Le philosophe qui n’était pas sage, Laurent Gounelle

Le philosophe qui n'était pas sage Laurent Goune

Quand la douleur est mère de vengeance. Un roman qui interroge le lecteur sur les fondements de notre société occidentale.

Besoin de vengeance

Sandro est professeur de philosophie. Enseigner la philosophie, les préceptes de sages, fait-il de soi pour autant quelqu’un de sage ? Visiblement non. Il décide en effet de demander un congé sans solde de 6 mois, pour remplir une mission impérieuse : une terrible vengeance.

Veuf depuis un an, Sandro est en effet inconsolable. Mais au fil du temps, à la douleur s’est substituée une haine plus grande encore : jamais il ne pardonnera à cette tribu d’avoir assassiné sa femme, tandis qu’elle effectuait un reportage sur ce peuple. Guidé par des hommes peu recommandables, il décide de se rendre au bout du monde, au fin fond de cette forêt amazonienne où les indigènes vivent reclus.

Pour arriver à ses fins, nul tir de mitraillette, ni d’explosion ou de destruction par le feu. Non, Sandro entend détruire ces indigènes réputés pour être le peuple le plus heureux du monde, d’une façon bien plus vicieuse : il va pulvériser un à un les piliers de leur bonheur, torpiller une à une leurs valeurs.

Mais ira-t-il jusqu’au bout de son entreprise ou sera-t-il rattrapé par sa conscience, par ses remords, par son reste d’humanité ? Elianta, jeune femme chamane de la tribu, est bien décidée à sauver son peuple du naufrage, à l’aider à retrouver la paix et la sérénité mis à mal par Sandro et ses hommes. Fera-t-elle le poids ?

Les piliers de la sérénité et du bonheur

Les éditions Calmann-Lévy rééditent Le philosophe et le sage de Laurent Gounelle, initialement paru aux éditions Kero. Dans ce roman, Sandro ne supporte pas que le peuple responsable de la mort de sa femme continue à nager en plein bonheur. Il n’a qu’un seul objectif : les rendre malheureux. Alors il va introduire au sein de ce peuple primitif d’Amazonie des valeurs aux antipodes des siennes : l’individualisme, l’envie, la jalousie, la cupidité. Les valeurs de la société dite moderne… Autrement dit, Laurent Gounelle se sert ici de la fiction pour nous interroger sur le bien-fondé des piliers qui régissent notre société actuelle, piliers bien éloignés des notions de partage, de respect (des autres, de soi, de la nature), de sérénité, ou encore d’entraide.

Un roman aussi divertissant qu’édifiant, qui offre un recul salutaire.

Informations pratiques

Le philosophe qui n’était pas sage, Laurent Gounelle – éditions Calmann-Lévy, février 2022 (réédition)– 281 pages – 19,90€

Citation du jour

Un être humain, pour s’éveiller à lui-même et s’épanouir, a besoin d’élever son âme. Ce travail sur soi vise à élever sa conscience, notamment en clarifiant ses pensées et ses intentions, en se libérant de ses peurs, en maitrisant ses pulsions, en développant en soi la compassion et l’amour : amour de soi, amour des autres, amour de la Vie.

Pourquoi ce travail sur soi est exigeant? Parce qu’il sera toujours plus facile de se laisser happer par nos peurs que de gagner en confiance, il sera toujours plus facile de s’assujettir au regard des autres que de s’en libérer, il sera toujours plus facile de juger que de comprendre, il sera toujours plus facile d’obéir à nos bas instincts que de s’en délivrer :il sera toujours plus facile de se laisser tirer vers le bas que d’élever sa conscience.

Laurent Gounelle – Le réveil (2022)

le réveil Laurent Gounelle

Le réveil, Laurent Gounelle

le réveil Laurent Gounelle

S’appuyer sur la peur est le meilleur moyen d’obtenir que les gens renoncent à leurs libertés. Manipulation des masses, désinformation, la liberté a t-elle encore sa place dans notre société?

La guerre contre la mort

Il a suffi de la déclaration d’un médecin renommé, affirmant que toute mort en deçà de 120 ans est une mort prématurée, pour que les esprits s’embrasent. Car force est de constater que l’espérance de vie réelle avoisine davantage les 80 ans que les 120. Et la population de se sentir lésée, spoliée de 40 années de vie supplémentaire. Le gouvernement décide alors de prendre le problème à bras le corps : la guerre allait être déclarée à la mort.

