Citation du jour

 » C’est bizarre, mais je pense que les livres ne sont pas, contrairement à ce qu’on dit, de l’ordre de la littérature, qui est finalement un petit canton, mais de l’ordre de la vie, c’est-à-dire du désir. Or, on ne peut pas susciter artificiellement un désir. Les besoins, oui, on peut les créer et les satisfaire, ou pas. J’ai besoin d’une pomme, je l’achète, je la mange, le besoin est momentanément éteint. Le désir, c’est autre chose, c’est une histoire d’amour, une histoire passionnelle qui va entrer loin dans la vie de l’autre. Le désir ébranle la chair, l’esprit, tout.  »

Christian Bobin

14462883_1361111360583444_602638087804623882_n

Lire accroît la longévité (et rend plus séduisant)!

lire-fait-vivre-plus-longtemps-et-rend-plus-seduisant

On sait déjà qu’écrire rend Immortel, en tout cas une poignée de petits hommes verts (et quelques grandes femmes) se réunissant régulièrement quai de Conti, à Paris, autour d’un dictionnaire. On sait désormais, et c’est peut-être la meilleure nouvelle de cette rentrée littéraire, que lire fait vivre plus longtemps. Ce n’est pas moi qui le dis (et Dieu sait que cette information me concerne directement, moi qui me délecte d’au moins trois romans par semaine, et qui vois donc mon espérance de vie grimper jusqu’à environ 143 ans), c’est une très sérieuse équipe de chercheurs de l’université de Yale dans la revue « Social Science & Medicine ». (On ne louera jamais assez ces études iconoclastes qui fleurissent aux États-Unis ; à quand : faire la vaisselle fait-il pousser les cheveux ?)

Les scientifiques ont étudié un échantillon de 3635 personnes âgées de 50 ans et plus. Le groupe a été divisé en trois: ceux qui n’ouvraient jamais un bouquin, ceux qui lisaient jusqu’à trois heures trente par semaine et ceux qui dévoraient des livres plus de trois heures trente par semaine. Les chercheurs ont d’abord observé que les plus gros lecteurs étaient des femmes, ayant fait des études universitaires et avec des revenus plus élevés que la moyenne. Plus surprenant, les chercheurs ont constaté que le groupe de gros lecteurs avait 23% de risques en moins que les autres de mourir dans les douze années à venir. Précision : il s’agit de livres, pas de magazines. D’après la professeure Becca Levy, directrice de l’étude, l’explication est simple comme bonjour (et pas tristesse) : « cette activité permet de stimuler son cerveau, ainsi, le déclin cognitif est ralenti, la mémoire est préservée et le risque de développer une maladie dégénérative est réduit ».

À ces conclusions réjouissantes s’ajoutent celles d’une autre enquête menée par eDarling sur l’influence de la lecture dans la vie amoureuse : 87 % des célibataires se laissent séduire si on leur parle bouquins, et 43% des personnes interrogées trouvent que lire c’est sexy !

Source : magazine ELLE du vendredi 23 septembre 2016

Citation du jour

Elle reposa le livre, éteignit les lumières et inspira profondément tous les savoirs de ce merveilleux laboratoire à rêves, le parfum de ces livres neufs ou anciens, l’exhalaison de leur passé et de leurs promesses, de leurs malédictions et de leurs prophéties, des mains qui les avaient tenus, du soin que leur avaient porté les fabricants de papier, les imprimeurs et les relieurs; elle huma l’odeur de l’encre, de la colle, du lin, du cuir, de la couverture et de la jaquette, des coutures, des signets et du papier de soie. Jamais une parfumerie n’aurait pu obtenir une cuvée aussi parfaite à partir de l’interaction de toutes ces odeurs, seule une librairie dans laquelle on classait amoureusement des œuvres anciennes et nouvelles, en était capable. »

Thomas Montasser – Une année particulière (Presses de la cité)

109288398