C’est la vie!, de Jean-Louis Servan-Schreiber (Albin Michel)

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C’est la vie!, de Jean-Louis Servan-Schreiber

Editions Albin Michel, avril 2015

Illustrations de Xavier Gorce

L’idée de mourir sans m’être demandé ce que vivre veut dire me semblerait presque inconvenante. La perspective que la symphonie reste inachevée, que je puisse quitter la scène en laissant les tiroirs en fouillis me met mal à l’aise. » Comprendre, saisir le sens, le pourquoi, le comment. Les interrogations ne manquent pas. Qu’est-ce qui compte le plus dans ma vie ? Quel rôle y jouent les autres ? Pourquoi ai-je si souvent l’impression d’en savoir si peu ? Qu’est-ce qui est vrai ? Juste ? Important ? Puisque je dois mourir, quel sens a ma vie ? Comment accepter de n’être que moi ? Telles sont les questions que se pose Jean-Louis Servan Schreiber dans son nouvel essai. Des questions que nous nous sommes tous posées un jour ou l’autre, auxquelles le journaliste et essayiste s’efforce d’apporter des éléments de réponse dans un langage accessible à tous.

Et le message est plutôt  rassurant : certes nous sommes seuls, mais ‘seuls en compagnie’, car maillons d’une immense cordée humaine à laquelle nous devons tout.

Alors, puisque nous nous savons mortels, savourons chaque minute comme une chance : être vivant suffit à donner de la valeur à chaque journée.

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Sélection de 25 romans pour vous évader tout l’été!

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Vous avez attendu l’été avec une impatience grandissante.  Le voilà enfin, avec les vacances dans son sillage. La valise est presque prête, il ne reste plus que les livres à intercaler entre la crème solaire et le maillot de bain. Vous hésitez? Alors ces sélections de romans parus en 2014 vous guideront peut-être dans vos choix!

Voici différentes destinations de lecture. Prêts? Attachez vos ceintures!

  • Si vous mettez le cap sur la tendresse, embarquez aux côtés de :

– Gilles Paris avec L’été des lucioles  (éditions Héloïse d’Ormesson) et Au pays des kangourous (Livre de poche)

– François d’Epenoux avec Le réveil du coeur (éditions Anne Carrière)

– Philippe Routier avec L’enfant du parc (éditions stock)

  • Cap sur le suspens avec :

– Dominique Dyens avec La femme éclaboussée (éditions Héloïse d’Ormesson)

– Pierre-Yves Tinguely avec L’axe du sang (éditions M.A.)

– René Manzor avec Celui dont le nom n’est plus (éditions Kéro)

  • Cap sur l’étranger :

– Les États-Unis avec Sophie Simon  :  Gary tout seul (éditions JC Lattès)

– La Birmanie avec Jan-Philipp Sendker : L’art d’écouter les battements de coeur (éditions JC Lattès)

– La Jamaïque avec Philippe Vidal : Les montagnes bleues (éditions Max Milo)

– L’Irlande et la Pennsylvanie avec Paul Lynch : Un ciel rouge le matin (Albin Michel)

  • Cap sur les témoignages avec :

– Martin Gray et Mélanie Loisel, Ma vie en partage (éditions de l’Aube)

– Michel Baldy La rue était mon lit (City éditions)

– Marianne Guillemin Dans la gueule du loup (éditions Max Milo)

  • Cap sur l’amour  avec :

– Eric-Emmanuel Schmitt, L’élixir d’amour (Albin Michel)

– Nathalie Rheims, Maladie d’amour (Léo scheer)

– Nicolas Barreau, Le sourire des femmes (Éditions Héloïse d’Ormesson)

– Xavier de Moulins, Que ton règne vienne (JC Lattès)

– Fariba Hachtroudi, Le colonel et l’appât 455 (Albin Michel)

– Akli Tadjer, Les thermes du Paradis (JC Lattès)

  • Cap sur l’humour avec :

– David Foenkinos, La tête de l’emploi (éditions J’ai lu)

  • Cap sur l’histoire avec :

– Stéphane Bellat, La chambre d’Hannah (M.A. éditions)

– Catherine Hermary-Vieille, La bête (Albin Michel)

  • Cap sur un premier roman avec :

– Céline Lapertot Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre (éditions Viviane Hamy)

  • Cap sur la littérature jeunesse avec :

– Marie-Christine Buffat, La malédiction de la chanson à l’envers  (éditions Snow Moon)

Quelle que soit la destination que vous aurez choisie, nous vous garantissons non pas le soleil, mais le talent des auteurs! Bonnes vacances et… belles lectures!

