Rencontre avec Sylvie le Bihan : « Ce livre, pour être honnête, c’est ma conception du rôle de mère »

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Le nouveau livre de Sylvie le Bihan, Amour propre, est paru aux éditions JC Lattès le 6 mars dernier. Rencontre avec la romancière pour nous parler de ce magnifique livre.

Amour propre est votre nouveau livre, paru aux éditions JC Lattès. Quel est son sujet ?

Ce livre, pour être honnête, c’est ma conception du rôle de mère. J’ai voulu expliquer ce ressentiment que peut avoir une mère non pas vis-à-vis des enfants, mais vis-à-vis de la société et vis-à-vis de la pression qu’on lui met depuis toute petite pour avoir des enfants. Ma conception de la maternité c’est, comme chacune d’entre vous qui êtes mère ou pas, une conception et une expérience propres. C’est-à-dire que ça n’est pas universel. On nous vend parfois, beaucoup, souvent du rêve, alors il faudrait être un peu mieux informée avant de devenir mère pour ne pas justement avoir de ressentiment. Je me suis inspirée de ma vie, de ma propre expérience, et ce qui était compliqué, c’était de dire « Lâchez-nous les femmes, celles qui veulent des enfants, celles qui n’en veulent pas et lâchons les enfants, car on met un peu trop de pression aux enfants puisque en tant que mère, on est jugée sur ce que font nos enfants. » En gros, on nous dit : « Marie-toi, aie des enfants, puis après, une fois qu’on a des enfants et qu’on est fatiguée, que c’est compliqué, et qu’on a besoin d’aide, on nous dit : eh bien si tu n’es pas contente fallait pas les faire ! »

Pouvez-vous nous présenter Julia, le personnage principal ?

Julia est moitié bretonne, moitié italienne. Sa mère l’a abandonnée quand elle était bébé et a laissé derrière elle le livre La peau, de Curzio Malaparte. Julia a été élevée par son père, a grandi à l’ombre de cette absence, a toujours voulu prouver quelque chose. Elle s’est mariée, a eu des enfants, peut-être pour prouver qu’on pouvait rester, qu’on pouvait ne pas faire comme sa mère qui était partie. Elle est fatiguée, élève seule ses trois enfants depuis son divorce, mais aime ses enfants d’un amour animal. Elle n’attend qu’une chose : qu’ils aient 18 ans, qu’ils commencent leurs études pour pouvoir, elle, retrouver son rôle de femme. Or deux de ses garçons décident de faire une année de césure, en restant à la maison à jouer à la PlayStation… donc là elle craque. Elle a fait connaissance d’un professeur d’italien et comme elle prépare un travail en littérature italienne sur Curzio Malaparte (cet auteur qu’aimait tant sa mère), ce professeur lui dit qu’elle peut aller seule dans la maison de Curzio Malaparte à Capri, s’isoler et écrire sur Malaparte. Elle accepte.

Parlez-nous de cet écrivain, Curzio Malaparte

Ce que Malaparte écrit est d’une grande sincérité, d’une grande poésie, et ce que j’aime dans l’écriture c’est ça, la sincérité. J’avais très peur en écrivant ce livre, peur qu’on me tombe dessus en me disant à propos des enfants justement : « Bah si tu n’en voulais pas, fallait pas les faire ! », alors que ce n’est pas du tout le propos. Le propos est de libérer une parole, car on est dans un monde du politiquement correct et tout doit être lisse. Or j’aime bien quand ça gratte un petit peu, quand ça démange, parce que j’ai l’impression qu’on a perdu un peu le sens du débat. On est tous un peu d’accord, un peu cloîtrés dans des groupes. Or j’aime bien le débat d’idées. Et je pense que ce thème du livre peut ouvrir un débat.

C’est une écriture au plus sec, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de rondeurs, pas de séduction à ce niveau-là. Vous allez toujours au corps du livre.

Un de mes auteurs préférés, un auteur italien, est Éric de Luca. Il fait de tout petits livres, mais tout est dit. C’est-à-dire que dans une phrase il y a 10 000 images, il faut s’arrêter pour apprécier. Et j’aimerais un jour parvenir à écrire un tout petit livre et avoir tout dit. Donc j’élague, j’élague, j’élague.

