Ivresse du reproche, de Marco Koskas, aux éditions Fayard

ob_edba6cc1216ccd904926a7b96275be14_31fzivokc5l

Ivresse du reproche, de Marco Koskas

Éditions Fayard, janvier 2013

 

Avec Ivresse du reproche, Marco Koskas tente de percer un mystère : celui de la cruauté de Hannah, sa mère, et plus largement, celui de la cruauté qui se propage comme une pandémie au sein de cette famille Kamous, famille juive de Tunisie dont elle est issue.

Car la vie de Hannah fut tout sauf un univers de douceur. Contrainte de quitter l’école dès 13 ans, la fillette doit renoncer à ses rêves de devenir institutrice. Elle qui aime tant lire, fera des ménages au bled. Sacrifiée sans que personne ne s’en offusque. Ses frères, eux, poursuivront des études supérieures de droit. Sa soeur Marie, des études d’infirmière. Et la rancoeur de nidifier en elle.

Sans instruction, Hannah est incasable. Aussi quand on lui trouve un mari à 18 ans, on ne lui demande pas son avis. Si elle l’aime? Là n’est pas la préoccupation de ses parents. Et de fait, Hannah ne supporte pas Maurice, cet homme qui lui fera sept enfants. La colère enfle en elle. Difficile pour cette femme de donner aux siens l’amour qu’elle n’a pas reçu. Son aigreur, si.

Dans les années 1960, elle prend le bateau pour Marseille avec ses quatre plus jeunes enfants. Direction finale : Bougival en banlieue parisienne. La France sera t-elle sa planche de salut? Obtiendra t-elle une revanche sur son passé et sur les Kamous?

Dans ce récit au style parfaitement maitrisé, l’auteur pousse un cri de révolte. Pourquoi pareille injustice? Pourquoi pareille méchanceté? Les mots comme des armes pour combattre la fatalité. Les mots comme des gifles pour réveiller les esprits. Toutes ces occasions d’aimer qui ont été perdues, tout ce fiel déversé tel un venin dans les veines des kamous : pourquoi?

Ivresse du reproche est un vibrant appel à l’amour perdu…

 

Note : ce roman fait partie des livres sélectionnés en finale du Prix Orange du livre 2013

Koryfête l’été avec…Marco Koskas !

koskas                     

  Marco Koskas, dans quels livres allez-vous vous plonger cet été?

     Pour cet été, j’ai des projets de lectures liés à mon installation à Tel Aviv. Je vais donc lire tous les écrivains israéliens traduits en français, même ceux que j’ai déjà lus, comme David Grossman ou Amos Oz.

 
     Première de la liste: Alona Timhi et son hilarant  » Lily la Tigresse ». Je n’en ai lu que 78 pages, et j’ai déjà piqué deux fous rires, ce qui est un peu en deça du ratio de fous-rires que m’ont procuré  » La Conjuration des Imbéciles  » et « Mort à Crédit », mais c’est quand même pas mal. « Lilly la Tigresse », c’est l’histoire d’une grosse fille qui n’a qu’une seule copine, laquelle est mariée à un sale type très jaloux et violent. Enfin, c’est l’impression que donne le livre là où j’en suis, et c’est une expérience enrichissante en soi que de parler d’un livre dont on n’a lu que les 20 premiers pour cent. On peut faire totalement fausse route, donc c’est déjà bien. Mais, étant le genre de lecteur à abandonner un bouquin au bout de cinq pages si je ne suis pas embarqué, on peut aussi en déduire que je suis embarqué. Embeded, dit-on en américain, pour ces reporters qu’on embarque avec soi sur le champ de bataille. Bref je suis embeded sur Lily La Tigresse ( Folio ). Ces vingt premiers pour cent montrent qu’Alona Timhi est sûrement très folle et très marrante. Ses personnages sont bien allumés et son lexique en sels de bains est assez riche. Je dis ça parce qu’au cours de ces 78 premières pages, en effet, Lilly se prépare à aller avec sa copine au cirque. Donc elle fait couler un bain et se pomponne pendant que sa copine prend une rouste à la maison. Finalement Lilly va seule au cirque, mais à force d’attendre sa copine, elle rate la première moitié du spectacle. J’en suis là.

 
     Ensuite je lirai un truc plus grave d’Emmanuel Pinto, qui vient de paraître chez Actes Sud. Ca s’appelle  » Acouphène », et d’après ce que j’ai compris, c’est un livre qui parle de la guerre au Liban en 1982, et de Jean Genet, écrivain anti-juif idolâtré par Sartre et la gauche française. Enfin j’ai pas encore lu mais Emmanuel Pinto étant devenu un copain, il faut que je lise ça. J’espère pouvoir aussi lire le nouveau livre de Delphine Bertholon, puisque l’année dernière à la même époque je lisais son précédent roman. Mais je me demande si les romans de Delphine peuvent être considérés comme israéliens. Il faudra que je me renseigne…. 
 

