Glissez Fanny Gayral dans votre poche!

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Plus efficace qu’un psy, moins cher qu’une cure de détox, un premier roman salutaire de Fanny Gayral, jeune médecin, qui s’amuse de nos névroses… pour voir les choses du bon côté ! Ne passez pas à côté de ce roman qui procure un bien-être fou !

Anna, jeune médecin urgentiste, est aussi affirmée dans son travail qu’effacée en dehors. Aussi assurée dans ses gestes et décisions de praticienne, que malléable et vulnérable avec ses proches. Surtout son père, professeur en médecine, qui ne conçoit pas la vie de sa fille autrement que dans les traces de la sienne. Anna étouffe, peste intérieurement, mais ne se sent pas la carrure de s’opposer au big boss, alias « le bombardier » pour ses collègues. Personne d’ailleurs, pas même sa femme, n’ose s’y frotter.

Jusqu’au jour où elle fait une erreur de diagnostic qui manque de coûter la vie à un patient. Paniquée pour son malade, dévorée d’angoisse à l’idée des foudres paternelles qui ne manqueront pas de s’abattre sur elle, elle décide alors de déserter. Le regard attiré par une pancarte évoquant un stage de psychothérapie intégrative sur le thème du courage, elle ne s’autorise pas à trop réfléchir et s’inscrit pour la semaine de stage. Tant pis pour le congrès de cardiologie où elle est attendue ! Une décision qui va bouleverser sa vie, ses choix de vie. Une renaissance.

Ce roman de Fanny Gayral est un vrai délice de lecture ! Avec des formules inédites, un humour rafraîchissant, une analyse fine de la psychologie des personnages, l’auteur nous entraine sur les pas d’une femme à l’aube de sa renaissance. Identifier ses aspirations profondes, repenser sa vie, ses priorités, ses choix, qui n’y a pas songé un jour ou l’autre ? Oser ensuite assumer ses décisions, ses envies et foncer, qui n’en a pas rêvé ? Oser être et non plus juste par-être. Vivre enfin. Pleinement.

Un roman frais, pétillant, positif, qui se lit d’une traite, le sourire aux lèvres! Ne passez pas à côté de cette pépite !

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Glissez Delphine Bertholon dans votre poche!

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Coeur-naufrage, Delphine Bertholon

Editions Le livre de poche, février 2019

J’ai presque envie de me contenter d’écrire : Lisez-le ! Juste ces deux mots. Non pas comme un ordre, mais comme une ordonnance de bonheur pour tous les amoureux de littérature. Comme un appel à ce que vous ne passiez pas à côté de ce bijou.

Il y a en effet les livres que l’on aime, ceux qu’on adore, ceux qu’on déteste, ceux qu’on oublie, ceux qu’on relit. Et puis il y a LE livre. LA rencontre. Un roman qui vous transporte, vous émeut, vous subjugue par sa remarquable construction, par ses expressions aussi inédites que judicieuses. Un roman qui provoque en vous un tsunami d’émotion dans toutes ses acceptions, qui vous happe, vous interpelle, vous chahute, vous habite cœur et âme. Un roman dont vous peinez à parler tant vous savez que quoi que vous écriviez, ce sera en deçà des éloges qu’il mérite.

C’est le cas du nouveau roman de Delphine Bertholon.

Lyla, célibataire de 34 ans, mène une vie non pas épanouie, mais s’en accommode. Un métier de traductrice, un amant marié, une très bonne copine, un chat fantasque. Elle attend. Tout et n’importe quoi. A commencer par elle-même. « Certains jours je m’attends des heures et je ne me rejoins jamais ; je me pose un lapin, traître de moi-même ».

Jusqu’à ce jour où un message sur son répondeur provoque en elle un choc, une secousse tellurique. Et la ramène brutalement 17 ans en arrière. Un appel qui l’oblige alors à sortir de sa zone de confort. A cesser de fuir, de se fuir. Quel est donc ce secret qu’elle porte comme un fardeau, qui la conduit à faire diversion avec tous ? « Je vis avec cette chose-là depuis dix-sept ans, tapie au fond des os comme une excroissance dont je suis seule consciente, une boule de douleur brûlante comme un soleil. Cette chose-là m’a construite, définie, aggravée, et le sentiment d’avoir pris la bonne décision ne rend pas le présent plus facile. »

Un roman lumineux, brillant, bouleversant. Un bijou d’émotion dans un écrin de talent.

