Une toute petite minute, Laurence Peyrin

une toute petite minute

La plume si viscéralement humaine de Laurence Peyrin au service d’une bouleversante histoire de rédemption.

Une vie qui bascule

Estrella et Madeline sont les meilleures amies du monde, toutes deux âgées de 17 ans. D’ailleurs, pour sceller cette amitié, elles ont décidé en ce 31 décembre 1995 de se faire tatouer chacune une petite étoile sous le sein gauche. Et de se rendre ensuite chez un ami commun fêter comme il se doit la Saint-Sylvestre.

Passage à la nouvelle année et passage brutal à une autre vie. Une autre dimension. Que s’est-il passé lors de ce réveillon, tandis que les deux amies étaient enfermées dans la salle de bain ? Il a suffi d’une minute, de 60 pauvres petites secondes, pour que la vie des deux adolescentes bascule tragiquement.

Vingt ans plus tard, on retrouve Madeline à sa sortie de prison. Une peine qu’elle a souhaité purger jusqu’à son terme, refusant toutes les demandes de remise en liberté conditionnelle. Mais sortir de prison est-il pour autant synonyme de liberté retrouvée ? Quand la culpabilité vous écrase, quand vous devenez vous-même votre propre bourreau, vous transportez votre prison partout…

La possible rédemption

J’avais adoré Les jours brûlants l’an dernier (chronique ICI et LA) et me suis donc plongée avec impatience dans le nouveau roman de Laurence Peyrin, Une toute petite minute, aux éditions Calmann-Lévy. Cette fois encore, la romancière choisit des personnages féminins forts, à un moment charnière de leur vie. Ce moment où leur trajectoire bifurque soudainement, les fait sortir de la route toute tracée pour eux. Peut-on se pardonner le crime de sa meilleure amie ? Peut-on s’autoriser à vivre heureuse, quand on a détruit la vie d’une autre ? A-t-on le droit au bonheur après avoir purgé sa peine en prison ou toute la vie ne suffit-elle pas ?

Avec beaucoup de sensibilité, de justesse, Laurence Peyrin se glisse dans la tête de la criminelle, une jeune femme comme vous et moi, que rien ne prédestinait à commettre un acte aussi violent. Elle fait de nous les témoins de son combat intérieur, pendant son séjour en prison et à sa sortie. Car sortir après avoir été coupée du monde plus de la moitié de sa vie, c’est devoir tout réapprivoiser, c’est découvrir tardivement les relations amoureuses, c’est tout réapprendre. C’est marcher sur des œufs : faut-il taire ou évoquer son passé, au risque de faire fuir les gens ? La société est-elle prête à accorder une deuxième chance à une ancienne détenue ?

Pas à pas, on suit Madeline dans sa lente progression vers la renaissance. Telle une fleur qui éclot aux rayons du soleil de printemps, après une longue hivernation, et offre sa beauté, son parfum, sa grâce gratuitement en partage. C’est terriblement émouvant, profondément humain. Un livre dont les personnages et tout particulièrement la touchante Madeline, vous hantent longtemps…

Une magnifique et poignante histoire de rédemption.

Informations pratiques

Une toute petite minute, Laurence Peyrin – Editions Calmann-Lévy, mai 2021 – 481 pages – 20,90€

Glissez Laurence Peyrin dans votre poche !

Les jours brulants

Un magnifique roman, aux personnages attachants, sur un phénomène dont on parle peu : ces femmes qui, du jour au lendemain, choisissent de disparaître en abandonnant enfants, mari et travail.

Quitter mari, enfants et disparaître

Joanne est une femme bourgeoise, épanouie, une épouse et mère comblées. Installée dans la petite ville de Modesto en Californie, elle aime son rôle de maîtresse de maison, n’en déplaise à sa fille Brianna, féministe dans l’âme, pour laquelle être « simple épouse » est juste inconcevable. Une vie sereine qui semblait toute tracée, jusqu’à cette agression. Alors qu’elle rentre de la bibliothèque à vélo, un homme surgit et l’agresse pour s’emparer de son sac. Avant de s’enfuir avec, laissant Joanne sur le bitume, en sang.

