Pénurie dans la galaxie, Juliette Nothomb : jubilatoire!

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Pénurie dans la galaxie, Juliette Nothomb

Editions Acrodacrolivres, octobre 2016.

Un humour savoureux, une imagination débordante, avec Pénurie dans la galaxie, Juliette Nothomb nous offre un livre absolument jubilatoire.

Imaginez que le réchauffement climatique prenne une ampleur phénoménale. Imaginez que la Terre ne soit pas la seule planète habitée. Non, je ne parle pas de Mars et des petits hommes verts, auquel cas je ne vous apprendrais rien, mais des lactésiens ! Lactéquoi ? Des habitants de la Voie Lactée pardi !

Nous sommes en 4014 (grâce à un saut de puce dopée dans le futur ) et les Lactésiens ont besoin de nous. Ils ont dépêché leur porte-parole auprès des terriens, Listerio, un petit jeunot de 234 ans (l’auteur ne dit pas s’il est un descendant de Jeanne Calmant), pour solliciter notre assistance technologique. Pensez donc, faute d’avoir pris soin de la Voie Lactée, qui n’était jusqu’en 4010 que fleuves et mers de lait délicieux, le climat s’est réchauffé, passant de 4 à 11 degrés. Et le lait, boisson vitale des Lactésiens, élément central de leur alimentation, de tourner. Pire, de se transformer en beurre ! C’est ainsi la population lactésienne dans son ensemble qui est menacée…

Or « S’il est universellement connu que les êtres sont peu partageux quand il s’agit d’aider d’une manière ou d’une autre des sinistrés dont la nature du désarroi est inconcevable pour les premiers, il est par contre fréquent de voir s’entraider avec enthousiasme, générosité et efficacité des populations qui vivent dans des conditions géographiques et climatiques semblables, et sont menacées par les mêmes dangers ». Les terriens que nous sommes étant fort heureusement (hélas !) experts en matière de réchauffement climatique, nous sommes les mieux à même d’aider ces pauvres Lactésiens.

Juliette Nothomb, avec sa verve inimitable, nous offre un livre absolument savoureux. Le lait dans tous ses états, de la mousse lactée au beurre rance, ou comment aborder un sujet aussi sérieux que le changement climatique par le biais de la dérision. Des formules inédites, un humour inénarrable, apprêtez-vous à passer un délicieux moment sur la Voie Lactée !

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Les sept canailles de la Bleue Maison, de Juliette Nothomb : savoureux!

Les sept canailles de la bleue maison, de Juliette Nothomb

Éditions Memory, novembre 2014

En région wallonne, dans la province du Luxembourg, se cache au lieu-dit Le Pont d’Oye, cadre magnifique s’il en est, un restaurant au nom romanesque : Les Plats Canailles de la Bleue Maison. Dans ce haut lieu de la gastronomie, le chef Richard Thiry et sa femme réservent aux gourmets et gourmands, depuis plus de 35 ans, des merveilles pour les papilles et pour les pupilles.

Jusqu’à ce jour de juin 2013 où ce fut à leur tour d’être surpris…

Quel ne fut pas l’étonnement du chef en effet, quand se succédèrent à sa table en cette seule et même journée pas moins de sept personnages d’un autre âge, au bon accent du terroir et à l’hygiène douteuse! Et chacun de désirer se faire servir une spécialité du chef. Ce dernier, bien que surpris par ces ouailles, se mit aux fourneaux. Amuse-bouche de sardines marinées, pomme de terre farcie aux truffes et ses petits légumes, côte à l’os avec béarnaise maison et pommes de terre grenaille, langouste crème fleurette au curry petits légumes et riz Basmati, Brie de Meaux farci aux truffes, gaufres maison chantilly aux myrtilles, entremets au chocolat Alpaco Ecuador 66%, des mets tous plus délicieux les uns que les autres leur furent mitonnés.

Entre légende et réalité, Juliette Nothomb nous a concocté avec la talentueuse plume qu’on lui connait, un roman culinaire succulent, truffé d’humour et de tendresse. « Je pense que si la grande cuisine faite avec passion ne préserve pas du chagrin ni ne sauve les âmes, elle peut cependant procurer chaleur, douceur de vivre et réconfort du coeur » (P.52). Assurément, ce roman vous le garantit!

Un roman à consommer sans modération.

