Citation du jour

Dieu était bâti à l’image des adultes qu’il avait créés, il promettait beaucoup et rien n’allait jamais plus loin. Je crois que, s’il avait eu l’idée de construire Adam et Eve dans des corps d’enfants, le monde serait moins cruel et déprimant, de Stéphane Bellat dans La chambre d’Hannah (MA éditions)

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Après quoi on court, de Jérémy Sebbane : l’urgence de vivre

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Après quoi on court, de Jérémy Sebbane
MA Editions, à paraitre le 13 mai 2014

 
Portrait d’une génération et d’une époque, Après quoi on court, de Jérémy Sebbane, est une oeuvre originale et forte qui explore avec brio les affres de l’adolescence et les difficultés du passage à la vie adulte.

Ils ne sont plus des enfants, mais pas encore des adultes. Nous sommes au début des années 2000, ils ont 15 ans, des rêves plein la tête, des envies, des espoirs. Et courent au devant, sans se poser de questions, fougueux, passionnés, déterminés. Entiers. « Ils », ce sont quatre amis, Lisa, Aaron, Michaël et Dana. Une amitié mâtinée d’amour, ce qui n’est pas sans complexifier les relations. Car si Lisa aime Aaron, ce dernier n’a d’yeux que pour Michaël. Et Michaël d’hésiter, troublé par son inclination pour les hommes, en l’occurrence ici Aaron, au même titre que pour les femmes et tout particulièrement Dana. Que faire quand les sentiments ne sont pas partagés? Espérer que ces derniers évoluent dans le sens d’un renforcement, renoncer définitivement ou feindre s’accommoder de liens amicaux? Comment accepter et faire accepter d’avoir une identité sexuelle autre, quand on est élevé dans un milieu conservateur, attaché à la tradition? Comment supporter que l’autre voie en vous son confident, son meilleur ami quand c’est d’amour dont vous rêvez avec lui? L’amour et ses affres…
A l’école de la vie, ils foncent, aiment, pleurent, s’interrogent, tombent, se relèvent, apprennent (ou pas) de leurs blessures, s’écorchent aux ronces de l’amour, mais ils courent, toujours, emportés par l’urgence de vivre.
Dans ce roman choral, les quatre protagonistes nous font partager leurs doutes, leurs envies, leurs peurs. Ils interpellent tour à tour le lecteur, le prennent à témoin, l’interrogent comme ils s’interrogent. Et le lecteur de devenir alors le cinquième personnage du roman, d’accompagner Dana, Lisa, Aaron et Michaël pendant dix années, dix années essentielles dans leur construction, leurs choix de vie. Et de refermer le livre avec le sentiment de s’être fait quatre nouveaux amis…
Un roman très vivant!

Après quoi on court, de Jérémy Sebbane

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Après quoi on court, de Jérémy Sebbane

Editions M.A., à paraitre le 13 mai 2014

Lisa aime Aaron, qui aime Michaël, qui aime Dana… Tour à tour, ces quatre personnages nous racontent leurs espoirs, leurs peurs, leurs attentes. Identités multiples, confusion des genres, désirs incontrôlés, leurs sentiments exacerbés les propulsent de l’adolescence à l’âge adulte dans une course effrénée au cours de laquelle leurs rêves de jeunesse risquent de voler en éclats. Roman générationnel qui se déroule tout au long des années 2000, truffé de références à la pop culture et aux événements marquants de la décennie écoulée, Après quoi on court interpelle le lecteur dans un style très direct pour qu’il devienne lui aussi partie intégrante de ce carré amoureux.

La Kar’interview de Stéphane Bellat

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En ce mois de mars, Stéphane Bellat nous a offert un bouleversant roman chez M.A. éditions : La chambre d’Hannah. Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

Rencontre avec l’auteur :

Karine Fléjo : Vous abordez cette période sombre de l’histoire, la seconde guerre mondiale, à travers un prisme très intéressant, celui du regard d’un enfant. Un enfant n’a pas de préjugés, cherche à comprendre, pose un regard neuf sur ce qui l’entoure. Il ose poser des questions, toutes les questions, là où bien souvent les adultes s’abstiennent ou ne s’interrogent même pas.