C’est aussi un livre sur les générations. Vous évoquez notamment la génération Snowflakes

Chaque flocon de neige est différent, il n’y a pas deux flocons de neige qui se ressemblent. À l’heure actuelle, la jeune génération se plaint beaucoup. On a surprotégé nos enfants en voulant les aider. Moi j’ai eu une éducation plutôt à la rude, ce n’était pas évident. On fait partie d’une génération à gagner plus que nos parents, donc on s’est dit c’est génial, on va pouvoir leur offrir ce qu’on n’a pas eu ! Sauf qu’en faisant ça, on fait des personnes qui ne sont pas prêtes à la vraie vie, c’est-à-dire à la dureté, au sens du travail, au sens de l’effort. Et cela m’inquiète. Donc je parle de cette génération.

Pourquoi ce titre Amour propre ?

L’amour propre, normalement, c’est très narcissique. J’ai voulu le tordre en me disant que c’était plutôt l’amour qui était propre des liens de sang, c’est-à-dire que je ne supporte pas cette injonction à aimer les gens de sa famille. J’ai envie de passer du temps avec des gens que j’aime et donc il y a des gens très très proches de moi dans ma famille, que je ne vois plus. Amour propre c’est pour moi un amour qui n’est pas imposé. Et c’est pareil pour les enfants. J’ai la chance d’avoir trois enfants que j’aime et dont j’aime ce qu’ils sont devenus, mais j’aurais pu ne pas en aimer un.  Ce n’est pas parce que nos enfants sortent de notre ventre que c’est formidable, extraordinaire. Je pense que si on a un enfant qui est un petit con, il faut pouvoir le dire pour ne pas se faire de mal et parce que dans le fond on le sait. Il faut pouvoir le prononcer pour pouvoir accepter.

C’est aussi un livre d’amour

Oui, c’est une véritable déclaration d’amour d’une mère pour ses enfants.

–> Retrouvez la chronique que j’ai consacrée à ce livre de Sylvie le Bihan, Amour propre, en cliquant sur ce lien : Chronique d’Amour propre

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Le nouveau livre de Grégoire Delacourt, Mon père

 

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Dans son dernier livre, Mon père, Grégoire Delacourt s’attaque à un sujet fort : les prêtres pédophiles dans l’église. Un roman sur l’enfance brisée, sur le rôle du père, sur l’amour et la reconstruction. Un cri de colère.

De quoi parle le nouveau livre de Grégoire Delacourt?

Le nouveau livre de Grégoire Delacourt est une immense colère. Une rage. Une soif inextinguible de vengeance. Celle d’un père face aux abus sexuels dont son fils a été victime, lors d’une colonie de vacances encadrée par des prêtres. Certes, le narrateur et son ex-femme, Nathalie, avaient bien remarqué le changement de comportement de leur fils Benjamin depuis son retour de vacances dans les Vosges. Certes, il avait mauvaise mine et semblait fatigué. Mais ils avaient attribué cela aux veillées et exercices sportifs de la colonie, aux changements d’alimentation sur le camp, et bien sûr, à leur divorce. Quant aux trois mots adressés par Benjamin à son père, sur la carte postale de vacances, « Viens me chercher », n’était-ce pas l’expression d’un caprice enfantin?

Ils n’avaient rien vu.

Ils n’avaient pas su, pas pu voir.

Jusqu’au jour où des maux de ventre violents conduisent Benjamin à être hospitalisé en urgence. Et l’agression sexuelle d’être découverte. Et la vie des parents d’être ravagée, à l’image de celle de Benjamin. On a arraché leur petit à l’enfance avec un déchaînement de bête fauve. Le père, fou de douleur, de culpabilité et de rage, se rend alors au presbytère pour en découdre avec le coupable. Va-t-il devenir un bourreau à son tour, répondre à la violence bestiale par une autre violence bestiale? La frontière est si fragile entre lumière et ténèbres…

Mon avis sur le dernier livre de Grégoire Delacourt

L’auteur notamment de La liste de mes envies et de L’écrivain de la famille, s’attaque dans ce livre à un sujet brûlant et délicat : les abus sexuels sur les enfants par les prêtres et le silence de l’église à ce sujet. Comment respecter les valeurs de pardon enseignées par l’église catholique, comment garder foi en son prochain, comment se référer à la Bible, quand on est confronté à de tels crimes? Et l’attitude de l’église, qu’en penser ? La réponse du prêtre est éloquente: « Je n’ai pas protégé ceux que j’avais la charge de consoler et de chérir. Et l’Église a fermé les yeux. L’évêque de notre diocèse a fermé les yeux. le Vatican a préféré se coudre les paupières et manipuler les magistrats. Alors je me suis plu à imaginer que leur cécité était une forme d’assentiment. Car si les pères ne condamnent pas, si les pères n’interdisent pas, si les pères ne punissent pas, alors les fils conjecturent qu’ils ont tous les droits. » Comment, dès lors, briser le cercle non vertueux de la violence, du désir de vengeance? Par le pardon? Dans ce cri de colère poussé par Grégoire Delacourt, on sent vibrer tout l’amour d’un père. Un père qui a aimé son fils du mieux qu’il a pu, avec ce qu’il a lui-même reçu – ou pas, de son propre père. Un père impuissant à refaire le passé, à effacer le crime commis sur son fils. Mais un père désireux, par son incommensurable amour, d’aider la chair de sa chair à se reconstruire. Malgré le carnage. Malgré les blessures indélébiles.

