La solitude de l’ange, Tonvoisin de La Garlée

 

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La solitude de l’ange, Tonvoisin de La Garlée

Editions Laura Mare, Janvier 2011

Ecrire ou mourir

 

« Je voudrais que vous m’aimiez comme je vous aime, dans l’éternel déséquilibre de l’instant, pour le plaisir de vous retenir dans l’éphémère frisson de la chute, vous rattraper ni jamais trop tôt ni toujours trop tard, vous retenir chaque fois au plus juste des instants, que vous viviez l’émotion intense sans la peur ».Un espoir muet qui lui vrille le coeur, lui lacère l’âme, transforme ses jours en nuits sans fin par faim d’Elle.

Elle, Jelena, la femme de ses pensées, son obsession, son amour. Le plus fort, le plus grand. Le plus dévastateur aussi.

Elle, Jelena, son miracle, son enfer et son paradis. Sa prison. Sa plus lourde peine. Sa condamnation à vie. Ou à mort…

Car quel crime a commis cet homme, écrivain de métier ?

Celui d’aimer.

De l’aimer, Elle.

En l’espace de quelques secondes, il l’a reconnue comme étant de son monde, un monde pur, d’enfant rêveur, un ailleurs où si peu d’êtres se rejoignent. Un univers loin de la médiocrité des hommes. Parce que c’était lui. Parce que c’était Elle. Plus qu’une évidence. L’Evidence.

Et Jelena d’être fortement désorientée, incrédule face à cet inconnu qui a su lire dans son regard, percevoir l’âme de son âme, voir au delà d’elle-même. La mettre à nu. Des émotions contraires se livrent alors à une joute verbale dans l’oratoire de son cerveau : soulagement et stupeur, réconfort et effroi, horreur et douceur. Que doit-elle faire ? Le fuir ? Se fuir ? Se taire ?

Lui n’a aucune hésitation à ce sujet. Il continuera à lui écrire. Toujours. Et pour que ses mots ne l’agressent pas, pour que la violence de ses sentiments ne la tue pas comme elle l’achève lui, il s’adressera à elle dans un livre.

Si « l’écriture est un crime, le silence est un meurtre ». Alors, il purgera sa peine en lui dédiant un roman, un chef d’œuvre encré au sang de ses veines, rythmé aux battements de son cœur, arraché à ses tripes, hurlé dans son silence. Armé de sa plume, les mots se font roulette russe. Ou il atteint son coeur, ou sa balle ricoche, et l’arme mêlée aux larmes se retourne contre lui. 

Mais ce crime à un témoin principal :Lisa, la femme de l’écrivain. Ce livre qu’il écrit, cette ode à l’amour à Jelena est-il fiction ou réalité ? A l’image des lecteurs, « ces cannibales de vérité » qui se pressent comme des vautours pour tenter d’arracher en toute impudeur à l’auteur quelque révélation sur le caractère autobiographique ou non de son œuvre, Lisa s’interroge. Le doute ronge les fondations de son amour telle une armée de termites. Les dommages collatéraux sont grands. Pourra t-elle continuer à aimer celui dont l’âme est habitée dans ses moindres recoins par cette Autre? 

Entre la présente et l’absente, ces deux femmes auxquelles il tient, son coeur et son âme font le grand écart. Ivre de douleur, titubant de peine, seule SON absence lui est une fidèle présence. Une absence d’une douleur térébrante, qui nuit et jour le tenaille, le rudoie, fait de lui « Un écrivain mort de son vivant .» Lui l’homme enfant, qui ne demande rien, ne quémande rien, espère juste qu’Elle saura voir un jour peut-être, dût-ce être lointain, « ce diamant de certitude, que je dépose sur votre coeur, des milliers de carats qui brillent pour vous de ma triste vie sans vous. Il vaut ce qu’il vaut, il est ce qu’il est. Je l’ai taillé avec les mots les plus nobles, les plus justes, les plus respectueux de vous et les plus vrais. »

 

Lui, l’homme enfant, qui l’aime jusqu’à la folie, funambule en fragile équilibre sur la pointe de sa plume, en quête d’une ombrelle, son ombre à elle… Saura t-il seulement être « le garde fou du fou qu’il devient » ?…

 

Puissant.Déchirant. Magistral…

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 20 €

Nombre de pages : 465

ISBN : 978-2-918047-64-3

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Le premier pas, Marie-Laure Bigand

 

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Le premier pas, Marie-Laure Bigand

Editions Laura Mare 2010

 

 

Irène, la quarantaine, divorcée, a la garde de sa fille Solenne. Depuis la dislocation de son couple, c’est la fuite en avant. Pas le choix. Avancer, ne pas penser, tenir. Pour elle, pour sa fille. Or Solenne va l’obliger à interrompre sa course. Entre la mère et l’adolescente, la communication se délite. Les joutes verbales font place à la complicité originelle. Les cris et la révolte à la tendresse et la compréhension.

Car Solenne lui reproche le départ de son père. Et les tentatives d’Irène pour restaurer le dialogue sont vaines. Rejetée de l’univers de sa fille de 15 ans, elle n’est plus reliée à elle que par le pont que constitue ce duel oratoire. Un bras de fer entre rancune et raison. Epuisant. Douloureux.

