raouf, Rania, Kathryn, Neil, Gabrielle, David, Ganthier et d’autres se trouvent alors pris dans les tourbillons d’un univers à plusieurs langues, plusieurs cultures, plusieurs pouvoirs. Certains d’entre eux font aussi le voyage vers Paris et Berlin, vers de vieux pays qui recommencent à se déchirer sous leurs yeux. Ils tentent tous d’inventer leur vie, s’adaptent ou se révoltent. Il leur arrive de s’aimer.
De la Californie à l’Europe en passant par l’Afrique du Nord, Les Prépondérants nous entraînent dans la grande agitation des années 1920. Les mondes entrent en collision, les êtres s’affrontent, se désirent, se pourchassent, changent. L’écriture alerte et précise d’Hédi Kaddour serre au plus près ces vies et ces destins.

2084

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

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Prix Goncourt 2015 : les quatre finalistes

Ce pays qui te ressemble

Pour la dernière ligne droite de son concours, l’Académie Goncourt a choisi un lieu très symbolique. C’est depuis le musée du Bardo de Tunis qu’elle a en effet annoncé le nom des quatre finalistes du plus prestigieux des prix littéraires français.

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Le franco-tunisien Hédi Kaddour pour son roman «Les prépondérants» (éditions Gallimard) est encore dans la course, ainsi que Nathalie Azoulai («Titus n’aimait pas Bérénice», éditions P.O.L), Mathias Enard («Boussole», éditions Acte Sud) et Tobie Nathan («Ce pays qui te ressemble», éditions Stock).L’écrivain algérien Boualem Samsan («2084») et Alain Mabanckou («Petit piment») n’ont donc pas été retenus.

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«Nous sommes venus dire tenez bon, on est avec vous», a expliqué Bernard Pivot, président du jury Goncourt, pour justifier le choix du Bardo pour annoncer la liste finale. En mars dernier, ce musée de Tunis a été la cible d’un attentat ayant fait 22 morts. L’attaque avait été renvendiquée par Daech. «C’est une manière très symbolique, mais très sincère de dire : Vous vivez une période difficile mais la France pense à vous, notamment les écrivains, les journalistes, les professeurs, les étudiants. Soyez fermes. Les principes de liberté de pensée, d’écrire, de parler sont essentiels», a ajouté Bernard Pivot. Les membres du jury se sont également recueillis devant la stèle érigée en hommage aux victimes.
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Hédi Kaddour, déjà lauréat lundi du prix Jean-Freustié, est l’un des favoris des prix littéraires d’automne. Son roman qui se passe dans les années 20, dans un protectorat français du Maghreb, évoque les «conflits entre colons français et jeunes nationalistes épris d’indépendance» dans une petite ville où des Américains de Hollywood viennent tourner un film.

Le lauréat du prix Goncourt sera annoncé le 3 novembre à Paris.