Stéphane Bellat : Oui, un enfant va se focaliser plus sur les sentiments et les sensations. Cela m’a rappelé un peu Saint Exupéry dans Le Petit Prince. Il dit en l’occurence : si pour décrire votre maison vous dites à un adulte qu’elle a les murs blancs avec des tuiles roses, des volets bleus et que tous les jours les oiseaux viennent s’y poser, un adulte ne comprendra pas. Si vous lui dites : j’ai une grande maison de 100 000 francs, il vous répondra : Ah, qu’elle est belle! L’enfant et l’adulte ne portent pas leur attention sur les mêmes choses…

KF : C’est là toute la différence en effet. Dans votre roman, l’action se déroule sur deux périodes. Aujourd’hui à Paris, dans le quartier de Belleville. Et cinquante ans plus tôt, au coeur de l’occupation, exactement sur les mêmes lieux. Vous êtes spécialiste de la seconde guerre mondiale et avez mené plusieurs conférences à ce sujet. Cela vous a t-il aidé pour aborder ce livre?

SB : Oui, j’ai été aidé pour écrire La chambre d’Hannah par les conférences dans lesquelles j’ai été amené à intervenir, conférences autant pour les adultes, voire à des professeurs d’histoire, qu’à des enfants. Et à cette occasion je me suis aperçu que les questions n’étaient pas du tout les mêmes, que celles des enfants, à la limite, étaient bien plus pertinentes. Et j’ai donc choisi de décrire la guerre à travers le prisme légèrement déformant des enfants.

KF : Cela donne un récit d’autant plus touchant. Des enfants, Pierre et Maxime, qui par ailleurs n’ont pas ces hésitations que nous pouvons avoir, nous adultes, et décident sans plus attendre de venir en aide à Hannah et sa famille, menacée de déportation. C’est une évidence pour eux qu’il faut faire quelque chose.

SB : Ce n’est pas compliqué : si Pierre n’arrive pas à sortir Hannah de là, elle va mourir, finira en camp de déportation et sera gazée. Si l’amitié d’Hannah était retirée à Pierre, il finirait par mettre fin à ses jours.

KF : oui, c’est finalement une relation d’amitié où chacun est le sauveur de l’autre. Pour Pierre l’ambiance à la maison est si délétère qu’il n’a plus goût à la vie. Pour Hannah, c’est la menace de déportation. C’est un sauvetage réciproque de deux enfants à un moment charnière de leur vie.

SB : L’un ne peut pas vivre sans l’autre, oui. Ou les deux s’en sortent ou aucun ne s’en sort. C’est ou tout ou rien. J’avais envie d’écrire une histoire forte entre des enfants…

Mission accomplie et ô combien brillamment! Ce récit vous bouleversera et longtemps resteront en vous Pierre, Maxime et Hannah… A lire absolument!

                                                                                 Propos recueillis le 14 mars 2014 

Retrouvez la chronique consacrée à ce roman coup de coeur en cliquant sur ce lien : https://leschroniquesdekoryfee.wordpress.com/2014/03/24/la-chambre-dhannah-de-stephane-bellat-m-a-editions-attention-coup-de-coeur/

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La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat (M.A. Editions)

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La chambre d’Hannah, de Stéphane Bellat

M.A. Éditions, mars 2014

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une soeur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce qu’elle est juive. Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible?

La Kar’interview de Pierre-Yves Tinguely, auteur de L’axe du sang (M.A. éditions)

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Le 21 janvier dernier, M.A. éditions a publié L’axe du sang, un thriller absolument remarquable de Pierre-Yves Tinguely.

Rencontre avec l’auteur :

Karine Fléjo: Comment procédez-vous pour construire une intrigue si magistralement menée, aux rouages si parfaitement huilés?