 

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La Kar’interview de Catherine Hermary Vieille pour son roman La bête (Albin Michel)

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La Bête du Gévaudan est un animal à l’origine d’une série d’attaques contre des humains à la fin du XVIIIème siècle, dans l’actuel département de la Lozère (autrefois pays du Gévaudan). Des tueries qui mobilisèrent de nombreuses troupes royales et donnèrent lieu à de multiples interprétations tant sur la nature de cette « Bête » – vue tour à tour comme un loup, un animal exotique voire un tueur en série, que sur les motifs qui la poussaient à s’en prendre à la population. Dans son nouveau roman La bête (éditions Albin Michel), Catherine Hermary Vieille entraine le lecteur à la poursuite de l’animal. Un roman captivant qui capture le lecteur dès les premières lignes pour ne le libérer, fasciné, qu’à la toute dernière page.

Rencontre avec l’auteur :

Karine Fléjo : D’où vous est venue l’idée de traiter la bête sous cet angle si particulier?

Catherine Hermary Vieille : : Il m’a semblé qu’on ne pouvait pas traiter ce roman sous l’angle des meurtres, car il y a beaucoup de meurtres et cette répétition serait lassante. J’ai donc préféré m’appuyer sur un itinéraire, celui d’un homme, qui bascule peu à peu dans l’horreur.

KF : C’est un roman basé sur des faits historiques ou une fiction?

CHV : Tout est vrai! Même les noms de famille. Rien n’est inventé. Il y a un souci de vérité historique.

KF : Dans le même temps, ce n’est pas si étonnant, car vous vous attachez à toujours être prêt des faits et de l’histoire.

CHV : Oui, tous les personnages ont réellement existé.

KF : L’hypothèse selon laquelle la Bête est un loup ne semble pas plausible?

CHV : Le loup tuait très peu d’êtres humains. Il n’attaque pas ou très peu, sauf s’il se sent lui-même en danger ou si éventuellement la personne est affaiblie ou blessée tandis qu’il est affamé.

KF : Il s’agissait donc d’une hyène?

CHV : C’est une théorie de Gérard Ménatory, développée dans son livre « La bête du Gévaudan ». C’est un grand spécialiste des loups. Il a constaté que les historiens, pour lesquels il avait une certaine admiration lorsqu’ils font de l’histoire, n’étaient vraiment pas à l’aise dans le domaine de la zoologie, auquel il convient de rattacher ce qui se rapporte au monde animal! A la lecture des livres de ses prédécesseurs, il a enregistré de telles erreurs dues précisément à leur totale ignorance du comportement animal, que la nécessité d’un ouvrage un peu moins ténébreux s’est imposée à lui avec vigueur. Et c’est dans cet ouvrage qu’il expose sa théorie selon laquelle la Bête est une hyène. Le comportement de cet animal ne correspond en aucun cas à celui d’un loup. Un loup ne peut pas courir avec un enfant de trois ans dans sa gueule, la Bête est beaucoup plus puissante. Il a suivi l’histoire des Chastel. Ce qui l’a étonné notamment, c’est que lorsque le père Chastel est monté dans la montagne pour abattre la Bête, personne ne se soit intéressé au fait que la Bête n’ait pas bronché. Or si elle n’a pas réagi c’est qu’elle le connaissait… A partir de cette famille de sorcier guérisseur, il est remonté jusqu’au fils Antoine et jusqu’à sa hyène.

KF : Antoine qui est un homme animé d’une violence extrême, particulièrement suite à cet épisode de castration.