Glissez Amélie Antoine dans votre poche!

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Les silences, Amélie Antoine

Editions Le livre de poche, mars 2018

C’est une histoire de paillettes et de célébrité, mais surtout, l’histoire d’un père et d’un fils auxquels il aura fallu plus d’une vie pour se trouver. Magnifique…

Edouard est un humoriste connu et reconnu. Son nom au programme d’une soirée suffit à remplir les salles. Nul autre en effet ne semble à ce point doué pour dispenser de la joie autour de lui. Mais ce bonheur qu’il sait si bien faire naître chez autrui, l’éprouve-t-il seulement ? Qu’en est-il de sa vie, de ses rêves, de ses envies ? De son moteur ? Que cache-t-il derrière ces blagues qui fusent à cent à l’heure ? Pourquoi ne se sent-il pas légitime dans ce métier malgré la reconnaissance de ses pairs, la présence toujours plus nombreuse et enthousiaste du public ? Quel est ce barrage qui retient son bonheur prisonnier et ne laisse filtrer que les flots du doute et des regrets ?

De son côté, Arthur, son fils, observe de loin la carrière de l’humoriste préféré des français. Certes, ce père, si souvent absent, appelé par son public mais sourd à ses appels d’enfant, a tenté de compenser en le couvrant de cadeaux, de sorties toutes plus féériques les unes que les autres. Mais cela n’a pas suffi à combler le manque, l’absence de partage de moments forts et moins forts du quotidien. L’affection a peu à peu fait place à la colère et au ressentiment. Au point qu’au fil des années, l’un et l’autre sont devenus des étrangers.

Il faudra la disparition tragique d’Edouard, pour qu’Arthur se mette en quête de découvrir qui était réellement ce père, cet homme, cet autre. Pour réaliser la place qu’il occupe dans son cœur.

C’est un roman magnifique que nous offre Amélie Antoine. Bouleversant. Un roman dans lequel deux êtres s’aiment sans savoir se le montrer ni se le dire. Comment être un bon parent quand on n’a pas été soi-même chéri dans son enfance ? « Peut-être est-on condamné à reproduire, de génération en génération, les erreurs de ses parents ? Peut-être que chercher à faire tout le contraire est le plus sûr moyen d’aboutir au même résultat foireux ? » Avec beaucoup de sensibilité et de justesse, l’auteur nous fait toucher du doigt la difficulté d’aimer, d’exprimer ses émotions. Et nous montre qu’il n’est jamais trop tard pour pardonner. L’important, en tant que parent, n’est-il pas d’avoir fait de son mieux avec ce que l’on a reçu ? Et non d’être parfait.

Un roman poignant dont les personnages vous hanteront longtemps. A lire !

La veillée, Virginie Carton : magnifique!

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La veillée, Virginie Carton

Editions du Livre de poche, novembre 2017

Un roman d’une grande profondeur, intense, émouvant, sur les choix de vie. Mais aussi sur la force de l’amitié. Juste magnifique.

Quand Marie reçoit un SMS de Sébastien lui annonçant le décès de son père, elle n’hésite pas une seule seconde. Sa place est auprès de lui, lui l’ami de toujours, le frère de cœur, le confident. Lui avec lequel ni le temps ni la distance n’ont distendu les liens, bien que tous deux se soient mariés, aient des enfants et une vie professionnelle remplie.

Ils laissent conjoint et enfants et restent tous les deux veiller le corps de cet homme dont ils étaient si proches, qu’ils connaissaient si bien. Du moins le croyaient-ils. Car lorsqu’un certain Harold, un vieil homme excentrique, frappe à la porte au milieu de la nuit, c’est tout un pan méconnu de la vie du défunt qui se révèle à Sébastien et Marie. Et le début d’une mise à nu pour chacun d’entre eux.