Un roman qui laissera des marques sur votre âme. Indélébiles elles aussi.

 

La dernière photo, Franck Courtès (JC Lattès) : le récit d’un passeur d’émotions

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La dernière photo, Franck Courtès

Editions JC Lattès, avril 2018

Le récit émouvant d’un homme, photographe de renom, qui a délaissé l’objectif de son appareil photo pour sa plume d’écrivain. Un choix en cohérence avec ce qu’il est, ce qui le fait vibrer, ce dont il a besoin : faire passer des émotions, être dans la vérité des choses.

Pendant plus de 20 ans, Franck Courtès a été photographe. Passionnément photographe. Il a vibré, frémi, vécu par et pour la photographie. Très vite, son talent est salué. Libération, Les Inrockuptibles, il multiplie les portraits de vedettes dans les pages des journaux et magazines nationaux, réalise les photos des pochettes de disques de chanteurs de renom, toujours entre deux trains, entre deux avions pour l’autre bout du monde. Ce qu’il aime par-dessous tout ? Aligner sur une même ligne de mire le regard, l’objectif et le cœur. Faire tomber le masque bien lisse des apparences pour saisir l’âme de ceux qu’il photographie. Fusionner l’espace d’un instant avec le modèle.

Un art qui implique une implication totale, fait l’éloge de la lenteur.

Or au début des années 2000, on ne demande plus aux photographes d’exprimer une vision personnelle de leur sujet, de faire ressortir la vérité du modèle, mais d’offrir au public une image flatteuse, vendeuse, dût-elle être surfaite, ne pas refléter la personnalité réelle de la personne mais ce qu’on a projeté sur elle. Non seulement on demande désormais à Franck Courtès d’être expéditif, de s’en tenir à la surface des choses, mais de plus en plus de modèles le considèrent juste comme un faire-valoir. Invisible dans leur regard, traité avec mépris, il n’est toléré que parce qu’il fait d’eux un portrait avantageux qui circulera dans les médias.

Lentement, le divorce avec la photographie, ou plus exactement avec ce qu’est devenue la photographie de presse, se dessine. Non seulement l’auteur n’y retrouve plus la flamme première, mais il est en désaccord avec lui-même, avec ce qu’il aime, ce dont il a besoin. Chaque commande acceptée l’éloigne de lui, de son essentiel. Osera-t-il sauter le pas ?

Avec une sensibilité à fleur de plume, on assiste à la fin d’une passion et à la naissance d’une autre. Ou quand l’écriture se substitue à la photographie pour véhiculer des émotions. Franck Courtès a eu le courage de quitter un métier qui paraissait enviable de l’extérieur, mais le tuait à petit feu. Un parcours passionnant, émouvant, qui interpellera celles et ceux qui ont le sentiment de passer à côté de leur vie, de ne pas avoir fait les bons choix. Franck Courtès vous le montre : il n’est jamais trop tard pour faire du reste de sa vie la plus belle partie de son existence.

 

 

Le langage de la solitude, le nouveau sublime roman de Jan-Philipp Sendker (JC Lattès)

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Le langage de la solitude, Jan-Philipp Sendker

Editions JC Lattès, mai 2018 

A travers ce nouveau roman, viscéralement humain, servi par une écriture poétique, Jan-Philipp Sendker nous offre une immersion totale dans la Chine d’aujourd’hui. Une vision fascinante, pertinente de ce pays où les traditions sont encore bien présentes, où toute remise en question de l’ordre établi est périlleuse. Un roman empreint de sagesse orientale. Coup de cœur absolu ! ❤

Depuis le décès de son fils Justin, Paul, ancien journaliste américain, s’est retiré du monde dans une petite île au large de Hong-Kong. Quand sa route croise celle de Christine, une chinoise exilée à Hong-Kong avec sa mère pour raisons politiques, il renoue prudemment avec le bonheur. Car la vie lui a appris ceci : « Ne plus jamais tenir quoi que ce soit pour acquis ». Christine se montre patiente, douce avec ce solitaire affamé d’amour et lui fait peu à peu prendre conscience de la véracité de ce dicton chinois « Un être humain tout seul n’est pas un être humain. »

Alors que Paul se laisse apprivoiser, c’est Christine qui devient fuyante car tourmentée. Son passé l’a rattrapée. Ce frère qu’elle croyait mort dans les camps en Chine, se rappelle 40 ans après à son bon souvenir. Sa femme est gravement malade, il a besoin d’aide. Retourner en Chine, ce pays où elle garde de si douloureux souvenirs, à commencer par le suicide de son père sous ses yeux pour fuir les gardes rouges quand elle avait 6 ans, est une épreuve. Paul décide de l’accompagner.