CHV : Oui. La plupart des jeunes esclaves mâles étaient 90% du temps castrés. Ainsi ils ne créaient pas d’ennuis, n’étaient plus agressifs. Donc là, le fils Chastel, réduit à l’esclavage à Alger, s’étant montré violent, il a été puni par la castration. A partir de cette castration, Antoine est diminué, humilié et le destin de cet homme s’amorce. On ne peut pas parler de vengeance, mais plutôt de la recherche d’un chemin qui va lui redonner de la puissance.

KF : Il est plus près de sa bête qu »il ne l’est des hommes?

CHV : Oui, tout à fait. J’ai essayé de me mettre dans la peau de cet homme qui viole et qui tue. D’une certaine façon, il est le maître de la vie et de la mort. Il décide. Il fait peur. Et pour un homme qui a été brisé, castré, c’est une revanche fantastique. Jusqu’au moment où il n’éprouve plus de plaisir à cette revanche, il en a une joie amère. Quand il tue cette petite fille, il tue la seule personne qu’il aime, comme s’il voulait tirer un trait sur tout ça.

KF : Il tue en quelque sorte la seule parcelle d’humanité qui est en lui?

CHV : Oui, c’est tout à fait cela.

KF : Ce roman est très visuel. Il pourrait faire un très beau film.

CHV : Un film ce serait formidable…

                                                                            Propos recueillis le 6 février 2014

La bête, de Catherine Hermary Vieille : captivant!

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La bête, de Catherine Hermary Vieille

Editions Albin Michel, février 2014

     À la frontière du mythe et de l’Histoire, Catherine Hermary-Vieille revisite la légende de la Bête du Gévaudan en explorant notre part secrète de violence et de bestialité. Un roman fascinant qui sonde les plus obscures pulsions humaines.

     En cette fin du XVIII ème siècle, sur les terres de La Besseyre-Sainte-Marie, village d’une centaine d’habitants en Gévaudan, le loup ne fait plus vraiment peur. On sait qu’il ne s’attaque pas à l’homme mais aux troupeaux, en cas de faim uniquement, et qu’il suffit d’un chien ou du bâton d’un berger pour le faire rebrousser chemin. Non, les craintes alors sont ailleurs. Le danger est moins palpable et donc plus effrayant : esprit malin, forces occultes, Diable cristallisent les craintes des paysans. Pour les combattre, il y a fort heureusement le père Chastel, sorte de guérisseur et sorcier dont les amulettes éloignent les esprits maléfiques.

     Mais quand les corps mutilés de femmes et d’enfants sont retrouvés baignant dans le sang, Jean Chastel semble bien démuni. Ni ses incantations ni ses potions ni ses amulettes ne parviennent à mettre fin à ces atrocités. Dans un premier temps, les loups sont accusés. Mais la violence des attaques, la cible humaine et non animale, la taille supposée de la bête laissent sceptique. Quel est donc ce monstre qui s’attaque aux êtres humains et délaisse le bétail? Une bête sanguinaire dotée d’une intelligence humaine ou un homme animé d’une rage animale? Des loups transformés en hommes? Des hommes transformés en loups? D’aucuns évoquent « une bête grande comme un veau, au poil roussâtre, rayée de brun sur l’échine, avec des oreilles courtes, une longue queue très mobile, de puissantes mâchoires, des yeux méchants. » « On dirait qu’elle obéit à un maître », avance même l’un d’eux. Les supputations vont bon train. La bête court toujours. Et tue.

     Tout le monde est désormais mobilisé. Paysans, louvetiers, dragons se promettent d’avoir sa peau.

     Dans ce roman inspiré de faits historiques, Catherine Hermary Vieille entraine le lecteur dans une course poursuite effrénée de la vérité. La tension est permanente, le rythme haletant, l’intrigue passionnante. Et l’angle d’approche particulièrement ingénieux. En effet, la romancière se place dans la tête de l’auteur de ces tueries, ce qui lui permet d’analyser avec beaucoup de finesse et de pertinence les mécanismes qui ont conduit un être avili à basculer du côté de la férocité et de la folie. Par esprit de vengeance, par soif de puissance, par faim de reconnaissance.

     La bête n’est pas celle que l’on croit…

     Un roman captivant !