Sur les chaines d’information continue, dans la presse, à la radio, sur les réseaux sociaux, il n’est plus question que de cela. Pour remporter la bataille, diverses mesures, dont la première : réduire les accidents de la route en passant aux voitures autonomes, avec port de minerve obligatoire au volant, limitations horaires et kilométriques de déplacement. Une décision appuyée par les reportages qui pleuvent sur les chiffres affolants de mortalité au volant, des images terrifiantes de corps déchiquetés dans des carcasses de voiture. De quoi développer dans l’inconscient collectif une phobie de la conduite automobile. Tom, jeune ingénieur, absorbe sans recul ces informations et décisions, obéit en bon petit soldat, fustigeant ceux qui osent critiquer ces mesures et ainsi contribuer à maintenir un chiffre de mortalité au volant trop élevé.

Suivent d’autres restrictions : la limitation de la consommation de sucre avec implantation d’une puce pour contrôler la glycémie et limiter les risques cardiovasculaires, la suppression des paiements en espèce pour réduire les crimes crapuleux lors de vols à la tire, la mise ne place de cameras à reconnaissance faciale pour détecter les émotions susceptibles de conduire à un acte criminel. Tom approuve, se soumet, même s’il sent naître en lui un mal-être de plus en plus grand.

Christos, un ami de Tom établi en Grèce, observe toutes ces mesures d’un air sceptique, critique même : « Quand on s’y prend bien, en jouant sur les émotions, on peut faire croire aux gens n’importe quoi, y compris des horreurs, même aux plus intelligents et cultivés d’entre eux. »

Il décide alors de réveiller son ami, de l’inviter à se réapproprier son existence. Y parviendra-t-il et par quel moyen ?

La manipulation des masses par la peur

« La population en général ne sait pas ce qui est en train de se passer. Et elle ne sait même pas qu’elle ne sait pas. » Cette citation de Noam Chomsky, en exergue du roman, résume parfaitement le propos du livre. Avec Le réveil, paru aux éditions Calmann-Lévy, Laurent Gounelle nous offre un autre regard sur les évènements de ces deux dernières années. Même si le contexte du roman n’est pas celui de la pandémie mais cette guerre à la mort, la gestion de l’urgence par les autorités publiques est la même. L’auteur nous interpelle alors : n’y a-t-il pas une grande similarité avec les méthodes de soumission et de manipulation des masses dénoncées dans la charte de Biderman, méthodes ayant fait leurs preuves sur certains peuples lors des décennies passées ?  Et si au nom de l’intérêt général, on privait la population de ses libertés ? Plus on maintient les gens dans un état de peur, plus ils se soumettent docilement à l’autorité censée les protéger. Plus la peur s’installe, plus la population s’habitue au fait d’être contrôlée.

Se basant sur des faits historiques, sur des méthodes de coercition des masses dénoncées par Amnesty International, l’auteur interpelle le lecteur. A l’image de Christos s’adressant à Tom, il l’invite à se demander si toutes ces mesures poursuivent vraiment le but affiché, si cette atteinte à ses libertés essentielles ont une quelconque légitimité. Un livre qui bouscule, offre un recul, sème le doute et ouvre le débat.

Passionnant !

Informations pratiques

Le réveil, Laurent Gounelle – éditions Calmann Lévy, février 2022 – 192 pages -15€

Citation du jour

La vraie liberté ne vient pas de notre situation : la vraie liberté est celle que l’on se donne, elle est en soi, elle est une façon d’appréhender l’existence, de vivre sa vie. Libre, on l’est ou on ne l’est pas. Si on est libre, on l’est quel que soit le contexte.

Laurent Gounelle – Intuitio – Calmann-Lévy

Intuitio Laurent Gounelle

Citation du jour

Quand on vit dans l’incertitude, le plus sage est d’avoir confiance. Confiance dans la vie, confiance en soi, en sa bonne étoile…S’inquiéter ne sert qu’à nous couper de l’accès à nos ressources, abimer notre santé et rendre notre compagnie désagréable aux autres. La confiance est la clé de voute de notre équilibre, de notre force, de notre capacité à rebondir.

Laurent Gounelle – Intuitio – éditions Calmann-Lévy, avril 2021.

Intuitio Laurent Gounelle

Intuitio, Laurent Gounelle

Intuitio Laurent Gounelle

Et si nous étions davantage à l’écoute de nos intuitions? Cette perception extrasensorielle a beaucoup à nous apprendre. C’est ce que va découvrir notre personnage, mêlé malgré lui à une enquête criminelle de grand envergure.

