Le cerf-volant de Toshiro, Ghislaine Roman (texte) et Stéphane Nicolet (Illustrations)

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Le cerf-volant de Toshiro, Ghislaine Roman (texte) et Stéphane Nicolet (Illustrations)

Editions Nathan, mars 2018

Un conte magnifique, d’une poésie et d’une tendresse infinies, sur la relation d’amour exceptionnelle entre un grand-père un peu fatigué et son petit-fils plein d’imagination. Ou quand l’amour donne des ailes.

Toshiro est tout excité. Son grand-père Satô et lui ont fabriqué un magnifique cerf-volant, à l’effigie d’un dragon émeraude. Il est à présent temps de le faire voler, en veillant à ne pas lâcher le ruban.

Toshiro est émerveillé par le spectacle de ce dragon dansant sur l’azur des cieux. Hélas, son grand-père, au dos tout voûté, ne peut pas se redresser pour regarder le ciel et l’admirer. Et Toshiro, comme muet depuis sa naissance, ne peut pas davantage lui narrer ce qu’il voit. Les mots restent bloqués dans sa gorge, prisonniers.

Qu’à cela ne tienne, si Toshiro est à court de mots, il n’est jamais à court d’idées. Et de trouver à chaque fois une solution, pour que son adorable grand-père participe pleinement au spectacle du cerf-volant. Jusqu’à ce jour où un miracle se produit…

Ce livre est un gros coup de coeur! ❤ J’ai succombé à la poésie de l’histoire, à la relation si belle qui unit Toshiro et Satô. A la force de leurs sentiments. Des êtres écorchés par la vie, qui vont puiser dans la force de leurs liens de quoi déplacer des montagnes. Un livre à offrir absolument à vos chères têtes blondes!

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Le bureau des jardins et des étangs, Didier Decoin : d’une déchirante beauté

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Le bureau des jardins et des étangs, Didier Decoin

Editions Stock, janvier 2017

Rentrée littéraire

Un conte initiatique d’une déchirante beauté, sensuel, poétique, voluptueux, à l’époque du Japon médiéval. Coup de cœur immense pour cette sublime estampe.

C’est une immersion totale dans le Japon du XIIème siècle, à l’époque Heian, que nous offre Didier Decoin.

Miyuki, jeune femme frêle, « une maigre silhouette d’herbe folle », vivait un amour idyllique avec Katzuro, le pêcheur de carpes le plus habile du village de Shimae, fournisseur officiel du Bureau des Jardins et des Etangs de l’empereur. Mais ce dernier glisse sur le fond glaiseux de la rivière et meurt noyé. Tous pensent alors que sa veuve va s’effondrer. Or c’est mal connaître la réservée Miyuki. Dès l’instant de la nouvelle de son décès, elle qui n’a jamais passé les frontières de son village, décide de relever le défi de livrer les carpes à l’empereur à plusieurs jours de marche de là. Parce que l’argent de la vente de ces poissons sacrés permettra de faire vivre le village. Mais aussi et surtout, parce qu’ainsi elle entend rendre hommage à son défunt mari. Ces carpes qu’elle portera péniblement dans des vasques en osier remplies d’eau, au bout d’une palanche, sont les dernières que Katzuro a capturées. Un trésor ô combien symbolique.

Un voyage qu’elle entreprend seule. En apparence. Car sans cesse les souvenirs de Katzuro l’accompagnent, au point de le rendre indiciblement présent à ses côtés, de guider ses pas, de faire battre son cœur.

Une aventure épique, au cours de laquelle il lui faudra affronter les intempéries, les monstres marins, les brigands, se frotter à une tenancière de maison close aux dents vertes. Ou comment la candide Miyuki, mue par l’amour pour son défunt mari, découvre le monde et s’émancipe. C’est pour le lecteur l’occasion d’un voyage sublime au cœur d’un Japon où se mêlent un raffinement extrême, une infinie poésie et une divine exaltation des sens.

Un coup de coeur absolu!

Première neige sur le Mont Fuji, de Yasunari Kawabata (Albin Michel)

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Première neige sur le Mont Fuji, de Yasunari Kawabata

Traduit du japonais par Cécile Sakai

Éditions Albin Michel, septembre 2014

Rentrée littéraire

 

Avec Première neige sur le Mont Fuji, le prix Nobel de littérature 1968 Yasunari Kawabata, nous offre six nouvelles inédites. Ces courts textes, publiés entre 1952 et 1960 dans des mensuels littéraires, n’échappent pas aux caractéristiques du grand maître : une recherche esthétique mêlant épure et sensualité, une quête de l’expression la plus essentielle des sensations.

Touche par touche, avec subtilité, l’auteur peint des tableaux sur des thèmes chers : la solitude, la mélancolie, la mort, la beauté. Il saisit ces instants de la vie où tout bascule : un couple qui se retrouve après avoir été séparé par la guerre, l’amitié entre deux écrivains dont l’un est condamné au silence, le vieil homme revenu assister au coucher de soleil dans son village natal, l’accident qui fauche la vie d’un enfant, la survenue de l’automne, l’amour pour une jeune fille dans les fragrances de sa peau.

Ce recueil de nouvelles met en avant tout l’art de Kawabata. La diversité des thèmes abordés reflète une œuvre qui concilie réel, quotidien, irrationnel et universalité. La forme particulièrement brève et  le dépouillement stylistique extrême ont une puissance évocatrice et suggestive stupéfiante. Avec des mots simples, délicats, une épure digne d’une estampe japonaise, il évoque la beauté et les sentiments qui survivent à la guerre, à l’éloignement, au temps.

Un univers poétique et sensuel à découvrir ou à redécouvrir…