Sur place, les réflexes de journaliste de Paul refont surface. Et d’investiguer. Et de chercher à comprendre pourquoi cette femme, mais aussi d’autres personnes du village souffrent du même mal, de ce qui ressemble bel et bien à un empoisonnement au mercure. Avec ses réflexes d’occidental, il pose des questions, fouille, est prêt à affronter les autorités pour permettre à la vérité d’éclore au grand jour. Une attitude aux antipodes de l’attitude soumise, apeurée et résignée de ses interlocuteurs chinois, du moins de nombre d’entre eux. Devra-t-il lui aussi se résigner ou la vérité se forgera-t-elle un chemin vers la lumière ?

Dans ce roman empreint de sagesse orientale, de tableaux de cette Chine si éloignée de notre univers occidental, Jan-Philipp Sendker nous offre un double voyage : un voyage au cœur de l’humain et un voyage au cœur de la Chine d’aujourd’hui. Avec une plume sensible, délicate, poétique, il met en évidence le choc des cultures, la beauté et la richesse de nos différences. Un roman dense, émouvant, riche humainement. Un véritable coup de cœur!

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à un autre ouvrage, lui aussi magnifique, de l’auteur : L’art d’écouter les battements de cœur.

 

Sans titre, Valérie Gans : attention coup de coeur!

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Sans titre, Valérie gans

Editions Jean-Claude Lattès, avril 2018

Entre satire sociale et thriller psychologique, de la quête de la beauté à la fabrication d’un succès, Valérie Gans brosse un tableau au vitriol de notre société. Gros coup de cœur !

Je vous avais parlé avec enthousiasme du précédent roman de Valérie Gans, Emprise, dont vous pouvez retrouver la chronique ici : Emprise, Valérie GansC’est avec un aussi fol enthousiasme que je vous parle de son nouveau roman, coup de cœur absolu : Sans titre.

Le peintre Egon Stübli, en couple avec le chirurgien esthétique de renom, Charles Newcomer, disparait tragiquement alors qu’il surfait dans une baie réputée dangereuse. Rendu célèbre par une série de tableaux, Les Uglies, série de portraits suscitant fascination et répulsion à la fois, car très dérangeants, ce dernier peinait depuis à renouer avec le succès. Mais sa disparition fait soudain de ses dernières toiles, boudées par les critiques d’art, des objets de la plus haute convoitise. La cote d’Egon s’envole.

De son côté, Charles en a assez de ces femmes riches qui veulent absolument lifter la moindre ride, réelle ou supposée, arborer une poitrine opulente, se glisser dans un 36, gommant ainsi tout ce qui faisait leur unicité, leur personnalité, pour au final toutes se ressembler, complètement refaites et artificiellement « belles ». C’est alors qu’il a une idée novatrice en matière de chirurgie esthétique. Idée que l’argent issu de la vente des œuvres d’Egon pourrait lui permettre de mettre en pratique…

Valérie Gans dresse une satire de notre société. Qu’est-ce que la beauté, qu’il s’agisse d’une personne ou d’une œuvre d’art ? Pour Baudelaire, le beau est toujours bizarre. La beauté doit-elle être ce qui étonne, interpelle, touche (plaisir ou déplaisir) ? Ou doit-elle entrer dans des normes quant aux mensurations d’une personne, quant à l’esthétisme d’un tableau ? Avec un talent inouï pour entretenir le suspense, Valérie Gans nous peint des situations qui s’avèrent être des trompe-l’œil les unes après les autres. Jusqu’à la chute finale, vertigineuse.

Un gros coup de cœur !

Le coup de coeur du libraire du jour

Aujourd’hui, c’est Lydie Zannini, de la librairie et papeterie du théâtre Zannini, à Bourg en Bresse, qui nous livre son coup de coeur.