Être à l’écoute de son intuition

Timothy Fisher est un auteur de polar. De son propre aveu, son existence est banale, son physique est banal, son intelligence est banale. Rien ne le prédestinait donc à basculer dans une vie trépidante, avec l’accès à d’extraordinaires pouvoirs. C’est pourtant ce qui lui arrive quand deux agents du FBI sonnent à sa porte. Ils lui proposent de se joindre à eux, pour les aider à attraper le criminel le plus recherché du pays, avant qu’il ne s’attaque à sa prochaine cible.

Si être sollicité par le FBI est pour Timothy Fisher extrêmement flatteur, quel intérêt peut-il avoir à les aider ? Et pourquoi lui ? Mais conscient qu’à trop gérer son intérêt, on ne génère que des regrets, il finit par accepter. L’idée du FBI est d’aider Timothy Fischer à accéder à son intuition, à parvenir à la convoquer à volonté, grâce à un programme secret, le Remote viewing, mis au point en laboratoire. Le but ? Que son intuition lui fournisse les réponses aux questions qui lui seront posées au cours de l’enquête, comme l’identification du prochain bâtiment auquel le criminel mettra le feu. Et de comprendre pourquoi il a été choisi : il a fait montre dans ses romans de beaucoup d’inspiration, or inspiration et intuition sont très voisines. Dans toute œuvre littéraire, n’y-a-t-il pas une part d’imagination pure et une part d’intuition d’une réalité non encore réalisée ? Il devrait donc être un bon élève.

« L’intuition est une aptitude de l’esprit permettant d’obtenir une information non accessible par nos cinq sens : quelque chose que l’on ne peut ni voir, ni toucher, ni sentir, ni goûter. »

 Timothy Fischer a-t-il eu raison d’accepter cette mission ? Sa vie va-t-elle devenir plus romanesque que celle des personnages de ses romans ? L’intuition est-elle une arme dont nous disposons tous, plus ou moins inconsciemment, et dont on pourrait faire usage à bon escient?

Un thriller mâtiné de développement personnel : passionnant

Avec Intuitio, paru aux éditons Calmann-Lévy, Laurent Gounelle nous offre un thriller initiatique fascinant à bien des égards. D’une part, parce que la construction est parfaitement huilée et nous entraine de rebondissement en rebondissement, nous tenant en haleine de la première à la dernière page. Mais pas seulement. Dans ce roman, l’auteur s’inspire de travaux existant réellement sur l’intuition, la fameuse méthode du Remote Viewing, pour ouvrir notre regard sur d’autres possibles. On se repose souvent voire exclusivement sur notre mental, on évolue dans un univers cartésien. Or ce faisant, on se ferme l’accès à la perception extrasensorielle qu’est l’intuition. Si chacun possède de l’intuition, peu le savent et moins encore savent comment la convoquer. Elle suppose de lâcher prise, de déplacer sa conscience en d’autres lieux sans déplacer son corps physique.

« L’intuition, un sens que l’on gagne à apprivoiser. Qui nous aide à être en accord avec nous-même, en harmonie avec le monde. (…) l’intuition est avant tout écologie de l’esprit. Si on est en paix avec soi-même, connecté à ses intuitons, à son corps, et qu’on respecte sa réalité intérieure, il y a de fortes chances qu’on respecte aussi la nature puisque nous sommes la nature, et la nature c’est nous.« 

Un roman à la fois divertissant, brillant et passionnant.

Informations pratiques

Intuitio, Laurent Gounelle – Editions Calmann-Lévy, avril 2021 – 398 pages – 21,90€

Citation du jour

On ne peut pas réussir grand chose du premier coup. Le secret de la réussite, c’est de s’intéresser plus à nos actions qu’au résultat de nos actions. Chercher à améliorer chaque geste, chaque parole, sans se soucier du résultat. Quand on se préoccupe seulement de bien faire les choses, le résultat finit toujours par être à la hauteur de nos attentes initiales, à condition de ne pas se focaliser dessus.

Laurent Gounelle – Intuitio

Intuitio Laurent Gounelle

Citation du jour

Intuitio Laurent Gounelle

Non il n’est pas facile pour nous, êtres humains, d’être vraiment libres, de mettre de côté nos peurs et nos croyances, et de pouvoir à chaque instant choisir notre vie en fonction de qui nous sommes et de ce qui compte vraiment pour nos au plus profond de notre âme.

Laurent Gounelle – Intuitio – Calmann-Lévy

Citation du jour

 L’art a cette capacité de faire parfois ressentir ce que nous savons confusément
au fond de nous sans jamais avoir pu l’exprimer. En un instant. Comme
un accès direct et fulgurant à la Source.
L’art joue avec nos sens pour nous emmener dans le monde de l’esprit
où s’épanouit notre âme.

L'art vous le rend bien Laurent Gounelle