Etre proche de quelqu’un nous donne-t-il l’illusion de bien le connaître ? Et si, à l’image des icebergs, nos proches avaient une face immergée ? Mais alors, qu’est-ce qui motive nos secrets ? Dans ce magnifique roman, d’une force émotionnelle rare et d’une sensibilité à fleur de plume, Virginie Carton analyse avec beaucoup de finesse les méandres de l’esprit humain, nos peurs, nos doutes, nos rêves, nos devoirs. L’occasion de s’interroger sur l’importance de nos choix de vie : faut-il s’accrocher à nos rêves ou y renoncer pour répondre aux attentes des autres, aux conventions ? Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Des questions auxquelles la romancière apporte des éléments de réponse éclairants, lesquels interpellent le lecteur.

La veillée est un livre qui vous fera veiller. Car une fois commencé, impossible de le reposer !

 

 

 

Prix des lecteurs du Livre de poche 2016

 

Les 27es prix des Lecteurs du Livre de poche ont été décernés, hier dans la soirée, à l’Espace Commines, à Paris. Gaëlle Nohant a été sacrée dans la catégorie littérature avec La part des flammes, et Sophie Hénaff dans la catégorie policiers/thrillers avec Poulets grillés. Dans le même temps, Philipp Meyer a officiellement reçu la récompense du Choix des libraires pour son roman Le fils.

  • Catégorie littérature:

Plus de 3 000 lecteurs du Livre de poche se sont inscrits cette année pour devenir membre du jury. De février à août, 130 lecteurs en littérature ont choisi chaque mois leur livre préféré parmi les trois qui leur étaient envoyés, avant d’élire, sur les sept romans sélectionnés, La part des flammes, de Gaëlle Nohant, roman historique présentant le destin de trois femmes rebelles de la fin du XIXe siècle et déjà lauréat du prix du Livre France bleu 2015.

 

  • Catégorie Thrillers/Policiers :

 

Parallèlement, 130 lecteurs de policiers/thrillers ont eu à choisir entre deux ouvrages par mois sur la même période, et ont finalement sacré Poulets grillés, de la journaliste Sophie Hénaff, lauréat notamment du prix Arsène Lupin 2015 et du prix Polar en séries 2015 et qui raconte l’arrivée de la commissaire Anne Capestan à la tête du 36, quai des Orfèvres.

 

  • Choix des libraires :

 

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Plébiscité par les libraires partenaires du Choix des libraires 2016, Le fils, de Philipp Meyer, suit le destin d’une famille texane, des années 1850 à nos jours.

Glissez Delphine Bertholon dans votre poche!

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Les corps inutiles, de Delphine Bertholon
Editions Le livre de poche, août 2016

Le corps, arme et armure.
Portrait intime de l’adolescence, drame psychologique aux accents de roman policier, Les corps inutiles déroule le fil d’une vie tourmentée par les démons du passé.

La soirée s’annonçait légère pour Clémence. A titre exceptionnel, du haut de ses quinze ans, elle avait en effet obtenu l’autorisation de se rendre à la fête de fin d’année donnée par sa copine de classe.
La rencontre qu’elle fit au détour de la rue avec « l’homme blond » en décida autrement.

Et sa vie de basculer.

La banalisation de l’agression par son camarade de classe Virgile, seule personne à laquelle elle se confia du bout des lèvres ce soir-là, scella sa détermination à n’en parler à personne d’autre. Jamais. « Parce qu’en vérité, personne ne pouvait comprendre ce qui s’était passé, ce soir-là, dans cette rue-là. Personne n’avait senti ce qu’elle avait senti. Vécu ce qu’elle avait vécu. » Et de se répéter les propos de Virgile, tel un mantra : « Allons Clémence, ce n’est pas si grave ! »
Mais son corps refuse d’oublier le traumatisme, se rebelle, se fait le porte-parole de ses cris et de sa peur enfouis. Qui n’a entendu la révolte de son corps, quand la violence des maux n’est que le reflet du silence des mots ? Ce dernier devient comme anesthésié, fermé à toute sensation, douleur comme douceur. Une armure. Mais aussi une arme, celle de Clémence devenue vengeresse. Chaque 29 du mois, date anniversaire maudite de son agression, elle offre en effet ce corps à des inconnus de passage, pour tenter de conjurer le sort, de reprendre le pouvoir: « Ils ne me prendront rien : je me donnerai d’abord. » Question de survie.