Lydie Zannini, libraire depuis ses 18 ans, est véritablement passionnée par son métier, ce qui lui vaut d’ailleurs la reconnaissance de médias tels que RCF, Sud Radio, France Info, LCI, RTL et Le Parisien, qui la sollicitent régulièrement pour ses coups de cœur et bons conseils. Lieu d’accueil et de conseils, la Librairie Papeterie du Théâtre affiche sa volonté de s’inscrire dans l’animation de la vie locale de Bourg-en-Bresse et plus largement du département.

Connues pour leurs conseils de lectures avisés, Lydie et Marie Zannini, un duo mère/fille inséparable, et toute leur équipe sont là pour vous écouter, vous conseiller, vous faire partager leur goût du LIVRE et vous faire rencontrer de nombreux auteurs !

Et le coup de coeur de Lydie Zannini est le nouveau roman de Valérie Gans, Sans titre, paru aux éditions Jean-Claude Lattès en avril 2018. « Amour, argent, art ? Art, amour, argent ? Qu’est-ce qui dirige les hommes ??? Valérie Gans va essayer de nous éclairer! Egon Stübli peint. Quand il disparaît, son compagnon est sans ressort. Jusqu’à ce qu’un galériste décide de promouvoir Egon ! À partir de cette montée en puissance des oeuvres d’Egon, Charles perd pied. L’argent lui monte à la tête. Mais la rencontre avec Chloé va changer sa vie. Jusqu’à quel point la beauté d’une femme peut-elle la desservir ? Et pourquoi l’argent asservit l’homme ? MERCI Valérie Gans, pour CE MERVEILLEUX ROMAN QUI INTERROGE !  » Lydie Zannini.

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J’ai lu ce roman sur les conseils de Lydie et c’est un vrai coup de coeur, dont vous pourrez lire la chronique les jours à venir. Alors foncez!

Informations pratiques :

Librairie du théâtre Zannini

8 cours de Verdun – 0100 Bourg-en-Bresse

Pour connaître les événements littéraires, signatures, coups de coeur de cette librairie extrêmement dynamique, allez jeter un oeil sur son site : Site de la librairie du théâtre

La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt : forever young!

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La femme qui ne vieillissait pas, Grégoire Delacourt

Editions JC Lattès, mars 2018

Forever young. La jeunesse éternelle est-elle vraiment la garantie du bonheur ?

« Les Betty sont des femmes tendres, sentimentales, émouvantes et attachantes. » Notre Betty est de surcroît d’une beauté inaltérable. Depuis l’âge de trente ans, âge de sa  maman quand elle fut fauchée par une voiture, elle n’a pas pris une ride. Involontairement, elle perpétue l’image maternelle, véritable sosie de cette dernière quand elle a été arrachée à la vie. Un visage d’une délicatesse exquise, « sur lequel comme une eau claire coule le temps. »

Ne pas vieillir. Un rêve. Le rêve de toute femme. Rester belle et jeune, désirable, sans pour cela devoir recourir à la chirurgie esthétique ou aux cosmétiques, quelle euphorie ! Est-ce cet amour parfait qu’elle file avec son mari André, un homme au regard triste de Gene Kelly, qui se reflète dans son beau visage et lifte tout sillon sur sa peau ? Si dans un premier temps elle veille jalousement sur son secret, évite d’en parler malgré les remarques appuyées de son entourage sur son incroyable physique, vient un moment où il lui faut affronter les conséquences de cette inaltérable jeunesse : et si ne pas vieillir était un cadeau empoisonné ? Alors, la jeunesse éternelle, paradis ou enfer ?

Dans ce 7ème roman, par la bouche de la sensible et si attachante Betty, Grégoire Delacourt nous interroge sur cette mode du jeunisme à tout prix. Si autrefois la vieillesse était associée à des valeurs telles la sagesse et l’expérience, aujourd’hui elle est synonyme d’angoisse. Conserver une certaine jeunesse est devenu pour beaucoup une obsession. Pourquoi ? Car le désir serait suscité par la beauté, et la beauté associée par identité métonymique à la jeunesse. Or n’est-ce pas là que se situe le cœur du problème ? Nous courons après ce que nous n’avons pas ou plus, éternels insatisfaits, alors que le secret du bonheur réside peut-être justement dans le fait de s’accepter tel que l’on est. Car vieillir est une chance, une opportunité qui n’est pas donnée à chacun. Alors savourons-là, ici et maintenant. Savourons chaque instant que la vie nous donne.

Cocteau disait qu’un beau livre c’est celui qui sème des questions à foison. Grégoire Delacourt sème les bonnes questions, bouscule les idées reçues et nous offre un très beau livre. Coup de cœur ! ❤