Prix Renaudot des lycéens 2017 : Kaouther Adimi

Le Prix Renaudot des Lycéens a été créé en 1992,  avec l’accord du jury officiel du Prix Renaudot et à l’initiative de l’association des Amis de Théophraste Renaudot. Les élèves de quatre départements du Poitou-Charentes, issus de dix lycées, composent le jury. 

Après délibérations, le jury s’est prononcé ce matin en faveur de Kaouther Adimi pour son roman Nos richesses, paru aux éditions du Seuil.

Le roman primé : Nos richesses

En 1935, Edmond Charlot a vingt ans et il rentre à Alger avec une seule idée en tête, prendre exemple sur Adrienne Monnier et sa librairie parisienne. Charlot le sait, sa vocation est d’accoucher, de choisir de jeunes écrivains de la Méditerranée, sans distinction de langue ou de religion. Placée sous l’égide de Giono, sa minuscule librairie est baptisée Les Vraies Richesses. Et pour inaugurer son catalogue, il publie le premier texte d’un inconnu : Albert Camus. Charlot exulte, ignorant encore que vouer sa vie aux livres, c’est aussi la sacrifier aux aléas de l’infortune. Et à ceux de l’Histoire. Car la révolte gronde en Algérie en cette veille de Seconde Guerre mondiale.

En 2017, Ryad a le même âge que Charlot à ses débuts. Mais lui n’éprouve qu’indifférence pour la littérature. Étudiant à Paris, il est de passage à Alger avec la charge de repeindre une librairie poussiéreuse, où les livres céderont bientôt la place à des beignets. Pourtant, vider ces lieux se révèle étrangement compliqué par la surveillance du vieil Abdallah, le gardien du temple.

L’auteur lauréat : Kaouther Adimi

Née en 1986 à Alger, Kaouther Adimi est diplômée en lettres modernes et en management international des ressources humaines. Actuellement, elle travaille comme responsable des ressources humaines dans une entreprise de luxe. Ses nouvelles ont été distinguées par le prix du jeune écrivain francophone de Muret (en 2006 et en 2008) et par le prix du FELIV (Festival international de la littérature et du livre de jeunesse d’Alger). Son premier roman, L’Envers des autres (Actes Sud, 2011) est aussi paru en Algérie aux éditions Barzakh et a obtenu le prix de la Vocation.

 

 

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Rentrée littéraire. Nos richesses, Kaouther Adimi

9782021373806

Nos richesses, Kaouther Adimi

Editions du Seuil, août 2017

Rentrée littéraire

 

Le roman d’une librairie mythique, à Alger, des années 1930 à nos jours.

  1. De retour d’un séjour parisien, Edmond Charlot a un projet qui lui tient à cœur : transposer le modèle de l’extraordinaire bibliothèque parisienne d’Adrienne Monnier à Alger. L’idée est de construire une librairie qui en aurait l’esprit, à savoir une librairie qui vendrait aussi bien du neuf que de l’ancien, où l’on ferait du prêt d’ouvrages et où on organiserait des rencontres auteurs-lecteurs. Un lieu pour les passionnés de littérature et de la Méditerranée. A la fois librairie, bibliothèque et maison d’édition. Son nom : Les vraies richesses. Son slogan, rédigé en français et en arabe sur la vitrine : Un homme qui lit en vaut deux. Et pour inaugurer son catalogue, Edmond Carlot de décider de publier le premier roman d’un jeune inconnu : Albert Camus.

2017. Ryad, étudiant parisien, vient passer quelques jours à Alger. Il a une mission : vider entièrement l’ancienne librairie d’Edmond Charlot, se débarrasser des milliers de livres et tout repeindre en blanc en vue de l’ouverture en ces murs d’un magasin de beignets. Une mission qu’il entend mener à bien sans état d’âme particulier, lui qui ne s’intéresse ni de près ni de loin à la littérature.

Kaouther Adimi nous propose un récit en deux temps, passé et présent, dont l’épicentre est l’incroyable aventure littéraire d’Edmond Charlot, homme passionné s’il en était. Si j’ai été très intéressée par l’histoire de cette librairie, sa génèse, son envol, sa disparition, je ne suis pas parvenue à me laisser emporter par le roman, gênée par le style journalistique du carnet d’Edmond Charlot, ces instantanés de vie très nombreux, que l’auteur effeuille tout au long du roman. Et qui m’ont un peu perdue en chemin… Un accueil mitigé, donc.