Rentrée littéraire : La mort de Mitali Dotto, de Anirban Bose (Mercure de France). Coup de coeur!

image

La mort de Mitali Dotto, Anirban Bose

Traduit de l’anglais (Inde) par Josette Chicheportiche

Editions Mercure de France, septembre 2016

Un roman au suspens haletant, particulièrement édifiant sur l’Inde d’aujourd’hui, avec ses disparités d’accès aux soins, son système de corruption, ses castes. Et une belle aventure humaine aussi. Coup de cœur de cette rentrée littéraire !

C’est plein d’enthousiasme que le docteur Neel Dev-Roy est revenu en Inde pour exercer, après une riche expérience de 15 années aux Etats-Unis. C’est donc munis de deux allers simples que sa femme et lui arrivent à New Delhi.

Mais très vite, le docteur Dev-Roy se heurte aux lourdeurs administratives et aux aberrations liées à la corruption et au système de castes. Le système de santé en Inde se caractérise en effet par le sous-équipement de ses infrastructures publiques et par la gestion erratique de son personnel soignant. A ces problèmes structurels s’ajoutent le manque de régulation d’un secteur privé en pleine croissance, les disparités d’accès aux soins entre riches et pauvres et la corruption. Pour consulter, les malades doivent choisir entre un secteur privé coûteux et peu encadré et des hôpitaux publics mal approvisionnés et surchargés. Si de surcroît ces derniers n’ont pas les moyens de payer de pot de vin, ils ne peuvent espérer de traitement de qualité. Mais Neel, intègre et scrupuleux, n’est pas du genre à baisser les bras ni à s’accommoder d’injustices et de petits arrangements. Tout particulièrement quand il se retrouve confronté au cas de la belle et mystérieuse Mitali Dotto.

Une indocilité qui va lui coûter cher.

Arniban Bose, médecin né en Inde, a longtemps exercé aux Etats-Unis. Ce roman aborde donc avec brio un sujet qu’il connaît de l’intérieur. Comment pallier les disparités d’accès aux soins, la corruption ? Comment se situer quand on revient au pays avec le regard d’un occidental, ses absolus moraux, sans relativisme ni contexte ? Un livre passionnant, qui tient le lecteur en haleine tout au long de cette double enquête : qui est cette femme, Mitali Dotto, délaissée par tous ? Quelles sont les motivations sous-jacentes du retour du Dr Dev-Roy  en Inde? Ont-elles un rapport avec son père, absent depuis des années ?

Un coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Les chemins de l’école (Nathan) : gros coup de coeur!

image

Les chemins de l’école, d’après le film de Pascal Plisson

Editions Nathan, août 2015

A partir de 8 ans.

C’est une très belle initiative qu’ont eue les éditions Nathan : s’inspirer du film et de la série documentaire « Sur la route de l’école », pour les décliner en une collection de quatre merveilleux livres. Ce sont ainsi quatre ouvrages aux superbes photographies qui proposent aux enfants de découvrir les périples de quatre écoliers à travers le monde pour pouvoir étudier. Car accéder à l’instruction reste dans bien des coins de la planète encore, une sacrée aventure, un combat quotidien au péril de sa vie. L’occasion pour nos enfants, de découvrir des univers autres, des conditions de vie aux antipodes des leurs, de mesurer l’enjeu que représente l’accès au savoir. Edifiant. Instructif. Passionnant.

image

Ainsi Ani, 11 ans, vit en Malaisie, au sein d’une famille de pêcheurs. Unique garçon d’une fratrie de six enfants, il est le seul à étudier. Une école distante de la maison, qui nécessite de ramer plus d’une heure chaque matin et soir sur un vieux canoë qui prend l’eau. Des études qui représentent un sacrifice financier colossal pour ses parents et rendent l’enjeu encore plus grand.

image

Devi, 13 ans, est une petite indienne qui brave elle aussi tous les dangers au quotidien, marchant des kilomètres à travers la plaine, traversant deux rivières sur de vieux rafiots rafistolés alors qu’elle ne sait pas nager, le tout après avoir aidé sa mère au travail de la maison. Dans un pays où la femme est peu considérée, où l’instruction pour les filles, principalement destinées aux tâches domestiques, n’est pas du tout une priorité, étudier est un privilège, une chance à saisir. Et Devi l’a bien compris.

image

Francklyn, 13 ans, vit quant à lui à Madagascar. Sur les onze enfants de la maisonnée, seuls les deux garçons vont à l’école. Chaque dimanche après-midi, ils quittent leur famille pour aller étudier toute la semaine à 20 kilomètres de là. Une distance qu’ils effectuent seuls à pied à travers la savane, leur sac de nourriture et de vêtements sur l’épaule.

imageEnfin Erbol, 12 ans, vit en Kirghizie, dans un village perdu au cœur des montagnes. Dans ce pays d’Asie centrale, les températures descendent très bas et le vent cingle le visage. Chaque jour, sur son cheval, il doit ainsi affronter le froid, la neige et la glace pendant plus de trois heures pour rejoindre l’école.

Quatre récits, quatre enfants, un seul but : accéder à un avenir meilleur grâce à l’instruction. Des livres à offrir sans modération, aux petits comme aux plus grands. L’occasion par ailleurs de contribuer à une noble cause : l’achat du livre contribue en effet au développement de l’association « Sur le chemin de l’école », laquelle aide à la scolarisation d’enfants à travers le monde.

Pour en savoir plus : http://www.surlechemindelecole.org

Gros coup de cœur !!!

Informations pratiques :

75 pages

12.5*18 cm

6.90€