NB : en fin d’ouvrage, vous trouverez les fiches détaillées des sept recettes du chef Richard Thiry. A vos fourneaux!

Informations pratiques :

Prix éditeur : 12€

Nombre de pages : 53 plus 7 fiches de recettes

ISBN : 978 2 87413 231 5

Juliette Nothomb : Carrément pralines, 50 recettes à la mode de Godiva : carrément accro!

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Carrément pralines, 50 recettes à la mode de Godiva, de Juliette Nothomb

Editions de La Renaissance du livre, 17 octobre 2013

Après Carrément biscuits, où Juliette Nothomb sublimait les biscuits Delacre, c’est carrément un plaisir de découvrir tout juste sorti des fourneaux, le tout beau et tout chaud Carrément pralines qu’elle nous a concocté, véritable ode à la gourmandise chocolatée. De quoi devenir carrément accro…

Le chocolat et Juliette Nothomb, c’est de son propre aveu une passion enfantine qui ne s’est pas démentie au fil du temps. Une histoire d’amour qui se décline en trois couleurs : noir, blanc et au lait. Aussi, quand le génie culinaire de Juliette s’associe à l’excellence des pralines de Godiva, naissent des recettes plus merveilleuses, plus créatives, plus étonnantes les unes que les autres. Mais attention, notre divin cordon bleu vénère trop ladite praline pour la noyer dans des desserts ou en tuer la saveur originelle. Comptez sur Juliette pour vous inventer des recettes qui subliment ce délice intemporel, soit par association, par incorporation ou « à la manière de ».

Ainsi, comment résister à son « Blondie »? Comment, vous ne connaissez que le Brownie, lequel «  se reconnaît à sa surface croûteuse et crousitillante, un peu ridée comme un chanteur de charme sur le retour »? Alors vous succomberez à son Blondie, le même que le Brownie « version péroxydée ». Impossible de même de résister plus d’un quart de milliardième de seconde à sa Tarte très noire, « cette tarte riche en cacao et onctueuse à souhait est facile à faire et ne nécessite quasi pas de cuisson. » Mieux, Juliette Nothomb vous dévoile toutes ses astuces pour réaliser vous-même ces succulents desserts. Vous pourrez ainsi, pour votre seul plaisir ou celui de vos proches, enchanter les pupilles et les papilles avec le label « c’est moi qui l’ai fait »! Carrément épatant.

Alors, si vous considérez que la gourmandise est un délicieux défaut, si vos oreilles rêvent d’entendre « encore » et non « je n’ai plus faim », ruez-vous sur ce livre carrément addictif!

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Informations pratiques :

Prix éditeur : 19.90€

Nombre de pages : 126

ISBN : 978  2507 051532

La Kar’interview de Juliette Nothomb ! « Delacrème » des cordons-bleus

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     Que se passe t-il quand une prestigieuse maison comme Delacre confie ses biscuits à la fée des fourneaux, Juliette Nothomb? Il en nait un grimoire absolument savoureux, régal tant pour les pupilles que pour les papilles, dont Juliette accepte de nous livrer les secrets.

     Millefeuilles Délichocs, la panade du goûter en verrines régressives, cheesecake Spritsococo, gazpacho de fraises ou encore chicons au gratin façon Delacre pour ne citer que ces exemples, petits et grands enfants, gourmets et gourmands, trouveront leur bonheur dans ces cinquante recettes magiques.

     Vous n’êtes pas un cordon bleu? Qu’à cela ne tienne! Juliette vous rassure d’emblée, avec l’ineffable humour qui la caractérise: «  Malgré tout le respect que – j’en suis sûre – , je vous inspire, vous vous doutez bien que j’ai été par le passé (et même encore aujourd’hui) une cuisinière débutante. J ‘ai connu des déboires en tout genre et c’est en connaissance de cause que je m’efforce de vous éviter les mêmes mésaventures en détaillant les recettes au maximum. C’est pourquoi elles vous paraîtront parfois un peu longues, mais rappelez-vous : c’est pour votre bien! » »

    Un livre de recettes ingénieuses et délicieuses, à déguster sans modération. Ou quand avec Juliette Nothomb, la gourmandise devient un délectable défaut!

 

 Rencontre avec l’auteur :

     Vous nous offrez en cet hiver 2012 un quatrième livre, résolument gourmand, délice pour les papilles comme pour les pupilles, intitulé « Carrément biscuits », 50 recettes sucrées et salées à la mode Delacre.
     Comment vous est venue l’idée de détourner ces biscuits pour en réaliser des recettes inédites?