Avec ce nouveau roman, Delphine Bertholon nous prouve une fois encore, si besoin était, sa capacité extraordinaire à véhiculer les émotions, à disséquer avec intelligence et sensibilité les âmes au scalpel de sa plume. Le lecteur suit avec une vive émotion Clémence à 15 et 30 ans, le poids des traumatismes engendrés par les mots autant que par l’agression elle-même, la geôle invisible du silence dans laquelle elle s’enferme, la honte et la culpabilité qui grandissent en elle. Mais aussi, sa capacité extraordinaire à s’en sortir. Car la vie resurgit. Plus forte que tout.
Une réussite.
A lire !

Glissez Grégoire Delacourt dans votre poche!

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Les quatre saisons de l’été, Grégoire Delacourt

Le livre de Poche, mai 2016

Bouleversant et solaire, ce nouveau roman de Grégoire Delacourt retrace la trajectoire de nos blessures intimes et nos élans les plus fous.

Quatre couples, quatre générations, quatre histoires d’amour. Et une seule date, un seul lieu. 14 juillet 1999, tandis que la fin du monde est annoncée six mois plus tard et appelle à vivre intensément les derniers possibles instants. Le décor, c’est la plage du Touquet, sur laquelle l’amour semble suivre le mouvement perpétuel de flux et de reflux des vagues, laissant les cœurs parfois secs sur la grève, les recouvrant de bonheur à d’autres.

« C’est toujours la même histoire, en temps de guerre comme en tant de paix, en été comme en hiver, cette nécessité de n’être pas seul. Cet appétit d’être aimé. » La faim d’amour est-elle la même à 15, 35, 55 et 75 ans ? Ou l’appétit d’aimer et d’être aimé suit-il le cycle de la vie, diminuant avec le temps ?

Le printemps de l’amour, sa saison de floraison, ce sont Victoire et Louis, adolescents, qui nous la font vivre. Premier flirt, premier baiser, premier embrasement. Première blessure aussi. Laquelle marquera de son sceau indélébile les histoires d’amour ultérieures.

L’été. A 35 ans, les feux de l’amour brillent au zénith. Tout semble possible, y compris, pour cette mère célibataire, de reconquérir son premier amour, celui qu’elle n’a jamais pu oublier ni retrouver dans les bras d’autres hommes depuis. Mais doit-on redonner vie à ses amours d’enfance où les laisser dormir dans nos souvenirs ?

L’automne. Cette saison où après la splendeur des feuillages couleur ocre et pourpre, on assiste à leur chute. Monique, 55 ans, au corps qui garde les stigmates de ses trois maternités heureuses et désirées, s’interroge. Peut-on encore s’embraser quand on n’a plus un corps de jeune fille ? Peut-on encore tomber amoureuse quand les sentiments qu’on croyait éternels se sont éteints, quand « l’homme de sa vie » s’avère n’être que l’homme d’une saison ?

Enfin, vient l’hiver de la vie. A 75 ans, après 50 ans de mariage, est-ce aussi l’hiver des sentiments ? L’amour qui unit ce couple, lequel s’est formé sur cette même plage ½ siècle plus tôt, ne semble pas avoir rencontré un seul grain de sable.

Quatre couples très attachants, qui vont s’influencer sans s’en rendre compte, grâce à une subtile construction orchestrée par l’auteur, lequel fait de nous les témoins privilégiés et ô combien émus de ces amours qui parlent de nous. Les sentiments sont exprimés avec magnificence, justesse, force, tantôt brûlent comme le sable chaud en plein été, tantôt glacent comme la mer quand elle se retire et laisse sur les cœurs le souvenir salé des larmes. Plongez tête la première dans ce roman et laissez-vous porter par la déferlante d’émotions dans toutes leurs acceptions qu’il suscite!

Une réussite.