Prix Goncourt 2016 : Leila Slimani

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Ce jeudi, au restaurant Drouant à paris, le jury a décidé de récompenser Leila Slimani pour Chanson Douce chez Gallimard.

Quatre auteurs étaient en lice ce jeudi pour remporter le prix Goncourt, le plus convoité des prix littéraires.

Les thèmes des quatre oeuvres en lice appartenaient à un registre sombre: infanticide pour Leïla Slimani (« Chanson douce » chez Gallimard), suicide pour Catherine Cusset (« L’autre qu’on adorait » chez Gallimard), cannibalisme pour Régis Jauffret (« Cannibales » au Seuil) et génocide pour Gaël Faye (« Petits pays » chez Grasset).

Deux femmes et deux hommes devaient être départagés : c’est finalement la favorite, Leïla Slimani, qui a remporté les faveurs des 10 membres du jury, réunis au restaurant Drouant à Paris.

Le Goncourt demeure une aubaine pour les éditeurs. En moyenne, un livre primé s’écoule à plus de 345 000 exemplaires. L’an dernier, il a récompensé «Boussole» de Mathias Enard (Editions Actes Sud), un ouvrage exigeant sur les liens entre l’Orient et l’Occident.

Retrouvez la chronique que j’avais consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : Chanson douce

 

Rentrée littéraire : Chanson douce, Leila Slimani (Gallimard)

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Chanson douce, Leila Slimani

Editions Gallimard, août 2016

Rentrée littéraire

Un roman au suspense envoûtant. Un style sec et tranchant. Coup de cœur de cette rentrée littéraire !

Ne vous fiez pas au titre, aux notes tendres qu’il évoque. Ceci est juste destiné à endormir votre méfiance, à vous bercer d’illusions, à l’image du procédé utilisé par la nurse devant le jeune couple. Et votre vertige n’en sera que plus grand.

Mère de deux enfants, Myriam a mis de côté sa carrière professionnelle brillante d’avocate pour s’occuper des petits. Mais au fil des mois, une frustration de plus en plus grande l’envahit. Elle qui a fait tant de sacrifices pour réussir ses études, qui aime tant sa profession, se sent mourir intérieurement de n’avoir rien d’autre à raconter que les pitreries des enfants. A bout, elle fait part à Paul, son mari, de la nécessité absolue qu’elle retravaille.

Il faut alors engager une nounou.

Après un casting sévère, elle trouve la perle : Louise. Louise se révèle non seulement être une nounou attentionnée, créative, merveilleuse avec les enfants, mais bientôt, c’est de toute la maisonnée dont elle va prendre soin. Ménage, cuisine, décoration, courses, Louise devient indispensable au couple. Acceptée et aimée par tous. Un membre de la famille en quelque sorte.

Pourtant, d’emblée le lecteur sait cette femme terriblement dangereuse. Le livre s’ouvre en effet sur le meutre des enfants perpétré par la nounou. Tandis que l’auteur évoque les mois qui ont précédé cette macabre découverte, le lecteur a une longueur d’avance sur les parents, scanne chaque fait et geste de la nurse, sait qu’un drame se prépare, sent la tension monter de façon extraordinaire. Sans pouvoir prévenir hélas ces derniers.

C’est un thriller glaçant d’une efficacité redoutable que nous offre Leila Slimani. Impossible de reposer le roman une fois la lecture commencée. Avec un style acéré, vif, Leila Slimani aborde les problèmes de notre époque, avec sa conception de l’amour et de l’éducation, des rapports de domination et d’argent, des préjugés de classe ou de culture. Envoûtant.

Prix La Mamounia 2015 : Leila Slimani

Le prix littéraire de La Mamounia 2015 va à Leïla Slimani pour Le Jardin de l’Ogre

 Le prix littéraire de la Mamounia 2015 est remporté par Leïla Slimani pour son livre Le Jardin de l’Ogre paru aux éditions Gallimard. Une femme primée, une grande première dans l’histoire de ce prix. 

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Dans l’un des salons feutrés de La Mamounia, Christine Orban, romancière et présidente du jury du Prix Littéraire de La Mamounia est fière d’annoncer le nom du gagnant : Leïla Slimani pour son livre Le Jardin de l’Ogre paru aux éditions Gallimard. Une femme primée, une grande première dans l’histoire de ce prix créé en 2009 par le célèbre établissement de luxe marrakchi. Un prix décerné « à l’unanimité » surtout, « pour son audace à aborder un sujet peu traité, qui plus est par une femme musulmane et écrit d’une façon brillante, avec beaucoup de psychologie » souligne la présidente. Avant de conclure, « il fallait oser, le sujet est gonflé !
Paru en 2013, ce roman qui narre l’histoire de la vie d’Adèle et de Richard, un couple parisien au quotidien monotone s’est en effet attelé à un sujet « dur mais avec originalité », celui de l’addiction au sexe et de la souffrance qui en découle. « L’histoire d’une femme qui perd le contrôle, de son corps, de son existence, un livre sur la dépossession de soi, sur le vertige mais aussi l’ivresse que peut procurer l’avilissement » explique Leïla Slimani. « Un livre sur l’addiction aussi, sujet qui m’a toujours fasciné et sur le courage enfin, sur l’amour et sa capacité à survivre aux petites et grandes trahisons qui jalonnent l’existence » conclue-t-elle.
Un prix réservé aux auteurs marocains de langue française
Réservé aux auteurs marocains de langue française, ce prix mettait en compétition cette année les livres Quand Adam a décidé de vivre, de Rachid Khaless (La croisée des chemins), Pour tout l’or de Casablanca, de Imane Robelin (Editions Henry), Nous n’irons pas tous au paradis, de Maria Guessous (Afrique Orient) et À l’ombre de l’Eucalyptus, de Najib Redouane (L’Harmattan).

Leïla Slimani a été plébiscitée par un jury éclectique composé de sept personnalités du monde littéraire international à l’instar de la romancière Christine Orban, de l’auteur américain Douglas Kennedy, de l’écrivain marocain Mohamed Nédali – gagnant en 2012 de ce même prix pour Triste Jeunesse (Le Fennec) -ou encore de Karima Yatribi, professeure de littérature française au Maroc et membre de « L’Union des Ecrivains du Maroc ». Leïla Slimani repart, souriante, un chèque de 200 000 dirhams en main.