Celle qui attend, Camille Zabka

Celle qui attend livre 

« Celle qui attend » est le premier roman de Camille Zabka. Un livre tiré d’une histoire vraie, celle d’un homme dont la vie bascule dans l’horreur suite à un emprisonnement. Dès lors, seules les lettres qu’il écrit à sa femme et à sa fille le relient à la vie extérieure, à la vie « normale ». Un roman saisissant.

Quand la vie bascule suite à une incarcération

Alexandre a connu de nombreuses discriminations en raison de sa couleur de peau. Mais il a réussi à mener son petit bonhomme de chemin malgré tout, aujourd’hui dirigeant d’une entreprise de voituriers. Une vie bien rangée, aux côtés de sa femme Pénélope et de son adorable petite fille Pamina. Jusqu’à ce problème routier.

Sa vie bascule quand à un contrôle de police, il est arrêté pour conduite sans permis. Depuis l’année passée, où il avait pris la fuite en état d’ivresse, son permis de conduire lui avait été retiré. Il avait pour obligation de se présenter au juge d’application des peines. Une obligation à laquelle il s’est soustrait sans mesurer les risques encourus. La peine avec sursis se transforme alors en peine de prison ferme.

Et de se voir incarcérer pour quatre mois à Fleury-Mérogis. C’est la sidération. Une vie en suspens. En quelques minutes, il se retrouve plongé dans un autre monde. Celui de la promiscuité avec des détenus violents, drogués. Celui du bruit incessant, des disputes, des cris, des télés qui hurlent jour et nuit. Celui de la puanteur, de la crasse, de l’urine, de la sueur. Celui des horaires bien réglés, pour la promenade, les ateliers, les repas. Celui du temps figé. Celui de l’absence de liberté hormis celle de penser.

Et penser, il ne fait que cela. A sa femme qui doit prendre ses nouvelles fonctions de sage-femme en Allemagne. A sa fille, trop petite pour comprendre ce qui arrive à son père et à laquelle on a prétendu qu’il était au coin suite à une grosse bêtise. A trois ans, va-t-elle penser qu’il l’a abandonnée ?  Cette pensée le terrifie. Lui qui n’aimait jusqu’alors pas les mots, qui n’écrivait pas ni ne lisait, trouve en l’écriture et la lecture un rempart contre l’effondrement. Au quotidien, il rédige des lettres, réalise des dessins à colorier pour sa fille, des puzzles de papier, des banderoles à afficher, qu’il glisse dans des enveloppes de fortune avec des timbres cantinés. Ces lettres sont le seul pont érigé entre lui et elles. Le seul oxygène qu’il lui reste. Le seul lien avec l’extérieur.

Sa seule raison de vivre.

La prison, un retour à l’état sauvage

Avec Camille Zabka, le lecteur devient prisonnier (mais consentant 😉) à son tour. Prisonnier de la fluidité de son style, du réalisme des situations, de la justesse des émotions. Impossible de s’extraire du livre une fois la lecture commencée. On vit l’incarcération, on frémit lors des rixes, on s’émeut à la lecture des lettres et des trésors d’imagination du père envers sa fille, on trépigne d’impatience à l’approche de la libération. On s’insurge devant l’erreur judiciaire qui accroît la durée d’emprisonnement, devant les injustices dont il est l’objet et les aberrations de l’administration pénitentiaire. La romancière excelle à nous catapulter au cœur de la prison, où l’homme n’est plus un homme mais réduit à l’état d’animal sauvage luttant pour sa survie. C’est un roman édifiant, tiré d’une histoire vraie, celle d’une vie qui bascule et entraîne dans son sillage celle de ses proches.

Un roman indiciblement touchant, où l’amour d’un père pour sa fille et d’un homme pour sa femme permet au détenu de rester debout. Envers et contre tout. Agrippé aux lettres comme à des bouées. Atteindra-t-il le rivage?

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Dis-moi que tu m’aimes, même si ce n’est pas vrai (éditions Textuel) : un bouquet de déclarations d’amour

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Dis-moi que tu m’aimes, même si ce n’est pas vrai

Collection d’Anne-Marie Springer, éditions Textuel, novembre 2018

La suissesse Anne-Marie Springer, grande collectionneuse de lettres d’amour et de notes manuscrites intimes, nous offre ici des fac-similés extraits de sa collection : de Sartre à James Joyce, en passant par Gala et Paul Eluard, l’amour est décliné sous tous les « t’aime ».

« Quel jour que celui où je te serrerai dans mes bras. Deux mois loin de toi, c’est deux mois perdus pour la vie. » Napoléon à Joséphine de Beauharnais

C’est un ouvrage très original aussi bien dans sa présentation, que dans la richesse et la diversité  des lettres dévoilées. Tel un écrin à bijoux, l’ouvrage s’ouvre à la façon d’une boîte, offrant au lecteur des trésors, les mots d’amour dont des plumes illustres ont paré l’être aimé. Plus de 50 auteurs sont ainsi réunis ici : Victor Hugo, Churchill, Arletty, Napoléon, Louis Ferdinand Céline, Alfred de Vigny…

«  Un regard de tes yeux, c’est toute la vie, une heure dans tes bras c’est le bonheur pour toute la vie . » Victor Hugo à Juliette Drouet

Depuis plus de vingt ans, Anne Springer collectionne des lettres d’amour, accordant un intérêt tout particulier à la façon dont les auteurs expriment leurs sentiments, qu’il s’agisse d’amour filial ou conjugal, d’amour passion ou d’amour-amitié. A une époque où nous n’écrivons plus guère, il est émouvant de plonger dans ces flots de tendresse, dans ces vagues de passion, de se laisser porter par le courant de leur fougue. Une émotion d’autant plus forte pour le lecteur, que certaines déclarations d’amour sont des reproductions de lettres manuscrites.

« Je ne sais pas comment te retenir, je n’ai pas les moyens que le seul et unique de t’aimer toujours, infiniment, complètement.  » Gala à Paul Eluard

Un livre joliment façonné, fascinant par sa diversité, qui parlera avec autant de force aux amoureux de l’amour qu’aux amoureux de la langue!