Si en apparence, Joanne s’en tire avec seulement quelques égratignures qui lui vaudront une belle cicatrice, le traumatisme est en réalité bien plus grand. Même s’il est invisible à l’œil nu. Car jamais, en 37 années d’existence, Joanne n’a été confrontée à la violence, ni physique ni verbale. Jamais. Cette première exposition à la violence provoque donc en elle un véritable tsunami dont elle s’efforce de ne rien laisser émerger en surface.

« Les gens autour d’elle ne savaient pas qu’elle s’imaginait comme une maison en travaux. Les murs extérieurs bien scellés dans leurs fondations, le crépi frais; les murs intérieurs abattus. Joanne tentait de les rebâtir brique après brique, les recouvrant d’une nouvelle peinture ».

Mais l’entreprise de reconstruction est bien trop lourde pour ses frêles épaules. Elle commence alors à adopter des comportements déviants, au point de lire la peur que désormais elle inspire à ses enfants et à son mari dans leur regard.

Alors, écrasée par le poids de la souffrance psychique, elle décide de tout quitter. Mari, enfants, maison, amis, lieu de vie. Tout. Pourra-t-elle se reconstruire ailleurs? La fuite lui permettra-t-elle de se retrouver? Direction Las Vegas et ses jours brûlants.

Un magnifique roman

Je découvre Laurence Peyrin avec ce roman, Les jours brûlants, et n’ai qu’une seule envie : me précipiter sur les précédents. Le sujet abordé ici est passionnant : le moment où l’existence bascule, où un évènement conduit à changer complètement de trajectoire. Et à disparaître en abandonnant mari, enfants, maison, et travail. Les disparitions volontaires concernent environ 1000 femmes par an en France, âgées en moyenne d’une quarantaine d’années. Si la loi autorise chacun à disparaitre de son plein gré, la société est très critique vis à vis de ces femmes, surtout si elles sont mères. Laurence Peyrin propose donc, au lieu de les juger et de les condamner, d’essayer de comprendre ce qui peut les pousser à faire pareil choix. Voire à se demander si elles ont vraiment d’autre choix que de tout quitter.

Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on sacrifie au désir inconscient de l’inconnu? Un mal-être profond, une situation d’échec, l’incapacité de gérer. Tous ces gens, inféodés à l’idéal de la réussite -professionnelle, familiale, financière, et dont un jour le « moi », selon la topique freudienne, chutait et s’éclatait ».

Je vous laisse découvrir ce magnifique roman, ses personnages tous plus attachants les uns que les autres, le message d’espoir sur un recommencement possible qu’il véhicule et attends avec impatience vos retours de lecture !

Ne passez pas à côté de ce roman!

Informations pratiques

Les jours brulants, Laurence Peyrin – éditions Pocket, avril 2021 – 7,60€ – 400 pages

Les jours brûlants, Laurence Peyrin

Les jours brûlants, Laurence Peyrin
©Karine Fléjo photographie

Un magnifique roman, aux personnages attachants, sur un phénomène dont on parle peu : ces femmes qui, du jour au lendemain, choisissent de disparaître en abandonnant enfants, mari et travail.

Quitter mari, enfants et disparaître

Joanne est une femme bourgeoise, épanouie, une épouse et mère comblées. Installée dans la petite ville de Modesto en Californie, elle aime son rôle de maîtresse de maison, n’en déplaise à sa fille Brianna, féministe dans l’âme, pour laquelle être « simple épouse » est juste inconcevable. Une vie sereine qui semblait toute tracée, jusqu’à cette agression. Alors qu’elle rentre de la bibliothèque à vélo, un homme surgit et l’agresse pour s’emparer de son sac. Avant de s’enfuir avec, laissant Joanne sur le bitume, en sang.

Si en apparence, Joanne s’en tire avec seulement quelques égratignures qui lui vaudront une belle cicatrice, le traumatisme est en réalité bien plus grand. Même s’il est invisible à l’œil nu. Car jamais, en 37 années d’existence, Joanne n’a été confrontée à la violence, ni physique ni verbale. Jamais. Cette première exposition à la violence provoque donc en elle un véritable tsunami dont elle s’efforce de ne rien laisser émerger en surface.

« Les gens autour d’elle ne savaient pas qu’elle s’imaginait comme une maison en travaux. Les murs extérieurs bien scellés dans leurs fondations, le crépi frais; les murs intérieurs abattus. Joanne tentait de les rebâtir brique après brique, les recouvrant d’une nouvelle peinture ».