     J’ai été contactée par la maison d’édition qui, conjointement avec Delacre, m’ont demandé de rédiger les recettes de ce livre. La seule difficulté a été de travailler ces biscuits sans les trahir ni proposer de gloubiboulgas.
     L’art culinaire est souvent perçu comme sacré, le territoire de quelques initiés. On a le sentiment, à la lecture de vos deux ouvrages de recettes, que vous cherchez à contrario à démocratiser l’accès à cet art. Considérez-vous qu’en tout un chacun sommeille un cordon bleu (plus ou moins étoilé, sourire)?

     Comme dans toute discipline inconnue, se lancer dans la cuisine fait peur. Bien sûr, celle-ci demande un minimum de doigté et de concentration, cependant certaines recettes pas assez détaillées ou au déroulement mal sychronisé donnent une image himalayesque là où il n’y a que d’aimables collines à franchir; de plus, en cuisine nombre de fiascos sont aisément rattrapables, il suffit d’un minimum d’ingéniosité et de beaucoup de bluff (ces deux notions s’acquièrent facilement). Mon conseil, comme dans toute discipline: travailler! l’expérience apprend plus que le plus pointu des coaches…quant au cordon bleu, il y a le lavande, le pétrole, le schtroumpf, l’azur…vous atteindrez vite votre nuance de prédilection!
    Qu’est ce qui a guidé le choix de ces 50 recettes : La rapidité de réalisation? Le côté ludique? La relative facilité ou complexité d’élaboration? Tout cela en même temps?

      En premier lieu, le ludique; mais aussi un minimum de complication – espace typographique oblige – et surtout la gourmandise.

 

     Comment vous sont venus cette passion et cet indéniable talent pour la cuisine? Est-ce le fruit d’un enseignement ?

     A part quelques bases inculquées par ma mère et ma grand-mère, je suis à peu près autodidacte (à grand renfort de bouquins et de pratique). Dans ma famille, chaque fête s’assortissait d’un festin, donc j’ai le pavlov « fête = miam ». Et puis, mes parents ont fortement encouragé (voire un peu forcé la main) de nos découvertes gustatives. Eh oui, l’apprentissage de la gourmandise est un parcours ardu:-)
    Que conseilleriez-vous à une personne qui a des complexes en matière culinaire et qui a à son actif bien des ratages mémorables (…comme je ne citerai pas de nom! ) ?

     Commencer par du simple et rigolo, par exemple confectionner une chantilly, en remplir une poche à douille cannelée et dresser des rosettes de toutes sortes. Il suffit de prévoir un bol de fraises pour tout consommer après!

 

     Quelle est votre recette favorite dans ce livre?

     J’ai un petit faible pour le « merveilleux russe » pour sa belgitude et son fondant-croustillant.

 
Auteur de romans jubilatoires pour enfants « Des souris et des mômes », « La vraie histoire de la femme sans tête », mais aussi d’ouvrages de cuisine savoureux « La cuisine d’Amélie » ou ici « Carrément biscuits », vous avez plusieurs couleurs, et quelles ravissantes couleurs, à la palette de votre talent. Quel est votre domaine de prédilection : cuisine ou écriture ?

     Certaines périodes de l’année sont plutôt axées cuisine, d’autres écriture; les deux sont à la fois complémentaires, et très différentes, ce qui me permet de changer d’air à loisir. J’aime beaucoup jongler entre les deux. Quant à préférer l’une ou l’autre, c’est question de saison, d’énergie, d’humeur, mais rien de catégorique.
 

    Quelques ingrédients de votre prochain livre ? Roman, autre?

