Le jour où maman m’a présenté Shakespeare, Julien Aranda : attention gros coup de coeur!

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Le jour où maman m’a présenté Shakespeare, Julien Aranda

Editions Eyrolles, mars 2018

Un roman d’une poésie, d’une tendresse et d’une fraîcheur infinies. Ou le monde vu à travers le regard lumineux et plein d’espoir d’un enfant.

Elle a embrassé la carrière de comédienne de théâtre par amour inconditionnel pour Shakespeare. Un amour tel, qu’elle a baptisé son chien Roméo et que son fils a longtemps cru que Shakespeare était ce père qu’il n’a jamais connu. Certes, cette maman passionnée, qui reste arc-boutée à ses rêves malgré la poignée de spectateurs qui vient la voir sur scène, peine à subvenir à leurs besoins. Certes, elle qui rêve de Comédie française, doit se contenter d’un petit théâtre de Meudon. Certes, le père de son enfant l’a abandonnée. Mais jamais elle ne se départit de son sourire. Mais jamais elle ne tarit d’amour et d’attentions à l’égard de son petit garçon. Et puis, à défaut d’un père, elle lui a offert une famille, celle de la joyeuse troupe de théâtre.

« Un jour, j’ai demandé à maman pourquoi on avait si peu de choses, et surtout, si peu d’argent. Il vaut mieux cultiver l’être plutôt que l’avoir m’a-t-elle répondu. »

Un point de vue que ne partage pas sa sœur Myriam, cadre dans une grande banque. Et de lui reprocher de ne pas vivre dans « la réalité des choses », d’être une éternelle adolescente, vivant au jour le jour. Et de lui intimer de chercher un travail plus sérieux.

Mais le petit garçon et sa maman n’en ont que faire de ces critiques. «  La vie est courte et l’essentiel c’est d’oser être ce que l’on est pour ne pas devenir ce que l’on hait, et surtout de toujours prendre du plaisir dans ce que l’on fait. »

Mais cette philosophie de vie est mise à rude épreuve le jour où les huissiers les expulsent de chez eux et placent le jeune garçon chez sa tante… Comment continuer à croire en ses rêves en pareilles circonstances ?

Dans ce roman, le narrateur est un enfant qui, confronté à la rudesse de la vie, découvre le monde et ses paradoxes. Si les situations traversées sont dures, jamais le roman ne verse dans le pathos, bien au contraire. D’une part, l’humour, la tendresse et la poésie offrent un recul salutaire. D’autre part, cet enfant et sa maman sont tout sauf des êtres résignés : l’espoir est leur moteur, l’amour qui les unit leur force. Un roman d’une émotion à fleur de plume, lumineux, positif, dont les personnages vous hanteront longtemps. Un ENORME coup de cœur !

Les robes magiques de Pôdane (Nathan), Françoise Boucher : une version très drôle (et détournée ) du célèbre conte

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Les robes magiques de Pôdane, Françoise Boucher

Editions Nathan, mai 2018

Dès 5 ans

Françoise Boucher réinterprète très librement, avec féerie et humour, le célèbre Peau d’âne. Jubilatoire!

Je dois vous avouer qu’à première vue, je n’ai pas accroché à la couverture du livre, avec ces dessins crayonnés, à l’aspect volontairement bâclé, du genre dessin fait par un enfant. Mais m’arrêter à cela eût été une erreur. Car à peine le livre ouvert, je me suis engouffrée dans cette version détournée et ô combien drôle du célèbre conte de Charles Perrault, jubilant des trouvailles de l’auteur.

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Imaginez une fillette, Pôdane , portant des tenues étranges dès le plus jeune âge, comme ces couches magiques avec massage des fesses intégré. Elle possède une armoire avec des robes extraordinaires. Mais qui dit robes extraordinaires, dit mésaventures pas ordinaires. Ainsi sa robe voiture qui démarre sans elle et la laisse toute nue, ou encore sa robe grand soleil qui le soir venu…se couche à l’horizon. Et la laisse fort déconvenue.

Décidément, ses robes n’en font qu’à leur tête alors certes, elles sont extraordinaires, mais… ne pourraient-elles pas être juste « normales »?

Un conte jubilatoire, coloré, un humour déjanté, c’est vraiment une chouette histoire qui amusera les enfants… et leurs parents!