                                                                                             Marco Koskas


Le Karinotron avec… Marco Koskas !

koskas

Marco Koskas est arrivé en France à l’âge de onze ans. Auteur de nombreux livres (romans, essais, biographies) souvent hantés par sa Tunisie natale, il s’est vu décerner le Prix du Premier Roman pour Balace Bounel et a été pensionnaire à la Villa Médicis.

   En ce début d’année, il nous revient avec un roman poignant, très fortement autobiographique, Mon coeur de père. Un roman dont vous pouvez retrouver la chronique en cliquant sur ce lien : Mon coeur de père, de Marco Koskas : De l’amour d’un père

     Et c’est avec spontanéité et gentillesse que l’auteur a accepté d’être « karinotronné » !  Voici donc les cinq questions posées à Marco Koskas, et surtout, ses réponses…

Son Karinotron:

 

1 – Votre livre de chevet :

La conjuration des imbéciles, de John kennedy Toole


2 – Vos lectures :

J’aime beaucoup lire le Jérusalem Post, et notemment les éditos de Caroline B. Glick. Je lis autrement des livres écrits soit par des gens que je connais de vue, mes voisins par exemple ; ou bien des livres que j’achète au poids dont beaucoup de polars.


3 – Votre façon d’écrire :

J’écris le matin, et de préférence quand il fait beau. Depuis 1986 j’écris directement à l’ordinateur, mais je garde précieusement le manuscrit ultra raturé de mon premier roman. d’une manière générale, j’écris peu et je me relis beaucoup. Une page par jour au grand maximum. Mais mon admiration va aux gros producteurs de signes: Dumas, Balzac…


4 – Votre rapport aux lecteurs :

Je ne sais pas qui sont mes lecteurs, ça, c’est terrible. je sais qu’ils sont peu nombreux et hypocondriaques pour la plupart, également grippe-sous pour certains, mais je sais aussi qu’il y a quelques femmes sublimes et dépensières dans le lot. disons pour être franc, que mes lecteurs sont pour moi un pur fantasme et que je ne cherche pas à les rencontrer.


5 – Votre prochain livre :

Mon prochain livre poursuit la radiographie familiale dont je me rends coupable dans chacun de mes précédents livres. Il s’agira donc d’un livre sur ma mère, qui est déjà écrit depuis un an, et dont on retarde la date de sortie comme à plaisir. Alors on pourrait parler du suivant, qui est déjà à moitié écrit aussi. je l’ai intitulé:  » Toutes les femmes ou presque « , et son principal mérite est d’avoir un beau titre. Vous ne trouvez pas?…

 

Mon coeur de père, de Marco Koskas : De l’amour d’un père

koskas

Mon coeur de père, Marco Koskas

Editions Fayard, récit, janvier 2012

 

De l’amour d’un père.

    Dans ce magnifique récit livré sous forme de journal, Marco Koskas nous fait partager ses tourments, son amour, ses inquiétudes de père. Ceux qu’éprouvent un papa se définissant lui-même comme « juif-buissonnier », face à la décision imparable de son fils âgé de 16 ans de devenir juif orthodoxe. Fiston, comme il le surnomme affectueusement, a pour cela décidé d’aller dans une pension en Israël, une yéchiva à 4 kilomètres seulement de Gaza. A portée des tirs de roquettes…
Et l’auteur de trembler.
    Une décision que le père respecte. Mais une conviction religieuse et une détermination qui suscitent en lui autant de craintes que d’admiration. Alors il cherche à comprendre pourquoi ce refuge dans la religion. Fiston y cherche peut-être des repères stables, repères fournis par ces rituels immuables des prières? Des repères qu’il ne trouve pas dans le couple parental déchiré, entre sa mère à la vie sentimentale chaotique et son père artiste. Comprendre pour ne pas perdre le lien. Accepter malgré les conflits qui se multiplient entre le père et le fils au sujet de la doxa religieuse. Un rapport de forces permanent où chacun campe sur ses positions. Coups de gueule parfois. Amour toujours.
    Des chroniques quotidiennes qui ne sont pas uniquement l’objet de cette relation père-fils. Dans ce  journal, l’auteur nous dépeint aussi Israël et la vie à Tel Aviv. Des cafés, des restaurants et des plages qu’il aime fréquenter, en passant par les Telavivoises bobos avec leur petit toutou, ses amours, sa vie d’artiste, le déracinement de sa Tunisie natale, le tableau est riche et vivant.

    Avec « Mon coeur de père », Marco Koskas nous livre une magnifique ode à l’amour. Celle d’un père pour son fils. Celle de Marco pour Moshe.

P. 131 : «  C’est un garçon extraordinaire, je ne le sais pas assez. Il aurait pu mal finir, devenir un petit voyou, se défoncer, mais il est juste habité par une fois inébranlable. »

 

 

Informations pratiques :

Nombre de pages : 200
Prix éditeur :16€

ISBN : 978 2213 668 475