    Au jour d’aujourd’hui, le prochain sera un livre de cuisine, sur lequel je travaille déjà car à cause du nombre d’intervenants (photos, stylisme, graphisme, etc) les délais sont très courts!

la vraie histoire de la femme sans tête, Juliette Nothomb : carpe et dilemmes

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La vraie histoire de la femme sans tête, Juliette Nothomb

Illustration de couverture : Martin Maniez

Éditions Albin Michel Jeunesse, Juin 2011

Carpe et dilemmes

      En des temps reculés, sous l’Empire, un fonctionnaire des eaux et forêts parcourt à cheval la région de Dijon pour faire ses traditionnels relevés, quand il tombe sur un charmant ruisseau au nom pour le moins étrange : la femme sans tête. Diantre, se dit notre homme, pourquoi avoir baptisé un joli cours d’eau d’un nom si mystérieux, voire effrayant? Aux spéculations premières, fruits de son imagination, il décide de substituer une véritable enquête sur le terrain. Pas un seul village, pas une seule chaumière, pas un seul marché n’échappe au crible de ses questions. Et l’enquête de s’enliser dans la vase du ruisseau. En effet, chacun a entendu parler de la femme sans tête et lui donne l’origine de cette appellation. Sauf que personne n’a la même version, tout en affirmant détenir la seule vérité. Femme s’entête ? Femme cent têtes ? L’affamée sans tête? La femme sans tette ?

     Dilemmes.

     De quoi perdre la tête à son tour!

     Assis au bord du ruisseau, contemplatif, notre brave homme s’apprête à abandonner l’enquête quand… Momo la carpe s’adresse à lui! Tout d’abord incrédule, force lui est d’admettre que le dicton « muet comme une carpe » n’est qu’élucubration. Momo la carpe est douée de la parole. Plus stupéfiant encore, il réalise qu’il peut lui aussi parler la langue des eaux !

     Chaque jour, rendez-vous est donc pris au bord de la rivière, où Momo et ses amis vont révéler à cet homme devenu leur ami, la véritable histoire de ce cours d’eau. Ou comment Hammelye de Neuville, enfant gâtée d’une riche famille, et Momo la carpe, cohabitent ensemble depuis 234 ans suite à un sortilège.

     Avec un humour inénarrable et un style fluide comme l’eau, Juliette Nothomb nous emporte dans les tourbillons truculents de son ruisseau, au milieu des carpes , des brochets so britishs et des tilleuls parlants. Un univers empli de tendresse, de poésie, d’amour, de sensibilité, frais comme le chant du ruisseau.

     Et de nous montrer si besoin était, combien Juliette Nothomb est une femme de tête, de talent et de coeur.

     Plongez tête la première dans ce ruisseau !

Informations pratiques :

Prix éditeur : 12€

Nombre de pages : 172

ISBN : 978-2-226-22033-2

Bibliographie :

La cuisine d’Amélie, Éditions Albin Michel, 2008

Des souris et des mômes, Albin Michel jeunesse 2010

Des souris et des mômes, de Juliette Nothomb : une intrigue savoureuse !

9782226208613

Des souris et des mômes, Juliette Nothomb

Albin Michel Jeunesse, Mars 2010

 

 

Une intrigue savoureuse !

 

Après un livre de recettes de cuisine, Juliette Nothomb nous concocte cette année un roman pour enfants (de 9 à 99 ans) dont on ne fait qu’une bouchée.

 

Deux années plus tôt, les parents de Maristella-Charlène et Charles-Anton, respectivement surnommés Macha et Chaton ont disparu dans des circonstances jamais élucidées  Fugue ? « Crise d’adultisme » ? Mystère. Désirée et Cyprien-Etienne demeurent introuvables. Dès lors, le frère et la soeur sont pris sous l’aile protectrice de leur grand-mère. Une aïeule aimante, dynamique, excentrique, fervente adepte de bons petits plats végétariens, de sudoku et de feuilletons américains. Tout ce petit monde – y compris Aristide le chat de Mère-Grand et Wanlin-Kermadec le chien des enfants – cohabite dans les rires et la tendresse.

Mais des faits étranges surviennent qui perturbent la tranquillité de la demeure.  De la nourriture disparaît, des messages codés s’inscrivent sur l’écran de l’ordinateur, dont aucun des membres de la maisonnée n’est l’auteur. Et s’ils…n’étaient pas seuls ? Une énigme cette fois rapidement résolue par la découverte d’une famille souris qui s’avère vivre secrètement sous le même toit : Miroslava, « svelte comme un liseron », danseuse de claquettes virtuose ayant fait des touches du clavier de l’ordinateur sa scène, Mustäaphäa, son mari gourmand, fin connaisseur de fromages, ainsi que leur progéniture composée de six souriceaux. Désireuse de s’amender pour s’être nourrie de larcins chez son hôte et avoir squatté sa demeure, notre famille souris offre ses services à Mère-Grand.  Sous le charme de ces petits êtres qui la couvrent de bisous moustachus, cette dernière les accueille avec plaisir, convaincue de la richesse tant culturelle que scientifique d’une telle cohabitation.