Pierre-Yves Tinguely : J’ai un peu l’impression de fonctionner avec mes sensibilités de peintre. Ça veut dire qu’avant de faire ma peinture, j´ai déjà en tête le tableau final. Après, quand je commence à travailler, je m’aperçois qu’il faut plutôt faire ceci ou cela pour avoir tel effet, qu’il faut que je commence par faire telle partie car après il faudra que je laisse sécher trois jours, qu’il vaut mieux que je pose ma main à tel endroit car ici ce ne sera pas sec, etc. J’ai cette vision globale de l’histoire. Et au delà de cette construction technique – qui fait quoi, comment, pourquoi, à qu’elle heure?, une des principales notions qui m’intéresse est la crédibilité.

KF : Le fait que le lecteur adhère à la version donnée même si elle flirte avec l’étrange, voire le paranormal?

PYT : C’est le fait que l’on ne puisse à aucun moment, exactement comme pour un film, se dire : ce n’est pas possible ça, ça ne tient pas debout, on me prend pour un imbécile! Or je déteste être pris pour un imbécile. Donc dans ma méthode de travail, par respect pour les gens qui vont me lire, je veille à ce que la structure même de l’histoire tienne la route. Ça c’est le cadre. Puis à l’intérieur de ce cadre, je me laisse complètement exploser le cerveau. D’où l’impression que l’on a et que c’est un film et que c’est construit comme le ferait un architecte. Il n’a pas mis la salle de bains n’importe où si vous voulez. Tout est réfléchi, cohérent. Et c’est cela qui m’intéresse : qu’il y ait une corrélation entre un imaginaire structuré qui rentre dans quelque chose auquel on a envie de croire et la réalité.

KF : On se retrouve à la frontière de deux mondes donc?

PYT : Oui, entre le paranormal et la réalité pure et dure. Entre la réalité et cette sensation qu’on éprouve quand on effleure ce monde invisible, bizarre, incompréhensible. Aussi bien dans le cas du Codex Lethalis *que dans L’axe du sang, les enquêteurs sont sidérés, ne comprennent pas ce qui se passe et sont amenés du coup à devoir imaginer d’autres solutions aux frontières du paranormal.

KF : Ce roman fait suite au Codex Lethalis, paru l’an dernier, même si la compréhension de L’axe du sang n’impose pas d’avoir absolument lu le premier tome. Un troisième volet est-il envisagé?

PYT : En ce moment je suis en train de réfléchir au synopsis du tome 3, oui.

Un troisième volet attendu avec impatience après ces deux premiers tomes fascinants!

                                                                               

                                                                                     Propos recueillis le 24 janvier 2014

* Le codex Lethalis, roman de Pierre-Yves Tinguely, Paru Aux Editions Hachette en mars 2013. Sorti en format poche aux Editions MA Poche en janvier 2014.

L’axe du sang, de Pierre-Yves Tinguely (MA Editions) : un thriller magistral!

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L’axe du sang, de Pierre-Yves Tinguely

MA Editions, janvier 2014

     Quand Teodor Cepek, ancien prêtre devenu exorciste, se rend dans une ferme au nord de Varsovie, il n’imagine pas les catastrophes en chaine que son intervention va déclencher. Venu offrir ses services pour faire fuir les esprits malins hantant les lieux, il se heurte alors à une entité d’une puissance phénoménale. Et la famille qu’il est venu sauver d’être massacrée sous ses yeux. Et les animaux de la ferme de tous périr dans ce même déferlement de violence et de sang. Une horreur innommable. Seul Cepek survit. Et la puissance maléfique avec lui… Car ce dernier prend conscience d’une réalité horrifiante : son propre sang a été infecté par le mal. Quelques gouttes de celui-ci, un simple contact par l’air et c’est la mort qui se propage autour de lui. Comment éviter qu’un tel pouvoir tombe aux mains d’esprits animés par le désir de répandre la terreur et la mort? Comment contrecarrer cette puissance redoutable? Quel est le rapport entre la contamination sanguine de Cepek et ces fameux grimoires, les codex, dont chaque page est un condensé d’incantations destinées à invoquer les plus effroyables démons? Où sont ces codex? En la possession de qui? Quel est leur secret?