Mais l’entreprise de reconstruction est bien trop lourde pour ses frêles épaules. Elle commence alors à adopter des comportements déviants, au point de lire la peur que désormais elle inspire à ses enfants et à son mari dans leur regard.

Alors, écrasée par le poids de la souffrance psychique, elle décide de tout quitter. Mari, enfants, maison, amis, lieu de vie. Tout. Pourra-t-elle se reconstruire ailleurs? La fuite lui permettra-t-elle de se retrouver? Direction Las Vegas et ses jours brûlants.

Un magnifique roman

Je découvre Laurence Peyrin avec ce roman, Les jours brûlants, et n’ai qu’une seule envie : me précipiter sur les précédents. Le sujet abordé ici est passionnant : le moment où l’existence bascule, où un évènement conduit à changer complètement de trajectoire. Et à disparaître en abandonnant mari, enfants, maison, et travail. Les disparitions volontaires concernent environ 1000 femmes par an en France, âgées en moyenne d’une quarantaine d’années. Si la loi autorise chacun à disparaitre de son plein gré, la société est très critique vis à vis de ces femmes, surtout si elles sont mères. Laurence Peyrin propose donc, au lieu de les juger et de les condamner, d’essayer de comprendre ce qui peut les pousser à faire pareil choix. Voire à se demander si elles ont vraiment d’autre choix que de tout quitter.

Qu’est-ce qui fait qu’un jour, on sacrifie au désir inconscient de l’inconnu? Un mal-être profond, une situation d’échec, l’incapacité de gérer. Tous ces gens, inféodés à l’idéal de la réussite -professionnelle, familiale, financière, et dont un jour le « moi », selon la topique freudienne, chutait et s’éclatait ».

Je vous laisse découvrir ce magnifique roman, ses personnages tous plus attachants les uns que les autres, le message d’espoir sur un recommencement possible qu’il véhicule et vais pour ma part me plonger dans le précédent roman de l’auteure, Ma chérie, paru aux éditions Pocket ce mois de juin!

Ne passez pas à côté de ce roman!

Informations pratiques

Les jours brûlants, Laurence Peyrin – éditions Calmann-Lévy, mai 2020 – 429 pages – 20,50€

45ème Prix de la Maison de la Presse : pré-sélection

 

Le 45ème Prix Maison de la Presse sera décerné le mercredi 20 mai 2015 au Centre National du Livre.

Le Prix Maison de la Presse récompense un roman ou un document signé d’un auteur de langue française. L’ouvrage primé affiche les qualités littéraires d’un ouvrage destiné à un large public de façon à devenir la lecture de l’été par excellence. Le jury est composé de 10 personnes du comité de lecture et de 14 libraires propriétaires de Maison de la Presse qui sont différents chaque année. Le président du jury, personnalité du monde de la presse et du lire change également tous les ans. Après Philippe Labro en 2014, la présidente, cette année, sera l’écrivain Katherine Pancol, lauréate du Prix Maison de la Presse 2006 pour Les yeux jaunes des crocodiles chez Albin Michel.

15 auteurs ont été pré-sélectionnés pour ce prix :

  • Valérie Tong Cuong pour Pardonnable, impardonnable (JC Lattès)
  • Laurent Gaudé pour Danser les ombres (Actes sud)
  • Daniel Picouly pour Le cri muet de l’iguane (Albin Michel)
  • Sandrine Collette pour Six fourmis blanches (Denoël)
  • Alain Gillot pour La surface de séparation (Flammarion)
  • Gaëlle Nohant pour La part des flammes (Héloïse d’Ormesson)
  • Chahdortt Djavann pour Big Daddy (Grasset)
  • François-Henri Désérable pour Evariste (Gallimard)
  • Laurence Peyrin pour Zelda Zonk (Kéro)
  • Agnès Martin-Lugand pour La vie est facile, ne t’inquiète pas (Michel Lafon)
  • Fabienne Juhel pour La chaise numéro 14 (Rouergue)
  • Patrick Bard pour Poussières d’exil (Seuil)
  • Jacques Expert pour Deux gouttes d’eau (Sonatine)
  • Paula Jacques pour Au moins il ne pleut pas (Stock)

Verdict le 20 mai!