Bien lui en prit, car cette famille recomposée et atypique va se révéler redoutablement efficace dans la résolution de l’enquête sur la disparition des parents de Macha et Chaton. Ou quand la gourmandise se révèle être une merveilleuse qualité.

 

Une intrigue délicieuse, croustillante d’humour, tendre au cœur, composée d’ingrédients tous plus surprenants et succulents les uns que les autres, que Juliette Nothomb nous cuisine avec un ineffable talent.

Ce roman truculent, magnifiquement illustré par Martin Maniez dans des tons sépia à la tendre saveur de l’enfance, se laissera dévorer par les petits et « grands » enfants.

Un régal !

 

La cuisine d’Amélie, de Juliette Nothomb : Quand Juliette « fée des miracles »

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La cuisine d’Amélie, par Juliette Nothomb
Editions Albin Michel
A paraître le 5 novembre 2008

  On connaissait sa soeur. On découvre en-faim Juliette , laquelle conjugue tous les talents et nous le prouve avec son délicieux livre de recettes  » La cuisine d’Amélie » ou « 80 recettes de derrière les fagots ».

Ne vous méprenez pas : il ne s’agit pas d’un énième livre de cuisine comme il en sort des fours….euh des presses des maisons d’édition tous les jours.  Non, ce serait mal connaître Juliette Nothomb dont les prouesses culinaires rivalisent avec celles de sa plume, son irrésistible humour, son imaginaire sans bornes, sa contagieuse pétillance et  son ineffable générosité. « Ecrire est un acte d’amour. S ‘il ne l’est pas, il n’est qu’écriture. » disait Aragon.  Et quand Juliette écrit  » C’est un poncif comme on en fait peu mais c’est vrai : la cuisine est une affaire de coeur. Tout cuisinier aspire à dédier ses oeuvres à la ou aux personnes aimées, et ce d’autant plus si celles-ci sont à la source de son inspiration culinaire », alors on en conclut que l’écriture et la cuisine sont les deux talentueux ingrédients mis ici au service de la recette ô combien délicate et belle de l’amour.

Des recettes essentiellement sucrées, toutes inédites, révélatrices (aussi) des dons onomastiques de l’auteur :  Le Mont Fuji, Le  blasphème,  Le signal de Botrange, Les profiteroles de Bernadette Bernardin pour ne citer que ces alléchants exemples. Mais aussi des astuces aussi drôles qu’utiles, comme la lutte contre le chomage des blancs d’oeufs, le secteur culinaire ayant tendance à n’embaucher que les jaunes. Ou encore, comment retrouver la sérénité, grâce à l’envoi sur le grill des idées reçues telle :  » Votre mayonnaise ne tournera pas si vous changez de sens giratoire ne la fouettant ! »  A bon entendeur…

Extrait où Juliette nous fait part d’une de ses révélations : la réalisation d’un millefeuille dont l’architecture permet une dégustation sans perdre sa dignité.    » Jugez donc : soit vous optez pour la dégustation dite « civilisée » avec couteau et fourchette mais cela a pour fâcheuse conséquence de démolir sauvageusement la vertigineuse superposition des 3 couches de feuilletage, écrasant celle-ci tout en expulsant sans délicatesse la crême pâtissière de sous sa fragile toiture. Un carnage sans nom dans votre asssiette ! Ou alors, faisant courageusement fi du qu’en-dira-t-on, vous optez pour la dégustation avec les doigts… à condition d’ouvrir une bouche grande comme le hangar d’un Airbus A 380 avec pour conséquence de vous en mettre partout. Délicieux, rigolo, mais impensable en société. J’ai donc pour ambition de vous proposer ci-dessous un dessert qui réunit maintes qualités fort appréciables :  d’une qualité fort déconcertante à réaliser, peu cher, délicieux et même, croyez-le ou non, élégant ! Et surtout, un délice qui n’exigera pas l’utilisation d’une serpillère pour torcher son dégustateur post coitum !  » …Comment ? Vous pensiez que j’allais vous livrer le secret architectural de Juliette ? Que nenni, allez vite vous plonger dans ses feuilles pour découvrir entre autres son délectable Millefeuille !

            Un livre à dévorer des pupilles et des papilles !!!

 Juliette Nothomb