Une solution transitoire est alors trouvée : Solenne ira passer l’été chez son père et sa nouvelle compagne. La distance et le temps permettront à chacune de faire le point, de souffler. Et qui sait, de faire revenir Solenne sur son désir de vivre chez son père désormais.

Seule pour la première fois, Irène éprouve alors l’irrépressible besoin de renouer avec ses racines, celles du réconfort que lui procurait son ineffable amitié avec Patricia. Patricia, l’amie d’enfance, la complice, la confidente. Patricia, sa « fausse » jumelle. Son double.

Mais plus de vingt années se sont écoulées sans qu’elle n’ait de nouvelles de son amie. N’est-il pas illusoire de vouloir retisser des liens sur une trame mitée par un si long silence ? Son désir de reprendre un chemin commun là où le carrefour de leur existence les a séparées, sera-t-il partagé par Patricia ? Leur si riche vécu commun influera t-il sur le cours de leurs destinées ? Irène l’ignore. Ce dont elle est certaine, c’est qu’elle est prête à faire le premier pas.

Avec une plume alerte, un vocabulaire simple et limpide, des situations d’une vibrante authenticité, Marie-Laure Bigand nous entraîne le cœur battant sur les pas de ses personnages. Et nous lecteurs de marcher dans leurs empreintes, lesquelles se mêlent parfois aux nôtres tant ils nous sont proches. Tant ils nous ressemblent…

 

Un roman très touchant vers lequel vous pouvez faire le premier pas les yeux fermés ! 

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 17.90€

Nombre de pages : 326

ISBN : 978 2 918 047544

L’addition est pour moi!

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Un supplément d’âme et l’addition, Tonvoisin de La Garlée

Editions Laura Mare, mars 2010

 

« Je vous ai vue vous diriger vers lui, et je vous ai haïe en vous pardonnant ». Cette femme dont il ignore tout, jusqu’au nom, passe devant lui sans le voir, tandis que lui ne peut en détacher son regard. Pour lui, c’est un coup de foudre. Une évidence. Pour elle, pas la moindre attention. La transparence. Mais comment rivaliser avec cet homme qui s’attire ses faveurs, de ces écrivains de renom dont les medias se font l’écho, lui l’auteur au succès si confidentiel ? Tout comme il se tient à l’écart de ce monde superficiel de paillettes et de strass, il se retrouve dans l’ombre de celle qu’il aime en secret. Cependant, « camusien » dans l’âme, il n’entend pas se résigner. « Sans passion, le monde serait triste et terne. Sans passion, la Terre serait en train de se balancer au bout d’une corde. »  Puisqu’il est plus facile de mourir que d’aimer, il fait le choix de vivre, par amour, pour l’amour, de l’amour. Pour Elle. Comment entrer dans sa lumière ? Comment trouver le chemin des mots à même d’apaiser ses maux ? Car l’amour est là qui le dévore, le malmène, faute de réponse,faute d’assouvissement. Faute de réciprocité. Son cœur bat, tape, cogne, saigne, souffle, s’essouffle, s’emporte, expire, soupire, désire. Il n’est plus qu’une hémorragie vivante en quête d’un seul regard, de quelques mots, d’une caresse, d’un baiser. Ces signes d’Elle qui se feraient garrot. 

Et de choisir la voie de sa voix, l’écriture, pour lui crier cet amour silencieux. Lui rédiger à l’encre du sang qui frappe ses tempes, qui pulse dans son cœur, ce roman dont elle sera l’héroïne à son insu. Elle, la cocaïne de ses jours et de ses nuits, sa drogue. Elle, son oxygène et son asphyxie, son enfer et son paradis. S’y reconnaîtra t-elle seulement?  Et à l’issue de cette parution, y répondra t-elle ? Viendra t-elle à ce rendez-vous, point de fuite des espoirs qui sont siens ou choisira t-elle la fuite, ô désespoir ? Acceptera t-elle son invitation à déjeuner, qu’il cesse de jeûner en-faim?

Il est de ces romans dont les émotions ne s’écrivent pas plus qu’elles ne s’écrivent : elles se vivent : « un supplément d’âme et l’addition » fait partie de ces très rares œuvres-là…

Tonvoisin de La Garlée est un auteur dont Cocteau eût pu dire : « Ecrire est un acte d’amour, s’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture ».  Si l’auteur définit son rapport à l’écriture comme extrême, force est de reconnaître que ce feu qui le consume nous enflamme, nous lecteurs, et ô combien !

Un morceau de bravoure. Une œuvre MAGISTRALE.

 

Citation : « Aimer ce n’est pas du troc, aimer,  Madame, ce n’est pas vouloir, ce n’est pas désirer.; aimer c’est disparaître dans l’autre sans qu’il n’en sache rien, sans jamais se plaindre, sans jamais réclamer ; aimer commence toujours par la peur de soi, la peur de sentiments si violents que l’on craint de ne faire mal à l’être aimé. On devient garde-fou, du fou que l’on devient. »

 

 

Informations pratiques :

Prix éditeur : 16€

Nombre de pages : 160

ISBN : 978 2 918047 31 5

 

Blog de l’auteur : http://tonvoisin.over-blog.fr