La playlist de… Laure Manel!

Chaque semaine, un auteur nous livre les musiques de sa playlist, celles qui ont accompagné ses heures d’écriture, celles qui ont nourri son livre, celles qui l’ont inspiré, celles qui ensoleillent sa journée. Aujourd’hui, c’est au tour de Laure Manel.
En juin dernier, je vous ai fait part de mon coup de coeur pour le nouveau roman de Laure Manel, La mélancolie du kangourou, paru chez Michel Lafon.  Un roman d’une reconstruction extrêmement touchante, celle d’un homme devenu le même jour père et veuf. L’histoire bouleversante aussi, des liens qui se tricotent difficilement mais magnifiquement entre un père et son bébé.
Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : La mélancolie du kangourou
La playlist de Laure Manel : 
  • La musique qui accompagne vos journées actuellement :
J’écoute souvent des playlists aux musiques très variées (et parfois pas toutes jeunes), mais je dirais  « Keep on dancing » des Cats on trees.
  • La musique qui pourrait illustrer votre dernier roman :

« Never let me down again » de Sylvain Chauveau (ou, pour l’anecdote : « Modern love » de David Bowie, pour la scène où Rose danse dans la voiture). L’album Eusa de Yann Tiersen m’avait beaucoup accompagnée pendant la rédaction de La délicatesse du homard (roman paru en 2017 chez Michel Lafon).

  • La musique idéale pour accompagner vos heures d’écriture :

Pas de paroles (en tout cas pas en français), et une musique qui colle au plus près de l’ambiance de la scène à écrire, alors… si je ne devais en choisir qu’une (passe-partout), je dirais « Fly » de Ludivico Einaudi.

Je me rends compte qu’il y a beaucoup de piano… et ce n’est peut-être pas un hasard (je m’y mets fin août) !

Bonne semaine en musique!

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La mélancolie du kangourou, Laure Manel (Michel Lafon)

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La mélancolie du kangourou, Laure Manel

Editions Michel Lafon, mai 2018

Le roman d’une reconstruction extrêmement touchante, celle d’un homme devenu le même jour père et veuf. L’histoire bouleversante aussi, des liens qui se tricotent difficilement mais magnifiquement entre un père et son bébé.

Ils vont être parents pour la toute première fois. Antoine et Raphaëlle sont comblés. Fille ou garçon, peu leur importe. Leur bonheur n’aura pas de sexe.

Mais ce jour merveilleux de l’accouchement vire au cauchemar. Antoine devient père à l’instant même où il devient veuf. Seul avec cette petite fille, prénommée Lou, qui gigotte dans son berceau, il se sent dévasté. Comment aimer ce petit être dont la venue au monde s’est faite au prix de la vie de sa femme ? Comment aimer ce petit être, lui servir de tuteur, de colonne vertébrale, quand lui-même ne parvient plus à tenir debout ? Comment aimer quand on est amputé du cœur, de la présence de Raphaëlle qui le faisait vibrer, vivre ?

Alors il fuit. Dans le travail. A l’extérieur. Partout où le souvenir de Raphaëlle n’est pas matérialisé par ses photos, ses vêtements, son parfum. Partout où Lou n’est pas. En urgence, il engage une baby-sitter, une jeune femme de 25 ans prénommée Rose. Et comme même juste pour quelques heures le soir, le face-à-face avec son bébé lui est insoutenable, il demande à Rose de s’installer dans le studio attenant, comme fille au père.

Ce qui m’a frappée à la lecture de ce roman, c’est la justesse des situations, des émotions, de la psychologie des personnages. Dès les toutes premières pages, on entre dans cette famille comme s’il s’agissait d’amis. On vit l’histoire à leurs côtés bien davantage qu’on ne la lit. Avec beaucoup de sensibilité, en évitant avec brio l’écueil du pathos, Laure Manel nous entraîne sur le chemin d’une très belle reconstruction. Après la naissance de Lou, on assiste ému à la naissance d’un père… Bouleversant. A lire !

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à La délicatesse du homard, du même auteur, ici : La délicatesse du homard

 

Vous allez en pincer pour La délicatesse du homard, de Laure Manel!

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La délicatesse du homard, Laure Manel

Editions Michel Lafon, juin 2017

 

Un premier roman émouvant. Ou quand deux êtres blessés par la vie, que rien ne prédestinait à se rencontrer, entreprennent de se reconstruire au ciment de la confiance et de l’amour qu’ils se portent.

 Lors d’une balade à cheval, François aperçoit un corps recroquevillé sur la plage. Il se porte aussitôt à son secours et découvre une jeune femme inconsciente. Sans se poser de question, il décide de la ramener chez lui, là où la sagesse aurait voulu qu’il appelle les secours. Une réaction qu’il ne s’explique pas lui-même.

Et de proposer à cette parfaite inconnue, dont la seule information obtenue est son prénom, de rester chez lui le temps qu’elle désirera. Sans autre forme de procès. Autour de François, amis et famille s’interrogent. Pourquoi fait-il cela ? Par pure bonté d’âme ? Par intérêt ? Par amour ? Ne risque-t-il pas d’ennuis ?

Et cette femme, qui prétend s’appeler Elsa, que fait-elle là ? Pourquoi personne ne la réclame ? Que ou qui fuit-elle ? Que faisait-elle sur cette plage déserte ? Voulait-elle mettre fin à ses jours ?

Si Elsa est une énigme pour François, ce dernier porte en lui aussi bien des zones d’ombres. Chacun, à l’image du homard, s’est construit une carapace. Pince si quelqu’un s’approche de trop près. Pour ne plus être blessé. Pour ne plus être atteint. Parviendront-ils à s’apprivoiser ? A se mettre à nu ?

C’est une histoire vraiment attachante et viscéralement humaine, que nous lire Laure Manel dans ce roman à deux voix. Touche par touche, telle une toile de Seurat, elle fait apparaître sous les yeux du lecteur le portrait de chaque être. Ce qui l’a construit. Ce qui l’a anéanti. L’histoire d’une rencontre, d’une double reconstruction, d’une double résilience. Un roman empli d’espoir et de tendresse.