Dès lors, de la Pologne aux États-Unis, en passant par la Suisse, une course contre la montre est lancée. Il s’agit de barrer la route à l’énergie satanique du trio d’ouvrages maudits…

Avec L’axe du sang, Pierre-Yves Tinguely offre à ses lecteurs une intrigue magistralement menée, aux rouages d’une subtilité inouïe. On marche aux frontières de l’étrange, on court après le temps, on retient son souffle de la première à la dernière ligne. Impossible de résister à la puissance magnétique de la plume de l’auteur.

Si le sang de Cepek contient une substance maléfique, celui de Pierre-Yves Tinguely recèle indéniablement le gène du talent.

Un thriller incontournable qui vous fera frissonner l’âme!

Site de l’auteur : http://www.pyt.ch

NDR : L’axe du sang est le deuxième volet d’une trilogie, la suite (même si les deux ouvrages peuvent être lus séparément) de Codex Léthalis, paru en 2013 aux éditions Hachette (et en version poche aux éditions MA poche en 2014).

Paraphilia, de Saffina Desforges: VOUS allez être la prochaine victime!

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Paraphilia, de Saffina Desforges,

Editions MA, mai 2012

     Le corps dénudé de Rebecca, dix ans, est retrouvé sans vie dans une rivière, les ongles peints en jaune. Disparue quelques jours plus tôt, la fillette ne sera hélas pas la seule victime à déplorer. Au fil des mois, selon le même mode opératoire – la strangulation, des fillettes prépubères sont retrouvées assassinées avec « dans le corps », cette signature cynique du tueur en série sur une carte de visite: « Oncle Tom ».

     Le Royaume-uni est dès lors en état de choc. Pas une seule agglomération, pas un seul village n’est à l’abri de la menace pédophile. L’angoisse monte. Oncle Tom est partout, dans toutes les conversations, dans tous les journaux, sur tous les écrans.

     Bristow, autrefois condamné pour crime sexuel, fait un coupable tout trouvé. Mais est-il réellement le coupable cette fois?

     Pour Claire, maman de Rebecca, mais aussi pour son compagnon Matt Burford, journaliste de profession, impossible de rester les bras ballants à attendre que la police capture éventuellement le serial killer. Il ne pourront envisager de faire le deuil que lorsque le tueur sera sous les barreaux. Besoin de comprendre, de mettre un visage sur l’assassin.

     Et d’investiguer sur les paraphilies – déviances sexuelles, dont la pédophilie est une variante. Et de participer eux aussi à la chasse à l’homme. Ils se retrouvent alors embarqués dans une affaire d’un machiavélisme qui dépasse l’imagination la plus fertile.

     Inspirée de la traque de Robert Black, tueur en série qui a sévi en Angleterre au début des années 80, cette enquête menée de haute plume par Saffina Desforges est passionnante et riche en enseignements à bien des égards. Très bien ficelée, l’intrigue nous saisit dès les premières lignes et nous tient en haleine de bout en bout, les yeux aimantés aux pages. Mais pas seulement. C’est l’occasion ici pour les auteurs de souligner le rôle des médias – voyeurisme malsain, sensationnalisme ou au contraire aide précieuse, de mettre en lumière les rivalités entre les différentes branches de la police, de nous éclairer sur les diverses méthodes d’investigation tel le profilage, mais aussi de balayer les préjugés sur le profil « type » du serial killer. Les crimes sexuels ont-ils vraiment à voir avec le sexe? N’est-ce pas davantage un besoin de contrôle ultime sur autrui, une soif exacerbée de pouvoir?

     Attention, soyez prévenus du danger! Car ce thriller époustouflant va faire d’autres victimes : VOUS, lecteurs, qui allez succomber à la talentueuse plume de Saffina Desforges et parcourir ces 522 pages en apnée !

 

     Site de l’auteur : http://www.saffinadesforges.com/

     Site de l’éditeur : http://ma-editions.com/